Aller au contenu

Un mot pour Fahmio

Tu écris. Tu continues.

Un problème, une idée — assez pour qu’on comprenne, puis tu retournes à ta copie.

On lit. Tu n’as rien d’autre à faire.

Où veux-tu aller ?

↑ ↓ pour parcourir · Entrée pour ouvrir · Échap pour fermer

Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
LI-BLiberté

Questions : liberté du témoin face à la violence

Idée directrice

Calque LI (2022 contrôle reporter de guerre) : opinion / sentiment face à la violence, raisons d'exercer le métier, procédé qui traduit un sentiment — en restant dans le chapitre liberté / force / violence.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

liberté de reporter

violence

force

procédé d'écriture

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode

Toujours ancrer opinion et sentiment dans une citation. Pour le procédé, viser ceux qui servent le thème liberté / force / violence (antithèse, métaphore de la blessure, opposition silence/témoignage).

Les pièges à vérifier dans ta démarche

Ne pas transformer la réponse en essai sur « la fin justifie-t-elle les moyens ». Rester sur ce que dit ce narrateur dans ce récit.

Sujet principal

Étude de passage — liberté, force et violence

3 questionsCorrigé masqué

Passage d'entraînement (original)

Liberté, force et violence s'y croisent sans cesse. On me demande souvent pourquoi je retourne sur les fronts. La réponse est simple et dure : sans images, la violence des puissants reste une rumeur. Ma liberté de reporter n'est pas un luxe ; c'est un outil. Je ne porte pas d'arme. Ma seule force, ce sont les faits que j'arrache au chaos, les voix que j'enregistre avant qu'elles ne se taisent.

Pourtant la violence laisse des traces. La nuit, je revois les rues vides, les maisons ouvertes comme des plaies. Je n'aime pas la mort ; je la supporte mal. Fou, non. Inconscient, parfois. Mais je refuse que la force brute impose seule sa version du monde. La liberté d'informer, même imparfaite, contredit le monopole de la violence.

Certains disent que témoigner ne change rien. Je réponds que le silence, lui, change tout : il livre les victimes à l'oubli. Alors je repars. Non par goût du danger, mais par fidélité à une idée simple de la liberté : le droit de regarder en face ce que la force voudrait cacher.

Questions

  1. Selon le narrateur, pourquoi exerce-t-il le métier de reporter de guerre ? Justifiez votre réponse par une citation du premier paragraphe.
  2. Quel sentiment le narrateur éprouve-t-il face à la mort et à la violence ? Justifiez par une citation précise.
  3. Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui traduit son attachement à la liberté (ou son refus de la force brute).
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Il exerce ce métier pour rendre visible la violence des puissants et empêcher qu'elle reste une rumeur. En effet, « sans images, la violence des puissants reste une rumeur » et sa « liberté de reporter » est « un outil ». Justification : l'indice textuel lie liberté d'informer et combat contre l'occultation de la force.

2. Face à la mort et à la violence, il éprouve du dégoût / de la répulsion / un malaise : « Je n'aime pas la mort ; je la supporte mal. » Indice textuel clair ; on peut ajouter les images nocturnes des rues vides qui traduisent le trauma.

3. Procédé d'écriture — l'antithèse entre « force brute » / « violence » et « liberté d'informer » ; ou la métaphore « maisons ouvertes comme des plaies ». Ce procédé exprime le refus que la force impose seule sa version du monde. L'antithèse met en relief le combat entre violence et liberté de regard. Effet produit : le lecteur comprend que la liberté du témoin est une résistance, non une aventure.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill — silence, force et droit de regard
Entraînement 01 / 02

Drill — silence, force et droit de regard

2 questionsCorrigé masqué

Liberté contre force et violence : le thème est clair. Passage d'entraînement (original) — Dans la ville sous couvre-feu, la violence ordonne le silence. Les habitants baissent la voix. Une jeune femme, elle, continue de filmer depuis sa fenêtre : pour elle, la liberté commence par le refus d'oublier. La force des soldats ferme les rues ; la force des images, espère-t-elle, les rouvrira un jour dans les mémoires. Elle tremble, mais elle filme.

  1. Citez deux manifestations de la violence ou de la contrainte dans ce récit, que vous justifierez à l'aide de citations précises.
  2. Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui traduit soit la peur, soit l'attachement à la liberté.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Deux manifestations : le couvre-feu / le silence imposé (« la violence ordonne le silence », « baissent la voix ») ; la fermeture des rues par la force des soldats. Justification par ces indices textuels.

2. Procédé : l'antithèse « La force des soldats… ; la force des images… » qui oppose deux usages de la force ; ou la concession implicite « Elle tremble, mais elle filme ». Ce procédé exprime le courage fragile au service de la liberté. Il met en relief le conflit entre violence physique et résistance par le regard. Effet produit : souligner que la liberté se paie d'angoisse, sans être abandonnée.

2 Questions : nommer un sentiment que le texte ne dit pas — un professeur face à l’ordre de se taire
Entraînement 02 / 02

Questions : nommer un sentiment que le texte ne dit pas — un professeur face à l’ordre de se taire

3 questionsCorrigé masquéEn cours de relecture

I – Étude de texte. Passage écrit pour l’exercice, dans l’esprit des sujets nationaux.

« Le directeur avait posé la lettre sur mon bureau sans un mot. Trois lignes : le chapitre sur les révoltes paysannes ne serait plus enseigné cette année ; on comptait sur ma « compréhension ». J’ai relu la phrase plusieurs fois. Mes mains ne tremblaient pas, mais j’ai dû m’asseoir.

Je n’ai jamais aimé les éclats de voix. La force, chez moi, n’a jamais pris la forme d’un poing sur la table ; elle ressemble plutôt à une porte que l’on refuse de fermer. Le lendemain, j’ai fait cours comme prévu. Vingt-huit élèves, un tableau, une craie : voilà toute ma liberté, et elle me suffit. On peut m’interdire un chapitre ; on ne peut pas m’interdire de répondre quand une main se lève.

Je sais ce que coûte ce genre de porte ouverte. La violence ne vient pas toujours avec des uniformes ; elle vient parfois avec une lettre polie et un silence de couloir. Mais un professeur qui se tait devant ses élèves leur apprend une seule chose : que la peur a raison. Je préfère leur apprendre le contraire. »

Questions

  1. Quel sentiment le narrateur éprouve-t-il en lisant la lettre du directeur ? Le passage ne le nomme pas : déduisez-le, puis justifiez votre réponse par un indice précis du premier paragraphe.
  2. Le narrateur oppose deux formes de force. Relevez, dans le deuxième paragraphe, l’expression qui désigne chacune d’elles, et dites laquelle il revendique.
  3. Relevez et expliquez un procédé d’écriture qui traduit, dans le dernier paragraphe, l’idée que la violence peut être silencieuse.

Cet exercice et sa correction sont en cours de relecture. Tu peux les consulter ; l’exercice n’est pas encore proposé en séance.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Le narrateur éprouve un choc ou un trouble, que l’on peut interpréter comme une indignation contenue, une stupeur ou une inquiétude. Justification : « J’ai relu la phrase plusieurs fois » et « j’ai dû m’asseoir » montrent combien la lettre l’affecte. « Mes mains ne tremblaient pas » décrit une absence de tremblement ; cela ne prouve pas une absence de peur. Une réponse proposant la peur ou l’inquiétude peut donc être recevable si elle s’appuie sur ces indices et reste présentée comme une interprétation. Citer sans nommer ni expliquer le sentiment laisse la réponse incomplète.

2. Deux formes de force : « un poing sur la table » (la force brutale, les éclats de voix) et « une porte que l’on refuse de fermer » (la force tranquille de celui qui continue). Le narrateur revendique la seconde : « elle ressemble plutôt à… » ; sa liberté tient à peu de chose, « vingt-huit élèves, un tableau, une craie », et « elle me suffit ».

3. Procédé d’écriture — un exemple tiré du dernier paragraphe, nommé et expliqué, suffit. Le contraste entre « des uniformes » et « une lettre polie et un silence de couloir », dans la reprise « ne vient pas toujours… elle vient parfois… », oppose une contrainte visible à une pression administrative discrète. Il montre que la politesse peut masquer la violence. On peut aussi relever la personnification « la peur a raison » : elle donne à la peur une voix et suggère que le silence du professeur légitimerait la menace. La phrase « On peut m’interdire un chapitre… » appartient au deuxième paragraphe : elle ne répond pas à cette consigne de localisation.

Points à vérifier : nommer le sentiment et justifier l’interprétation par un indice ; ne pas confondre absence de tremblement et absence de peur ; choisir le procédé de la question 3 dans le dernier paragraphe ; expliquer son effet au lieu de seulement le nommer.

Relier ce raisonnement au bac

Choisis une filière pour voir les sujets qui étayent ce scénario.