Masar
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Bac Tunisie
Entraîner la reconnaissance
PA-BPartage

Les différences sont-elles un obstacle au partage entre les hommes ?

Idée directrice

L'essai de la principale 2018 demande si les différences sociales et culturelles empêchent les hommes de partager. Le corrigé autorise la prise de position catégorique comme la position nuancée « qui saurait peser le pour et le contre » : le plan est un choix à assumer, pas une formalité.

Signature de reconnaissance — l'énoncé se trahit ainsi

« Le sujet se rattache au thème : « Partage » » ; « Pensez-vous que les différences sociales, culturelles… puissent constituer un obstacle au partage entre les hommes ? » ; « Vous développerez à ce propos, un point de vue personnel étayé par des arguments pertinents et des exemples précis »

Sujet principal

Essai (10 points) — les différences et le partage

1 questionCorrigé masqué

II - ESSAI (10 points). « Mais mon statut d'étranger accentuait précisément mon malaise… »

Pensez-vous que les différences sociales, culturelles et autres puissent constituer un obstacle au partage entre les hommes ?

Vous développerez à ce propos un point de vue personnel étayé par des arguments pertinents et des exemples précis. Critères : compréhension et cohérence du développement (4 points), correction linguistique (4 points), originalité et pertinence des arguments et des exemples (2 points).

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Introduction — amener. L'humanité a connu assez de conflits pour qu'on puisse douter qu'une culture commune soit à portée ; et pourtant, les gestes d'entraide traversent les frontières tous les jours.

Définir et poser l'idée générale. Partager, ce n'est pas donner : c'est mettre en commun une chose que les deux côtés peuvent utiliser. Une différence est un écart de condition, de langue ou d'usage. La question est donc de savoir si l'écart empêche la mise en commun, ou seulement la complique.

Problématique. Ce qui nous sépare rend-il le partage impossible, ou est-ce précisément ce qui lui donne son prix ?

Thèse — les différences font obstacle. Premier argument : la langue, d'abord ; sans mots communs, l'entraide se réduit à des gestes et l'on ne partage pas ce qui s'explique. Deuxième : l'écart de condition installe une position haute et une position basse, et la générosité y devient une dette — celui qui reçoit ne peut pas rendre. Troisième : les usages diffèrent au point que le même geste change de sens d'un pays à l'autre, et un accueil sincère peut être lu comme une intrusion. Exemple : le malaise du voyageur qui refuse un service parce qu'il redoute l'image qu'il donnerait.

Antithèse — l'écart est la condition du partage. Premier argument : on ne partage que ce que l'autre n'a pas ; entre semblables, il n'y a qu'un échange. Deuxième : la différence oblige à expliquer, donc à comprendre soi-même ce que l'on transmet. Troisième : l'histoire des sciences, des cuisines et des langues est celle d'emprunts entre gens qui ne se ressemblaient pas. Exemple : les mots qu'une langue prend à une autre et qu'elle finit par croire siens.

Synthèse. L'obstacle n'est donc pas la différence mais la hiérarchie qu'on installe dessus. Deux personnes que tout sépare partagent sans peine dès lors qu'aucune ne se croit en position de donner : c'est l'inégalité, non l'écart, qui ferme les portes.

Conclusion. Ce que le raisonnement laisse : la question du partage est une question d'égalité avant d'être une question de ressemblance. Reste à savoir si une société peut organiser cette égalité, ou si elle dépend toujours de gestes privés.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

Entraînement 01 / 03

Drill PA-B.1 — Position catégorique ou position nuancée

3 questionsCorrigé masqué

II - ESSAI — travail sur le plan. Sujet : « L'écart de condition entre deux personnes empêche-t-il l'entraide sincère ? »

  1. Rédigez la problématique d'une prise de position catégorique (l'écart empêche), puis ses trois arguments en une ligne chacun.
  2. Rédigez la problématique d'une position nuancée, puis ses trois mouvements.
  3. Écrivez la phrase de synthèse de la version nuancée : elle doit déplacer la question, pas additionner les deux parties.
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Catégorique — problématique. « En quoi l'écart de condition transforme-t-il toute aide en rapport de force ? »

Arguments : (1) celui qui reçoit ne peut pas rendre ; (2) l'aide rend visible la position de chacun devant les tiers ; (3) la reconnaissance attendue devient une contrainte.

Nuancée — problématique. « L'écart de condition empêche-t-il l'entraide, ou impose-t-il seulement de la conduire autrement ? »

Mouvements : (1) ce que l'écart abîme ; (2) ce que l'écart rend possible — on ne partage que ce que l'autre n'a pas ; (3) les conditions qui neutralisent la hiérarchie (discrétion, réciprocité différée, cadre collectif).

Synthèse (version nuancée). « Ce n'est donc pas l'écart qui empêche l'entraide, mais le fait qu'il reste visible au moment du geste ; là où l'aide est organisée collectivement, personne n'occupe la place du donateur. »

Pourquoi elle tient. Elle nomme une condition (la visibilité de l'écart) au lieu de conclure que « tout dépend des gens » — formule qui ne rapporte aucun point de cohérence.

Entraînement 02 / 03

Drill PA-B.2 — Trois obstacles, trois réponses

3 questionsCorrigé masqué

II - ESSAI — travail argument par argument. On donne trois obstacles au partage entre des gens que tout sépare :

  1. l'absence de langue commune ;
  2. l'inégalité de moyens, qui fait de l'aide une dette ;
  3. la différence d'usages, qui fait mal lire un geste.

Pour chacun : rédigez deux phrases qui l'établissent avec un exemple, puis deux phrases qui lui répondent — sans nier l'obstacle.

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1. La langue. Obstacle : sans mots communs, l'entraide se limite à ce qui se montre, et tout ce qui s'explique reste intransmissible ; un artisan ne transmet pas son métier par gestes seuls. Réponse : la langue s'apprend précisément dans le travail partagé, et beaucoup de chantiers, de cuisines et d'ateliers ont fabriqué leur propre vocabulaire mixte.

2. L'inégalité de moyens. Obstacle : celui qui reçoit sans pouvoir rendre reste débiteur, et la générosité devient une position ; c'est la gêne du voyageur qui refuse un service pour ne pas figurer en visiteur assis. Réponse : la réciprocité peut être différée ou déplacée — on rend à un autre, ou plus tard —, et un cadre collectif efface la place du donateur.

3. Les usages. Obstacle : un même geste n'a pas le même sens partout, et un accueil insistant peut être lu comme une pression. Réponse : le malentendu se corrige dès qu'il est dit ; ce qui bloque n'est pas la différence d'usage mais le silence qu'on garde sur elle.

Ce que ce drill entraîne. Répondre sans nier : chaque réponse reconnaît l'obstacle et déplace la condition. C'est exactement ce que le corrigé appelle peser le pour et le contre.

Entraînement 03 / 03

Drill PA-B.3 — L'exemple qui ne prouve rien

4 questionsCorrigé masqué

II - ESSAI — travail sur la pertinence des exemples. Le barème isole 2 points pour l'originalité et la pertinence.

Voici quatre exemples proposés pour soutenir l'idée que le partage franchit les différences :

  1. « Tout le monde sait que la solidarité est importante. »
  2. « Pendant une inondation, les habitants d'un quartier ont logé des familles qu'ils ne connaissaient pas. »
  3. « Les gens sont solidaires dans le monde entier. »
  4. « Un mot d'une langue étrangère finit par entrer dans le dictionnaire et personne ne se souvient d'où il vient. »

Dites lesquels sont recevables et pourquoi ; pour les deux qui ne le sont pas, réécrivez-les de manière à ce qu'ils prouvent quelque chose.

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Recevables : 2 et 4. Le second est daté, situé et vérifiable, et il montre un partage entre inconnus. Le quatrième est un fait de langue observable, et il prouve mieux que le second que l'emprunt finit par être approprié — il porte sur la durée.

Non recevables : 1 et 3. Ce ne sont pas des exemples mais des affirmations générales ; elles n'apportent aucune information que la thèse ne contenait déjà. Un exemple doit pouvoir être faux — c'est à cela qu'on le reconnaît.

Réécriture du 1. « Dans un immeuble où personne ne se parlait, l'organisation d'un tour de garde pendant une panne d'ascenseur a créé, en une semaine, des relations que dix ans de voisinage n'avaient pas produites. » On a gagné un lieu, une durée et un résultat.

Réécriture du 3. « Les cuisines de deux pays voisins partagent aujourd'hui des plats que chacun croit avoir inventés, et dont les noms ont voyagé avec les marchands. » L'affirmation est devenue vérifiable, donc utilisable.

Méthode / Automatismes
  • Définir « partager » et le distinguer de « donner » : toute la copie en dépend.
  • Le corrigé accepte le plan catégorique et le plan nuancé — choisir, l'annoncer par la problématique, s'y tenir.
  • Un exemple par argument, pris dans un domaine différent à chaque fois.
  • La synthèse doit produire un déplacement (ici : de la différence vers l'inégalité), pas un compromis.
Pièges classiques

Le piège de ce sujet est l'énumération de bonnes intentions — tolérance, ouverture, respect — sans jamais examiner un obstacle réel. Une copie qui ne prend pas la thèse adverse au sérieux perd les 4 points de cohérence du développement.