Le problème d'analyse sur une fonction logarithme : étude de ln(1+x2) avec tangente d'inflexion, réciproque et annexe, puis la suite In=∫011+x2xndx, l'aire par parties et une somme alternée
Idée directrice
En section Mathématiques, le problème d'analyse (le plus souvent l'exercice 4) est bâti, dans les sessions 2015–2026, sur une fonction logarithme, exponentielle ou racine, jamais sur une simple fraction rationnelle. Ici f(x)=ln(1+x2) : la partie A va jusqu'au tracé sur l'annexe (tangente au point d'inflexion, position relative, courbe de la réciproque), et sa dérivée 1+x22xfabrique l'intégrande de la partie B, si bien que I1=21f(1) et que l'aire sous la courbe, calculée par parties, s'écrit avec I2. La relation In+In+2=n+11 donne ensuite l'encadrement, la limite de nIn et, sur les indices impairs, une somme alternée. Dès la lecture, repérer ce que chaque résultat servira à démontrer.
Ce qui aide à reconnaître la démarche
« Montrer que limxf(x)=0 et interpréter graphiquement » ; « montrer qu'une équation de la tangente T au point I est… » ; « étudier la position relative de (C) et T » ; « montrer que f réalise une bijection… et que f−1(x)=… » ; « dans la figure de l'annexe, on a tracé la tangente T… Tracer (C) et (C′) » ; « montrer que In+In+2=… » ; « en déduire limnIn »
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Partie A sur un logarithme : écrire f=lnu et f′=uu′ ; pour xf(x) en +∞, factoriser le terme dominant dans le logarithme pour faire apparaître xlnx.
Position courbe/tangente : étudier φ=f−T ; si φ′ garde un signe et φ s'annule au point de contact, la courbe traverse sa tangente (point d'inflexion). Une droite parallèle à T se traite avec la même fonction décalée d'une constante.
Réciproque explicite : résoudre y=f(x) en x en utilisant les conditions de signe ; la dérivabilité de f−1 au bord se lit sur le taux d'accroissement et répond à une tangente horizontale de (C).
Partie B : chercher dans la partie A la dérivée qui fabrique l'intégrande (1+x2x=21f′) ; l'aire sous un logarithme se calcule par parties et fait réapparaître un terme de la suite.
Relation à pas 2In+In+2=n+11 et monotonie donnent l'encadrement puis limnIn ; avec un signe alterné sur les indices impairs, elle se télescope en une somme.
Les pièges à vérifier dans ta démarche
Oublier que f′(0)=0 (tangente horizontale en O, donc demi-tangente verticale pour (C′)) ; conclure la position par rapport à T sans le signe de φ de part et d'autre de 1 ; écrire f−1(x)=±ex−1 sans utiliser x≥0 ; appliquer la majoration 2In≤n−11 pour n<3, où In−2 n'est pas défini ; conclure sur limnIn à partir de In→0 seul (forme ∞×0) ; en partie C, perdre le signe en posant j=k+1.
EX
Sujet principal
Exercice 4 — problème d'analyse (7 points), dans l'esprit des sessions 2020–2025
11 questionsFigure fournieCorrigé masqué
Énoncé
Soit f la fonction définie sur [0,+∞[ par f(x)=ln(1+x2). On note (C) sa courbe représentative dans un repère orthonormé (O,i,j).
Partie A
Comportement à l'infini.
Calculer x→+∞limf(x).
Montrer que x→+∞limxf(x)=0 (on pourra écrire, pour x>0, f(x)=2lnx+ln(1+x21)). Interpréter graphiquement le résultat.
Variations.
Montrer que f est dérivable sur [0,+∞[ et que f′(x)=1+x22x. Que peut-on dire de la tangente à (C) au point O ?
Dresser le tableau de variation de f.
Point d'inflexion et tangente.
Montrer que, pour tout x≥0, f′′(x)=(1+x2)22(1−x2). En déduire que (C) admet un point d'inflexion I dont on précisera les coordonnées.
Montrer qu'une équation de la tangente T à (C) au point I est y=x−1+ln2.
Soit φ la fonction définie sur [0,+∞[ par φ(x)=f(x)−x+1−ln2. Montrer que φ′(x)=−1+x2(x−1)2, puis étudier la position relative de (C) et T.
En déduire que, pour tout x≥0, ln(1+x2)≤x. Interpréter graphiquement le résultat à l'aide de la droite Δ d'équation y=x.
Fonction réciproque.
Montrer que f réalise une bijection de [0,+∞[ sur [0,+∞[ et que, pour tout x≥0, f−1(x)=ex−1.
On note (C′) la courbe de f−1 dans le repère (O,i,j). Étudier la dérivabilité de f−1 à droite en 0 et interpréter graphiquement le résultat.
Dans la figure de l'annexe ci-dessous, on a tracé la tangente T et la droite Δ d'équation y=x. Placer le point I, puis tracer (C) et (C′).
Partie B. Pour tout entier n≥1, on pose In=∫011+x2xndx.
Premiers termes.
Vérifier que x↦21f(x) est une primitive de x↦1+x2x sur [0,1]. En déduire que I1=21f(1) et donner la valeur de I1.
Montrer que, pour tout n≥1, In+In+2=n+11. En déduire I3.
Monotonie, encadrement et limites.
Montrer que, pour tout n≥1, 0≤In+1≤In. En déduire que la suite (In) est convergente.
Montrer que, pour tout n≥3, 2(n+1)1≤In≤2(n−1)1.
En déduire n→+∞limIn et n→+∞limnIn.
On désigne par A l'aire de la partie du plan limitée par (C), l'axe des abscisses et les droites d'équations x=0 et x=1.
Exprimer A à l'aide d'une intégrale puis, à l'aide d'une intégration par parties, montrer que A=ln2−2I2.
Vérifier que, pour tout x∈[0,1], 2x2≤1+x2x2≤x2, puis en déduire que ln2−32≤A≤ln2−31.
Partie C. Pour tout entier k≥0, on pose Wk=(−1)kI2k+1 et l'on s'intéresse aux sommes partielles Sn=j=1∑nj(−1)j+1, n≥1 ; on convient que S0=0.
Montrer que, pour tout k≥0, Wk+1−Wk=2(k+1)(−1)k+1.
En déduire que, pour tout n≥0, Wn=21(ln2−Sn).
Montrer que n→+∞limSn=ln2.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
A.1.a Quand x→+∞, 1+x2→+∞ et u→+∞limlnu=+∞, donc x→+∞limf(x)=+∞.
A.1.bIdée : factoriser x2 dans le logarithme pour faire apparaître xlnx. Pour x>0, 1+x2=x2(1+x21), d'où f(x)=2lnx+ln(1+x21) et
xf(x)=2xlnx+x1ln(1+x21)
Or xlnx→0, x1→0 et ln(1+x21)→ln1=0 : x→+∞limxf(x)=0. Comme f(x)→+∞, (C) admet au voisinage de +∞ une branche parabolique de direction celle de (O,i).
A.2.au:x↦1+x2 est dérivable et strictement positive sur [0,+∞[, donc f=lnu y est dérivable et f′=uu′ : f′(x)=1+x22x. Comme f′(0)=0 et f(0)=0, (C) admet au point O une tangente horizontale : l'axe des abscisses.
A.2.b Pour x>0, f′(x)>0 : f est strictement croissante sur [0,+∞[.
xf′(x)f(x)000+↗+∞+∞
A.3.a En dérivant le quotient : f′′(x)=(1+x2)22(1+x2)−2x⋅2x=(1+x2)22(1−x2). Son signe est celui de 1−x2=(1−x)(1+x) avec 1+x>0 : f′′>0 sur [0,1[ et f′′<0 sur ]1,+∞[. f′′ s'annule en changeant de signe en 1, donc I(1,ln2) est un point d'inflexion de (C).
A.3.bf(1)=ln2 et f′(1)=22=1 : T:y=1⋅(x−1)+ln2, soit y=x−1+ln2.
A.3.cIdée : φ(x) est l'écart entre la courbe et la tangente ; son signe donne la position.φ′(x)=f′(x)−1=1+x22x−1−x2=−1+x2(x−1)2. Ainsi φ′≤0 et ne s'annule qu'en 1 : φ est strictement décroissante sur [0,+∞[, avec φ(1)=ln2−1+1−ln2=0.
Par suite φ(x)>0 sur [0,1[ : (C) est au-dessus de T ; φ(x)<0 sur ]1,+∞[ : (C) est au-dessous de T. La courbe traverse sa tangente au point d'inflexion I.
A.3.dIdée : T et Δ ont le même coefficient directeur 1, donc f(x)−x ne diffère de φ(x) que d'une constante.φ étant décroissante, φ(x)≤φ(0)=1−ln2 pour tout x≥0. Or φ(x)−(1−ln2)=f(x)−x, d'où f(x)−x≤0, c'est-à-dire ln(1+x2)≤x, avec égalité seulement en x=0. Graphiquement, (C) est au-dessous de Δ et ne la rencontre qu'au point O.
A.4.af est continue et strictement croissante sur [0,+∞[, avec f(0)=0 et +∞limf=+∞ : elle réalise une bijection de [0,+∞[ sur [0,+∞[. Pour x≥0 et y≥0 : y=f(x)⟺1+x2=ey⟺x2=ey−1, et comme x≥0 et ey−1≥0, cela équivaut à x=ey−1. Donc f−1(x)=ex−1 pour tout x≥0.
A.4.bIdée : taux d'accroissement en 0, avec x→0limxex−1=1. Pour x>0 :
xf−1(x)−f−1(0)=xex−1
=xex−1×x1
Le premier facteur tend vers 1 et le second vers +∞ : la limite est +∞. f−1 n'est pas dérivable à droite en 0 et (C′) admet au point O une demi-tangente verticale — la symétrique, par rapport à Δ, de la tangente horizontale de (C) en O.
A.5I(1;ln2)≈(1;0,69) est sur T. (C) part de O tangente à l'axe des abscisses, est au-dessus de T puis la traverse en I, reste sous Δ et passe par (2;ln5)≈(2;1,61) et (3;ln10)≈(3;2,30), avec une branche parabolique de direction (O,i). (C′) est la symétrique de (C) par rapport à Δ : elle passe par I′(ln2;1), part de O avec une demi-tangente verticale et admet une branche parabolique de direction (O,j).
B.1.aIdée : l'intégrande de I1 est la moitié de la dérivée étudiée en A.2.a.(21f)′(x)=21⋅1+x22x=1+x2x : x↦21f(x) est une primitive de x↦1+x2x sur [0,1]. Donc I1=21[f(x)]01=21(f(1)−f(0))=21f(1), soit I1=21ln2.
B.1.bIdée : réduire au même dénominateur avant d'intégrer. Pour x∈[0,1], 1+x2xn+1+x2xn+2=1+x2xn(1+x2)=xn. Par linéarité de l'intégrale, In+In+2=∫01xndx=n+11. Pour n=1 : I3=21−I1=21−ln2.
B.2.a Pour x∈[0,1], 0≤xn+1≤xn, donc 0≤1+x2xn+1≤1+x2xn. En intégrant sur [0,1] (bornes dans l'ordre croissant) : 0≤In+1≤In. La suite (In) est décroissante et minorée par 0 : elle est convergente.
B.2.bIdée : injecter la monotonie dans la relation de B.1.b. Comme In+2≤In : n+11=In+In+2≤2In, d'où In≥2(n+1)1. Pour n≥3, la relation au rang n−2≥1 donne In−2+In=n−11 et, comme In≤In−2 : 2In≤n−11, d'où In≤2(n−1)1.
B.2.c Les deux bornes tendent vers 0 : n→+∞limIn=0. En multipliant l'encadrement par n>0 :
2(n+1)n≤nIn≤2(n−1)n
Les deux bornes tendent vers 21 ; d'après le théorème des gendarmes, n→+∞limnIn=21.
B.3.aIdée : dériver le logarithme, intégrer 1.f est croissante avec f(0)=0, donc f≥0 sur [0,1] et A=∫01f(x)dx. On intègre par parties avec u(x)=ln(1+x2), v′(x)=1, soit u′(x)=1+x22x et v(x)=x :
A=[xln(1+x2)]01−∫011+x22x2dx
Le crochet vaut ln2 et la seconde intégrale vaut 2I2 : A=ln2−2I2.
B.3.b Pour x∈[0,1], 1≤1+x2≤2, donc 21≤1+x21≤1 ; en multipliant par x2≥0 : 2x2≤1+x2x2≤x2. En intégrant sur [0,1] : 61≤I2≤31, donc −32≤−2I2≤−31 et
ln2−32≤A≤ln2−31
soit environ 0,03≤A≤0,36 (en unités d'aire).
C.1Idée : un signe alterné transforme la relation In+In+2 en une différence.
Wk+1−Wk=(−1)k+1I2k+3−(−1)kI2k+1
=(−1)k+1(I2k+1+I2k+3)
D'après B.1.b au rang 2k+1≥1, I2k+1+I2k+3=2k+21, d'où Wk+1−Wk=2(k+1)(−1)k+1.
C.2 Par sommation télescopique de k=0 à n−1 : Wn=W0+k=0∑n−12(k+1)(−1)k+1. Avec j=k+1, (−1)k+1=(−1)j=−(−1)j+1, et W0=I1=21ln2 :
Wn=2ln2−21j=1∑nj(−1)j+1
c'est-à-dire Wn=21(ln2−Sn), encore vrai pour n=0 puisque S0=0.
C.3∣Wn∣=I2n+1 et n→+∞limI2n+1=0 d'après B.2.c. Donc ln2−Sn=2Wn→0 : n→+∞limSn=ln2.
Changer d’énoncé, garder le raisonnement
Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.
Variantes rencontrées :f(x)=1+e2x1, réciproque et courbe (ζ′) sur l'annexe, puis F2k+1−F2k−1 et une somme sur les indices impairs (principale 2020) ; f(x)=lnx1 tracée, puis Un=∫αe(f(t))ndt et la somme ∑(k−2)Uk (principale 2022) ; f(x)=1−lnxlnx, point d'inflexion, tangente et position relative, construction sur l'annexe, puis relation Un+2+2Un+1+Un (principale 2025) ; réciproque explicite f−1(x)=(1−lnx)2 et aire (contrôle 2024). Ce scénario reprend, pour le format long, la trajectoire de IN-G dont la partie A portait sur la fraction rationnelle x2+1x.
Relier ce raisonnement au bac
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