Exercice — pignon rapporté sur l'arbre d'un motoréducteur, dans l'esprit des sessions 2015–2025
Motoréducteur d'une bétonnière — modification d'une solution constructive. Le moteur entraîne la cuve par un réducteur à engrenages. Aujourd'hui, le premier pignon est taillé directement dans l'arbre moteur (8) : c'est un pignon arbré. Quand sa denture s'use, il faut changer tout l'arbre du moteur, ce qui coûte cher. Le constructeur reprend donc l'arbre (8) (une portée cylindrique et un épaulement) et y monte un pignon rapporté (10) par un encastrement démontable.
Extrait du dossier technique
- Pignon (10) : module mm, dents ; d'après son dessin de définition, alésage Ø20 et longueur du moyeu mm.
- Arbre (8), en acier : épaulement Ø26 ; portée Ø20 de longueur mm, de l'épaulement au bout de l'arbre.
- Solution adoptée S1 : clavette parallèle forme A (11), de longueur 18 mm, placée à 3 mm de l'épaulement ; rondelle plate large (12) ; vis à tête cylindrique à six pans creux (13), vissée dans un taraudage en bout d'arbre.
- Règles du bureau d'études — R1 : la rondelle doit appuyer sur le moyeu, donc déborder de l'alésage ; R2 : garder au moins 2 mm de matière entre le fond de la rainure de l'arbre et le diamètre nominal de la vis ; R3 : longueur vissée dans l'acier comprise entre et ( : diamètre de la vis) ; R4 : profondeur taraudée = longueur vissée + 3 mm, profondeur de l'avant-trou = profondeur taraudée + 3 mm.
Éléments standards (cotes en mm). Clavette parallèle forme A — et sont les cotes au fond de la rainure, mesurées depuis la génératrice opposée, sur l'arbre () et sur le moyeu () :
| d (au-delà de … jusqu'à … inclus) | a | b | j | k |
|---|---|---|---|---|
| 12 à 17 | 5 | 5 | d − 3 | d + 2,3 |
| 17 à 22 | 6 | 6 | d − 3,5 | d + 2,8 |
| 22 à 30 | 8 | 7 | d − 4 | d + 3,3 |
Vis à tête cylindrique à six pans creux ( : Ø de tête ; : hauteur de tête) :
| d | c | k | Ø avant-trou | longueurs l disponibles |
|---|---|---|---|---|
| 6 | 10 | 6 | 5 | 10 – 12 – 16 – 20 – 25 |
| 8 | 13 | 8 | 6,8 | 12 – 16 – 20 – 25 – 30 |
| 10 | 16 | 10 | 8,5 | 16 – 20 – 25 – 30 – 35 |
Rondelle plate large ( : Ø extérieur ; : Ø intérieur ; : épaisseur) :
| d | A | B | C |
|---|---|---|---|
| 6 | 18 | 6,4 | 1,6 |
| 8 | 24 | 8,4 | 2 |
| 10 | 30 | 10,5 | 2,5 |
Écarts pour Ø20 (mm) — alésage H7 : / ; arbre g6 : / ; arbre k6 : / ; arbre p6 : / .
- Analyse de la solution (FAST de conception).
- Pour la solution S1, compléter le FAST partiel de la fonction « Encastrer le pignon (10) sur l'arbre (8) » : pour FT1 « Mettre en position le pignon », FT2 « Transmettre le couple » et FT3 « Arrêter le pignon en translation », indiquer les formes ou composants avec leur repère.
- Compléter le FAST de conception en proposant deux autres solutions S2 et S3 qui assurent l'encastrement démontable de (10) avec (8).
- Éléments standards.
- Relever dans le tableau , , et pour la clavette (11). En déduire la profondeur de la rainure dans l'arbre et dans le moyeu, puis le jeu au-dessus de la clavette.
- En appliquant R1 et R2, choisir le diamètre de la vis (13) parmi M6, M8 et M10.
- Le jeu entre le bout de l'arbre et la rondelle vaut 1 mm à la cote nominale. En appliquant R3, choisir la longueur de la vis et donner sa désignation.
- En appliquant R4, donner la profondeur taraudée et la profondeur de l'avant-trou.
- Dessin à l'échelle 2:1 (figure 1).
- Donner les dimensions à tracer pour : la section et la longueur de la clavette ; le Ø extérieur et l'épaisseur de la rondelle ; la tête de vis ; la longueur de la vis ; la profondeur taraudée et celle de l'avant-trou ; le jeu .
- Sur cette vue de face en coupe, quelles pièces parmi (8), (10), (11) et (13) sont hachurées ? Comment fait-on voir le taraudage de l'arbre (8) ?
- Pour la partie du taraudage que la vis n'occupe pas : quel trait pour le diamètre nominal, quel trait pour le diamètre de perçage, jusqu'où vont les hachures ?
- On complète aussi la vue de gauche en coupe C-C, plan de coupe perpendiculaire à l'axe au milieu de la clavette. Que montre-t-elle, qu'y hachure-t-on, et quelles cotes de rainure y place-t-on ?
- Ajustement.
- Pour H7/g6, H7/k6 et H7/p6, calculer les jeux ou serrages extrêmes et nommer chaque ajustement.
- Indiquer l'ajustement nécessaire au montage du pignon (10) sur l'arbre (8) et justifier.
- Jeu en bout d'arbre.
- Justifier la présence du jeu entre le bout de l'arbre et la rondelle (12).
- Calculer mini et maxi à partir des cotes tolérancées du moyeu et de la portée.
- Vérifier que, dans les deux cas, la longueur vissée respecte R3 et que la vis ne touche pas le fond du taraudage.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.a Idée : un encastrement démontable se décompose en trois fonctions — positionner, arrêter en rotation, arrêter en translation — et chacune a son composant, lu sur le dessin d'ensemble.
| Fonction technique | Solution S1 |
|---|---|
| FT1 Mettre en position le pignon | portée cylindrique Ø20 de l'arbre (8) (centrage) + appui plan du moyeu sur l'épaulement Ø26 |
| FT2 Transmettre le couple | clavette parallèle forme A (11) |
| FT3 Arrêter le pignon en translation | épaulement d'un côté ; vis CHC (13) + rondelle plate large (12) de l'autre |
1.b Deux solutions démontables, chacune assurant l'arrêt en rotation et l'arrêt en translation :
- S2 : clavette parallèle + écrou à encoches + rondelle frein — le bout de l'arbre est fileté et rainuré pour la languette de la rondelle frein ; l'écrou plaque le moyeu contre l'épaulement ;
- S3 : cannelures + anneau élastique pour arbre — l'arbre cannelé transmet le couple, l'anneau logé dans une gorge arrête le pignon.
Réponse aussi acceptée : une goupille élastique transversale (elle arrête en rotation et en translation). Un emmanchement fretté ou une soudure sont refusés : ils ne sont pas démontables, alors que tout l'intérêt du pignon rapporté est de pouvoir le changer seul.
2.a Idée : chercher la ligne qui contient ; c'est la ligne « 17 à 22 ».
Profondeur dans l'arbre : mm ; dans le moyeu : mm. Jeu au-dessus de la clavette :
La clavette porte sur ses flancs, pas sur le fond de la rainure du moyeu.
2.b Idée : tester chaque diamètre contre R1, puis contre R2. Le fond de la rainure de l'arbre est à mm de l'axe ; la matière restante vaut .
| Vis | A de la rondelle | R1 : A > 20 ? | matière | R2 : ≥ 2 ? |
|---|---|---|---|---|
| M6 | 18 | non | 3,5 | oui |
| M8 | 24 | oui | 2,5 | oui |
| M10 | 30 | oui | 1,5 | non |
Avec M6, la rondelle (Ø18) tomberait dans l'alésage Ø20 et n'appuierait que sur l'arbre ; M10 affaiblit l'arbre sous la rainure. , rondelle qui déborde de mm sur la face du moyeu.
2.c Idée : sous la tête, la vis traverse la rondelle et le jeu avant d'entrer dans l'arbre.
R3 impose , donc mm. Seule la longueur 12 est disponible dans cet intervalle : , avec une longueur vissée mm.
2.d Profondeur taraudée : ; avant-trou Ø6,8 : , plus le cône de pointe du foret (environ 2 mm). Le trou reste entièrement dans la portée de 23 mm.
3.a Idée : à l'échelle 2:1, chaque cote lue est doublée sur le dessin.
| Élément | Cote réelle (mm) | Cote tracée (mm) |
|---|---|---|
| clavette a × b, longueur | 6 × 6, 18 | 12 × 12, 36 |
| rondelle A, C | 24 ; 2 | 48 ; 4 |
| tête de vis c, k | 13 ; 8 | 26 ; 16 |
| longueur de vis | 12 | 24 |
| profondeur taraudée | 12 | 24 |
| avant-trou | 15 | 30 |
| jeu e | 1 | 2 |
3.b Idée : en coupe longitudinale, on ne coupe pas les pièces pleines. L'arbre (8), la clavette (11) et la vis (13) restent non hachurés ; le pignon (10) est hachuré. Pour montrer le taraudage, sinon caché, on ouvre le bout de l'arbre par une coupe locale limitée par un trait fin ondulé : seule cette zone de l'arbre est hachurée, la vis y restant non coupée.
3.c Au-delà du bout de la vis : diamètre de perçage Ø6,8 en trait fort, diamètre nominal Ø8 en trait fin, hachures jusqu'au trait fort ; la limite du filetage est un trait fort, et le fond de l'avant-trou est conique. Là où la vis est engagée, c'est la vis qui cache le taraudage : on dessine seulement la vis (Ø nominal en trait fort, fond de filet en trait fin).
3.d La coupe C-C est transversale : la règle des pièces pleines ne vaut que pour les coupes longitudinales, donc l'arbre et la clavette y sont hachurés, comme le moyeu. On y voit la section de la clavette, les deux rainures et le jeu de 0,3 mm au-dessus de la clavette. Le plan passe à mm de l'épaulement, soit à mm du bout de l'arbre : au-delà du bout de la vis (9 mm) mais avant le fond du taraudage (12 mm). Il coupe donc le trou taraudé vide, au centre : cercle Ø6,8 en trait fort, trois quarts de cercle Ø8 en trait fin, hachures de l'arbre jusqu'au Ø6,8. C'est là qu'on cote la rainure : sur l'arbre, sur le moyeu, largeur 6.
4.a Idée : jeu maxi ; jeu mini ; un jeu négatif est un serrage.
| Ajustement | Extrême 1 | Extrême 2 | Nature |
|---|---|---|---|
| H7/g6 | jeu maxi 0,041 | jeu mini 0,007 | avec jeu |
| H7/k6 | jeu maxi 0,019 | serrage maxi 0,015 | incertain |
| H7/p6 | serrage mini 0,001 | serrage maxi 0,035 | serré |
4.b Idée : c'est la clavette qui transmet le couple ; l'ajustement ne sert qu'à bien centrer le pignon sans empêcher le démontage. H7/g6 laisserait jusqu'à 0,041 mm de jeu : le pignon battrait et materait la clavette. H7/p6 exige une presse et rendrait la clavette inutile. On retient : ajustement incertain, centrage précis, démontage à l'arrache-moyeu.
5.a Idée : la rondelle doit presser le moyeu, pas l'arbre. Si la portée était aussi longue que le moyeu, la rondelle viendrait en appui sur le bout de l'arbre : la vis serrerait la rondelle contre l'arbre lui-même et le pignon garderait un jeu entre l'épaulement et la rondelle. Avec , la seule surface d'appui de la rondelle est la face du moyeu, que la vis plaque contre l'épaulement.
5.b Idée : est la différence de deux cotes ; son maxi associe le moyeu maxi et la portée mini.
Le jeu reste positif quelles que soient les pièces : .
5.c varie de mm (pour ) à mm (pour ), donc reste entre 8 et 12 mm : R3 est respectée. Le bout de la vis s'arrête au plus à 9,3 mm dans l'arbre, pour 12 mm taraudés : il reste au moins 2,7 mm de réserve, la vis ne peut pas buter au fond.