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Fahmio
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Bac Tunisie
TEC-FGuidage en rotation — montages O et X

Guidage en rotation — choisir le roulement puis le monter : charge, arrêts axiaux, ajustements, étanchéité

Idée directrice

Une fois admis qu'il faut des roulements, le sujet ne s'arrête pas là : il fait dérouler une chaîne de décisions dont chaque maillon a sa règle propre. La nature et la direction de la charge donnent le type (billes, rouleaux, contact oblique, butée) ; la bague tournante par rapport à la charge donne l'ajustement serré ; le sens des efforts axiaux donne le nombre d'obstacles et le choix des éléments d'arrêt ; le facteur N × dm et l'ambiance donnent le lubrifiant et le joint.

Chacune de ces règles se juge sur un chiffre ou sur une phrase du cahier des charges, jamais sur l'allure du dessin. C'est pour cela qu'un énoncé peut la poser entièrement par écrit.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Le montage des roulements étant à arbre tournant, il faut adopter 4 obstacles pour les bagues intérieures et deux arrêts pour les bagues extérieures » ; « Indiquer les tolérances demandées nécessaires au bon fonctionnement de ce montage » ; « Pour encaisser l'effort axial important sur le roulement (13) » (corrigés Technologie, sections Sciences techniques)

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Calculer Fa/Fr avant de nommer un type : proche de 0 → radial pur (BC, NU) ; autour de 0,5 à 1 → combiné (BT par paire) ; très supérieur à 1 avec peu de radial → butée plus palier radial.
  • Repérer le palier qui doit rester libre axialement : c'est là que vont le NU ou la bague extérieure glissante.
  • Ajustement : la bague tournante par rapport à la direction de la charge est serrée (k6 sur arbre, P7 en alésage) ; l'autre est glissante (g6, H7).
  • Serrage et jeu se calculent en extrêmes croisés : serrage max = arbre max − alésage min ; jeu max = alésage max − arbre min.
  • Arrêts axiaux : 4 obstacles sur la bague tournante, 2 arrêts sur la bague fixe ; le côté qui reprend l'effort axial de service prend l'écrou à encoches ou l'épaulement, pas l'anneau élastique seul.
  • Lubrifiant : calculer N × dm avec dm = (d + D)/2 et comparer à la limite donnée ; l'ambiance (poussière, projections) choisit ensuite le joint.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Pièges fréquents : choisir le type de roulement d'après le diamètre de la portée au lieu de la charge ; oublier qu'une paire de BT tient les deux sens axiaux alors qu'un seul BT n'en tient qu'un ; serrer les deux bagues, ce qui interdit toute dilatation et précharge le montage sans le vouloir ; confondre la bague tournante avec la bague intérieure — quand c'est le moyeu qui tourne, c'est l'extérieure qui doit être serrée ; calculer un serrage en soustrayant deux cotes de même rang (max − max) au lieu de croiser les extrêmes ; annoncer la graisse ou l'huile sans avoir chiffré N × dm.

Sujet principal

Exercice — remplacer deux coussinets usés : quatre décisions à chiffrer

14 questionsCorrigé masqué

Le guidage en rotation de l'arbre de sortie d'un réducteur est assuré aujourd'hui par deux coussinets en bronze, aux paliers A et B. L'usure impose de les remplacer par des roulements. Toutes les données utiles sont écrites ci-dessous : il n'y a aucun dessin à lire.

  • Fréquence de rotation de l'arbre : N = 750 tours par minute. Le carter est fixe et les charges gardent une direction fixe dans l'espace.
  • Une roue dentée conique est calée en bout d'arbre, en porte-à-faux, au-delà du palier A.
  • Palier A : charge radiale Fr(A) = 2 400 N ; charge axiale Fa = 1 800 N — toute la charge axiale passe par A. Portée d'arbre Ø 30, alésage du carter Ø 62.
  • Palier B : charge radiale Fr(B) = 900 N ; aucune charge axiale. Ce palier doit rester libre axialement.
  • Extrait de catalogue, à utiliser tel quel : alésage d'une bague intérieure Ø 30 : 0 / −0,010 mm ; diamètre extérieur d'une bague extérieure Ø 62 : 0 / −0,013 mm.
  • Ajustements disponibles : arbre Ø 30 k6 : +0,002 / +0,015 mm ; arbre Ø 30 g6 : −0,007 / −0,020 mm ; alésage Ø 62 H7 : 0 / +0,030 mm ; alésage Ø 62 P7 : −0,012 / −0,042 mm.
  • Types au catalogue : billes à gorge profonde (BC) ; rouleaux cylindriques (NU), à bagues séparables, qui ne transmet aucun effort axial ; billes à contact oblique (BT), à poser par paire ; butée à billes, qui ne reprend qu'un effort axial.
  • Lubrification : la graisse convient tant que N × dm ≤ 300 000 (N en tours par minute, dm en mm), avec dm = (d + D)/2.
  1. Pour chaque palier, calculer le quotient Fa/Fr et choisir le type de roulement. Justifier par la nature et la direction de la charge — non par le diamètre de la portée.
  2. Le catalogue distingue, pour une paire de roulements BT, le montage en O et le montage en X. Expliquer pourquoi cette question ne se pose ni pour un roulement NU ni pour une butée à billes.
  3. Dire laquelle des deux bagues tourne alors que la charge garde une direction fixe — c'est la bague dite tournante vis-à-vis de la charge —, puis choisir dans la liste ci-dessus l'ajustement de la portée d'arbre et celui de la portée d'alésage du palier A. Justifier chaque choix par le risque qu'il écarte.
  4. Calculer, au palier A et pour les ajustements retenus, le serrage minimal et le serrage maximal entre l'arbre et la bague intérieure, puis le jeu minimal et le jeu maximal entre la bague extérieure et l'alésage.
  5. Combien d'obstacles axiaux la bague tournante réclame-t-elle, et combien d'arrêts la bague fixe ? Proposer, pour le palier A, une combinaison d'éléments normalisés (épaulement d'arbre, entretoise, anneau élastique, écrou à encoches avec rondelle frein, épaulement d'alésage, couvercle) capable de faire passer les 1 800 N, et dire pourquoi l'anneau élastique seul n'est pas retenu du côté chargé.
  6. Calculer dm et le produit N × dm au palier A, conclure entre graisse et huile, puis nommer l'élément d'étanchéité à placer à la traversée du carter en précisant ce qu'il retient et ce qu'il interdit d'entrer.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Idée : les six questions ne sont pas six sujets : c'est une seule chaîne de décisions, et chaque maillon se décide sur une donnée précise — le quotient Fa/Fr, la bague qui tourne par rapport à la charge, le sens des efforts axiaux, le produit N × dm.

1. Type de roulement. Palier A :

FaFr(A)=18002400=0,75\frac{F_a}{F_r(A)}=\frac{1\,800}{2\,400}=\mathbf{0{,}75}

La charge est combinée, avec une composante axiale qui vaut les trois quarts de la radiale, et la roue conique en porte-à-faux ajoute un moment de renversement. Le type qui reprend simultanément du radial, de l'axial et un basculement est le roulement à billes à contact oblique (BT), posé par paire pour tenir les deux sens de l'effort axial. Palier B : Fa/Fr(B) = 0/900 = 0 — charge purement radiale, et le palier doit rester libre axialement ; le type qui porte 900 N de radial en laissant l'arbre coulisser est le roulement à rouleaux cylindriques NU, dont les bagues séparables autorisent le déplacement axial. Un roulement BC y conviendrait aussi, à condition de laisser sa bague extérieure libre de glisser dans l'alésage.

2. Pourquoi O ou X ne se pose que pour les BT. Un roulement à contact oblique travaille suivant une ligne d'action inclinée : son point d'appui effectif n'est pas dans son plan médian, et deux roulements de ce type peuvent être posés dos à dos ou face à face. C'est ce choix d'orientation qu'on appelle montage en O ou montage en X. Un roulement NU a une ligne d'action strictement radiale — il n'y a pas d'orientation à choisir, et il ne reprend aucun effort axial. Une butée à billes travaille suivant l'axe seul, sur une face, et ne guide pas radialement : elle s'ajoute à un palier, elle ne s'apparie pas avec une seconde butée pour former un guidage.

3. Bague tournante et ajustements. L'arbre tourne, le carter est fixe et la charge garde une direction fixe : la bague intérieure est tournante par rapport à la direction de la charge, la bague extérieure est fixe par rapport à elle. Une bague tournante par rapport à la charge doit être serrée — sinon elle avance lentement dans son logement (laminage de la portée, usure, échauffement). D'où, pour la portée d'arbre, l'ajustement k6 (+0,002 / +0,015) et non g6 qui laisserait du jeu. La bague extérieure, fixe par rapport à la charge, se monte glissante : H7 (0 / +0,030), qui permet le montage, laisse passer la dilatation et, au palier libre, autorise le déplacement axial. P7 la serrerait dans le carter et bloquerait cette liberté.

4. Serrage et jeu au palier A. Arbre k6 : 30,002 à 30,015 ; alésage de la bague intérieure : 29,990 à 30,000.

Smin=30,00230,000=0,002 mmSmax=30,01529,990=0,025 mmS_{\min}=30{,}002-30{,}000=\mathbf{0{,}002\ \mathrm{mm}}\qquad S_{\max}=30{,}015-29{,}990=\mathbf{0{,}025\ \mathrm{mm}}

Le serrage reste positif dans tous les cas : la bague intérieure est tenue quelles que soient les dispersions d'usinage. Alésage H7 : 62,000 à 62,030 ; diamètre extérieur de la bague extérieure : 61,987 à 62,000.

Jmin=62,00062,000=0Jmax=62,03061,987=0,043 mmJ_{\min}=62{,}000-62{,}000=\mathbf{0}\qquad J_{\max}=62{,}030-61{,}987=\mathbf{0{,}043\ \mathrm{mm}}

Le jeu ne devient jamais un serrage : au pire les deux pièces sont juste en contact, au mieux il reste 0,043 mm — assez pour glisser, trop peu pour laisser la bague se déplacer radialement sous charge.

5. Obstacles et arrêts. La bague tournante (intérieure) demande 4 obstacles — deux par roulement, un de chaque côté — et la bague fixe (extérieure) 2 arrêts seulement, puisqu'il suffit d'immobiliser l'ensemble dans les deux sens. Au palier A : bague intérieure arrêtée d'un côté par un épaulement d'arbre, de l'autre par un écrou à encoches avec rondelle frein, qui est l'élément capable de transmettre les 1 800 N et de serrer l'empilage ; bague extérieure arrêtée par l'épaulement d'alésage d'un côté et le couvercle de l'autre. L'anneau élastique n'est pas retenu du côté chargé parce que sa gorge entaille l'arbre à l'endroit même où passe l'effort, que sa portée d'appui est étroite et que sa capacité axiale est faible : il convient à un arrêt peu sollicité, pas à 1 800 N.

6. Lubrifiant et étanchéité. Diamètre moyen et facteur de fonctionnement :

dm=30+622=46 mmN×dm=750×46=34500  300000d_m=\frac{30+62}{2}=\mathbf{46\ \mathrm{mm}}\qquad N\times d_m=750\times46=\mathbf{34\,500}\ \le\ 300\,000

On est à moins du huitième de la limite : la graisse convient, avec l'avantage de participer elle-même à l'étanchéité et de dispenser d'un carter d'huile. À la traversée du carter on place un joint à lèvres, lèvre tournée vers l'intérieur : il retient la graisse et interdit l'entrée des poussières et de l'humidité. Sa portée est tolérancée et soignée comme celles des roulements — une portée rugueuse tue la lèvre en quelques heures.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : remplacer un anneau élastique par un écrou à encoches muni d'une rondelle frein pour reprendre un effort axial important (bac 2019 contrôle) ; compléter le montage et les tolérances de roulements BT avec réglage du jeu ; placer un joint à lèvres avec ses tolérances.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Transfert — trois charges, trois types : le quotient Fa/Fr décide, pas l'habitude
Entraînement 01 / 03

Transfert — trois charges, trois types : le quotient Fa/Fr décide, pas l'habitude

8 questionsCorrigé masqué

Trois guidages en rotation différents sont à équiper, tous avec la même portée d'arbre Ø 40 et le même alésage Ø 80 ; aucun n'a de roue en porte-à-faux. Le catalogue propose : billes à gorge profonde (BC), rouleaux cylindriques (NU, aucun effort axial transmis), billes à contact oblique (BT, à poser par paire), butée à billes (effort axial seul, aucun guidage radial).

  • Cas (a) : charge radiale 12 000 N avec chocs, aucune charge axiale, encombrement radial serré.
  • Cas (b) : charge radiale 600 N et charge axiale 2 500 N dans un seul sens, arbre vertical, 40 tours par minute.
  • Cas (c) : charge radiale 1 500 N et charge axiale 1 200 N qui change de sens en service.
  1. Calculer le quotient Fa/Fr des trois cas (deux décimales).
  2. Choisir le type pour chacun et justifier par la nature et la direction de la charge.
  3. Pour le cas (c), dire combien de roulements sont nécessaires et si la paire se pose en montage en O ou en montage en X, sachant qu'on cherche l'encombrement axial le plus faible et qu'aucune denture ne déborde de la liaison.
  4. Pour le cas (b), expliquer pourquoi la butée à billes ne peut pas, à elle seule, réaliser le guidage en rotation.
  5. Pour le cas (a), dire pourquoi des coussinets ne conviennent pas, alors qu'ils suffisaient au cas (b).
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Idée : le type de roulement ne se déduit ni du diamètre ni de l'habitude de l'atelier : il se déduit de deux informations, la part d'axial dans la charge et le sens — un seul sens ou les deux.

1. Quotients. Cas (a) : 0/12 000 = 0,00. Cas (b) :

25006004,17\frac{2\,500}{600}\approx\mathbf{4{,}17}

Cas (c) : 1 200/1 500 = 0,80.

2. Choix. (a) Charge radiale pure, forte et avec chocs, sous encombrement radial serré : rouleaux cylindriques NU, dont le contact linéique porte bien davantage qu'un contact ponctuel de billes à encombrement égal, et qui n'a aucun effort axial à reprendre ici. (b) L'axial vaut plus de quatre fois le radial : c'est une butée à billes qui le reprend, complétée d'un palier radial (un BC suffit pour 600 N) ; la faible fréquence de rotation convient à une butée, qui supporte mal les grandes fréquences. (c) Charge combinée dont l'axial change de sens : paire de roulements BT, seule solution qui tienne l'effort axial dans les deux sens tout en portant le radial.

3. Cas (c) : combien et comment. Il en faut deux, montés en opposition : un roulement BT seul ne reprend l'axial que dans un sens et se démonterait sous l'effort inverse. Aucune denture ne déborde de la liaison et l'on cherche la compacité axiale : les centres de poussée n'ont pas besoin d'être écartés, on retient donc le montage en X, qui les rapproche à l'intérieur de la liaison. Le montage en O serait le choix inverse, celui qu'impose une charge de basculement.

4. La butée ne guide pas. Une butée à billes n'a de chemin de roulement que perpendiculaire à l'axe : elle transmet un effort suivant l'axe et rien d'autre. Elle ne fixe pas la position radiale de l'arbre, ne reprend aucun moment, et laisserait l'arbre libre de se déplacer latéralement. Un guidage en rotation exige au moins un appui radial ; la butée s'ajoute à ce palier, elle ne le remplace pas.

5. Coussinets écartés au cas (a). Un coussinet travaille en glissement sur un film mince : il tolère mal les chocs, qui chassent le film et mettent les surfaces métalliques en contact, et sa capacité de charge par unité de surface projetée est bien inférieure à celle d'un contact de rouleaux. Au cas (b), 600 N de radial à 40 tours par minute, c'est exactement le domaine où un coussinet est préférable : charge modérée, faible fréquence, pas de chocs, encombrement et prix réduits.

2 Transfert — quand c'est l'alésage qui tourne : l'ajustement serré change de portée
Entraînement 02 / 03

Transfert — quand c'est l'alésage qui tourne : l'ajustement serré change de portée

9 questionsCorrigé masqué

Un galet de renvoi tourne autour d'un axe fixe. Son guidage en rotation est assuré par deux roulements à billes logés dans le moyeu du galet ; des coussinets ont été écartés parce que le galet doit tourner sans jeu radial sensible. Le moyeu tourne à 900 tours par minute ; l'axe ne tourne pas. La charge radiale vaut 1 500 N et garde une direction fixe dans l'espace.

  • Diamètre extérieur d'une bague extérieure Ø 47 : 0 / −0,011 mm ; alésage d'une bague intérieure Ø 20 : 0 / −0,010 mm.
  • Alésage du moyeu, deux possibilités : Ø 47 M7 : −0,009 / +0,016 mm, ou Ø 47 P7 : −0,026 / −0,051 mm.
  • Portée de l'axe : Ø 20 g6 : −0,007 / −0,020 mm.
  1. Dire laquelle des deux bagues tourne devant une charge de direction fixe — la bague tournante vis-à-vis de la charge —, et en déduire quelle portée doit être serrée et laquelle doit être glissante.
  2. Pour l'alésage du moyeu en M7, calculer le jeu maximal et le serrage maximal possibles avec la bague extérieure. Conclure sur la nature de cet ajustement.
  3. Refaire le calcul en P7 et choisir entre M7 et P7, sachant que la bague tournante ne doit jamais pouvoir avancer dans son logement.
  4. Calculer le jeu maximal entre l'axe en g6 et la bague intérieure, et dire ce qui se passe dans le cas extrême inverse.
  5. Combien d'obstacles pour la bague tournante et combien d'arrêts pour la bague fixe ? Proposer les éléments d'arrêt et dire pourquoi un écrou à encoches n'a pas d'intérêt ici.
  6. Dans le cas inverse — arbre tournant, roue dentée en porte-à-faux, paire de roulements à contact oblique —, dire sur quelle portée passe alors l'ajustement serré, et si la paire se pose en montage en O ou en montage en X.
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Idée : la règle des ajustements ne parle pas de bague intérieure ni extérieure — elle parle de la bague tournante par rapport à la direction de la charge. Quand c'est le moyeu qui tourne et non l'axe, cette bague change de camp, et tout le montage se retourne avec elle.

1. Qui tourne par rapport à la charge. La charge garde une direction fixe ; le moyeu tourne. La bague extérieure, solidaire du moyeu, voit donc la charge balayer successivement tous les points de son chemin de roulement : c'est elle qui est tournante par rapport à la charge, donc serrée dans l'alésage du moyeu. La bague intérieure, immobile avec l'axe, reçoit toujours la charge au même endroit : elle est glissante sur l'axe — ce qui permet en outre son montage à la main et son démontage.

2. Alésage en M7. Alésage : 46,991 à 47,016 ; bague extérieure : 46,989 à 47,000.

Jmax=47,01646,989=0,027 mmSmax=47,00046,991=0,009 mmJ_{\max}=47{,}016-46{,}989=\mathbf{0{,}027\ \mathrm{mm}}\qquad S_{\max}=47{,}000-46{,}991=\mathbf{0{,}009\ \mathrm{mm}}

Selon les dispersions d'usinage, le même couple de cotes donne soit un jeu, soit un serrage : M7 est un ajustement incertain. Pour une bague tournante par rapport à la charge, c'est un pari — dans le cas défavorable la bague peut avancer dans son logement.

3. Alésage en P7. Alésage : 46,949 à 46,974 ; bague extérieure : 46,989 à 47,000.

Smin=46,98946,974=0,015 mmSmax=47,00046,949=0,051 mmS_{\min}=46{,}989-46{,}974=\mathbf{0{,}015\ \mathrm{mm}}\qquad S_{\max}=47{,}000-46{,}949=\mathbf{0{,}051\ \mathrm{mm}}

Le serrage reste positif dans tous les cas : P7 est retenu. M7 ne conviendrait qu'à une bague fixe par rapport à la charge, ou à une charge légère où le risque d'avance est négligeable.

4. Portée de l'axe. Axe : 19,980 à 19,993 ; alésage de la bague intérieure : 19,990 à 20,000.

Jmax=20,00019,980=0,020 mmJ_{\max}=20{,}000-19{,}980=\mathbf{0{,}020\ \mathrm{mm}}

Dans le cas extrême inverse — axe au maximum, bague au minimum — on obtient 19,990 − 19,993 = −0,003, c'est-à-dire un serrage de 0,003 mm : l'ajustement reste pratiquement glissant, le montage se fait sans effort notable et la bague intérieure ne risque pas d'être bloquée sur l'axe.

5. Obstacles et arrêts. La bague tournante en demande 4 — deux par roulement — et la bague fixe 2. Ici les obstacles sont côté moyeu : deux épaulements d'alésage, ou un épaulement et un anneau élastique pour alésage, avec une entretoise entre les deux roulements ; les arrêts de la bague intérieure sont un épaulement de l'axe d'un côté et une rondelle plate serrée par une vis en bout d'axe de l'autre. L'écrou à encoches n'apporte rien : il sert à serrer et à régler une bague intérieure chargée axialement sur un arbre fileté, alors qu'ici l'axe est fixe, court, et ne reprend aucun effort axial de service.

6. Le cas inverse. Si c'est l'arbre qui tourne, la bague intérieure devient tournante par rapport à la charge : l'ajustement serré passe sur la portée d'arbre (k6 ou m6) et l'alésage redevient glissant (H7). La roue dentée en porte-à-faux impose en plus de reprendre un moment de basculement : la paire de roulements à contact oblique se pose alors en montage en O, qui écarte les centres de poussée et rigidifie la liaison, et non en montage en X, qui les rapprocherait.

3 Transfert — graisse ou huile : c'est N × dm qui tranche, pas le montage
Entraînement 03 / 03

Transfert — graisse ou huile : c'est N × dm qui tranche, pas le montage

5 questionsCorrigé masqué

Deux guidages en rotation sont réalisés avec des roulements identiques : alésage d = 35 mm, diamètre extérieur D = 72 mm. Le premier tourne à 1 200 tours par minute dans une ambiance poussiéreuse avec projections d'eau ; il est réalisé en montage en O. Le second tourne à 6 000 tours par minute dans un carter clos ; il est réalisé en montage en X. La graisse convient tant que N × dm ≤ 300 000, avec dm = (d + D)/2, N en tours par minute et dm en mm ; au-delà il faut une lubrification à l'huile.

  1. Calculer dm, puis N × dm pour chacun des deux. Conclure sur le lubrifiant de chacun.
  2. À partir de quelle fréquence de rotation, arrondie au tour par minute inférieur, faut-il quitter la graisse pour ces roulements ? Vérifier le cas N = 5 600 et commenter la marge obtenue.
  3. Le fait que l'un soit en montage en O et l'autre en montage en X change-t-il le choix du lubrifiant ? Justifier.
  4. Choisir l'élément d'étanchéité de chaque montage et préciser, pour chacun, l'orientation utile de sa lèvre et ce qu'elle protège.
  5. Dire pourquoi le critère N × dm ne s'applique pas à un guidage en rotation réalisé par des coussinets.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Idée : le lubrifiant ne se choisit pas au jugé ni d'après la forme du montage : il se choisit sur un produit, le facteur de fonctionnement N × dm, qui mesure la sévérité du contact — puis l'ambiance choisit le joint.

1. Facteur de fonctionnement.

dm=35+722=53,5 mmd_m=\frac{35+72}{2}=\mathbf{53{,}5\ \mathrm{mm}}
1200×53,5=642003000006000×53,5=321000>3000001\,200\times53{,}5=\mathbf{64\,200}\le300\,000\qquad 6\,000\times53{,}5=\mathbf{321\,000}>300\,000

Le premier montage se lubrifie donc à la graisse, le second à l'huile — bain, barbotage ou brouillard selon le carter.

2. Fréquence limite.

Nlim=30000053,55607,5  5607 tours par minuteN_{\lim}=\frac{300\,000}{53{,}5}\approx5\,607{,}5\ \Rightarrow\ \mathbf{5\,607\ \text{tours par minute}}

À N = 5 600 : 5 600 × 53,5 = 299 600, soit 400 en dessous de la limite — une marge de 0,13 %. La graisse est admissible au sens du critère, mais une marge aussi mince n'en est pas une : une température ambiante plus élevée, une graisse un peu vieillie ou une charge supérieure feront basculer le montage du mauvais côté. À ce niveau on dimensionne pour l'huile, ou on refait le calcul avec la limite propre au type et à la cage du roulement.

3. O ou X n'y change rien. Le facteur N × dm ne contient que la fréquence de rotation et la taille du roulement. L'orientation des contacts modifie la rigidité et le comportement axial de la liaison, pas la sévérité du contact bille-chemin. Le montage n'intervient qu'ensuite, sur le dispositif de lubrification : une paire en O ou en X serrée l'une contre l'autre s'échauffe davantage sous précharge, ce qui peut imposer de renouveler le lubrifiant plus souvent — mais ne fait pas passer de la graisse à l'huile à lui seul.

4. Étanchéité. Les deux reçoivent un joint à lèvres sur la portée de sortie. Montage graissé en ambiance poussiéreuse avec projections : la lèvre est tournée vers l'extérieur pour repousser poussières et eau, et l'on ajoute volontiers un déflecteur ou une seconde lèvre ; c'est la pollution qui est l'ennemi, la graisse ne risquant guère de fuir. Montage à l'huile en carter clos : la lèvre est tournée vers l'intérieur pour retenir l'huile, qui autrement s'échapperait le long de la portée. Dans les deux cas la portée du joint est tolérancée et son état de surface soigné, au même titre que les portées de roulements.

5. Les coussinets ne se jugent pas là-dessus. Un coussinet ne roule pas : il glisse. Sa limite d'emploi s'écrit sur le produit de la pression de contact par la fréquence de glissement, et non sur N × dm, qui n'a de sens que pour un contact roulant de billes ou de rouleaux. Appliquer le critère des roulements à un coussinet, c'est juger un palier lisse avec la règle d'un autre organe.

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