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Un mot pour Fahmio

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Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
CT-DÉtude de texte : les questions-types

Dégager une évolution : l'état 1, l'état 2, le tournant et le procédé qui la marque

Idée directrice

Quand la consigne annonce qu'un état, une relation ou un regard « évolue », « change », « se détériore » ou « se transforme », le correcteur attend un avant et un après : l'état du début nommé par un mot abstrait (rejet, complicité, méfiance), l'état de la fin nommé de la même façon (attachement, disputes, adhésion), et un indice pris de chaque côté du tournant — ce tournant que signalent « pourtant », « un jour », « peu à peu », « désormais », « depuis ». Raconter l'histoire sans nommer les deux états, ou ne décrire que l'état final, ne répond pas à « en quoi consiste cette évolution ? ». L'analyse des annales relève cette question dans 19 des 90 épreuves de 2015 à 2026, dans toutes les sections, et elle revient nettement en 2024–2026 (5 épreuves sur 20).

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« … évolue. En quoi cette évolution consiste-t-elle ? » ; « Quel changement … va-t-elle entraîner dans la relation… ? » ; « Cette relation se détériore par la suite. Pourquoi… ? » ; « Pourquoi … change-t-elle de regard sur… ? » ; « Quelles transformations … apporte-t-il dans sa vie ? » ; « Réussit-elle à… ? Justifiez votre réponse par un indice textuel » ; « Finalement, … a-t-il pu… ? »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Repérer dans la consigne le mot qui annonce le changement : « évolue », « change », « se détériore », « se transforme », « Quel changement… », « change de regard », « Réussit-il finalement à… ».
  • Chercher le tournant : un connecteur ou un indicateur de temps (« pourtant », « un jour », « peu à peu », « désormais », « depuis quelques mois ») coupe le texte en un avant et un après.
  • Nommer l'état 1 et l'état 2 par deux noms abstraits qui s'opposent (rejet / attachement, complicité / disputes, mépris / adhésion), puis donner un indice pris de chaque côté du tournant.
  • Pour le procédé, choisir celui qui contient les deux états à la fois : antithèse, gradation, champs lexicaux opposés, reprise d'un même mot ou d'un même lieu qui change de valeur.
  • Devant « Réussit-il… ? » ou « A-t-il pu… ? », trancher d'abord par oui ou par non, puis apporter deux indices distincts.
Les pièges à vérifier dans ta démarche
  • Ne décrire que l'état final : « en quoi consiste l'évolution » demande le point de départ et le point d'arrivée.
  • Confondre la cause du changement (la rencontre, la tempête, le départ) avec le changement lui-même : « En quoi… ? » attend les deux états ; « Pourquoi… ? » ou « Pour quelles raisons… ? » attend les causes.
  • Prendre les deux indices du même côté du tournant, ou justifier deux transformations par le même domaine de la vie du personnage.
  • Donner comme raison d'un changement de regard les arguments de celui qui persuade, alors que la consigne demande pourquoi le personnage lui-même a changé d'avis.
  • Répondre « oui » sans preuve, ou recopier une phrase sans trancher.
Sujet principal

Étude de texte — compréhension (7 points), dans l'esprit des sessions 2016–2024

3 questionsCorrigé masqué

A- Compréhension (7 points). Toutes les réponses doivent être entièrement rédigées.

Le narrateur, seize ans, a dû quitter Tunis avec ses parents pour Kélibia, une petite ville de pêcheurs du cap Bon, où son père vient d'être muté.

Le jour de notre arrivée, pour fuir les cartons du déménagement, je descendis au port. Un vieil homme était assis sur une caisse retournée, un filet vert étalé sur les genoux, et ses doigts couraient dans les mailles avec une rapidité que je n'aurais pas crue possible. Je m'approchai pour mieux voir. Sans lever les yeux, il grogna : « Si tu viens regarder travailler les autres, mets-toi au moins de côté : tu me caches la lumière. » Les pêcheurs qui fumaient sur le quai éclatèrent de rire. Je sentis mes joues brûler ; je bredouillai une excuse et tournai les talons en me jurant de ne plus jamais remettre les pieds sur ce quai.

Les semaines suivantes, je vécus Kélibia comme une punition. Je comptais les jours qui me séparaient des vacances, quand je pourrais enfin retrouver mes amis de Tunis. Au lycée, je ne parlais à personne ; à la maison, je répondais à ma mère par des monosyllabes et je m'enfermais dans ma chambre, volets clos, comme un prisonnier dans sa cellule. Cette ville était trop petite, trop calme, trop loin de tout. Le soir, j'entendais les moteurs des barques qui partaient en mer, et ce bruit même me semblait une moquerie.

Pourtant, un après-midi de novembre, une tempête éclata plus tôt que prévu. En rentrant du lycée, j'aperçus sur la plage le vieil homme, seul, arc-bouté contre une barque que les vagues menaçaient d'emporter. Sans réfléchir, je jetai mon cartable sur le sable et saisis l'autre bord. Nous tirâmes ensemble, pas à pas, jusqu'à ce que la coque fût hors d'atteinte. Trempé, essoufflé, le vieux me regarda longuement, puis il dit seulement : « Tu as de bonnes mains. Reviens demain. »

Je revins le lendemain, puis le jour suivant. D'abord, je vins par politesse, puis par curiosité, enfin par besoin. Am Hamadi — c'est ainsi que tout le port l'appelait — m'apprit à faire les nœuds, à lire le ciel avant l'orage, à reconnaître chaque barque à la couleur de sa coque. Peu à peu, la ville cessa de m'étouffer. Désormais, je traversais le marché en saluant les marchands, je savais à quelle heure rentrait chaque bateau, et ma mère, étonnée, m'entendait siffler en montant l'escalier. Je ne comptais plus les jours qui me séparaient de Tunis : je comptais les barques qui rentraient avant la nuit.

À la fin de l'hiver, Am Hamadi, qui ne laissait personne toucher à ses filets, me tendit sa vieille navette de bois, polie par cinquante ans de travail. « Celui-là, tu le répareras seul », dit-il en me montrant un filet déchiré. Et le soir même, devant tous les pêcheurs réunis sur le quai, il annonça que je sortirais avec lui en mer, à l'aube, sur la Zina.

Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

  1. Le narrateur rencontre pour la première fois le vieux pêcheur. Quel effet cette rencontre produit-elle d'abord sur lui ? Justifiez votre réponse en vous référant au premier paragraphe. (2 points)
  2. Au fil des mois, l'état d'esprit du narrateur à Kélibia évolue.
    1. En quoi cette évolution consiste-t-elle ? Caractérisez son état d'esprit au début puis à la fin, et justifiez chacun des deux états par un indice textuel. (2 points)
    2. Relevez et nommez un procédé d'écriture qui rend compte de cette évolution. (1 point)
  3. Le narrateur réussit-il finalement à gagner la confiance du vieil homme ? Justifiez votre réponse par deux indices textuels. (2 points)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : « d'abord » vise la première réaction, celle du premier paragraphe ; on la nomme par un mot abstrait, puis on la prouve par une citation de ce paragraphe. La rencontre humilie le narrateur : la remarque sèche du vieil homme, suivie du rire des pêcheurs, le vexe et le couvre de honte, au point qu'il s'enfuit. Indice textuel : « Je sentis mes joues brûler » ou « je bredouillai une excuse et tournai les talons en me jurant de ne plus jamais remettre les pieds sur ce quai ». Autre réponse acceptée si elle est justifiée : juste avant la remarque, le garçon est fasciné par l'habileté du vieil homme — « ses doigts couraient dans les mailles avec une rapidité que je n'aurais pas crue possible ». Un point pour l'effet nommé, un point pour l'indice ; « il est triste », sans citation, ne rapporte presque rien.

2.a Idée : décrire une évolution, c'est poser un avant et un après, chacun nommé et prouvé ; le connecteur « Pourtant » qui ouvre le troisième paragraphe marque le tournant. L'état d'esprit du narrateur passe du rejet de sa nouvelle ville à l'attachement. Au début, il vit Kélibia comme un exil : il se sent puni, seul, enfermé — « je vécus Kélibia comme une punition » ou « je m'enfermais dans ma chambre, volets clos, comme un prisonnier dans sa cellule ». Après la tempête, où il aide le vieil homme à sauver sa barque, il s'y sent chez lui, apaisé et même heureux — « Peu à peu, la ville cessa de m'étouffer » ou « ma mère, étonnée, m'entendait siffler en montant l'escalier ». Un point par état, avec le mot qui le nomme et son indice. Écrire seulement « il finit par aimer Kélibia » ne décrit que le point d'arrivée : la consigne demande aussi le point de départ, et les deux indices doivent être pris de part et d'autre du tournant.

2.b Idée : le meilleur procédé d'écriture est celui qui contient les deux états à la fois. On peut relever l'antithèse construite sur la reprise du même verbe : « Je ne comptais plus les jours qui me séparaient de Tunis : je comptais les barques qui rentraient avant la nuit. » Compter les jours, c'est attendre de repartir ; compter les barques, c'est vivre au rythme du port : la phrase montre à elle seule le passage de l'impatience à l'appartenance. On accepte aussi la gradation « D'abord, je vins par politesse, puis par curiosité, enfin par besoin », dont les trois étapes de plus en plus fortes rendent compte d'un attachement progressif, ou l'opposition de deux champs lexicaux : celui de l'enfermement (« punition », « prisonnier », « cellule », « étouffer ») et celui de l'ouverture aux autres (« saluant les marchands », « siffler »). Relevé 0,5, nom du procédé 0,5 ; la consigne ne demande pas l'explication, mais une phrase sur l'effet prouve que le procédé choisi est bien celui de l'évolution.

3. Idée : devant « Réussit-il finalement… ? », on tranche d'abord par oui ou par non, puis on apporte deux indices distincts, pris de préférence dans le dernier paragraphe. Oui, le narrateur gagne la confiance d'Am Hamadi, qui finit par le traiter en apprenti. Premier indice : le vieil homme, « qui ne laissait personne toucher à ses filets », lui confie « sa vieille navette de bois » et le charge d'un travail seul — « Celui-là, tu le répareras seul ». Second indice : il annonce qu'il l'emmènera pêcher — « il annonça que je sortirais avec lui en mer, à l'aube » — et il le fait « devant tous les pêcheurs réunis sur le quai », là même où le garçon avait été moqué le premier jour : la reconnaissance est publique. La phrase « Tu as de bonnes mains. Reviens demain. » est acceptée comme premier signe de cette confiance. Un « oui » sans indice, ou deux indices qui disent la même chose, ne rapporte que la moitié des points.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : l'état psychologique qui évolue (« Pendant la retraite, l'état psychologique de Manuel évolue. », techniques, contrôle 2020) ; le changement qu'une rencontre entraîne dans une relation (« Quel changement la rencontre avec Anna va-t-elle entraîner dans la relation entre les deux amis », principale 2016) ; une relation qui se détériore, dont on demande l'état de départ puis les causes de la rupture (« Cette relation se détériore par la suite. », Lettres, contrôle 2020 ; « Pour quelles raisons la relation entre les deux amoureux s'est-elle terminée par une rupture ? », techniques, contrôle 2024) ; les changements apportés par une arrivée (« Quels changements s'opèrent dans la vie de la famille depuis l'arrivée de Thérèse ? », Lettres, principale 2020) ; un regard qui change (« Pourquoi Mélanie change-t-elle de regard sur Facebook ? », techniques, contrôle 2026) ; les transformations apportées par l'amour ou par l'absence (« Quelles transformations l'amour apporte-t-il dans sa vie ? », principale 2020 ; « En quoi l'absence de la bien-aimée a-t-elle changé le caractère du jeune homme ? », principale 2026) ; un engagement qui se forme peu à peu (« Comment l'engagement de Nelson Mandela s'est-il formé ? », Lettres, contrôle 2021) ; la question fermée sur l'issue (« Réussit-elle à lui faire changer d'attitude ? », principale 2024 ; « Finalement, Younes a-t-il pu surmonter cette épreuve ? », techniques, contrôle 2015).

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill CT-D.1 — Une relation qui se détériore : l'état de départ, puis les raisons de la rupture
Entraînement 01 / 03

Drill CT-D.1 — Une relation qui se détériore : l'état de départ, puis les raisons de la rupture

3 questionsCorrigé masqué

Compréhension. Lisez le passage, puis répondez aux questions.

Depuis l'école primaire, Nour et moi étions inséparables. Nous habitions la même rue, nous faisions le chemin de l'école bras dessus, bras dessous, et nos mères disaient en riant qu'elles avaient chacune deux filles. Je connaissais tous ses secrets, elle connaissait tous les miens ; il suffisait d'un regard, en classe, pour que nous éclations de rire en même temps. Chaque soir, nous révisions ensemble sur la terrasse, et nous nous étions juré de nous inscrire dans la même université.

Tout changea l'année du baccalauréat. Nour fut choisie pour représenter le lycée au concours régional de mathématiques et consacra désormais ses après-midi à un groupe de candidats que je ne connaissais pas. Elle ne montait plus sur la terrasse. Quand je lui en fis le reproche, elle haussa les épaules : « Tu ne peux pas comprendre, ce n'est pas ton niveau. » Cette phrase me blessa plus qu'une gifle. Pour me venger, je racontai à deux camarades un secret qu'elle m'avait confié. Le lendemain, toute la classe le savait, et Nour ne m'adressa plus la parole. Aujourd'hui encore, quand nous nous croisons dans notre rue, nous baissons les yeux comme deux inconnues, et le chemin de l'école me paraît deux fois plus long.

Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

  1. Par quoi se caractérise la relation entre les deux amies au début du passage ? Appuyez votre réponse par deux indices textuels précis. (1,5 point)
  2. Cette relation se détériore par la suite. Pour quelles raisons les deux amies n'arrivent-elles plus à s'entendre ? Citez-en deux. (2 points)
  3. Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui oppose l'amitié du début à la rupture de la fin. (1,5 point)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : « au début » limite la recherche au premier paragraphe, avant le tournant « Tout changea » ; on nomme la relation par un mot abstrait, puis on donne deux indices différents. Au début, la relation se caractérise par une complicité totale et une confiance réciproque : les deux amies vivent presque comme des sœurs et n'ont aucun secret l'une pour l'autre. Indices textuels : « Nour et moi étions inséparables » ; « Je connaissais tous ses secrets, elle connaissait tous les miens » ; « il suffisait d'un regard, en classe, pour que nous éclations de rire en même temps ». Les deux indices doivent être distincts : « Je connaissais tous ses secrets » et « elle connaissait tous les miens », qui disent la même chose, ne font qu'un seul indice.

2. Idée : la consigne donne déjà le sens de l'évolution (« se détériore ») ; elle attend les causes, c'est-à-dire deux faits distincts qui expliquent la rupture, et non la description de la brouille. Première raison : Nour s'éloigne, absorbée par le concours et par un nouveau groupe, puis répond au reproche de son amie par une phrase méprisante — « Tu ne peux pas comprendre, ce n'est pas ton niveau. » Seconde raison : la narratrice, blessée, se venge en trahissant sa confiance — « je racontai à deux camarades un secret qu'elle m'avait confié ». Au mépris de l'une répond la trahison de l'autre. « Nour ne m'adressa plus la parole » n'est pas une raison : c'est la rupture elle-même.

3. Idée : un procédé qui oppose deux moments reprend un élément du début et le transforme à la fin. Le procédé d'écriture le plus net est la reprise antithétique du « chemin de l'école » : au début, les deux amies le font « bras dessus, bras dessous » ; à la fin, « le chemin de l'école me paraît deux fois plus long ». Le même lieu, autrefois signe de complicité, mesure désormais l'absence de l'autre. On accepte aussi l'antithèse entre « nous éclations de rire en même temps » et « nous baissons les yeux comme deux inconnues », renforcée par la comparaison « comme deux inconnues », qui fait de deux presque sœurs des étrangères. Ces procédés mettent en relief la brutalité de la rupture. Relevé et nom du procédé 0,5, explication 1.

2 Drill CT-D.2 — Un regard qui change : l'image de départ, les nouvelles habitudes, les vraies raisons du revirement
Entraînement 02 / 03

Drill CT-D.2 — Un regard qui change : l'image de départ, les nouvelles habitudes, les vraies raisons du revirement

3 questionsCorrigé masqué

Compréhension. Lisez le passage, puis répondez aux questions.

Pendant des années, j'ai regardé les coureurs du dimanche avec un sourire moqueur. Ces gens qui transpiraient le long de la corniche à sept heures du matin, alors qu'ils auraient pu dormir, me semblaient un peu ridicules. Le sport, pensais-je, c'était bon pour les jeunes et pour ceux qui avaient du temps à perdre. Quand Anis, mon collègue de bureau, m'a proposé de rejoindre son groupe de course, j'ai éclaté de rire : « Moi ? Je suis essoufflée rien qu'à monter l'escalier ! »

Il a insisté pendant des semaines. On commence par marcher, m'expliquait-il ; personne ne juge personne ; son médecin lui-même le lui avait conseillé après ses douleurs de dos. Un dimanche, pour qu'il me laisse tranquille, j'ai accepté de l'accompagner « une seule fois ».

Depuis, ma vie a pris un autre rythme. Je règle mon réveil à six heures, même le samedi ; je laisse la voiture au garage pour aller au bureau à pied ; mon sac contient toujours une paire de baskets. Le soir, au lieu de m'écrouler devant la télévision, je prépare mes affaires pour le lendemain.

Si j'ai changé d'avis, ce n'est pas pour la ligne. C'est que je dors enfin d'une traite, sans ces réveils anxieux de trois heures du matin. C'est aussi que, dans ce petit groupe où l'on s'attend au dernier virage, j'ai trouvé des amis que je n'aurais jamais rencontrés entre deux dossiers.

Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

  1. Quelle image la narratrice se faisait-elle d'abord des coureurs du dimanche ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (2 points)
  2. Depuis ce premier dimanche, de nouvelles habitudes sont entrées dans son quotidien. Relevez-en deux. (2 points)
  3. Pourquoi la narratrice change-t-elle de regard sur la course à pied ? Donnez deux raisons en vous appuyant sur le dernier paragraphe. (2 points)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : « d'abord » renvoie à l'état de départ, celui du premier paragraphe, avant que la narratrice ne se laisse convaincre. Au départ, elle regarde les coureurs avec mépris et ironie : pour elle, ce sont des gens ridicules qui perdent leur temps. Indice textuel : « me semblaient un peu ridicules » ou « j'ai regardé les coureurs du dimanche avec un sourire moqueur » ou « c'était bon pour les jeunes et pour ceux qui avaient du temps à perdre ».

2. Idée : « Depuis » ouvre le troisième paragraphe et annonce l'état d'arrivée ; chaque habitude est un geste concret, différent de l'autre. Deux habitudes parmi : elle se lève tôt même le week-end — « Je règle mon réveil à six heures, même le samedi » ; elle va travailler à pied — « je laisse la voiture au garage pour aller au bureau à pied » ; elle a toujours des chaussures de sport dans son sac — « mon sac contient toujours une paire de baskets » ; le soir, elle prépare ses affaires du lendemain au lieu de s'affaler devant la télévision — « au lieu de m'écrouler devant la télévision, je prépare mes affaires pour le lendemain ». Un point par habitude reformulée et citée.

3. Idée : la consigne vise le dernier paragraphe ; les raisons du changement ne sont pas les arguments d'Anis (deuxième paragraphe), et la narratrice écarte elle-même une fausse raison. Première raison : la course lui a rendu le sommeil — « je dors enfin d'une traite, sans ces réveils anxieux de trois heures du matin ». Seconde raison : elle y a trouvé l'amitié et la chaleur d'un groupe — « j'ai trouvé des amis que je n'aurais jamais rencontrés entre deux dossiers ». Répondre « pour maigrir » est un contresens : « ce n'est pas pour la ligne ». Citer « personne ne juge personne » ou le conseil du médecin revient à donner les arguments d'Anis, pas les raisons pour lesquelles la narratrice a changé de regard.

3 Drill CT-D.3 — Ce que l'amour transforme, puis ce que l'absence change encore
Entraînement 03 / 03

Drill CT-D.3 — Ce que l'amour transforme, puis ce que l'absence change encore

3 questionsCorrigé masqué

Compréhension. Lisez le passage, puis répondez aux questions.

À dix-sept ans, j'étais le cancre le plus joyeux du lycée. J'arrivais en retard, je dormais au fond de la classe quand je ne faisais pas rire mes camarades par mes pitreries, et mes cahiers me servaient surtout à dessiner des voitures. Mon père avait renoncé à me faire la morale ; mes professeurs ne prenaient même plus la peine de m'interroger.

Puis Yasmine est arrivée dans notre classe, un matin d'octobre, avec ses tresses noires et son grand cartable rouge. Elle s'est assise devant moi et ne s'est pas retournée une seule fois. Pour qu'elle me remarque, il fallait bien que j'existe autrement que par mes bêtises. Alors, pour la première fois de ma vie, j'ai ouvert mes livres. Je me levais à l'aube pour relire mes leçons, je levais la main en classe, je rendais mes devoirs à l'heure. Au bout de trois mois, mon nom figurait au tableau d'honneur, et mon père, stupéfait, a fait encadrer mon bulletin. Moi qui ne pensais qu'à moi, j'ai même commencé à aider mon petit frère à faire ses exercices.

À la fin de l'année, le père de Yasmine a été nommé à Sfax. Elle est partie sans que j'aie osé lui dire un mot. Ce départ m'a appris le silence : le garçon bavard qui faisait rire toute la classe est devenu un jeune homme réservé, qui écoute plus qu'il ne parle. Mais je n'ai pas refermé mes livres. C'est pour elle que je les avais ouverts ; c'est pour moi que je les garde ouverts.

Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

  1. Quelles transformations l'amour qu'il éprouve pour Yasmine apporte-t-il dans la vie du narrateur ? Citez-en deux et justifiez chacune par un indice textuel. (2 points)
  2. Le départ de Yasmine change encore le jeune homme. Quel nouveau trait de caractère apparaît alors chez lui ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (1,5 point)
  3. Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui oppose le garçon du début au jeune homme de la fin. (1,5 point)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : une transformation se dit comme un passage d'un avant à un après ; les deux transformations doivent toucher deux domaines différents de la vie du narrateur. Première transformation : le cancre devient un élève travailleur et brillant — avant, « je dormais au fond de la classe » ; après, « Je me levais à l'aube pour relire mes leçons » ou « mon nom figurait au tableau d'honneur ». Seconde transformation : l'égoïste devient attentif aux autres — « Moi qui ne pensais qu'à moi, j'ai même commencé à aider mon petit frère à faire ses exercices ». On accepte aussi le changement de son père, passé de la résignation à la fierté (« Mon père avait renoncé à me faire la morale », puis « mon père, stupéfait, a fait encadrer mon bulletin »). Deux indices tirés du seul travail scolaire (se lever tôt, rendre ses devoirs à l'heure) ne font qu'une transformation.

2. Idée : ce second changement a une autre cause, le départ ; on nomme le trait nouveau par un adjectif, puis on le prouve. Après le départ de Yasmine, le jeune homme devient réservé et silencieux, plus mûr : le bavard qui amusait la classe écoute désormais plus qu'il ne parle. Indice textuel : « Ce départ m'a appris le silence » ou « est devenu un jeune homme réservé, qui écoute plus qu'il ne parle ». « Triste » ne convient pas : c'est un état passager, pas un trait de caractère.

3. Idée : le procédé d'écriture attendu doit tenir ensemble l'avant et l'après. L'antithèse « le garçon bavard qui faisait rire toute la classe est devenu un jeune homme réservé, qui écoute plus qu'il ne parle » oppose terme à terme deux portraits (« garçon » et « jeune homme », « bavard » et « réservé »), et le verbe « est devenu » marque le passage de l'un à l'autre : l'épreuve a fait mûrir le narrateur. On accepte aussi l'opposition de deux champs lexicaux, celui de la paresse (« cancre », « en retard », « dormais », « bêtises ») et celui de l'effort (« relire mes leçons », « tableau d'honneur »), ou le parallélisme final « C'est pour elle que je les avais ouverts ; c'est pour moi que je les garde ouverts », qui oppose la raison du début (plaire à Yasmine) au choix d'aujourd'hui (travailler pour soi) et montre que la transformation survit à l'absence. Relevé et nom du procédé 0,5, explication 1.

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