Exercice — dans l'esprit des sujets techniques
L’arbre de sortie d’un réducteur est guidé en rotation par deux coussinets qui s’usent prématurément. On décide de les remplacer par deux roulements à contact oblique. L’arbre porte en bout, en porte-à-faux, une roue dentée conique dont l’effort d’engrènement crée un moment de basculement sur le guidage en rotation. L’arbre tourne ; la direction de la charge, elle, reste fixe dans le bâti.
- Citer les deux fonctions que le guidage doit assurer après le remplacement, puis expliquer pourquoi deux roulements à contact oblique sont nécessaires là où un seul ne suffirait pas.
- Choisir entre montage en O et montage en X, et justifier par la position des centres de poussée vis-à-vis de la denture en porte-à-faux.
- La roue conique est finalement placée entre les deux roulements au lieu d’être en porte-à-faux. Le montage en X devient-il acceptable ? Justifier.
- L’arbre tourne sous une charge de direction fixe : dire laquelle des deux bagues est la bague tournante par rapport à la charge, et en déduire l’ajustement (serré ou glissant) que doit recevoir chacune.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1. Idée : un guidage ne se réduit pas au centrage. Les deux fonctions sont le positionnement radial de l’arbre (centrage, reprise des efforts perpendiculaires à l’axe) et l’arrêt axial dans les deux sens. Un roulement à contact oblique ne reprend l’effort axial que dans un seul sens, à cause de l’inclinaison de sa ligne de pression : il en faut donc deux, montés en opposition, chacun tenant un sens, et pouvant être précontraints l’un contre l’autre.
2. Idée : ce qui compte n’est pas l’écartement des roulements mais celui de leurs centres de poussée. En montage en O, les lignes de pression divergent vers l’extérieur : les centres de poussée tombent au-delà des roulements et l’envergure utile du guidage augmente. Le moment de basculement créé par la denture en porte-à-faux se répartit alors sur un bras de levier plus grand, donc les réactions dans les roulements diminuent et la liaison est plus rigide. En montage en X, les centres se rapprochent et les réactions augmentent. On retient le montage en O.
3. Idée : supprimer le porte-à-faux, c’est supprimer l’argument qui imposait le O. Si la roue est placée entre les deux roulements, son effort n’engendre plus de moment de basculement sur le guidage : les roulements ne reprennent plus que des réactions radiales ordinaires. L’écartement des centres de poussée cesse d’être décisif et le montage en X devient acceptable. L’arbitrage se déplace alors vers d’autres critères — facilité de montage et de réglage du jeu, comportement en dilatation — qui ne sont pas tranchés par les seules données de cet énoncé.
4. Idée : c’est le mouvement relatif entre la bague et la direction de la charge qui décide de l’ajustement. L’arbre tourne et la charge garde une direction fixe : chaque point de la bague intérieure passe tour à tour sous la zone chargée, c’est donc elle la bague tournante par rapport à la charge. Elle doit être montée serrée sur l’arbre, sinon elle tournerait lentement dans son logement et le lamimerait. La bague extérieure, fixe par rapport à la charge, reçoit un ajustement glissant dans l’alésage — ce qui permet au passage de laisser coulisser axialement le roulement libre.