Exercice — pétrin de boulangerie : cinq justifications, dans l’esprit des sessions 2019–2025
Pétrin à cuve tournante. Le moteur M entraîne la poulie motrice (2) ; une courroie trapézoïdale (3) transmet la rotation à la poulie réceptrice (4), calée sur la vis sans fin d’un réducteur qui fait tourner la cuve. Pour vider la cuve, la tête du pétrin — bras et outil de pétrissage — est relevée par une vis verticale.
Extrait du dossier technique :
- le moteur M est fixé sur la plaque-support (5) par quatre vis (6) qui traversent quatre trous oblongs (G) de la plaque ; ces trous sont orientés suivant l’entraxe des deux poulies ;
- l’arbre de cuve (20), en acier, tourne dans deux coussinets (21) montés dans le bâti ; un graisseur (22) permet de les lubrifier ;
- la poulie réceptrice (4) est serrée en bout d’arbre par un écrou (7) bloqué par un contre-écrou (8) ;
- la vis de relevage (30) est une vis à deux filets, de pas apparent p = 4 mm ; elle tourne à N = 45 tr/min dans un écrou (31) lié à la tête ; la course de la tête est de 150 mm ;
- en fin de descente, la tête vient s’appuyer sur un tampon en caoutchouc (32) fixé sur le bâti.
- Donner le type de matériau des coussinets (21). Justifier ce choix.
- Quelle est l’utilité des trous oblongs (G) ? Décrire la manœuvre correspondante.
- Donner le rôle du contre-écrou (8).
- Vis de relevage à deux filets.
- Calculer la vitesse de translation V de la tête, en mm/s.
- Quelle serait cette vitesse avec une vis à un seul filet, de même pas apparent, tournant à la même vitesse ?
- Justifier le choix d’une vis à deux filets.
- Justifier l’utilisation du caoutchouc pour le tampon (32).
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1. Idée : un coussinet frotte contre l’arbre ; on veut que ce frottement soit faible et que l’usure tombe sur la pièce facile à changer. Les coussinets sont en bronze, alliage cuivreux antifriction (ou en bronze fritté autolubrifiant). Contre l’acier de l’arbre, le bronze a un faible coefficient de frottement et résiste au grippage ; plus tendre que l’arbre, il s’use à sa place : on remplace un coussinet bon marché plutôt que l’arbre de cuve.
2. Les trous oblongs servent à régler la tension de la courroie (3). On desserre les vis (6), on fait glisser le moteur le long des trous pour écarter les poulies — la courroie se tend — ou pour les rapprocher lors du montage d’une courroie neuve, puis on resserre les vis.
3. Le contre-écrou (8) freine l’écrou (7) : serré contre lui, il crée entre les deux écrous un effort qui empêche leur desserrage sous les vibrations du pétrissage.
4.a Idée : en un tour, l’écrou avance du pas de l’hélice, égal au nombre de filets multiplié par le pas apparent. Pas de l’hélice :
4.b Avec un seul filet, le pas de l’hélice vaut 4 mm : V = 45 × 4 = 180 mm/min, soit .
4.c À même vitesse de rotation, les deux filets doublent la vitesse de translation : la course de 150 mm se fait en 150/6 = 25 s au lieu de 150/3 = 50 s.
5. Le caoutchouc est élastique : il se déforme quand la tête vient en butée, amortit le choc et absorbe l’énergie de la descente, ce qui réduit le bruit et les vibrations et protège la tête comme le bâti.