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Fahmio
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Bac Tunisie
IM-GImmunité : maintien de l'intégrité de l'organisme

Grand problème d'immunité (7 points) : nature de la réponse par transfert du sérum ou des lymphocytes, mémoire et spécificité, lieux de maturation et coopération, conditions de la lyse, schéma de l'induction et de l'amplification

Idée directrice

Dans la deuxième partie de l'épreuve de sciences expérimentales, l'immunité arrive souvent en grand problème de 6,5 à 8 points qui enchaîne toujours les mêmes étapes, une par document : la nature de la réponse (transfert du sérum ou des lymphocytes d'un animal immunisé, cinétiques de l'antigène, des anticorps et des LTc), ses propriétés (spécificité, mémoire), les acteurs et leur coopération (souris thymectomisées et irradiées, cultures, interleukines), les conditions de la lyse par les LTc (antigène, CMH du soi, Ca²⁺, contact) et enfin un schéma fonctionnel d'une phase. Chaque réponse part du relevé chiffré du document, le compare au témoin, puis conclut ; la dernière question réinvestit tout ce qui précède.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Analysez les résultats de l'expérience 1 en vue de déduire la nature de la réaction immunitaire dirigée contre le microbe X » ; « dégagez, en justifiant votre réponse, deux propriétés de la réponse immunitaire » ; « Chez trois souris S₁, S₂ et S₃, irradiées et thymectomisées » ; « de dégager trois conditions nécessaires à la lyse des cellules infectées » ; « expliquer, à l'aide d'un schéma, le mécanisme du déroulement de la phase d'induction »

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  • Nature de la réponse : protection transférée par le sérum → anticorps → RIMH ; par les lymphocytes → LTc → RIMC ; contre un virus, chercher les deux, en lisant séparément les virus libres et les cellules infectées.
  • Propriétés : mémoire = deuxième réponse au même antigène plus rapide et plus ample (chiffrer latence et maximum) ; spécificité = un antigène nouveau, même injecté le même jour, ne déclenche qu'une réponse primaire.
  • Souris thymectomisées et irradiées : chaque greffe apporte ses cellules ; thymus → LT, moelle → LB ; une réponse ample seulement avec les deux → coopération LB–LT4.
  • Tableau de lyse : repérer la seule culture lysée, puis ne faire varier qu'un facteur à la fois ; chaque absence de lyse donne une condition (antigène, CMH du soi, Ca²⁺, contact).
  • Schéma fonctionnel : cellules, molécules (CMH, IL1, IL2) et flèches légendées, de la présentation de l'antigène jusqu'aux cellules effectrices et mémoire.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Conclure à une réponse seulement humorale parce que le sérum fait chuter les virus libres, sans regarder les cellules infectées ; confondre mémoire et spécificité (la mémoire se lit sur la deuxième réponse anti-V, la spécificité sur la réponse anti-W) ; dire que la moelle n'apporte « rien » à une souris thymectomisée, alors qu'elle apporte les LB ; énoncer des conditions de lyse sans la culture qui prouve chacune ; oublier le Ca²⁺ dans l'explication de la lyse ; ajouter la phase effectrice à un schéma qui ne la demande pas (le corrigé officiel du contrôle 2016 la pénalise).

Sujet principal

Exercice — Immunité de l'organisme (7 points), dans l'esprit des sessions de contrôle 2015 et 2020 et des sessions principales 2021 et 2024 (Sciences expérimentales)

1 questionFigure fournieCorrigé masqué

Deuxième partie — I. Immunité de l'organisme (7 points)

On se propose d'étudier quelques aspects de la réponse immunitaire dirigée contre un virus V, qui se multiplie à l'intérieur des cellules de l'hôte. Sauf indication contraire, toutes les souris utilisées sont de la même lignée L₁ : elles sont histocompatibles.

Expérience 1 — Une souris S₁ a reçu, trois semaines auparavant, une dose non mortelle du virus V. On prélève son sérum, que l'on injecte à une souris S₂, et ses lymphocytes, que l'on injecte à une souris S₃ ; une souris S₄ reçoit de l'eau physiologique. Le lendemain (jour 0), on injecte la même dose de V aux souris S₂, S₃ et S₄, puis on suit chez chacune le taux de virus libres dans le sang et le nombre de cellules infectées (document 1).

1. Exploitez le document 1 afin : a. de comparer les résultats obtenus chez S₂ et chez S₃ à ceux de la souris témoin S₄ ; b. de déduire la nature de la réponse immunitaire dirigée contre V et la cible de chacune de ses composantes.

Expérience 2 — On injecte V à une souris neuve S₅ au jour 0 ; au jour 30, on lui injecte de nouveau V ainsi qu'un virus W qu'elle n'a jamais rencontré. On dose ses anticorps anti-V et anti-W (document 2).

2. Comparez les réponses anti-V après la première et après la deuxième injection de V, puis la réponse anti-W, afin de dégager deux propriétés de la réponse immunitaire.

Expérience 3 — Des souris S₆ à S₉ sont thymectomisées puis irradiées : l'irradiation détruit les cellules de la moelle osseuse et les lymphocytes, mais épargne les macrophages déjà présents dans les tissus. Elles reçoivent des cellules prélevées chez une souris normale de même lignée, puis le virus V. Quatorze jours plus tard, on dose leurs anticorps anti-V et on recherche des LTc anti-V (document 3).

SourisCellules reçuesAnticorps anti-V (UA)LTc anti-V
S₆aucune0absents
S₇cellules du thymus0présents
S₈cellules de la moelle osseuse1absents
S₉cellules du thymus + cellules de la moelle osseuse12présents

Document 3 — réponses de souris thymectomisées et irradiées, reconstituées.

3. Exploitez le document 3 afin : a. d'identifier les cellules immunitaires apportées par chaque type de greffe et le lieu de maturation de chacune ; b. de dégager la condition d'une production importante d'anticorps anti-V.

Expérience 4 — Quinze jours après l'injection de V à une souris S₁₀ de lignée L₁, on isole ses LTc anti-V. On les met en présence de cellules cibles préalablement chargées en chrome radioactif (⁵¹Cr), dans six conditions. Le ⁵¹Cr passe dans le milieu quand les cellules cibles sont lysées ; au-dessous de 10 %, il ne traduit qu'une fuite spontanée par des cellules intactes (document 4).

CultureCellules ciblesIons Ca²⁺Contact LTc – cible⁵¹Cr libéré (%)
aL₁ infectées par Vprésentsdirect68
bL₁ infectées par Wprésentsdirect7
cL₂ infectées par Vprésentsdirect8
dL₁ infectées par Vabsentsdirect6
eL₁ infectées par Vprésentsmembrane perméable aux molécules7
fL₁ non infectéesprésentsdirect6

Document 4 — lyse de cellules cibles par les LTc de S₁₀ (L₂ : cellules d'une autre lignée).

4. Analysez les résultats du document 4 afin : a. de dégager les conditions nécessaires à la lyse des cellules cibles par les LTc ; b. d'expliquer le mécanisme de la lyse dans la culture a.

5. En intégrant les informations tirées des documents 1 à 4 et vos connaissances, représentez, par un schéma fonctionnel, les phases d'induction et d'amplification (multiplication clonale et différenciation) de la réponse immunitaire dirigée contre V.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Barème indicatif (non officiel) : 1) 1,5 pt ; 2) 1,25 pt ; 3) 1,5 pt ; 4) 1,5 pt ; 5) 1,25 pt.

1.a Idée : chaque souris receveuse se compare au témoin S₄, qui montre ce que fait le virus sans immunité transférée ; on lit les deux graphes, car le sérum et les lymphocytes n'agissent pas sur la même forme du virus.

D'après le document 1, au jour 0 les trois souris ont le même taux de virus libres (≈ 2 UA) et presque aucune cellule infectée.

  • Chez le témoin S₄, les virus libres augmentent fortement (≈ 94 UA au jour 8) et les cellules infectées aussi (≈ 88 × 10³ par g au jour 8) : sans immunité préalable, V se multiplie librement.
  • Chez S₂ (sérum de S₁), les virus libres chutent aussitôt (moins de 1 UA du jour 1 au jour 3) puis ne remontent que lentement (≈ 5 UA au jour 8 contre 94 chez S₄) ; mais les cellules infectées augmentent quand même, moins vite que chez S₄ (≈ 50 × 10³ par g au jour 8 contre 88) : le sérum limite les virus libres sans arrêter l'infection.
  • Chez S₃ (lymphocytes de S₁), virus libres et cellules infectées augmentent d'abord un peu, en restant sous les valeurs du témoin (≈ 8 UA et ≈ 7 × 10³ par g vers le jour 2), puis s'annulent vers les jours 4 à 5 alors qu'ils explosent chez S₄ : la protection est complète après un court délai.

1.b Idée : le sérum transfère des molécules solubles, les anticorps ; les lymphocytes transfèrent des cellules capables de détruire les cellules infectées.

Le sérum de S₁ contient des anticorps anti-V : ils neutralisent les virus libres du sang, mais n'atteignent pas le virus qui se multiplie à l'intérieur des cellules — c'est une réponse immunitaire à médiation humorale (RIMH), dirigée contre la forme libre de V. Les lymphocytes de S₁ transfèrent une protection totale : parmi eux, des lymphocytes spécifiques de V (lymphocytes mémoire et LTc déjà formés) fournissent très vite des LTc qui détruisent les cellules infectées, sources des nouveaux virus — c'est une réponse immunitaire à médiation cellulaire (RIMC), dirigée contre les cellules infectées. La réponse contre V est donc mixte. Le court délai observé chez S₃ est le temps nécessaire aux lymphocytes transférés pour produire LTc et anticorps, alors que les anticorps du sérum agissent immédiatement.

2. Idée : la mémoire se lit en comparant les deux réponses anti-V (délai, maximum) ; la spécificité, en comparant la réponse anti-W, déclenchée au même moment que la deuxième réponse anti-V.

  • Première injection de V : anticorps anti-V indétectables pendant ≈ 5 jours (temps de latence), maximum ≈ 8 UA vers le 12e jour, puis lente diminution (≈ 4 UA au jour 30).
  • Deuxième injection de V (jour 30) : les anticorps anti-V augmentent dès ≈ 2 jours et atteignent ≈ 83 UA vers le 40e jour, soit environ 10 fois plus, et restent élevés.
  • Anticorps anti-W : latence ≈ 5 jours, maximum ≈ 8 UA vers le 42e jour — exactement l'allure de la première réponse anti-V.

Première propriété, la mémoire immunitaire : un deuxième contact avec le même antigène déclenche une réponse secondaire plus rapide, plus ample et plus durable, grâce aux lymphocytes mémoire formés lors du premier contact. Deuxième propriété, la spécificité : cette mémoire ne vaut que pour V ; injecté le même jour, W, jamais rencontré, ne provoque qu'une réponse primaire, et les anticorps anti-V ne sont pas dirigés contre W.

3.a Idée : une souris thymectomisée et irradiée n'a plus de lymphocytes et ne peut plus fabriquer de LT ; chaque greffe apporte donc ses propres cellules, et le résultat dit lesquelles.

  • S₆ (aucune cellule) : ni anticorps ni LTc — c'est le témoin : thymectomie et irradiation suppriment toute réponse spécifique.
  • S₇ (cellules du thymus) : des LTc mais pas d'anticorps (0 UA) : le thymus apporte des lymphocytes T (LT4 et LT8), capables de donner des LTc, mais aucune cellule productrice d'anticorps.
  • S₈ (cellules de la moelle osseuse) : très peu d'anticorps (1 UA) et pas de LTc : la moelle apporte des lymphocytes B, qui donnent quelques plasmocytes ; ses précurseurs de LT ne peuvent pas devenir des LT, faute de thymus.
  • S₉ (thymus et moelle) : beaucoup d'anticorps (12 UA) et des LTc.

Lieux de maturation : les LB acquièrent leurs récepteurs (immunoglobulines membranaires) dans la moelle osseuse ; les LT acquièrent leur récepteur T (TCR) dans le thymus.

3.b Une production importante d'anticorps (12 UA chez S₉ contre 1 UA chez S₈) exige la présence simultanée des LB, venus de la moelle, et des LT, venus du thymus : c'est la coopération cellulaire entre LB et LT4. Activés par les macrophages qui leur présentent l'antigène, les LT4 sécrètent des interleukines qui déclenchent la multiplication des LB sélectionnés et leur différenciation en plasmocytes.

4.a Idée : a est la seule culture lysée ; chaque autre culture n'en diffère que par un facteur, qui devient une condition nécessaire.

Le ⁵¹Cr libéré n'est élevé que dans la culture a (68 %) : les LTc lysent les cellules L₁ infectées par V. Dans toutes les autres cultures, il reste entre 6 et 8 %, au niveau de la fuite spontanée : aucune lyse.

  • b (cellules infectées par W) : pas de lyse → la cible doit porter l'antigène de V, contre lequel les LTc ont été produits (spécificité) ;
  • c (cellules L₂ infectées par V) : pas de lyse → la cible doit porter les mêmes molécules du CMH (CMH I) que le LTc : il reconnaît à la fois le peptide viral et le CMH du soi (double reconnaissance) ;
  • d (sans Ca²⁺) : pas de lyse → la présence d'ions Ca²⁺ est nécessaire ;
  • e (membrane perméable aux molécules) : pas de lyse → un contact direct entre le LTc et sa cible est nécessaire ; la lyse n'est pas due à une substance soluble qui diffuserait ;
  • f (cellules non infectées) : pas de lyse → le LTc épargne les cellules saines du soi.

4.b Idée : raconter dans l'ordre — reconnaissance, contact, exocytose, pores, lyse. Dans la culture a, le récepteur T du LTc reconnaît le peptide de V associé à une molécule du CMH I (HLA I chez l'Homme) à la surface de la cellule infectée : cette double reconnaissance établit un contact étroit. Le LTc déverse alors par exocytose, au niveau du contact, le contenu de ses granules : les perforines se polymérisent en présence de Ca²⁺ dans la membrane de la cible et y forment des pores. L'eau et les ions entrent massivement, la cellule gonfle et éclate (lyse osmotique), libérant son ⁵¹Cr ; des enzymes entrées par les pores (granzymes) participent à sa destruction. Le LTc se détache intact et peut attaquer une autre cellule infectée.

5. Idée : un schéma fonctionnel montre des cellules, des molécules et des flèches légendées, sans phrases ; il s'arrête aux cellules effectrices et mémoire — la phase effectrice n'est pas demandée.

  • Induction : le macrophage (cellule présentatrice) phagocyte V, l'apprête et présente ses peptides associés aux molécules du CMH II (au LT4) et du CMH I (au LT8) ; il sécrète l'interleukine 1. Le LB reconnaît directement V par ses immunoglobulines membranaires. Les LT4 et les LT8 spécifiques reconnaissent peptide et CMH (double reconnaissance) : ils sont sélectionnés et activés ; le LT4 activé sécrète l'interleukine 2.
  • Amplification : sous l'action de l'IL2, les LB, les LT4 et les LT8 sélectionnés se multiplient par mitoses : chacun donne un clone.
  • Différenciation : les LB donnent des plasmocytes sécréteurs d'anticorps anti-V et des LB mémoire ; les LT8, des LTc et des LT8 mémoire ; les LT4, des LT4 auxiliaires et des LT4 mémoire.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : cinétiques du virus, des LTc et des anticorps contre une souche de grippe, précipitation en gélose et cultures de LB, LT et macrophages donnant des plasmocytes (contrôle 2015) ; cultures produisant IL1, IL2 et LTc, puis lyse au chrome radioactif selon le microbe et la race (contrôle 2016) ; courbe d'anticorps, cultures à compartiments, CMH dégradé et effet de l'IL2 sur les LB (contrôle 2017) ; cellules X, Y et Z, anticorps anti-LT4 et anti-IL2, schéma fonctionnel d'une réponse antivirale (principale 2019) ; sérums de souris infectées une ou deux fois et schéma de la phase d'induction (contrôle 2020) ; souris irradiées et thymectomisées reconstituées, LTc et restriction par le CMH (principale 2021) ; transfert du sérum et des lymphocytes, cultures produisant l'IL2, trois conditions de la lyse (principale 2024) ; déficit combiné corrigé par l'IL2 (contrôle 2025, voir IM-I).

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill IM-G.1 — Sérums de souris infectées une ou deux fois : lire la mémoire et la spécificité dans le pouvoir protecteur d'un sérum
Entraînement 01 / 03

Drill IM-G.1 — Sérums de souris infectées une ou deux fois : lire la mémoire et la spécificité dans le pouvoir protecteur d'un sérum

1 questionFigure fournieCorrigé masqué

On prélève le sérum de trois souris : s1, d'une souris jamais infectée par le microbe M ; s2, d'une souris infectée une fois par M, trois semaines auparavant ; s3, d'une souris infectée deux fois par M, à un mois d'intervalle, la seconde fois trois semaines auparavant.

Au jour 0, on injecte le microbe M à trois souris neuves Sa, Sb et Sc, et, à la même dose, un autre microbe N, qui se multiplie à la même vitesse que M, à une quatrième souris neuve Sd. Au jour 3, Sa reçoit s1, Sb reçoit s2, Sc et Sd reçoivent s3. On suit le taux de microbes libres dans le sang de chaque souris (document).

1. Décrivez l'évolution du taux de microbes libres chez Sa, Sb et Sc après l'injection des sérums, puis expliquez-la.

2. Déduisez la nature de la réponse immunitaire dirigée contre M.

3. Dégagez, en justifiant votre réponse, deux propriétés de cette réponse.

4. Expliquez, à l'échelle des lymphocytes, pourquoi le sérum s3 est plus efficace que le sérum s2.

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1. Idée : jusqu'au jour 3, les courbes sont confondues ; seul ce qui suit l'injection des sérums compte. Du jour 0 au jour 3, le taux de microbes libres passe de ≈ 1 à ≈ 8 UA chez toutes les souris. Ensuite, chez Sa (s1), il continue d'augmenter jusqu'à ≈ 56 UA au jour 9 : s1 ne contient pas d'anticorps anti-M, sa donneuse n'ayant jamais rencontré M. Chez Sb (s2), il augmente plus lentement (≈ 25 UA au jour 9) : s2 contient des anticorps anti-M, en quantité insuffisante pour neutraliser tous les microbes. Chez Sc (s3), il diminue et s'annule vers le jour 7 : s3 contient beaucoup d'anticorps anti-M, qui neutralisent tous les microbes libres ; les complexes immuns formés sont éliminés par phagocytose.

2. La protection est transmise par le sérum, partie liquide et sans cellules du sang : les effecteurs sont des molécules solubles, les anticorps. La réponse contre M est une réponse immunitaire à médiation humorale.

3. Idée : chaque propriété se justifie par la comparaison qui la montre. Mémoire : s3 (deux contacts avec M) protège bien mieux que s2 (un seul contact) ; le deuxième contact a déclenché une réponse secondaire, plus rapide et plus ample, qui a laissé davantage d'anticorps anti-M. Spécificité : le même sérum s3, si efficace chez Sc, ne freine pas du tout le microbe N : la courbe de Sd est confondue avec celle de Sa, qui n'a reçu aucun anticorps anti-M (≈ 56 UA au jour 9). Les anticorps de s3 ne reconnaissent que les déterminants antigéniques de M.

4. Lors du premier contact avec M, les LB sélectionnés se sont multipliés et différenciés en plasmocytes, mais aussi en LB mémoire, plus nombreux que les LB spécifiques de départ. Au deuxième contact, ces LB mémoire, activés plus vite avec l'aide des LT4 mémoire, donnent rapidement beaucoup plus de plasmocytes : le sérum s3 est bien plus riche en anticorps anti-M que s2.

2 Drill IM-G.2 — Cultures à deux compartiments : l'IL2, messager chimique entre LT4 et LT8
Entraînement 02 / 03

Drill IM-G.2 — Cultures à deux compartiments : l'IL2, messager chimique entre LT4 et LT8

1 questionCorrigé masqué

On prélève dans la rate d'une souris non immunisée des macrophages, des lymphocytes T4 (LT4) et des lymphocytes T8 (LT8). On réalise six cultures, toutes en présence du virus V. Dans les cultures 4 et 5, deux compartiments A et B sont séparés par une membrane perméable aux molécules mais imperméable aux cellules. Six jours plus tard, on dose l'interleukine 2 (IL2) dans le milieu et on recherche des lymphocytes T cytotoxiques (LTc) anti-V.

CultureComposition (toutes avec V)IL2 dans le milieu (UA)LTc anti-V
1macrophages + LT4 + LT8420présents
2macrophages + LT80absents
3LT4 + LT8 (sans macrophages)0absents
4compartiment A : macrophages + LT4 / compartiment B : macrophages + LT8400 (en A et en B)présents (en B)
5comme 4, avec des anticorps anti-IL2 dans les deux compartiments0absents
6macrophages + LT8 + IL2 purifiéeIL2 ajoutéeprésents

1. Comparez les cultures 1, 2 et 3 afin de préciser l'origine de l'IL2 et la condition de sa sécrétion.

2. Exploitez les cultures 4 et 5 afin de dégager un mode de communication entre les cellules immunitaires.

3. Précisez, à partir de la culture 6 et de ce qui précède, le rôle de l'IL2 dans la production des LTc.

4. Expliquez pourquoi, dans les cultures 4 et 6, des macrophages sont placés avec les LT8.

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1. Idée : deux cultures qui ne diffèrent que par un type de cellule désignent le rôle de cette cellule. La culture 1 contient de l'IL2 (420 UA) ; la culture 2, sans LT4, n'en contient pas : ni les macrophages ni les LT8 ne la sécrètent, ce sont les LT4. La culture 3, avec des LT4 mais sans macrophages, n'en contient pas non plus : les LT4 ne sécrètent l'IL2 qu'après avoir été activés par les macrophages, qui leur présentent les peptides de V associés aux molécules du CMH II et sécrètent l'interleukine 1. Sans IL2, pas de LTc (cultures 2 et 3).

2. Idée : une membrane qui laisse passer les molécules mais pas les cellules sépare « contact » et « messager ». Dans la culture 4, les LT8 du compartiment B, qui ne touchent aucun LT4, donnent quand même des LTc, et l'IL2 sécrétée en A se retrouve en B (400 UA) : un signal soluble a traversé la membrane. Dans la culture 5, les anticorps anti-IL2 neutralisent ce signal : plus d'IL2 détectable, plus de LTc. Le signal est donc l'IL2 : les LT4 communiquent avec les LT8 à distance, par un messager chimique, l'interleukine 2, qui agit sur les cellules portant des récepteurs à l'IL2.

3. Dans la culture 6, sans aucun LT4, l'IL2 purifiée suffit à obtenir des LTc : l'IL2 déclenche la multiplication (amplification clonale) des LT8 sélectionnés et leur différenciation en LTc et en LT8 mémoire. Dans cette réponse, le rôle des LT4 est de fournir l'IL2.

4. Idée : l'IL2 n'agit que sur un LT8 déjà sélectionné par l'antigène. Un LT8 ne reconnaît pas le virus libre : son récepteur T doit reconnaître un peptide de V associé à une molécule du CMH I, à la surface d'une cellule qui le présente (double reconnaissance). Cette reconnaissance sélectionne et active les LT8 spécifiques de V, qui expriment alors des récepteurs à l'IL2. Sans macrophage présentateur dans le compartiment des LT8, l'IL2 ne trouverait aucun LT8 activé sur lequel agir.

3 Drill IM-G.3 — Double diffusion en gélose : arc de précipitation et spécificité des anticorps
Entraînement 03 / 03

Drill IM-G.3 — Double diffusion en gélose : arc de précipitation et spécificité des anticorps

2 questionsFigure fournieCorrigé masqué

Dans deux plaques de gélose, milieu où les molécules diffusent, on creuse un puits central c0 et quatre puits périphériques c1 à c4, à égale distance de c0 :

  • puits central c0 — plaque 1 : sérum d'une souris S prélevé quinze jours après une infection par le virus V1 ; plaque 2 : sérum d'une souris jamais infectée ;
  • dans les deux plaques : c1, antigènes de V1 ; c2, antigènes d'un autre virus V2 ; c3, eau physiologique ; c4, mélange d'antigènes de V1 et de V2.

Le document montre les deux plaques 24 heures plus tard ; un arc de précipitation (trait sombre) est apparu entre certains puits.

1. Expliquez l'apparition de l'arc de précipitation entre c0 et c1 dans la plaque 1.

2. Exploitez les résultats des puits c2, c3 et c4 de la plaque 1 afin de dégager une propriété des anticorps.

3. Précisez le rôle de la plaque 2.

4. Prévoyez, en justifiant, le résultat de la plaque 1 si le puits c0 contenait le sérum d'une souris infectée successivement par V1 puis par V2.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : l'arc se forme là où deux substances qui diffusent l'une vers l'autre se rencontrent et se lient. Le sérum de c0 contient des anticorps anti-V1, produits par les plasmocytes de la souris S après l'infection ; les antigènes de V1 diffusent depuis c1. Là où ils se rencontrent en proportions convenables, chaque anticorps fixe par ses deux sites deux déterminants antigéniques : il se forme un réseau de complexes immuns (antigène – anticorps) insolubles, qui précipitent et dessinent l'arc.

2. Aucun arc n'apparaît avec c2 (antigènes de V2) ni avec c3 (eau physiologique) : les anticorps anti-V1 ne se lient pas aux antigènes de V2. Un arc apparaît avec c4, qui contient des antigènes de V1 parmi d'autres. Les anticorps sont donc spécifiques : chacun ne reconnaît que le déterminant antigénique qui a provoqué sa production, par complémentarité de forme avec ses sites de fixation.

3. La plaque 2 est un témoin : le sérum d'une souris qui n'a jamais rencontré V1 ne précipite aucun antigène. Les anticorps anti-V1 de la plaque 1 sont donc apparus à la suite de l'infection : c'est une réponse acquise, pas une propriété de tout sérum.

4. Ce sérum contiendrait à la fois des anticorps anti-V1 et des anticorps anti-V2 : on observerait un arc entre c0 et c1, un arc entre c0 et c2, une précipitation entre c0 et c4 (les deux sortes d'antigènes y sont reconnues), et toujours aucun arc avec c3.

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