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Bac Tunisie
GU-ELa guerre et la violence de l'Histoire

Étude de texte Sport — un texte de guerre en quatre questions (10 points), puis l'essai

Idée directrice

Le papier Sport n'a ni partie Langue ni sous-parties notées à part : un seul texte, quatre questions sur 10 points, puis l'essai sur 10 points. Quand le texte est un récit de guerre, la chaîne se répète : une décision au début, le sentiment qu'elle provoque, ses raisons, deux sentiments différents chez un même personnage, puis les effets de la guerre relevés dans le dernier paragraphe. Chaque réponse est reformulée puis prouvée par un indice ; la question de procédé demande de relever et de nommer.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Au début du texte, le narrateur évoque une décision qu'il a prise » ; « Donnez deux raisons » ; « éprouve deux sentiments différents… Identifiez-les et justifiez à chaque fois votre réponse » ; « Qu'a provoqué cette dernière sur les plans social et familial ? » ; « Relevez et nommez un procédé d'écriture qui rend compte de… »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Sport : quatre questions sur 10 points, sans partie Langue ; le barème de chaque question (1 à 3 points) dit combien d'éléments donner.
  • « Justifiez par un indice textuel » : reformuler d'abord, puis citer entre guillemets les mots exacts — l'indice seul ne rapporte rien.
  • « Deux sentiments différents » : chercher une opposition (colère / tendresse, tristesse / fierté), jamais deux synonymes.
  • « Relevez et nommez » : relevé exact et nom du procédé ; un seul procédé si un seul est demandé.
  • « Sur le plan social et sur le plan familial » : un effet par plan, dans deux phrases séparées.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Répondre à la question 3 par « tristesse et chagrin » : ce sont deux noms du même sentiment, et un seul est compté. Autre piège : prendre la convocation ou le jour du départ pour une raison du choix — les raisons sont ce qui pousse le narrateur, pas les circonstances. Enfin, à la question 4, ne pas décrire la guerre en général : les effets demandés sont ceux que le dernier paragraphe imprime.

Sujet principal

Épreuve de français, section Sport — étude de texte (10 points) et essai (10 points)

4 questionsCorrigé masqué

En 1943, dans la France occupée, le narrateur, jeune instituteur de village, a reçu l'ordre de partir travailler dans les usines allemandes.

J'ai quitté l'école du village un lundi de mars, sans prévenir personne. Depuis trois semaines, la convocation dormait dans le tiroir de mon bureau, sous les cahiers de dictée : on m'attendait à la gare de Besançon pour m'envoyer travailler dans les usines allemandes. J'ai choisi une autre route, celle de la forêt, où des garçons de mon âge vivaient cachés et se préparaient à combattre l'armée d'occupation¹. Cette décision, je l'ai prise seul, en une nuit, et elle m'a coûté plus que je ne saurais le dire. Chez nous, personne ne l'a comprise, ni ma mère, ni Jeanne, ma fiancée, qui a pleuré toute la soirée sans vouloir me regarder.

Je ne pouvais pas faire autrement. Comment aurais-je pu, le matin, écrire au tableau le mot « liberté » devant trente enfants dont les pères étaient prisonniers, et, le soir, aller fabriquer des obus² pour ceux qui les retenaient ? Et puis il y avait Paul, mon ami d'enfance, monté au maquis³ dès le mois de février : je ne supportais plus l'idée de manger à ma faim sous mon toit pendant qu'il grelottait dans la neige.

Le jour du départ, ma mère ne m'a pas embrassé. Elle a claqué la porte du buffet et m'a traité de fou, de tête brûlée, d'ingrat. « Tu abandonnes ta mère pour une guerre qui se fera bien sans toi ! » m'a-t-elle lancé. Puis, pendant que je laçais mes souliers, elle a glissé dans mon sac un pain, un morceau de lard et l'écharpe de laine qu'elle avait tricotée pour mon père. Sur le seuil, elle a remonté mon col de ses mains tremblantes, comme lorsque j'étais petit et que je partais pour l'école sous la pluie.

Voilà quatre mois que je dors dans les bois. Une lettre de Jeanne m'est enfin parvenue, cachée dans une miche du boulanger. L'école est fermée : aucun maître n'a voulu venir dans un village où les soldats fouillent les granges. Les voisins ne se parlent plus, de peur d'être dénoncés. Mon père laboure seul, et ma mère met encore mon couvert chaque soir. « Ta petite sœur demande si la paix reviendra avant son anniversaire, écrit Jeanne. Je ne sais plus quoi lui répondre. »

1- armée d'occupation : armée étrangère installée dans un pays vaincu. 2- obus : projectile explosif tiré par un canon. 3- maquis : forêt ou montagne où se cachaient les résistants ; par extension, la Résistance armée.

Texte écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

I- ÉTUDE DE TEXTE (10 points)

  1. Le texte s'ouvre sur une décision du narrateur.
    1. En quoi consiste cette décision ? (1 point)
    2. Quel sentiment cette décision fait-elle naître chez le narrateur et chez ses proches ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (2 points)
  2. Pour quelles raisons le narrateur a-t-il fait ce choix ? Donnez-en deux. (2 points)
  3. Au moment du départ, la mère du narrateur éprouve deux sentiments différents.
    1. Identifiez-les et justifiez chacun par un indice textuel. (2 points)
    2. Relevez et nommez un procédé d'écriture qui rend compte de l'un de ces deux sentiments. (1 point)
  4. En vous référant au dernier paragraphe, dites ce que la guerre a provoqué sur le plan social et sur le plan familial. Explicitez un effet pour chaque plan. (2 points)

II- ESSAI (10 points)

« Tu abandonnes ta mère pour une guerre qui se fera bien sans toi ! » lance la mère au narrateur.

Pensez-vous qu'il faille tout quitter, même sa famille, pour prendre part à un conflit qui menace son pays ?

Exprimez votre point de vue sur la question dans un texte argumentatif étayé par des exemples précis.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1.a Idée : dire la décision avec ses propres mots ; recopier la phrase du texte ne suffit pas. Le narrateur a refusé de partir travailler en Allemagne : il a quitté son école et son village pour rejoindre, dans la forêt, les jeunes gens qui se préparent à combattre l'occupant. Le relevé « J'ai choisi une autre route, celle de la forêt » peut appuyer la réponse, mais le point va à la reformulation.

1.b Idée : un seul sentiment, commun au narrateur et aux siens, prouvé par un relevé. La décision fait naître la douleur de la séparation. Chez le narrateur : « elle m'a coûté plus que je ne saurais le dire ». Chez ses proches, cette peine se double d'incompréhension : « personne ne l'a comprise », et Jeanne « a pleuré toute la soirée sans vouloir me regarder ». On accepte « tristesse », « chagrin » ou « déchirement » ; « peur » ne convient pas, le texte ne la montre pas à ce moment.

2 Idée : deux raisons distinctes, chacune reformulée ; elles sont dans le deuxième paragraphe. D'abord une raison morale : il refuse de servir l'ennemi. Il ne peut pas enseigner la liberté à des enfants dont les pères sont prisonniers, puis travailler pour leurs geôliers — « aller fabriquer des obus pour ceux qui les retenaient ». Ensuite une raison de fidélité : il ne supporte plus d'être protégé pendant que son ami s'expose — « je ne supportais plus l'idée de manger à ma faim sous mon toit pendant qu'il grelottait dans la neige ». Un point par raison ; deux formulations de la même raison ne rapportent qu'un point.

3.a Idée : deux sentiments différents, pas deux noms du même ; chacun a sa preuve. La mère éprouve d'abord de la colère : elle refuse de l'embrasser, « a claqué la porte du buffet » et l'accable de reproches (« Tu abandonnes ta mère pour une guerre qui se fera bien sans toi ! »). Elle éprouve aussi une tendresse inquiète : elle « a glissé dans mon sac un pain, un morceau de lard et l'écharpe de laine », puis « a remonté mon col de ses mains tremblantes ». « Colère » et « reproche » ne font qu'un seul sentiment : c'est l'opposition colère / tendresse que la question vise. « L'inquiétude » est acceptée à la place de la tendresse si elle est justifiée par les « mains tremblantes ».

3.b Idée : relever les mots exacts, puis nommer le procédé ; une phrase sur l'effet rend la réponse sûre. Pour la colère : l'énumération d'insultes « de fou, de tête brûlée, d'ingrat », qui fait monter le reproche ; ou la phrase exclamative « Tu abandonnes ta mère pour une guerre qui se fera bien sans toi ! ». Pour la tendresse : la comparaison « comme lorsque j'étais petit et que je partais pour l'école sous la pluie », qui montre que la mère voit encore en lui l'enfant qu'elle protégeait. Un seul procédé est demandé : en proposer deux ne rapporte rien de plus.

4 Idée : le dernier paragraphe distingue le village et la maison ; un effet pour chaque plan, justifié. Sur le plan social, la guerre défait la vie collective : l'école est fermée, car « aucun maître n'a voulu venir dans un village où les soldats fouillent les granges », et la peur installe la méfiance — « Les voisins ne se parlent plus, de peur d'être dénoncés ». Sur le plan familial, l'absence désorganise le foyer : « Mon père laboure seul », et la mère ne se résout pas au départ de son fils, elle qui « met encore mon couvert chaque soir ».

II — Essai. Idée : le sujet oppose deux devoirs, défendre son pays et protéger les siens ; un sujet d'opinion appelle un plan dialectique.

Introduction. Amorce sans opinion : dans toutes les guerres, des hommes et des femmes ont dû choisir entre leur foyer et le combat. Définition des termes : « tout quitter », c'est renoncer à sa sécurité et à la présence des siens ; « un conflit qui menace son pays », c'est une guerre subie, une invasion ou une occupation. Problématique : l'engagement pour son pays justifie-t-il le sacrifice de sa famille ?

Thèse — oui, quand la liberté de tous est en jeu. Sans ceux qui partent, le pays reste soumis, et la famille elle-même ne vit pas libre : en 1943, des milliers de jeunes Français ont refusé le travail obligatoire en Allemagne et rejoint les maquis, comme celui du Vercors. S'engager peut aussi protéger les siens à long terme : les combattants du mouvement national tunisien, au début des années 1950, ont quitté leurs proches pour l'indépendance de tous.

Antithèse — non, pas à n'importe quel prix. La famille est aussi une responsabilité : celui qui part laisse des enfants sans protection, comme le couvert mis pour rien dans le texte. Et l'on peut servir son pays sans quitter les siens — soigner, enseigner, cacher, informer : dans Le Silence de la mer de Vercors (1942), un oncle et sa nièce résistent à l'officier allemand logé chez eux par un silence obstiné, sans quitter leur maison.

Synthèse et conclusion. L'engagement n'a de valeur que s'il est choisi, utile et mesuré : le devoir envers le pays ne supprime pas le devoir envers les siens, il le met à l'épreuve. Ouverture : la paix revenue, comment réparer les liens que la guerre a coupés ?

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : le texte s'ouvre parfois sur un fait plutôt que sur une décision (un télégramme qui annonce « deux nouvelles », le retour d'un prisonnier) ; les deux sentiments peuvent être ceux d'un personnage face à la guerre ; le procédé est demandé seul (« Relevez le procédé d'écriture qui met en relief… », 1 point) ou par deux ; la dernière question demande parfois la leçon qu'un personnage tire de la guerre. Le récit de guerre est le texte de 9 sessions Sport sur 22 (2015–2026), dont chaque session principale de 2024 à 2026.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill GU-E.1 — Deux sentiments face à la guerre, pas deux synonymes
Entraînement 01 / 04

Drill GU-E.1 — Deux sentiments face à la guerre, pas deux synonymes

2 questionsCorrigé masqué

Étude de texte (5 points). Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

1916. Le narrateur, jeune soldat, tient avec sa compagnie une tranchée de première ligne.

Cela fait six nuits que nous tenons ce bout de tranchée. Quand les obus commencent à tomber, je me colle contre la terre et je compte à voix basse, comme un enfant, pour ne pas crier. Mes mains tremblent tant que je n'arrive plus à rouler une cigarette. Le septième jour, on nous a envoyés ramasser les corps sur le champ de bataille. J'ai retourné un soldat ennemi : il avait mon âge, une photo de femme dans sa poche et les mêmes chaussures que moi. Je suis resté longtemps assis à côté de lui. Qui a voulu cela ? Pas lui, pas moi. Ceux qui nous envoient ici dorment dans des lits. Depuis ce jour, quand le sergent parle de « l'ennemi », j'ai envie de lui jeter mon fusil.

  1. Qu'est-ce qui caractérise la vie des soldats dans ce passage ? (2 points)
  2. Quels sentiments le narrateur éprouve-t-il face à la guerre ? Identifiez-en deux, différents l'un de l'autre, et justifiez chacun par un indice textuel. (3 points)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1 Idée : caractériser, c'est donner un ou deux traits généraux, puis les prouver. La vie des soldats est faite de danger permanent et d'épuisement : ils restent « six nuits » dans la même tranchée, sous des obus qui les obligent à se coller « contre la terre ». Elle est aussi dégradante : on les envoie « ramasser les corps sur le champ de bataille ».

2 Idée : deux sentiments qu'on ne peut pas confondre ; si l'un est la peur, l'autre ne peut pas être l'angoisse. La peur : « je me colle contre la terre et je compte à voix basse, comme un enfant, pour ne pas crier », « Mes mains tremblent ». La révolte contre ceux qui ont voulu la guerre : « Ceux qui nous envoient ici dorment dans des lits », « j'ai envie de lui jeter mon fusil ». La pitié pour le soldat ennemi, en qui il se reconnaît (« il avait mon âge… les mêmes chaussures que moi »), est acceptée à la place de l'un des deux.

Barème indicatif : 1,5 point par sentiment, indice compris. « Peur » et « angoisse », ou « peur » et « terreur », ne comptent que pour un seul sentiment.

2 Drill GU-E.2 — Relever et nommer deux procédés d'écriture différents
Entraînement 02 / 04

Drill GU-E.2 — Relever et nommer deux procédés d'écriture différents

3 questionsCorrigé masqué

Étude de texte (5 points). Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les civils d'une petite ville italienne subissent un bombardement aérien.

La sirène a hurlé à midi. Nous sommes descendus à la cave avec les voisins, les vieux, les enfants, le chat de Mme Rossi. Puis le bombardement a commencé. La terre grondait, la lampe se balançait, la poussière tombait du plafond comme une farine grise. Ma mère me serrait si fort que j'entendais battre son cœur contre mon oreille. Les explosions se rapprochaient : la gare, puis le marché, puis notre rue. Personne ne parlait. Le petit Luca s'était caché la tête sous le manteau de sa grand-mère. Quand nous sommes remontés, le soir, la ville n'était plus qu'une plaie ouverte : des maisons éventrées, des volets arrachés, un piano renversé au milieu de la chaussée.

  1. Comment les habitants réagissent-ils pendant le bombardement ? Justifiez votre réponse par deux indices textuels. (2 points)
  2. Relevez et nommez deux procédés d'écriture différents qui rendent compte de la peur des habitants. (2 points)
  3. Relevez et nommez un procédé d'écriture qui rend compte de l'état de la ville à la fin du passage. (1 point)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1 Idée : une réaction reformulée, deux indices. Les habitants se réfugient ensemble sous terre et se figent dans une peur muette : « Nous sommes descendus à la cave avec les voisins », « Personne ne parlait », « Le petit Luca s'était caché la tête sous le manteau de sa grand-mère ». Les gestes de protection disent la peur sans la nommer : « Ma mère me serrait si fort ».

2 Idée : deux procédés de nature différente ; deux exemples du même procédé ne font qu'une réponse. Par exemple : la gradation « la gare, puis le marché, puis notre rue », qui fait sentir le danger qui se rapproche jusqu'à la maison ; la personnification « La sirène a hurlé », « La terre grondait », qui prête aux choses la menace d'êtres vivants ; la tournure intensive « si fort que j'entendais battre son cœur contre mon oreille », qui mesure la peur à la force de l'étreinte ; la phrase courte « Personne ne parlait. », qui installe le silence de la terreur. Deux suffisent : pour chacun, 0,5 point le relevé et 0,5 point le nom.

3 Idée : un procédé pour l'image finale, relevé puis nommé. La métaphore « la ville n'était plus qu'une plaie ouverte » fait de la ville un corps blessé ; l'énumération « des maisons éventrées, des volets arrachés, un piano renversé au milieu de la chaussée » accumule les ruines. L'un ou l'autre, relevé et nommé, vaut le point.

3 Drill GU-E.3 — La question fermée « A-t-elle… ? » : trancher, puis prouver
Entraînement 03 / 04

Drill GU-E.3 — La question fermée « A-t-elle… ? » : trancher, puis prouver

3 questionsCorrigé masqué

Étude de texte (6 points). Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

Fin 1918. La guerre est terminée ; les prisonniers commencent à rentrer d'Allemagne.

Depuis l'armistice, Mathilde descendait chaque jour à la gare de Nevers. Les trains ramenaient d'Allemagne des prisonniers et des civils déportés, des hommes maigres aux yeux trop grands. Elle tenait à bout de bras une photographie de son fils Lucien, prise avant la guerre, et la montrait à chacun. « Vous l'avez connu ? Il s'appelle Lucien Morel. » Les hommes secouaient la tête, s'excusaient, pressaient le pas vers leurs familles. Un soir, un soldat au bras en écharpe s'arrêta longtemps devant l'image. « Il était avec nous au camp, l'hiver dernier, dit-il enfin. Puis on l'a envoyé ailleurs. Je ne sais pas où. » Mathilde le remercia, rangea la photographie dans son sac et revint le lendemain, à la même heure, sur le même quai.

  1. Pourquoi Mathilde se rend-elle chaque jour à la gare ? (1 point)
  2. Un soir, un soldat reconnaît Lucien sur la photographie.
    1. Mathilde a-t-elle retrouvé son fils à la fin du passage ? Justifiez votre réponse par une phrase relevée dans le texte. (2 points)
    2. Qu'apprend-elle pourtant sur lui ? (1 point)
  3. Quel trait de caractère de Mathilde la dernière phrase met-elle en évidence ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (2 points)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1 Idée : une raison, reformulée. Elle espère retrouver son fils Lucien parmi les prisonniers qui rentrent d'Allemagne ; c'est pourquoi elle montre sa photographie à chacun.

2.a Idée : trancher d'abord par « oui » ou « non », puis prouver par la phrase qui décide. Non, Mathilde n'a pas retrouvé son fils : le soldat ignore où il se trouve — « Puis on l'a envoyé ailleurs. Je ne sais pas où. » La suite le confirme : elle revient « le lendemain, à la même heure, sur le même quai ». Une réponse qui raconte la scène sans dire « non » perd la moitié des points.

2.b Idée : la nuance du « non ». Elle apprend que Lucien a survécu au moins jusqu'à « l'hiver dernier », prisonnier dans le même camp que ce soldat : sa recherche n'est donc pas vaine, même si la trace se perd ensuite.

3 Idée : nommer un trait de caractère, puis le prouver par la construction de la phrase. La dernière phrase montre sa persévérance, un espoir obstiné : malgré une réponse qui la déçoit, elle « revint le lendemain, à la même heure, sur le même quai ». La répétition de « même » souligne le retour inlassable du même geste.

4 Drill GU-E.4 — La leçon tirée de la guerre à la fin du texte
Entraînement 04 / 04

Drill GU-E.4 — La leçon tirée de la guerre à la fin du texte

3 questionsCorrigé masqué

Étude de texte (6 points). Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

Le narrateur raconte une scène de son enfance avec son grand-père, ancien combattant.

Mon grand-père n'a jamais porté ses médailles. Elles dormaient dans une boîte à biscuits, au fond de l'armoire, avec des boutons dépareillés. Le jour où je les ai trouvées, j'avais douze ans ; je les ai épinglées sur mon pull et je suis descendu au jardin en faisant le salut militaire, fier comme un général. Il a posé son sécateur. « Tu sais ce que j'ai gagné, là-bas ? Trois doigts gelés, et des nuits où je me réveille encore en entendant les obus. Mon meilleur ami est resté sur le champ de bataille, près d'un village dont je n'ai jamais su prononcer le nom. » Il a décroché les médailles une à une, sans colère. Puis il m'a tendu un plant de tomate. « La guerre ne fait pas de héros, petit. Elle fait des veuves et des orphelins. Ce qui compte, c'est ce qu'on plante et ce qu'on laisse pousser derrière soi. »

  1. Comment le narrateur, enfant, considère-t-il les médailles de son grand-père ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (2 points)
  2. Quelles traces la guerre a-t-elle laissées sur le grand-père ? Citez-en deux. (2 points)
  3. À la fin du texte, le grand-père tire une leçon de la guerre. Laquelle ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (2 points)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1 Idée : l'attitude de l'enfant, reformulée, puis le geste qui la prouve. L'enfant voit dans les médailles des signes de gloire, presque un jeu d'héroïsme : « je les ai épinglées sur mon pull et je suis descendu au jardin en faisant le salut militaire, fier comme un général ».

2 Idée : deux traces de nature différente. Une trace physique : « Trois doigts gelés ». Une trace psychologique : les cauchemars, « des nuits où je me réveille encore en entendant les obus ». Le deuil de l'ami « resté sur le champ de bataille » est aussi accepté.

3 Idée : formuler la leçon comme une idée générale, puis montrer la phrase qui la porte. La guerre n'apporte aucune gloire, seulement la mort et le malheur ; ce qui donne son prix à une vie, c'est ce qu'on construit et ce qu'on transmet. Indice : « La guerre ne fait pas de héros, petit. Elle fait des veuves et des orphelins. » et « Ce qui compte, c'est ce qu'on plante et ce qu'on laisse pousser derrière soi. » Le plant de tomate, tendu à la place des médailles, donne corps à cette leçon.

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