Exercice — bague épaulée (26) au tour parallèle, dans l’esprit des sessions 2024–2025
Bague épaulée d’un tendeur de courroie. On se propose d’usiner une série de la bague épaulée (26). La phase 10 a réalisé la face ④ et le cylindre ⑤ : ces deux surfaces sont finies. La figure 1 donne le croquis de la phase 20, relatif à la réalisation des surfaces ①, ②, ③ et ⑥.
Extrait du dessin de définition de la bague (26)
| Élément | Cote |
|---|---|
| longueur totale, de ④ à ① | 48 ± 0,1 |
| épaisseur de la collerette, de ④ à ③ | 16 ± 0,1 |
| collerette ⑤ | Ø64 ± 0,2 |
| portée ② | Ø36 ± 0,1 |
| trou ⑥ débouchant, passage d’une vis M12 | Ø14 |
Outils disponibles : outil à charioter coudé, outil à dresser, foret hélicoïdal, outil à aléser, outil à chanfreiner.
Tableau de la question 3
| Surface | Opération d’usinage | Outil | Cote de fabrication |
|---|---|---|---|
| ① | …… | …… | …… |
| ② | …… | …… | …… |
| ③ | …… | …… | …… |
| ⑥ | …… | …… | …… |
- Référentiel de mise en position (figure 1).
- Compléter : le référentiel est défini par : …… (normales 1, 2 et 3) ; …… (normales 4 et 5). Préciser pour chacun la surface qui le porte et le nombre de degrés de liberté supprimés.
- Combien de degrés de liberté sont supprimés au total ? Pourquoi la rotation de la pièce autour de son axe n’a-t-elle pas besoin d’être supprimée par une normale ?
- Pourquoi les normales 4 et 5 forment-elles un centrage court et non un centrage long ?
- Que représente le symbole de serrage ? Participe-t-il à la mise en position ?
- Cotes de fabrication.
- Donner les valeurs des cotes de fabrication Cf1, Cf2, 2Cf3 et 2Cf4.
- Que vaut Cf3, et avec quelle tolérance ?
- Compléter le tableau de la question 3 : pour chacune des surfaces ①, ②, ③ et ⑥, choisir l’opération d’usinage (dressage, chariotage, perçage, alésage, chanfreinage) et l’outil, puis indiquer la cote de fabrication que l’opération réalise.
- Cocher, pour chacune des cotes Cf1, Cf2, 2Cf3 et 2Cf4, sa catégorie : cote machine, cote outil ou cote appareillage.
- Machine.
- Nommer la machine utilisée pour la phase 20 et justifier ce choix par la nature des surfaces usinées.
- Une phase 30 doit réaliser deux méplats parallèles sur la collerette ⑤, pour immobiliser la bague avec une clé. Quelle machine et quelle opération faut-il prévoir ?
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.a Idée : les normales portées sur une même surface se comptent ensemble ; leur nombre dit ce que la surface supprime.
- normales 1, 2 et 3 sur la face ④ : appui plan — il supprime 3 degrés de liberté (la translation suivant l’axe et les deux rotations autour des axes perpendiculaires à l’axe de la pièce) ;
- normales 4 et 5 sur le cylindre ⑤ : centrage court — il supprime 2 degrés de liberté (les deux translations perpendiculaires à l’axe).
Ce sont bien les deux surfaces finies en phase 10 : la pièce est positionnée sur du fini, ce qui rend les cotes de la phase 20 précises.
1.b 3 + 2 = degrés de liberté supprimés. Les surfaces ①, ②, ③ et ⑥ sont toutes de révolution autour de l’axe : faire tourner la pièce autour de cet axe ne change aucune d’elles, une sixième normale serait inutile. C’est d’ailleurs la broche qui entraîne la pièce dans cette rotation.
1.c La portée ⑤ n’a que 16 mm de long (l’épaisseur de la collerette, de ④ à ③) pour un diamètre de 64 mm :
La longueur est petite devant le diamètre : le cylindre ne peut pas orienter l’axe, il le positionne seulement — centrage court, 2 normales. C’est la grande face ④ qui oriente la pièce (3 normales). Un centrage long, à 4 normales, demanderait une portée longue devant son diamètre.
1.d Le symbole de serrage représente les mors du mandrin : il assure le maintien en position, plaque la pièce sur son référentiel et résiste aux efforts de coupe. Il ne supprime aucun degré de liberté : il conserve la position obtenue par les normales, il ne la crée pas.
2.a Idée : les valeurs se relèvent sur le dessin de définition ; une cote Cf part du référentiel, une cote 2Cf est un diamètre.
- Cf1 = 16 ± 0,1 (de la face ④ à l’épaulement ③) ;
- Cf2 = 48 ± 0,1 (de la face ④ à la face ①) ;
- 2Cf3 = Ø36 ± 0,1 (portée ②) ;
- 2Cf4 = Ø14 (trou ⑥).
2.b Cf3 est le rayon : la valeur et la tolérance se divisent par 2, soit . C’est la grandeur que le tourneur règle, puisque l’outil se déplace radialement à partir de l’axe.
3. Idée : la surface impose l’opération, l’opération impose l’outil ; la direction de la cote le confirme — cote axiale pour une face dressée, cote 2Cf pour un cylindre.
| Surface | Nature | Opération | Outil | Cote |
|---|---|---|---|---|
| ① | face plane perpendiculaire à l’axe | dressage | outil à dresser | Cf2 |
| ② | cylindre extérieur | chariotage | outil à charioter coudé | 2Cf3 |
| ③ | épaulement plan | dressage | outil à dresser | Cf1 |
| ⑥ | trou dans l’axe, sans précision | perçage | foret Ø14 | 2Cf4 |
Pas d’alésage : le trou ⑥ ne laisse passer qu’une vis, aucune tolérance serrée ne l’exige. Pas de chanfreinage : aucune arête à 45° n’est demandée dans cette phase.
4. Idée : regarder d’où part la cote et ce qui la produit.
- Cf1 et Cf2 relient la face ④, surface du référentiel, à une surface usinée : leur valeur dépend de la position de la pièce dans son montage — cotes appareillage ;
- 2Cf3 est un diamètre obtenu par la position radiale de l’outil par rapport à l’axe de la broche, réglée sur la machine — cote machine ;
- 2Cf4 est donnée par le diamètre du foret — cote outil.
5.a Tour parallèle : les quatre surfaces sont de révolution et coaxiales (deux faces perpendiculaires à l’axe, un cylindre, un trou dans l’axe). Elles s’obtiennent pièce en rotation, l’outil se déplaçant parallèlement ou perpendiculairement à l’axe.
5.b Un méplat est une surface plane parallèle à l’axe, qui n’est pas de révolution : il faut une fraiseuse, opération de fraisage (surfaçage).