Exercice 1 — dans l'esprit des sujets du bac
On réalise l'électrolyse d'une solution aqueuse de chlorure d'étain(II) , de concentration molaire et de volume , avec deux électrodes en graphite. Un générateur impose entre les bornes de l'électrolyseur une tension non nulle. On observe la formation d'un solide sur l'électrode reliée à la borne négative du générateur et un dégagement de gaz verdâtre sur l'électrode reliée à sa borne positive. Les couples mis en jeu sont et .
- Composition du bain.
- Préciser les deux entités chimiques issues du soluté, initialement présentes en solution.
- Identifier le solide et le gaz obtenus lors de l'électrolyse.
- Transformations aux électrodes.
- Écrire l'équation de la transformation s'effectuant au niveau de chaque électrode, en précisant s'il s'agit d'une oxydation ou d'une réduction.
- En déduire l'équation bilan de la transformation qui se produit pendant l'électrolyse.
- Préciser s'il s'agit d'une transformation spontanée ou d'une transformation imposée, et justifier la réponse.
- Justifier l'appellation « électrodes inattaquables », puis indiquer ce que deviendrait le bilan si l'électrode reliée à la borne positive était une anode soluble en étain.
- L'intensité du courant traversant l'électrolyseur vaut et la durée de l'électrolyse est . On donne la constante de Faraday , et le volume molaire gazeux .
- Montrer que le nombre de moles d'électrons ayant réagi aux électrodes s'écrit , et calculer sa valeur.
- Déterminer la masse du solide formé et le volume du gaz dégagé, pris dans les conditions où .
- Vérifier que la quantité d'ions initialement présente est suffisante pour que ce dépôt se forme.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.a. Idée : lire la formule du soluté et sa dissociation. Le chlorure d'étain(II) se dissout en libérant des ions étain(II) et des ions chlorure : les deux entités présentes sont et , dans les proportions pour .
1.b. Idée : chaque couple donné désigne une forme solide ou gazeuse. Le solide formé sur l'électrode reliée à la borne négative est l'étain ; le gaz verdâtre dégagé sur l'autre est le dichlore .
2.a. Idée : les électrons arrivent par la borne négative, donc la réduction s'y produit. Sur l'électrode reliée à la borne négative (cathode) : , c'est une réduction. Sur l'électrode reliée à la borne positive (anode) : , c'est une oxydation.
2.b. En additionnant les deux demi-équations, qui échangent le même nombre d'électrons :
2.c. Idée : une transformation imposée n'a lieu que tant que le générateur fournit l'énergie. Le montage n'évolue pas de lui-même : il faut appliquer une tension non nulle entre les bornes de l'électrolyseur pour que le solide apparaisse et que le gaz se dégage, et tout s'arrête dès que le générateur est débranché. Il s'agit donc d'une transformation imposée, et non d'une transformation spontanée.
2.d. Idée : une électrode inattaquable ne figure dans aucune des deux demi-équations. Le graphite n'apparaît ni comme réactif ni comme produit : il ne fait que conduire les électrons, sa masse ne varie pas, d'où l'appellation « électrodes inattaquables ». Si l'électrode reliée à la borne positive était en étain, ce métal s'oxyderait à la place des ions chlorure () : ce serait une anode soluble, aucun gaz ne serait dégagé et le bilan se réduirait à un transport d'étain d'une électrode à l'autre, à concentration en constante.
3.a. Idée : la charge transportée est la charge portée par les électrons échangés. La quantité d'électricité vaut ; comme une mole d'électrons transporte la charge , on a , d'où . Avec :
3.b. Idée : les deux demi-équations consomment chacune deux électrons, donc les deux produits apparaissent en quantités égales. . La masse du dépôt vaut et le volume de dichlore , soit environ .
3.c. Idée : comparer ce qui est consommé à ce qui est disponible. Le bain contient initialement d'ions étain, alors que le dépôt n'en consomme que , soit environ : la réserve est largement suffisante et l'intensité peut être maintenue pendant toute la durée annoncée.