Exercice — indice des prix et qualification de l’inflation (esprit des sessions 2023–2025)
Le tableau suivant donne l'évolution de l'indice des prix à la consommation (IPC) d'une économie (données fictives).
| Années | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| IPC (base 100 en 2018) | 100 | 104,2 | 107,1 | 110,9 | 118,4 | 124,1 | 123,5 |
- Calculez le taux d'inflation de chaque année, de 2019 à 2024 (tous les calculs doivent figurer sur la copie). Donnez la signification de la valeur 123,5.
- Qualifiez l'évolution des prix de chaque année, de 2020 à 2024 : inflation qui s'accélère, désinflation ou déflation. Justifiez.
- Un élève affirme : « En 2023, il y a eu désinflation, donc les prix ont baissé. » Rectifiez cette affirmation à l'aide du tableau.
- Un marchand affirme : « Le prix du kilogramme de tomates a augmenté de 60 % cet été : le pays est en pleine inflation. » Expliquez pourquoi cette hausse n'est pas, à elle seule, un signe d'inflation.
- Présentez deux effets négatifs de l'inflation, puis deux situations où ses effets ne sont pas néfastes.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1. Taux d'inflation. Idée : le taux d'inflation d'une année est le taux de variation de l'IPC par rapport à l'année précédente.
- 2019 : (104,2 − 100)/100 × 100 = 4,20 % ;
- 2020 : (107,1 − 104,2)/104,2 × 100 ≈ 2,78 % ;
- 2021 : (110,9 − 107,1)/107,1 × 100 ≈ 3,55 % ;
- 2022 : (118,4 − 110,9)/110,9 × 100 ≈ 6,76 % ;
- 2023 : (124,1 − 118,4)/118,4 × 100 ≈ 4,81 % ;
- 2024 : (123,5 − 124,1)/124,1 × 100 ≈ −0,48 %.
Signification de 123,5 : le niveau général des prix a augmenté de 23,5 % entre 2018 et 2024 ; un panier de biens et services qui coûtait 100 D en 2018 coûte en moyenne 123,5 D en 2024.
2. Qualification. Idée : comparer chaque taux à celui de l'année précédente, puis regarder son signe.
- 2020 : 2,78 % < 4,20 %, taux positif en baisse → désinflation ;
- 2021 : 3,55 % > 2,78 % → l'inflation s'accélère ;
- 2022 : 6,76 % > 3,55 % → l'inflation s'accélère ;
- 2023 : 4,81 % < 6,76 %, taux positif en baisse → désinflation ;
- 2024 : −0,48 %, taux négatif → déflation, baisse du niveau général des prix.
3. Désinflation n'est pas baisse des prix. Idée : la désinflation porte sur le rythme de la hausse, pas sur le niveau des prix. En 2023, l'IPC passe de 118,4 à 124,1 : les prix augmentent encore de 4,81 % (5,7 points d'indice), mais moins vite qu'en 2022 (6,76 %). La seule année de baisse des prix est 2024, qui connaît une déflation.
4. Hausse d'un prix et inflation. Idée : l'inflation désigne une hausse générale (celle du niveau général des prix mesuré par l'IPC), durable et auto-entretenue. La hausse du prix des tomates concerne un seul produit : c'est la variation d'un prix particulier, qui pèse peu dans l'IPC et peut coexister avec la stabilité, voire la baisse, d'autres prix. Elle est aussi saisonnière et passagère, liée aux conditions de l'offre et de la demande de l'été ; rien n'indique qu'elle se prolonge ni qu'elle entraîne les autres prix.
5. Effets de l'inflation. Idée : raisonner par agent — ménages, entreprises, économie nationale.
- Effet négatif — pouvoir d'achat : lorsque les prix augmentent plus vite que les revenus, la quantité de biens et services qu'un ménage peut acheter diminue ; les titulaires de revenus fixes et l'épargne sont les plus touchés.
- Effet négatif — compétitivité-prix : une inflation supérieure à celle des partenaires rend les produits nationaux plus chers ; les exportations trouvent moins d'acheteurs alors que les importations deviennent relativement moins chères.
- Effet non néfaste — allègement de la dette : l'inflation réduit le poids réel des dettes contractées à taux fixe, ce qui soulage l'État, les entreprises et les ménages endettés et encourage l'emprunt destiné à investir.
- Effet non néfaste — incitation à investir : une inflation modérée améliore les perspectives de recettes des entreprises, qui investissent davantage, ce qui peut soutenir la production et l'emploi.
Ces effets favorables supposent une inflation modérée : trop forte, elle rend les prix imprévisibles, crée de l'incertitude et décourage l'investissement.