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Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
GU-FLa guerre et la violence de l'Histoire

Épreuve complète sur un seul texte (sections scientifiques) : compréhension 7 + langue 3 sur les phrases du texte + essai sur sa citation

Idée directrice

Le papier commun des sections scientifiques est une seule chaîne : le même texte porte la compréhension (7 points), la langue (3 points), dont chaque phrase est prise dans le texte, et l'essai (10 points), qui part de la citation d'un personnage. Lire une fois le texte à fond sert donc les trois parties : les deux visions opposées repérées en compréhension deviennent les deux temps de l'essai.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Pour quelle raison … prend-elle la décision de quitter … ? Justifiez votre réponse par un indice textuel » ; « Quel sentiment … éprouve-t-il envers … ? Relevez et expliquez un procédé d'écriture » ; « ont deux visions différentes de … » ; « construisez une seule phrase en recourant à la nominalisation » ; « Pensez-vous, comme lui, que … ? »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Lire le texte une fois à fond : les trois parties de l'épreuve en viennent, et les deux visions de la compréhension deviennent les deux temps de l'essai.
  • Compréhension : reformuler, puis prouver par un indice ; séparer la raison d'un choix de ses circonstances.
  • Procédé : relever, nommer, expliquer l'effet — un seul procédé quand un seul est demandé.
  • Langue : chaque phrase vient du texte ; relire son contexte avant de chercher un synonyme ou un sens différent.
  • Essai « comme lui » : exposer ce qui fonde l'opinion, puis les objections, puis une position raisonnée.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Prendre le convoi pour la raison du départ ; prêter de la colère au grand-père alors que le texte dit « Il ne les blâmait pas » ; en langue, garder « mais » ou le remplacer par « pourtant » au lieu d'une subordonnée ; dans l'essai, raconter à nouveau le texte au lieu de discuter la citation.

Sujet principal

Épreuve de français (sections scientifiques) — étude de texte (10 points) et essai (10 points)

6 questionsCorrigé masqué

Pendant le siège de Sarajevo, en 1993, Mirsad, quinze ans, vit avec sa mère, Selma, et son grand-père dans un immeuble du centre-ville. Un convoi humanitaire¹ propose d'évacuer les civils.

La veille, un obus était tombé sur la file d'attente de la fontaine du quartier. Mirsad y était ; il en était revenu avec du sang sur la manche, un sang qui n'était pas le sien. Sa mère l'avait longtemps lavé, sans un mot, puis elle avait dit :

« Le convoi part jeudi. Cela change tout. Nous serons dedans. »

Le grand-père n'avait pas levé les yeux de son jeu d'échecs. Depuis le début du conflit, il voyait les voisins s'en aller un à un. Chaque matin, une fenêtre de plus restait close, une porte de plus sonnait creux² ; l'immeuble se vidait comme une maison après un enterrement. Il ne les blâmait pas. Il descendait seulement leur dire au revoir, portait leurs valises jusqu'au trottoir, puis remontait l'escalier plus lentement qu'il ne l'avait descendu.

« Viens avec nous, papa, supplia Selma. Ici, il n'y a plus que la faim et les bombardements. La ville est devenue un champ de bataille.

– Nous tiendrons, comme nous avons toujours tenu. Qui fleurira la tombe de ta mère, si tout le monde s'en va ? Un homme ne laisse pas ses morts seuls. Le courage, c'est de rester debout dans sa ville quand elle brûle.

– Le courage ? Il en faut bien plus pour tout abandonner, sa maison, ses photos, sa langue, et recommencer à zéro chez des inconnus, que pour attendre un obus derrière des sacs de sable³. Moi, je veux que mon fils ait un avenir, pas une tombe à côté de celle de sa grand-mère. »

Mirsad regardait l'un, puis l'autre. Il avait peur, mais il ne voulait pas laisser grand-père seul. Le vieil homme posa la main sur sa nuque.

« Va, dit-il. Et écris-moi dans notre langue, pour ne pas l'oublier. Moi, je résisterai à ma manière : je garderai les clés de tous ceux qui partent, jusqu'à la paix. »

Le jeudi, à l'aube, le convoi quitta la ville sous escorte. Par la vitre arrière du car, Mirsad vit longtemps une silhouette immobile au coin de la rue, qui ne faisait pas de signe.

1- convoi humanitaire : file de véhicules protégés, chargée d'aider ou d'évacuer la population. 2- sonner creux : rendre un son vide, parce que personne n'habite plus derrière. 3- sacs de sable : sacs empilés pour se protéger des tirs et des éclats.

Texte écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

I- ÉTUDE DE TEXTE (10 points)

A- Compréhension (7 points). Toute réponse doit être reformulée et rédigée.

  1. Pour quelle raison Selma décide-t-elle de quitter la ville avec son fils ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (2 points)
  2. Quel sentiment le grand-père éprouve-t-il envers ceux qui partent ? Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui rend compte de ce sentiment. (2 points)
  3. Le grand-père et Selma ont deux visions différentes du courage. En quoi consiste chacune d'elles ? (3 points)

B- Langue (3 points). Les phrases ci-dessous sont prises dans le texte.

  1. « Nous tiendrons, comme nous avons toujours tenu. »
    1. Relevez dans le texte un synonyme du verbe en gras. (0,5 point)
    2. Employez le verbe « tenir » dans une phrase où il a un sens différent. (0,5 point)
  2. « Le convoi part jeudi. Cela change tout. » À partir de ces deux propositions indépendantes, construisez une seule phrase en recourant à la nominalisation. (1 point)
  3. « Il avait peur, mais il ne voulait pas laisser grand-père seul. » Réécrivez cette phrase de manière à exprimer le même rapport logique au moyen d'une proposition subordonnée. (1 point)

II- ESSAI (10 points)

« Le courage, c'est de rester debout dans sa ville quand elle brûle », affirme le grand-père.

Pensez-vous, comme lui, que rester dans son pays en guerre soit la seule preuve de courage ?

Développez un point de vue personnel sur la question en vous appuyant sur des arguments et des exemples précis.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

A1 Idée : distinguer la raison du départ de ses circonstances. Selma décide de partir pour sauver la vie de son fils : la veille, un obus a frappé la file d'attente de la fontaine où se trouvait Mirsad. Indice : « un obus était tombé sur la file d'attente de la fontaine du quartier. Mirsad y était », ou « je veux que mon fils ait un avenir, pas une tombe ». Le convoi du jeudi est l'occasion du départ, non sa raison : « Le convoi part jeudi » ne justifie pas la réponse.

A2 Idée : le sentiment n'est pas celui qu'on attend ; le texte écarte lui-même la colère. Le grand-père éprouve une tristesse profonde, un sentiment d'abandon, sans reproche : « Il ne les blâmait pas ». Procédé attendu (un seul) : la comparaison « l'immeuble se vidait comme une maison après un enterrement », qui assimile chaque départ à un deuil ; ou le parallélisme « une fenêtre de plus restait close, une porte de plus sonnait creux », qui fait sentir le vide qui gagne jour après jour ; ou l'opposition entre la descente et la remontée « plus lentement qu'il ne l'avait descendu », qui traduit le poids du chagrin. La compréhension bienveillante (« Il ne les blâmait pas », il « portait leurs valises jusqu'au trottoir ») est acceptée si la tristesse est aussi dite. Barème indicatif : 0,5 le sentiment, 0,5 le relevé, 1 l'explication.

A3 Idée : une vision par personnage, reformulée, chacune prouvée par ses propres mots. Pour le grand-père, le courage consiste à rester : tenir dans sa ville malgré le danger, par fidélité à ses morts et à sa terre — « Un homme ne laisse pas ses morts seuls », « Le courage, c'est de rester debout dans sa ville quand elle brûle ». Pour Selma, le courage consiste à partir pour protéger la vie et l'avenir de son enfant, en acceptant de tout perdre — « Il en faut bien plus pour tout abandonner… et recommencer à zéro chez des inconnus, que pour attendre un obus derrière des sacs de sable ». 1,5 point par vision.

B1.a Idée : le synonyme doit convenir dans la phrase même. Ici, « tenir » signifie résister au danger sans céder : le texte donne « résister » (« je résisterai à ma manière »). « Rester debout » est aussi accepté.

B1.b Idée : changer de sens, pas seulement de phrase. Par exemple : « Tiens-moi la main pour traverser. » (garder dans sa main) ; « Il tient beaucoup à ses livres. » (être attaché à) ; « Ce sac ne tiendra pas dans le coffre. » (trouver place). Une phrase où « tenir » veut encore dire « résister » ne rapporte rien.

B2 Idée : transformer le verbe de la première proposition en nom (partir → départ), qui devient le sujet ; « cela » disparaît. « Le départ du convoi jeudi change tout. » La phrase doit être unique et correcte, et le groupe nominal remplace la proposition « Le convoi part jeudi ».

B3 Idée : identifier d'abord le rapport exprimé par « mais » — l'opposition (concession) — puis choisir une conjonction de subordination. « Même s'il avait peur, il ne voulait pas laisser grand-père seul. » ou « Bien qu'il eût peur, il ne voulait pas laisser grand-père seul. » (« bien que » et « quoique » imposent le subjonctif ; « Bien qu'il ait peur » est admis dans l'usage courant). Remplacer « mais » par « pourtant » ou « cependant » ne répond pas à la consigne : ces mots coordonnent, ils ne subordonnent pas.

II — Essai. Idée : discuter une opinion donnée (« comme lui ») : en exposer les fondements, lui opposer des objections, puis prendre une position raisonnée.

Introduction. Amorce : dans toute guerre, des familles se déchirent entre ceux qui restent et ceux qui partent. Citation reformulée : pour le grand-père, seul celui qui reste dans sa ville en flammes fait preuve de courage. Problématique : rester est-il la seule forme de courage en temps de guerre ?

Première partie — ce qui fonde l'opinion du grand-père. Rester, c'est affronter le danger chaque jour, sans savoir si l'on survivra. C'est aussi maintenir une présence et une mémoire : pendant le siège de Sarajevo, le quotidien Oslobođenje a continué de paraître, et le violoncelliste Vedran Smailović a joué dans les ruines pour ses concitoyens. Enfin, un pays vidé de ses habitants ne peut plus être défendu ni reconstruit.

Deuxième partie — les objections. Partir demande parfois autant de courage : tout quitter, affronter l'exil, reconstruire sa vie dans une langue étrangère, comme le dit Selma. Protéger la vie d'un enfant est un devoir, non une fuite. Et l'on peut servir son pays de loin : en juin 1940, le général de Gaulle a quitté la France pour poursuivre le combat depuis Londres.

Troisième partie — une position raisonnée. Le courage ne se mesure pas au lieu où l'on se trouve, mais à la fidélité à ce qu'on défend et au prix qu'on accepte de payer. Rester par devoir et partir pour sauver une vie sont deux formes de courage, que le texte réunit dans sa dernière image : le grand-père garde les clés, le petit-fils emporte la langue.

Conclusion. La question oppose moins les lâches et les braves que deux manières de servir. Ouverture : la paix revenue, ceux qui sont partis et ceux qui sont restés sauront-ils se retrouver ?

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : la compréhension porte aussi sur deux groupes aux comportements opposés (soldats et foule) ou sur deux aspects contradictoires de la vie en temps de guerre, avec un procédé à expliquer ; en langue, synonyme puis emploi dans un sens différent, réécriture exprimant la cause puis la conséquence, nominalisation de deux indépendantes, opposition rendue par une subordonnée ; l'essai demande tantôt « Pensez-vous, comme lui, que… ? », tantôt « Peut-on… ? ». Sessions du papier commun sur un texte de guerre : contrôles 2016, 2017, 2022 et 2023, principale 2025.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill GU-F.1 — Épreuve complète : deux visages de la vie dans une ville en guerre
Entraînement 01 / 02

Drill GU-F.1 — Épreuve complète : deux visages de la vie dans une ville en guerre

5 questionsCorrigé masqué

Épreuve complète sur un seul texte. Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

Madrid, hiver 1937. Pendant la guerre civile espagnole, la ville assiégée est bombardée presque chaque jour. Lucía, jeune institutrice, traverse la ville pour rejoindre son école.

Dès la place de Callao, Lucía sut que la nuit avait été plus terrible que les autres : les vitrines avaient disparu, et des femmes balayaient le verre en silence. Plus loin, des miliciens¹ couraient en criant des ordres, le fusil à la main, et poussaient les passants vers les portes cochères. Les habitants, eux, ne couraient pas. Les obus tombaient encore, les passants s'abritaient un instant sous les porches. Puis ils reprenaient leur chemin, le pain sous le bras, comme si la mort n'était qu'une averse un peu trop forte.

À l'école, la moitié des pupitres était vide. Les enfants présents avaient apporté leurs cahiers dans des sacs de farine. On entendait au loin les canons de la Cité universitaire, et pourtant la petite Carmen récitait sa table de sept avec une application d'horlogère. Lucía écrivit la date au tableau. Tant qu'il y aurait une date au tableau, pensait-elle, la guerre n'aurait pas tout pris.

Le soir, sur le chemin du retour, elle s'arrêta devant un cinéma ouvert. On y jouait un film de Charlie Chaplin ; les rires traversaient la porte, mêlés au grondement lointain de l'artillerie. Lucía resta longtemps sur le trottoir, sans entrer, à écouter cette ville qui riait et mourait dans le même souffle.

1- miliciens : membres d'une milice, groupe armé formé de civils.

I- ÉTUDE DE TEXTE (10 points). A- Compréhension (7 points)

  1. Qu'est-ce qui permet à Lucía, dès la place de Callao, de comprendre que la nuit a été plus terrible que les autres ? Justifiez votre réponse par un indice du premier paragraphe. (2 points)
  2. Comment les miliciens et les habitants réagissent-ils face au danger ? Relevez un indice qui caractérise la réaction de chacun. (2 points)
  3. Entre l'école et le cinéma, Lucía découvre deux aspects opposés de la vie dans une ville en guerre.
    1. Dites lesquels. (1,5 point)
    2. Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui rend compte de ces aspects contradictoires. (1,5 point)

B- Langue (3 points)

  1. « des miliciens … poussaient les passants vers les portes cochères »
    1. Remplacez le verbe en gras par un synonyme. (0,5 point)
    2. Employez le verbe « pousser » dans une phrase où il a un sens différent. (0,5 point)
  2. « Les obus tombaient encore, les passants s'abritaient un instant sous les porches. » Réécrivez cette phrase de manière à exprimer :
    1. la cause ; (1 point)
    2. la conséquence. (1 point)

II- ESSAI (10 points)

« Tant qu'il y aurait une date au tableau, pensait-elle, la guerre n'aurait pas tout pris. »

Faut-il, selon vous, continuer à étudier, à travailler et à se divertir quand son pays est en guerre ?

Vous développerez votre point de vue en vous appuyant sur des arguments et des exemples précis.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

A1 Idée : un constat reformulé, un indice pris dans le premier paragraphe seulement. Lucía le comprend aux traces toutes fraîches de la destruction : les vitrines soufflées et le verre qu'on balaie. Indice : « les vitrines avaient disparu, et des femmes balayaient le verre en silence ».

A2 Idée : deux comportements opposés, un indice pour chacun. Les miliciens réagissent dans l'agitation et l'autorité : ils « couraient en criant des ordres, le fusil à la main ». Les habitants, au contraire, montrent un calme obstiné : « Les habitants, eux, ne couraient pas » ; ils « reprenaient leur chemin, le pain sous le bras ».

A3.a Idée : nommer les deux aspects en termes généraux. D'un côté, la mort et la destruction : les canons, l'artillerie, les pupitres vides. De l'autre, la vie qui continue : l'école où l'on récite les tables, le cinéma où l'on rit.

A3.b Idée : un seul procédé, relevé puis expliqué. L'antithèse « cette ville qui riait et mourait dans le même souffle » réunit dans un même instant les deux faces de la ville ; ou l'opposition marquée par « et pourtant » : « On entendait au loin les canons…, et pourtant la petite Carmen récitait sa table de sept » ; ou la comparaison « comme si la mort n'était qu'une averse un peu trop forte », qui ramène le danger à un désagrément ordinaire. Barème indicatif : 0,5 le relevé, 1 l'explication.

B1.a Idée : le synonyme doit convenir dans la phrase. Ici, « poussaient » signifie « obligeaient à avancer » : repoussaient, dirigeaient, refoulaient.

B1.b Un autre sens de « pousser », par exemple : « Les amandiers poussent bien dans cette région. » (croître) ; « Sa mère l'a poussé à reprendre ses études. » (inciter).

B2.a Idée : la cause, c'est la chute des obus ; l'abri en est l'effet. « Les passants s'abritaient un instant sous les porches parce que les obus tombaient encore. » ou « Comme les obus tombaient encore, les passants s'abritaient un instant sous les porches. »

B2.b Idée : garder l'ordre logique — la chute des obus entraîne l'abri. « Les obus tombaient encore, si bien que les passants s'abritaient un instant sous les porches. » On accepte aussi « de sorte que » ou « c'est pourquoi ».

II — Essai. Idée : « Faut-il » demande si c'est souhaitable, pas seulement possible ; le plan accorde les objections avant de défendre une position. Première partie : la guerre rend cette vie difficile et parfois dangereuse — écoles fermées, deuils, risque de se rassembler — et se divertir pendant que d'autres meurent peut paraître indécent. Deuxième partie : continuer d'étudier, de travailler et même de rire est une façon de résister et de préparer l'après ; pendant le siège de Leningrad (1941-1944), la Septième symphonie de Chostakovitch fut jouée dans la ville affamée en août 1942. Conclusion : garder une vie ordinaire n'est pas ignorer la guerre, c'est refuser qu'elle prenne tout.

2 Drill GU-F.2 — Stratégie : l'ordre des réponses et le budget de temps de l'épreuve
Entraînement 02 / 02

Drill GU-F.2 — Stratégie : l'ordre des réponses et le budget de temps de l'épreuve

8 questionsCorrigé masqué

Préparer ses deux heures. Passage écrit pour l'exercice, dans l'esprit des sujets nationaux.

1916. Louise attend des nouvelles de son mari, mobilisé dans l'armée depuis deux ans ; elle vit avec sa belle-mère dans leur ferme.

Chaque matin, Louise guettait le facteur depuis la fenêtre de la cuisine. Quand il continuait sa route sans s'arrêter, elle retournait à ses bêtes sans un mot. Sa belle-mère, elle, ne regardait jamais la route. Elle tricotait des chaussettes pour les tranchées, une paire par semaine, et disait qu'il ne sert à rien de compter les jours quand on ne peut pas les raccourcir. Le soir, Louise relisait les vieilles lettres jusqu'à les savoir par cœur ; la vieille femme écoutait le canon lointain et prétendait reconnaître à son bruit si la guerre avançait ou reculait. Le jour où une lettre arriva enfin, ce fut la belle-mère qui l'ouvrit, les mains parfaitement calmes. Louise, elle, était sortie dans la cour, incapable de rester debout.

Voici le questionnaire de l'épreuve sur ce texte :

  • A1 — Pourquoi Louise guette-t-elle le facteur chaque matin ? Justifiez votre réponse par un indice textuel. (2 points)
  • A2 — Quel sentiment Louise éprouve-t-elle quand la lettre arrive enfin ? Relevez et expliquez un procédé d'écriture qui en rend compte. (2 points)
  • A3 — Louise et sa belle-mère ont deux manières différentes d'attendre. En quoi consiste chacune d'elles ? (3 points)
  • B — Langue : trois items sur des phrases du texte. (3 points)
  • II — Essai : « il ne sert à rien de compter les jours quand on ne peut pas les raccourcir ». Pensez-vous que l'attente soit plus dure pour ceux qui restent que pour ceux qui combattent ? (10 points)
  1. L'épreuve dure deux heures. Répartissez ce temps entre la lecture du texte, la compréhension, la langue, l'essai et la relecture, et justifiez votre répartition par le barème.
  2. Dans quel ordre traitez-vous les trois questions de compréhension ? Laquelle gardez-vous pour la fin, et pourquoi ?
  3. Rédigez la réponse à la question A2 en deux paragraphes séparés : l'un pour le sentiment, l'autre pour le procédé.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1 Idée : le temps suit les points, avec une réserve pour lire et pour relire. Une répartition indicative : lecture attentive du texte et des notes, 10 minutes ; compréhension (7 points), 30 minutes ; langue (3 points), 15 minutes ; essai (10 points), 55 minutes, dont une dizaine pour le plan au brouillon ; relecture, 10 minutes. Total : 10 + 30 + 15 + 55 + 10 = 120 minutes. L'essai vaut la moitié de la note : ne lui laisser que la dernière demi-heure, c'est perdre des points que la compréhension ne rattrapera pas.

2 Idée : commencer par la question la plus directe, garder la plus exigeante. Le corrigé officiel de 2022 (section Lettres) le conseille : « Commencez par la question la plus facile », la dernière question de compréhension étant souvent la plus difficile. Ici, A1 est un repérage (le facteur, la fenêtre) : on la traite d'abord. A2 demande un sentiment et un procédé : ensuite. A3 compare deux attitudes sur tout le texte et vaut 3 points : on la garde pour la fin, sans la sacrifier, et on y revient après avoir relu le texte.

3 Idée : deux volets, deux paragraphes — le correcteur voit tout de suite que les deux sont traités. Quand la lettre arrive enfin, Louise est submergée par l'angoisse : elle ne peut ni l'ouvrir ni même rester dans la pièce, puisqu'elle « était sortie dans la cour, incapable de rester debout ».

Le texte rend compte de ce sentiment par une antithèse : la belle-mère ouvre la lettre « les mains parfaitement calmes », tandis que Louise ne tient plus sur ses jambes. Le contraste entre ces deux corps fait mesurer au lecteur l'intensité de l'émotion de Louise. Un seul procédé est demandé ; le même corrigé officiel le rappelle : « on vous demande un seul procédé ».

Relier ce raisonnement au bac

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