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Bac Tunisie
EG-CL'engagement en littérature

L'écrivain peut-il agir sur la réalité ?

Idée directrice

L'essai national du centre d'intérêt engagement demande si l'écrivain (ou le journaliste) peut, par ses œuvres, peser sur les injustices. On construit un plan nuancé : les œuvres éveillent ; elles ne remplacent pas l'action.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« L'engagement en littérature »

Pensez-vous que l'écrivain puisse

à travers ses œuvres

Vous développerez, à ce propos, un point de vue personnel

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Amorce neutre, définitions (engagement, œuvre, injustices), problématique en question.
  • Un mouvement : les œuvres éveillent et peuvent déplacer le réel.
  • Un mouvement : elles butent sur le pouvoir, l'argent, l'indifférence.
  • Nuance : l'écrivain prépare l'action, il ne la remplace pas.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Ne pas réciter une liste d'écrivains sans lien avec la question. Un seul exemple précis d'œuvre qui a dénoncé une injustice vaut mieux que cinq noms posés là.

Sujet principal

Essai — l'engagement des écrivains et des journalistes

1 questionCorrigé masqué

Les écrivains et les journalistes d'engagement dénoncent les injustices et les inégalités. On dit souvent que leurs œuvres éveillent les consciences.

Pensez-vous que l'écrivain puisse, à travers ses œuvres, agir réellement sur les injustices qu'il dénonce ?

Vous développerez, à ce propos, un point de vue personnel étayé par des arguments et des exemples précis. (10 points)

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Introduction générale : De nos jours, écrivains et journalistes publient encore des œuvres qui dénoncent les injustices. On les lit, on les discute, parfois on les oublie. Il s'agit d'introduire le sujet sans laisser apparaître son opinion.

Définition des termes : L'engagement, ici, n'est pas une simple opinion privée. C'est le choix d'un écrivain ou d'un journaliste de mettre son œuvre au service d'une dénonciation des inégalités. Agir sur les injustices, ce n'est pas seulement les nommer : c'est contribuer à les faire reculer.

Problématique : Nous pouvons alors nous demander si les œuvres suffisent à transformer les injustices, ou si l'engagement de l'écrivain s'arrête au seuil de l'action collective.

Thèse : En premier lieu, grâce à leurs œuvres, les écrivains éveillent les consciences. En effet, en racontant les inégalités, le journaliste rend visible ce que l'habitude rendait acceptable. Par exemple, une enquête ou une tribune peuvent pousser des lecteurs à signer ou à aider. L'engagement n'est pas vain dès lors qu'il déplace le regard.

Antithèse : Cependant l'œuvre ne reloge pas une famille. En revanche, le pouvoir, l'argent ou l'indifférence peuvent entraver l'écrivain. Certains journalistes se lassent ; d'autres transforment l'engagement en posture. Dénoncer n'est pas encore réparer.

Synthèse : Ainsi l'écrivain n'agit pas à la place des citoyens : il agit sur eux. Cette synthèse répond à la question : son engagement est réel s'il éclaire, limité s'il prétend remplacer l'action.

En conclusion : Une fois les consciences éveillées, il reste ouvert de se demander par quelles formes collectives — association, vote, enquête suivie — les lecteurs prolongent l'œuvre sans lui demander l'impossible.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill EG-C.1 — classer les arguments d'un essai d'engagement
Entraînement 01 / 03

Drill EG-C.1 — classer les arguments d'un essai d'engagement

1 questionCorrigé masqué

On prépare un essai sur l'engagement des écrivains et des journalistes face aux injustices. Classez chaque idée : favorable (les œuvres pèsent) ou réserve (elles ne suffisent pas).

A. Une chronique peut éveiller des lecteurs jusqu'alors indifférents aux inégalités.
B. Un écrivain découragé cesse de dénoncer et se tourne vers des récits sans engagement.
C. Le journaliste lève le voile sur une injustice que l'administration taisait.
D. Sans relais collectif, l'œuvre reste un livre fermé.
E. Dénoncer les travers d'une société oriente le public vers une vie plus équitable.

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Introduction du classement : Il s'agit de séparer nettement ce qui montre la portée de l'engagement et ce qui en montre la limite, sans laisser apparaître encore un jugement global.

Définition du critère : Est favorable ce qui fait agir l'œuvre sur les injustices (éveiller, lever le voile, orienter). Est une réserve ce qui montre un échec ou un plafond (découragement, absence de relais).

Problématique du tri : Chaque idée sert-elle à dire que l'écrivain pèse, ou à dire qu'il bute ?

Thèse / favorable : En premier lieu A (éveiller), C (lever le voile), E (orienter le public). En effet, ce sont les pistes du corrigé : rapporter, dénoncer, éclairer. Par exemple, C reprend le geste de lever le voile sur une injustice tue.

Antithèse / réserve : Cependant B (l'écrivain se détourne) et D (sans relais, l'œuvre ne circule pas). En revanche, le pouvoir, la lassitude ou l'isolement entravent l'engagement.

Synthèse : Ainsi le même journaliste peut éveiller (A, C) et échouer s'il reste seul (D). Cette synthèse répond à la question du tri : classer n'est pas encore juger l'engagement dans l'absolu.

En conclusion : On peut alors ouvrir : quel relais — rédaction, association, débat public — empêche l'œuvre d'engagement de rester un livre fermé ?

2 Drill EG-C.2 — un engagement qui n'est pas seulement littéraire
Entraînement 02 / 03

Drill EG-C.2 — un engagement qui n'est pas seulement littéraire

1 questionCorrigé masqué

Un journaliste écrit : « J'ai compris que je consacrerais mes œuvres à dénoncer les inégalités. »

Pensez-vous que l'on puisse, comme cet écrivain, faire de l'engagement le centre de toute une vie ?

Vous développerez un point de vue personnel, avec arguments et exemples. (entraînement, 10 points)

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Introduction générale : Dans le monde des lettres et de la presse, certains font de l'engagement un métier, d'autres un moment. Il s'agit d'introduire sans laisser apparaître son opinion.

Définition : Consacrer sa vie à l'engagement, pour un écrivain ou un journaliste, c'est placer durablement ses œuvres au service de la dénonciation des injustices, pas seulement signer une tribune isolée.

Problématique : Peut-on tenir cet engagement sans le réduire à une obsession, et sans oublier le reste de la vie ?

Thèse : En premier lieu, un engagement durable donne de la cohérence aux œuvres. En effet, le journaliste qui revient aux mêmes inégalités construit un regard public. Par exemple, l'écrivain qui n'abandonne pas les oubliés leur prête une voix stable.

Antithèse : Cependant réduire toute une vie à l'engagement peut épuiser ou appauvrir l'œuvre. En revanche, l'indignation permanente n'est pas toujours plus juste qu'un regard plus large.

Synthèse : Ainsi l'on peut faire de l'engagement un centre sans en faire une prison. Cette synthèse répond à la question : y revenir par conviction, sans interdire à l'écrivain d'autres sujets.

En conclusion : Reste ouverte la question de la mesure : à partir de quand l'engagement d'un journaliste cesse-t-il d'éclairer les injustices pour ne plus que se répéter ?

3 Transfert — rédiger la synthèse et la conclusion d'un essai sur l'engagement de l'écrivain
Entraînement 03 / 03

Transfert — rédiger la synthèse et la conclusion d'un essai sur l'engagement de l'écrivain

5 questionsCorrigé masquéEn cours de relecture

Essai — les deux derniers moments. Sujet : « Certains affirment qu'un écrivain qui choisit de dénoncer les injustices dans ses livres fait davantage pour la société que celui qui se contente de la divertir. Partagez-vous ce point de vue ? »

L'introduction posait la problématique suivante : « Nous pouvons alors nous demander si la valeur sociale d'une œuvre se mesure à ce qu'elle dénonce. » Le développement a déjà été bâti selon un plan nuancé, résumé ci-dessous (à ne pas réécrire) :

  • Thèse : l'écrivain d'engagement éveille les consciences (exemple : un roman qui rend visible la misère d'un quartier oublié) ; il donne une voix à ceux qui n'en ont pas ; il fixe la mémoire d'une injustice que l'actualité efface.
  • Antithèse : l'œuvre qui divertit console et rassemble (exemple : un conte lu à des enfants dans un hôpital) ; une dénonciation trop appuyée lasse ou n'atteint que des convaincus ; l'engagement n'est pas la seule valeur d'une œuvre.
  1. Rédigez la synthèse (5 à 7 lignes) : portez un jugement sur les deux moments et répondez explicitement à la problématique. Vous ne devez ni résumer les arguments dans l'ordre, ni recopier une phrase du résumé.
  2. Rédigez la conclusion (3 à 4 lignes) : une leçon ou une morale, puis une ouverture dans la phrase finale.
  3. Nommez, dans votre synthèse, la phrase qui répond à la problématique et, dans votre conclusion, celle qui ouvre.

Cet exercice et sa correction sont en cours de relecture. Tu peux les consulter ; l’exercice n’est pas encore proposé en séance.

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1 — La synthèse juge, elle ne récapitule pas. Idée : une synthèse introduit un critère nouveau qui permet de hiérarchiser thèse et antithèse, puis répond à la question posée au départ. Exemple : « Au fond, l'écrivain qui dénonce et celui qui divertit ne s'opposent que si l'on réduit l'engagement à la dénonciation. Une œuvre agit sur la société dès qu'elle modifie le regard de son lecteur : le roman qui expose l'injustice le fait en indignant, le conte qui console le fait en rendant à l'enfant malade un peu de sa dignité. La valeur sociale d'une œuvre ne se mesure donc pas à ce qu'elle dénonce, mais à ce qu'elle transforme chez celui qui la lit ; dénoncer n'est qu'une des voies de cette transformation, la plus visible, non la seule. » La phrase qui répond à la problématique est la troisième : elle en reprend les termes (« se mesure », « ce qu'elle dénonce ») pour y répondre par la négative nuancée. Le connecteur « donc » marque le jugement.

Ce qui distingue cette synthèse d'un résumé. Elle n'énumère pas « d'un côté… de l'autre » ; elle propose un critère (transformer le regard du lecteur) absent des deux moments et qui les réconcilie sans les annuler. Une synthèse qui juxtapose les deux camps sans trancher ne remplit pas ce moment.

2 — La conclusion tire une leçon et ouvre. Idée : la conclusion ne recommence pas l'argumentation et ne répète pas la synthèse ; elle en tire une leçon, puis déplace la question. Exemple : « Il faut donc se garder de juger un écrivain à la seule force de ses dénonciations : celui qui fait rire un peuple humilié l'a peut-être déjà relevé. Reste à savoir si, à l'heure où les réseaux sociaux dénoncent tout et sans relâche, la littérature n'a pas justement à retrouver ce que ces flots d'indignation ne savent pas faire : durer. » Première phrase : la leçon. Seconde phrase : l'ouverture, qui déplace le débat vers un autre terrain (la dénonciation instantanée des réseaux contre la durée de la littérature) sans y répondre.

Ce qui coûte des points. Une synthèse qui reprend les arguments dans l'ordre ; une conclusion qui répète la synthèse ; une ouverture qui pose une question déjà traitée dans le développement ; une opinion finale qui contredit la synthèse ; l'oubli de la consigne 3, qui vérifie que le candidat sait ce qu'il a écrit.

Relier ce raisonnement au bac

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