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Un mot pour Fahmio

Tu écris. Tu continues.

Un problème, une idée — assez pour qu’on comprenne, puis tu retournes à ta copie.

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Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
MD-EL'appel de la modernité

Questions : la passion de lire — les faits qui l'ont fait naître, ses manifestations, ce que la lecture apporte

Idée directrice

Un texte sur la lecture — un récit où le narrateur raconte comment il est devenu lecteur, ou une chronique qui fait l'éloge du livre. La compréhension suit le chemin de cette passion : les faits qui l'ont fait naître, ses manifestations, le procédé qui la traduit, puis ce que la lecture a apporté. Chaque réponse est reformulée, puis prouvée par un indice pris dans le paragraphe que la consigne désigne. Ce support tombe au contrôle 2024 du papier commun des sections scientifiques, et en Lettres au contrôle 2016 et aux principales 2019 et 2021. Dans le papier commun, l'essai interroge aussi la lecture des jeunes : face à la télévision (principale 2017), comme moyen de se forger une personnalité libre (principale 2019), face aux nouvelles technologies (contrôle 2024) ; en Lettres, la principale 2021 demande si les nouvelles technologies prennent la place des livres.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Au début du texte, le narrateur évoque deux faits qui ont suscité en lui l'amour pour la lecture. Quels sont ces deux faits ? » ; « De quelles manières se manifeste cette passion ? Citez-en deux. » ; « Relevez, dans le deuxième paragraphe, un procédé d'écriture qui rend compte de cette passion » ; « Quel avantage le narrateur a-t-il tiré de ses lectures ? Justifiez votre réponse par un indice textuel relevé dans le dernier paragraphe » ; « met l'accent sur les avantages de la lecture. Donnez-en deux »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Repérer d'abord la zone que la consigne désigne — « Au début du texte », « dans le deuxième paragraphe », « dans le dernier paragraphe » : un indice pris ailleurs ne rapporte rien.
  • Devant « deux faits », chercher des événements (ce qui est arrivé), non des états d'âme, et reformuler chacun avant de le citer.
  • Devant « De quelles manières se manifeste… ? Citez-en deux », donner deux comportements observables, pris dans deux domaines différents (le lieu, le moment, l'argent, les relations).
  • Pour le procédé, choisir celui qui dit la passion — une image (le voyage, la faim), une énumération, une hyperbole, une antithèse entre avant et après —, le citer, le nommer, puis dire en une phrase ce qu'il traduit.
  • Devant « Quel avantage… ? » ou « les avantages de la lecture », nommer le bénéfice par un mot abstrait (réussite scolaire, aisance à l'écrit, imagination, culture), puis citer l'indice.
Les pièges à vérifier dans ta démarche
  • Donner comme « fait » un sentiment ou une conséquence (« il s'ennuyait ») au lieu de l'événement qui a tout déclenché.
  • Citer deux manifestations qui disent la même chose (lire dans le bus, lire à la récréation).
  • Relever un procédé hors du paragraphe désigné, ou le relever sans le nommer.
  • Justifier l'avantage par une phrase d'un autre paragraphe que celui qu'impose la consigne.
  • Confondre une manifestation de la passion (lire partout) avec l'avantage qu'elle procure (écrire avec aisance).
Sujet principal

Étude de texte — compréhension (7 points), dans l'esprit du contrôle 2024

3 questionsCorrigé masqué

A- Compréhension (7 points). Toutes les réponses doivent être entièrement rédigées.

Le narrateur, aujourd'hui étudiant, raconte comment il est devenu lecteur.

Rien ne me destinait aux livres. À douze ans, je vivais les yeux rivés sur l'écran de mon smartphone, et mes soirées se perdaient entre les jeux en ligne et les vidéos que mes camarades s'échangeaient sur les réseaux sociaux. Tout commença par un accident : un matin d'octobre, le téléphone m'échappa des mains dans l'escalier du collège et son écran vola en éclats. Mon père refusa de le faire réparer avant la fin du trimestre. Je tournai en rond pendant trois soirs, puis, par ennui plus que par curiosité, je tirai de l'étagère de ma mère un gros roman à la couverture jaunie, Le Comte de Monte-Cristo. Je ne le reposai qu'au petit matin, impatient de savoir si Edmond Dantès sortirait vivant du château d'If. Quelques semaines plus tard, ma tante, bibliothécaire dans notre quartier, m'inscrivit à la bibliothèque publique sans me demander mon avis et me confia une carte de lecteur à mon nom. Chaque mercredi, elle mettait de côté pour moi un roman d'aventures, et elle exigeait que je lui en raconte la fin avant d'en emporter un autre.

Dès lors, les livres ne me quittèrent plus. Je lisais partout : dans le bus du matin, pendant la récréation, à table même, un roman ouvert à côté de mon assiette, jusqu'à ce que ma mère le referme d'un geste agacé. La nuit, je poursuivais ma lecture sous la couverture, à la lueur d'une lampe de poche, en guettant les pas de mon père dans le couloir. L'argent de poche qui filait autrefois en recharges téléphoniques partait désormais chez les marchands de livres d'occasion du souk, où je fouillais les caisses pendant des heures. Chaque livre était un navire, et je m'embarquais sans billet : je descendais le Mississippi avec Huckleberry Finn le lundi, je traversais la Sibérie avec Michel Strogoff le jeudi, et je ne rentrais au port qu'à regret, quand ma mère m'appelait pour le dîner. Mes amis se moquaient de moi ; je les écoutais à peine, déjà impatient de retrouver la page cornée où j'avais laissé mon héros.

Ces lectures ont changé ma vie d'élève. Moi qui rendais des rédactions de cinq lignes, je me mis à écrire des pages entières sans chercher mes mots ; les phrases me venaient toutes faites, avec leurs virgules et leurs images, comme si les romanciers que j'avais lus me les soufflaient à l'oreille. En troisième année, ma professeure de français lut ma copie à haute voix devant toute la classe, puis l'afficha dans le couloir. Au baccalauréat, j'obtins en français la meilleure note de mon lycée. Aujourd'hui encore, quand mes voisins font défiler leurs écrans dans le métro, j'ouvre le livre qui ne quitte jamais mon sac.

Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

  1. Au début du texte, le narrateur évoque deux faits qui ont éveillé en lui le goût de la lecture. Quels sont ces deux faits ? (2 points)
  2. Le narrateur devient un lecteur passionné.
    1. De quelles manières se manifeste cette passion ? Citez-en deux. (2 points)
    2. Relevez, dans le deuxième paragraphe, un procédé d'écriture qui rend compte de cette passion. (1 point)
  3. Quel avantage le narrateur a-t-il tiré de ses lectures ? Justifiez votre réponse par un indice textuel relevé dans le dernier paragraphe. (2 points)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : « Au début du texte » limite la recherche au premier paragraphe, et « deux faits » attend deux événements distincts — ce qui est arrivé au narrateur, pas ce qu'il a ressenti —, chacun reformulé puis appuyé par une citation. Premier fait : le narrateur perd l'usage de son smartphone, dont l'écran se brise et que son père refuse de faire réparer ; privé de son écran, il ouvre par ennui un roman de sa mère et le lit d'une traite — « le téléphone m'échappa des mains dans l'escalier du collège et son écran vola en éclats », « Je ne le reposai qu'au petit matin ». Second fait : sa tante bibliothécaire l'inscrit à la bibliothèque publique et lui réserve chaque semaine un roman d'aventures — « me confia une carte de lecteur à mon nom », « Chaque mercredi, elle mettait de côté pour moi un roman d'aventures ». Un point par fait. « Il s'ennuyait » n'est pas un fait mais la conséquence du premier ; « il vivait sur les réseaux sociaux » décrit sa vie d'avant, pas ce qui l'a conduit aux livres.

2.a Idée : « Citez-en deux » attend deux manifestations distinctes, de préférence prises dans deux domaines différents (le lieu, le moment, l'argent, les relations), chacune reformulée avant d'être citée. Le narrateur lit partout et à tout moment, jusqu'à table — « un roman ouvert à côté de mon assiette ». Il lit la nuit en cachette — « sous la couverture, à la lueur d'une lampe de poche ». Il consacre tout son argent de poche aux livres — « partait désormais chez les marchands de livres d'occasion du souk ». Il s'isole de ses amis et reste indifférent à leurs moqueries — « Mes amis se moquaient de moi ; je les écoutais à peine ». Deux de ces manifestations suffisent, un point chacune ; « dans le bus du matin » et « pendant la récréation » disent la même chose — il lit partout — et ne comptent que pour une.

2.b Idée : le procédé doit être pris dans le deuxième paragraphe et dire la passion ; on le relève, on le nomme, et une phrase sur son effet prouve le lien avec la question. Le procédé le plus net est la métaphore filée du voyage en mer : « Chaque livre était un navire, et je m'embarquais sans billet », prolongée par « je ne rentrais au port qu'à regret ». Lire devient partir : la métaphore traduit l'évasion que le narrateur trouve dans les livres et le regret de devoir en revenir. On accepte aussi l'énumération des lieux de lecture « dans le bus du matin, pendant la récréation, à table même », qui montre que la lecture envahit toute sa journée, ou l'opposition entre « autrefois » et « désormais » dans la phrase sur l'argent de poche, qui oppose le téléphone d'hier aux livres d'aujourd'hui. Un procédé relevé sans être nommé ne suffit pas.

3. Idée : « Quel avantage » attend un bénéfice nommé par un mot abstrait ; l'indice doit venir du dernier paragraphe, puisque la consigne l'impose. Ses lectures lui ont apporté la réussite scolaire, et d'abord l'aisance à l'écrit : il écrit sans peine et ses copies deviennent des modèles. Indices du dernier paragraphe : « je me mis à écrire des pages entières sans chercher mes mots », « ma professeure de français lut ma copie à haute voix devant toute la classe » ou « j'obtins en français la meilleure note de mon lycée ». Un point pour l'avantage, un point pour l'indice. La dernière phrase, « j'ouvre le livre qui ne quitte jamais mon sac », montre que sa passion dure : c'est une manifestation, non un avantage.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : la chronique ou le texte argumentatif qui fait l'éloge de la lecture (« Dans le premier paragraphe, André Maurois met l'accent sur les avantages de la lecture. Donnez-en deux. », Lettres, principale 2019 ; « Dans son discours, le sage du village souligne les bienfaits des lettres. », Lettres, contrôle 2016) ; le texte qui explique pourquoi des jeunes se détournent du livre à l'ère du numérique (« Pourquoi certains jeunes ne s'intéressent-ils plus au livre ? », Lettres, principale 2021 — scénario MD-C) ; l'essai du papier commun sur les jeunes et la lecture (« pourquoi les jeunes fuient-ils la lecture au profit de la télévision ? », principale 2017 ; « Pensez-vous qu'aujourd'hui la lecture soit le seul moyen permettant aux jeunes de se forger une personnalité libre et autonome ? », principale 2019 ; « les jeunes sont-ils encore attirés par la lecture ? », contrôle 2024).

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill MD-E.1 — Essai : à l'heure des smartphones, la lecture attire-t-elle encore les jeunes ?
Entraînement 01 / 02

Drill MD-E.1 — Essai : à l'heure des smartphones, la lecture attire-t-elle encore les jeunes ?

1 questionCorrigé masqué

II- ESSAI (10 points).

« Chaque livre était un navire, et je m'embarquais sans billet », se rappelle le narrateur d'un récit, devenu lecteur le jour où l'écran de son téléphone s'est brisé. (Phrase tirée d'un récit écrit pour l'exercice.)

Selon vous, à l'heure des smartphones et des réseaux sociaux, la lecture attire-t-elle encore les jeunes ?

Vous développerez votre point de vue en vous appuyant sur des arguments et des exemples précis.

Avant de rédiger, dites ce que l'adverbe « encore » ajoute à la question ; puis rédigez l'essai en entier.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Idée : l'adverbe « encore » compare deux époques. Il suppose qu'autrefois les jeunes lisaient, et demande si cette attirance résiste aux smartphones et aux réseaux sociaux. La question n'est donc ni « la lecture est-elle utile ? » ni « les écrans sont-ils dangereux ? » : il faut dire si, et comment, les jeunes lisent encore. Analyse du sujet. Le thème est la place de la lecture dans la vie des jeunes ; la question est fermée et admet une réponse favorable, défavorable ou nuancée ; « encore » invite à constater un recul, puis à le mesurer. Plan nuancé proposé : I. les écrans détournent une partie des jeunes du livre ; II. mais la lecture les attire encore, sous d'autres formes ; synthèse : ce qui recule, c'est moins l'envie de lire que la lecture longue.

Introduction. Dans les bus, les cafés ou les cours de récréation, on voit aujourd'hui plus de têtes penchées sur un téléphone que sur un roman. Lire, ici, c'est ouvrir de son plein gré un livre — roman, bande dessinée, essai —, sur papier ou sur une liseuse, pour le plaisir et non parce que le professeur l'exige. Longtemps, le livre fut pour la jeunesse la principale porte vers l'aventure et le savoir ; les écrans lui disputent désormais ce rôle. Les jeunes sont-ils encore attirés par la lecture, ou les écrans ont-ils fini par les en détourner ? Nous verrons d'abord que les écrans éloignent bien une partie des jeunes du livre, puis que la lecture continue pourtant de les attirer, sous des formes nouvelles.

Première partie — les écrans détournent une partie des jeunes du livre. D'abord, le livre subit la concurrence d'un divertissement immédiat : une vidéo courte, une partie de jeu en ligne ou un épisode de série procurent un plaisir sans effort, quand un roman exige du temps, du silence et de la persévérance. Dès 1953, dans Fahrenheit 451, Ray Bradbury imaginait une société où les livres sont interdits et brûlés, tandis que des écrans géants couvrent les murs des salons ; la fiction décrit en partie nos soirées. Ensuite, l'attention des jeunes est morcelée : habitués aux notifications et au défilement sans fin, beaucoup peinent à suivre une intrigue de trois cents pages, et les professeurs de français constatent que la lecture d'une œuvre intégrale décourage de nombreux élèves. Enfin, le livre a perdu son monopole : pour s'informer, se distraire ou rêver, un écran suffit ; l'adolescent qui, autrefois, découvrait les pays lointains avec Jules Verne peut aujourd'hui les parcourir en regardant un documentaire en ligne.

Deuxième partie — mais la lecture attire encore les jeunes, autrement. Cependant, il serait faux de conclure que les jeunes ont abandonné le livre. Les mangas comme One Piece ou Naruto, des sagas comme Harry Potter et les romans pour jeunes adultes se vendent par millions d'exemplaires, et ce sont d'abord des adolescents qui les lisent ; la Foire internationale du livre de Tunis attire chaque année de nombreux jeunes visiteurs. De plus, les écrans eux-mêmes deviennent des passeurs de lecture : sur TikTok, le mouvement BookTok, où de jeunes lecteurs présentent en quelques secondes les romans qui les ont bouleversés, a relancé les ventes de livres parus parfois des années plus tôt ; la plateforme Wattpad réunit des millions de jeunes qui lisent et écrivent des histoires, et la série After, d'Anna Todd, y a été publiée avant de devenir un succès en librairie. Enfin, la lecture change de support plutôt qu'elle ne disparaît : liseuses, livres audio et bandes dessinées numériques permettent de lire dans le bus ou avant de dormir. Le narrateur du récit cité le montre à sa façon : privé d'écran, il découvre qu'une histoire peut le captiver bien davantage qu'un fil de vidéos.

Synthèse. Ainsi, les jeunes sont encore attirés par la lecture, mais pas de la même manière qu'autrefois : l'écran concurrence le livre long et solitaire, tout en ouvrant d'autres chemins vers les histoires. Ce qui recule n'est pas l'envie de lire, c'est la patience de lire longtemps.

Conclusion. Reste que le goût des livres ne naît pas tout seul : il se transmet, par un parent qui lit, un professeur qui raconte, une bibliothèque ouverte au bon moment. Et si demain les écrans, qui ont failli éloigner les jeunes de la lecture, devenaient le meilleur moyen de les y ramener ?

Ce que le correcteur vérifie d'abord : que l'adverbe « encore » est repris dans la problématique et dans la synthèse, que chaque argument est illustré par un exemple précis (une œuvre, un phénomène, un fait observable) et que les deux parties ont un poids comparable. Une copie qui ferait seulement l'éloge de la lecture, sans parler des jeunes d'aujourd'hui, resterait à côté de la question.

2 Drill MD-E.2 — Une chronique fait l'éloge de la lecture : deux avantages, la relation au livre, un procédé
Entraînement 02 / 02

Drill MD-E.2 — Une chronique fait l'éloge de la lecture : deux avantages, la relation au livre, un procédé

3 questionsCorrigé masqué

Compréhension. Lisez le passage, puis répondez aux questions.

Dans une chronique, l'autrice répond aux lycéens qui ne voient plus l'intérêt de lire.

À quoi bon lire, demandent certains lycéens, quand une vidéo de trois minutes résume un roman de quatre cents pages ? C'est oublier ce que la lecture seule sait donner. Elle exerce d'abord l'imagination : le spectateur reçoit des visages, des voix et des paysages tout faits, le lecteur doit les construire lui-même, et chacun construit les siens. Elle enrichit ensuite la langue : au fil des pages, on s'approprie des tournures, des nuances, des mots rares que l'on retrouve un jour sous sa plume, au moment de dire ce que l'on pense.

Le vrai lecteur entretient d'ailleurs avec ses livres un rapport presque intime. Il y a le roman qu'il relit chaque été, celui qu'il glisse dans sa valise avant un départ, celui vers lequel il revient les soirs de tristesse, comme on rentre chez soi. Le livre devient pour lui un abri, un lieu à soi que personne ne vient déranger.

Surtout, la lecture est une école de la patience. Sur l'écran d'un smartphone, tout arrive tout de suite : la réponse, la vidéo suivante, le petit cœur qui récompense. Le livre, lui, fait attendre : il faut parfois cent pages pour qu'un personnage se révèle, trois cents pour connaître la fin. Celui qui accepte cette lenteur apprend à ne pas exiger de la vie une satisfaction immédiate. Le fil des réseaux sociaux se consomme en quelques secondes ; un livre se mérite en quelques semaines.

Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit d'une chronique sur la lecture.

  1. Dans le premier paragraphe, l'autrice met l'accent sur les avantages de la lecture. Donnez-en deux. (2 points)
  2. Quelle relation le lecteur entretient-il avec ses livres ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (2 points)
  3. Pourquoi l'autrice voit-elle dans la lecture « une école de la patience » ? Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui en rend compte. (2 points)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : « Dans le premier paragraphe » borne la recherche, et « Donnez-en deux » attend deux avantages distincts, reformulés — pas deux citations recopiées. Premier avantage : la lecture développe l'imagination, car le lecteur invente lui-même ce que le film lui donnerait tout fait — « le lecteur doit les construire lui-même ». Second avantage : elle enrichit la langue et l'expression — « on s'approprie des tournures, des nuances, des mots rares ». Un point par avantage. La phrase « une vidéo de trois minutes résume un roman de quatre cents pages » n'est pas un avantage de la lecture : c'est l'objection que l'autrice réfute.

2. Idée : « Quelle relation » attend un mot abstrait qui qualifie le lien, puis un indice qui le prouve. Le lecteur entretient avec ses livres une relation intime et affective : le livre est pour lui un refuge, presque un foyer, auquel il reste fidèle. Indices : « Le livre devient pour lui un abri, un lieu à soi que personne ne vient déranger », « comme on rentre chez soi » ou « le roman qu'il relit chaque été ». Un point pour la relation nommée, un point pour l'indice. Répondre « il aime lire » ne qualifie pas la relation : il faut la nommer (intimité, refuge, fidélité).

3. Idée : « Pourquoi » demande une explication reformulée ; le procédé doit rendre compte de la même idée — ici l'opposition entre la vitesse de l'écran et la lenteur du livre —, puis on explique son effet. La lecture est une école de la patience parce que le livre impose d'attendre — un personnage ne se révèle parfois qu'au bout de cent pages, et la fin se fait attendre bien plus longtemps —, alors que l'écran satisfait tout désir sur-le-champ ; en acceptant cette lenteur, le lecteur apprend à ne pas exiger de satisfaction immédiate (un point). Procédé (un point : relevé et nommé, puis expliqué) : l'antithèse construite en parallélisme « Le fil des réseaux sociaux se consomme en quelques secondes ; un livre se mérite en quelques semaines ». Les deux propositions de même forme opposent « secondes » et « semaines », « se consomme » et « se mérite » : ce procédé met en relief l'effort qui donne sa valeur à la lecture. On accepte aussi l'énumération « la réponse, la vidéo suivante, le petit cœur qui récompense », qui accumule les satisfactions immédiates de l'écran, ou la gradation « cent pages […] trois cents », qui fait sentir la durée de l'attente.

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