Essai (10 points) — dans l'esprit des essais sur l'amour du papier commun (2015–2026)
II- ESSAI (10 points)
Hatem avait échoué deux fois au concours d'entrée de l'École des beaux-arts et ne dessinait plus. C'est Ines, la jeune femme qu'il aime, qui l'a poussé à reprendre ses carnets ; l'année suivante, il était reçu.
« Sans elle, je serais encore en train de raboter des planches dans l'atelier de mon père, en rêvant à ce que j'aurais pu être », confie Hatem. (Phrase tirée d'un récit écrit pour l'exercice.)
Pensez-vous que l'amour puisse favoriser la réussite, dans les études comme dans la vie professionnelle ?
Vous développerez votre point de vue personnel en l'appuyant par des arguments et des exemples précis.
Relevez d'abord les mots-clés du sujet, établissez votre plan, puis rédigez l'essai en entier.
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Idée : le sujet ne demande pas si l'amour rend heureux, mais s'il aide à réussir ; « favoriser » invite à chercher comment il aide, et jusqu'où.
1. Analyse du sujet. « L'amour » : le lien profond qui attache à une personne (un conjoint, un fiancé, mais aussi un parent). « Favoriser » : aider, rendre plus facile — non pas garantir, ni remplacer l'effort. « La réussite » : atteindre les buts qu'on s'est fixés. « Dans les études comme dans la vie professionnelle » : deux terrains, qu'il faut illustrer tous les deux. Forme : question d'opinion (« Pensez-vous que… puisse… ? ») ; la position est libre, mais une réponse nuancée convainc mieux qu'un oui sans réserve.
2. Plan. I. L'amour favorise la réussite : il motive, il rassure, il peut devenir un partenariat. II. Mais il ne la garantit pas et peut même l'entraver : la passion disperse, la possession freine, et rien ne remplace le travail. Synthèse : il la favorise quand il laisse libre et encourage l'effort personnel.
3. Essai rédigé (un modèle parmi d'autres).
Introduction. On associe volontiers la réussite au talent, au travail et à la chance ; on pense moins aux personnes qui, dans l'ombre, ont soutenu celui qui réussit. L'amour, ce lien profond qui attache un être à un autre, fait-il partie de ces forces discrètes ? Nous pouvons alors nous demander si l'amour aide vraiment à réussir ses études et sa vie professionnelle, ou s'il risque au contraire de détourner de ses objectifs. Nous verrons d'abord ce qu'il peut apporter à celui qui cherche à réussir, puis les limites de ce soutien, avant de préciser à quelles conditions il devient une force.
Première partie — l'amour, un moteur de la réussite. D'abord, l'amour donne une raison de se dépasser : on travaille plus volontiers quand on veut rendre fier quelqu'un ou bâtir un avenir avec lui. C'est ce que dit Hatem, qui a repris ses carnets pour Ines. Ensuite, l'amour rassure : se savoir aimé aide à traverser un échec sans se croire incapable, et à recommencer. Enfin, il peut devenir un véritable partenariat. Marie et Pierre Curie, mariés en 1895, ont mené leurs recherches côte à côte et reçu ensemble, avec Henri Becquerel, le prix Nobel de physique en 1903. De même, l'écrivain égyptien Taha Hussein, aveugle depuis l'enfance, a pu préparer son doctorat à Paris grâce à Suzanne, sa femme, qui lui lisait les ouvrages qu'il ne pouvait pas lire lui-même.
Deuxième partie — un soutien qui a ses limites. Cependant, l'amour peut aussi détourner de ses objectifs. La passion occupe l'esprit et dévore le temps : dans Manon Lescaut de l'abbé Prévost, le chevalier Des Grieux, promis à un bel avenir, abandonne ses études pour suivre Manon et finit ruiné et déshonoré. De plus, un amour possessif empêche l'autre d'avancer : exiger qu'il renonce à une formation, à un stage loin de chez lui ou à un métier prenant, c'est freiner sa réussite. Enfin, l'amour ne remplace ni le travail ni la compétence : personne ne réussit un examen parce qu'il est aimé, et beaucoup réussissent sans être amoureux.
Synthèse. Ainsi, l'amour peut favoriser la réussite, mais il ne la produit pas seul. Il l'aide lorsqu'il encourage l'autre à devenir lui-même, respecte ses projets et lui laisse la responsabilité de son effort ; il l'entrave lorsqu'il devient passion exclusive ou possession.
Conclusion. L'amour n'est donc ni une baguette magique ni un obstacle : c'est une force, qui dépend de la manière dont on aime. Aimer quelqu'un, c'est vouloir qu'il grandisse. Mais peut-on, à l'inverse, réussir sa vie sans avoir jamais été aimé ?
À vérifier avant de rendre : les deux terrains du sujet (études et vie professionnelle) sont traités ; les deux parties ont un poids comparable ; chaque paragraphe du développement porte un exemple précis ; la synthèse répond par une condition, pas par un simple oui.