Aller au contenu

Un mot pour Fahmio

Tu écris. Tu continues.

Un problème, une idée — assez pour qu’on comprenne, puis tu retournes à ta copie.

On lit. Tu n’as rien d’autre à faire.

Où veux-tu aller ?

↑ ↓ pour parcourir · Entrée pour ouvrir · Échap pour fermer

Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
C-FNombres complexes

L'exercice de nombres complexes complet : équation, forme exponentielle, configuration, nature d'un triangle

Idée directrice

Ce scénario de complexes enchaîne : une équation du second degré à paramètre dont les racines s'écrivent sous forme exponentielle, des points définis par ces racines, une construction, puis la nature d'un triangle ou d'un quadrilatère obtenue en calculant un quotient ou une différence d'affixes. Le paramètre (ici θ\theta) sert à la dernière question : « pour quelle valeur de θ\theta … ? ».

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Vérifier que … est une solution de (E)(E) » ; « déterminer l'autre solution sous forme exponentielle » ; « construire le point … d'affixe … » ; « montrer que zM−zN=… ei(… )z_M-z_N=\dots\,\e^{\i(\dots)} » ; « pour quelle valeur de θ\theta le triangle … est-il … ? ».

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Équation z2−2cos⁡θ z+1=0z^2-2\cos\theta\,z+1=0 : ne pas dérouler le discriminant si une racine est donnée à vérifier ; l'autre vient du produit (=1=1) ou de la somme (=2cos⁡θ=2\cos\theta).
  • Formules d'Euler à connaître par cœur : eiθ+e−iθ=2cos⁡θ\e^{\i\theta}+\e^{-\i\theta}=2\cos\theta, eiθ−e−iθ=2isin⁡θ\e^{\i\theta}-\e^{-\i\theta}=2\i\sin\theta ; une forme exponentielle exige un module strictement positif, d'où la discussion sur le signe de sin⁡θ\sin\theta.
  • Somme d'affixes zA+zBz_A+z_B ⇒\Rightarrow parallélogramme ; modules égaux ⇒\Rightarrow losange ; angle π2\dfrac{\pi}{2} ou diagonales égales ⇒\Rightarrow carré.
  • Nature d'un triangle : comparer les longueurs (modules de différences) puis l'angle (argument d'un quotient).
  • Question « pour quelle valeur de θ\theta » : traduire la condition géométrique en une équation trigonométrique, puis résoudre dans l'intervalle imposé.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Écrire zP−zQ=2isin⁡θz_P-z_Q=2\i\sin\theta et l'appeler « forme exponentielle » sans vérifier que 2sin⁡θ>02\sin\theta>0 ; oublier que θ∈]0,π2[\theta\in\big]0,\dfrac{\pi}{2}\big[ et donner plusieurs solutions à sin⁡θ=12\sin\theta=\dfrac12 ; confondre arg⁡zPzQ\arg\dfrac{z_P}{z_Q} (angle en OO) et arg⁡zP−zMzQ−zM\arg\dfrac{z_P-z_M}{z_Q-z_M} (angle en MM) ; enfin, conclure « carré » à partir des seules diagonales perpendiculaires (c'est vrai de tout losange).

Sujet principal

Exercice 1 — nombres complexes (4 points), dans l’esprit de la session 2024

5 questionsCorrigé masqué

Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u⃗,v⃗)(O,\vec u,\vec v). Soit θ\theta un réel de ]0,π2[\big]0,\dfrac{\pi}{2}\big[. On considère dans C\C l'équation (E) : z2−2cos⁡θ z+1=0(E)\ :\ z^2-2\cos\theta\,z+1=0.

    1. Vérifier que eiθ\e^{\i\theta} est une solution de (E)(E).
    2. Déterminer l'autre solution sous forme exponentielle et vérifier qu'elle est le conjugué de la première.
  1. On note PP et QQ les points d'affixes respectives zP=eiθz_P=\e^{\i\theta} et zQ=e−iθz_Q=\e^{-\i\theta}, et MM le point d'affixe zM=zP+zQz_M=z_P+z_Q.
    1. Montrer que zMz_M est un réel et placer PP, QQ et MM pour θ=π3\theta=\dfrac{\pi}{3}.
    2. Montrer que le quadrilatère OPMQOPMQ est un losange.
    1. Montrer que zP−zQz_P-z_Q est un imaginaire pur, puis que zP−zQ=2sin⁡θ eiπ/2z_P-z_Q=2\sin\theta\,\e^{\i\pi/2} ; préciser son module et un argument.
    2. En déduire la distance PQPQ et montrer que les droites (PQ)(PQ) et (OM)(OM) sont perpendiculaires.
  2. Pour quelle valeur de θ\theta le triangle OPQOPQ est-il équilatéral ?
  3. Pour quelle valeur de θ\theta le quadrilatère OPMQOPMQ est-il un carré ?
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1.a Idée : remplacer et utiliser eiθ+e−iθ=2cos⁡θ\e^{\i\theta}+\e^{-\i\theta}=2\cos\theta. (eiθ)2−2cos⁡θ eiθ+1=eiθ(eiθ−2cos⁡θ+e−iθ)=eiθ(2cos⁡θ−2cos⁡θ)=0(\e^{\i\theta})^2-2\cos\theta\,\e^{\i\theta}+1=\e^{\i\theta}\big(\e^{\i\theta}-2\cos\theta+\e^{-\i\theta}\big)=\e^{\i\theta}\big(2\cos\theta-2\cos\theta\big)=0.

1.b Idée : somme ou produit des racines. Le produit des racines de (E)(E) vaut 11, donc l'autre solution est 1eiθ=e−iθ\dfrac1{\e^{\i\theta}}=\e^{-\i\theta} (on retrouve aussi la somme 2cos⁡θ2\cos\theta). Les solutions sont

z1=eiθetz2=e−iθ=z1‾z_1=\e^{\i\theta}\qquad\text{et}\qquad z_2=\e^{-\i\theta}=\overline{z_1}

2.a zM=eiθ+e−iθ=2cos⁡θ∈Rz_M=\e^{\i\theta}+\e^{-\i\theta}=2\cos\theta\in\R : MM est sur l'axe réel, d'abscisse 2cos⁡θ>02\cos\theta>0. Pour θ=π3\theta=\dfrac{\pi}{3} : P(12+i32)P\Big(\dfrac12+\i\dfrac{\sqrt3}{2}\Big) et Q(12−i32)Q\Big(\dfrac12-\i\dfrac{\sqrt3}{2}\Big) sont sur le cercle trigonométrique, symétriques par rapport à l'axe réel, et M(1)M(1).

2.b Idée : zM=zP+zQz_M=z_P+z_Q signifie OM⃗=OP⃗+OQ⃗\vec{OM}=\vec{OP}+\vec{OQ}. OPMQOPMQ est donc un parallélogramme ; de plus OP=∣zP∣=1=∣zQ∣=OQOP=|z_P|=1=|z_Q|=OQ : un parallélogramme ayant deux côtés consécutifs égaux est un losange.

3.a zP−zQ=eiθ−e−iθ=(cos⁡θ+isin⁡θ)−(cos⁡θ−isin⁡θ)=2isin⁡θ=2sin⁡θ eiπ/2z_P-z_Q=\e^{\i\theta}-\e^{-\i\theta}=(\cos\theta+\i\sin\theta)-(\cos\theta-\i\sin\theta)=2\i\sin\theta=2\sin\theta\,\e^{\i\pi/2}, avec 2sin⁡θ>02\sin\theta>0 puisque θ∈]0,π2[\theta\in\big]0,\dfrac{\pi}{2}\big[ : c'est bien une forme exponentielle (module 2sin⁡θ2\sin\theta, argument π2\dfrac{\pi}{2}).

3.b PQ=∣zP−zQ∣=2sin⁡θPQ=|z_P-z_Q|=2\sin\theta. Un argument de zP−zQz_P-z_Q est π2\dfrac{\pi}{2} et zMz_M est un réel strictement positif (argument 00), donc (OM⃗,QP⃗^)≡π2 [2π]\big(\widehat{\vec{OM},\vec{QP}}\big)\equiv\dfrac{\pi}{2}\ [2\pi] : les droites (PQ)(PQ) et (OM)(OM) sont perpendiculaires (ce sont les diagonales du losange).

4. Idée : OP=OQ=1OP=OQ=1 déjà ; il reste PQ=1PQ=1. OPQOPQ est équilatéral si et seulement si 2sin⁡θ=12\sin\theta=1, soit sin⁡θ=12\sin\theta=\dfrac12, et comme θ∈]0,π2[\theta\in\big]0,\dfrac{\pi}{2}\big[ :

θ=π6\theta=\frac{\pi}{6}

5. Idée : un losange est un carré si ses diagonales ont même longueur (ou si deux côtés consécutifs sont perpendiculaires). (OQ⃗,OP⃗^)≡arg⁡zPzQ=2θ\big(\widehat{\vec{OQ},\vec{OP}}\big)\equiv\arg\dfrac{z_P}{z_Q}=2\theta ; OPMQOPMQ est un carré si et seulement si 2θ=π22\theta=\dfrac{\pi}{2}, soit θ=π4\theta=\dfrac{\pi}{4}. Vérification par les diagonales : OM=2cos⁡θOM=2\cos\theta et PQ=2sin⁡θPQ=2\sin\theta sont égales si et seulement si tan⁡θ=1\tan\theta=1.

θ=π4\theta=\frac{\pi}{4}

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill C-F.1 — la transformation (z − i)(z′ − i) = 1
Entraînement 01 / 02

Drill C-F.1 — la transformation (z − i)(z′ − i) = 1

3 questionsCorrigé masqué

Soit AA le point d'affixe i\i. À tout point MM d'affixe z≠iz\neq\i on associe le point M′M' d'affixe z′z' telle que (z−i)(z′−i)=1(z-\i)(z'-\i)=1.

  1. Déterminer l'ensemble des points MM tels que M′=MM'=M.
  2. Montrer que AM⋅AM′=1AM\cdot AM'=1.
  3. Montrer que les points AA, MM et M′M' sont alignés si, et seulement si, (z−i)2(z-\i)^2 est réel.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. M′=M  ⟺  (z−i)2=1  ⟺  z−i=±1  ⟺  z=1+iM'=M\iff (z-\i)^2=1\iff z-\i=\pm1\iff z=1+\i ou z=−1+iz=-1+\i : deux points, B(1+i)B(1+\i) et C(−1+i)C(-1+\i).

2. Idée : le module d'un produit. ∣z−i∣⋅∣z′−i∣=∣1∣=1|z-\i|\cdot|z'-\i|=|1|=1, soit AM⋅AM′=1AM\cdot AM'=1.

3. Idée : alignement   ⟺  \iff argument de z′−iz−i\dfrac{z'-\i}{z-\i} nul modulo π\pi. De (z−i)(z′−i)=1(z-\i)(z'-\i)=1 on tire z′−iz−i=1(z−i)2\dfrac{z'-\i}{z-\i}=\dfrac{1}{(z-\i)^2}. AA, MM, M′M' sont alignés si et seulement si ce quotient est réel, c'est-à-dire si et seulement si (z−i)2(z-\i)^2 est réel (l'inverse d'un complexe non nul est réel si et seulement si ce complexe l'est).

2 Drill C-F.2 — équation à coefficients réels et triangle équilatéral
Entraînement 02 / 02

Drill C-F.2 — équation à coefficients réels et triangle équilatéral

3 questionsCorrigé masqué

On considère dans C\C l'équation (E) : z2−2z+4=0(E)\ :\ z^2-2z+4=0.

  1. Résoudre (E)(E) et écrire ses solutions sous forme exponentielle.
  2. Soient AA, BB et DD les points d'affixes 1+i31+\i\sqrt3, 1−i31-\i\sqrt3 et 44. Montrer que le triangle ABDABD est équilatéral.
  3. Vérifier que zD−zAzB−zA=eiπ/3\dfrac{z_D-z_A}{z_B-z_A}=\e^{\i\pi/3} ; interpréter son module et son argument pour retrouver le résultat précédent.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : discriminant négatif, racines conjuguées. Δ=4−16=−12=(2i3)2\Delta=4-16=-12=(2\i\sqrt3)^2, donc z=1±i3z=1\pm\i\sqrt3. ∣1+i3∣=2|1+\i\sqrt3|=2 et 1+i32=cos⁡π3+isin⁡π3\dfrac{1+\i\sqrt3}{2}=\cos\dfrac{\pi}{3}+\i\sin\dfrac{\pi}{3} : les solutions sont 2eiπ/32\e^{\i\pi/3} et 2e−iπ/32\e^{-\i\pi/3}.

2. AB=∣2i3∣=23AB=|2\i\sqrt3|=2\sqrt3, AD=∣3−i3∣=9+3=23AD=|3-\i\sqrt3|=\sqrt{9+3}=2\sqrt3, BD=∣3+i3∣=23BD=|3+\i\sqrt3|=2\sqrt3 : trois côtés égaux, ABDABD est équilatéral.

3. zD−zAzB−zA=3−i3−2i3=(3−i3) i23=3+3i23=12+i32=eiπ/3\dfrac{z_D-z_A}{z_B-z_A}=\dfrac{3-\i\sqrt3}{-2\i\sqrt3}=\dfrac{(3-\i\sqrt3)\,\i}{2\sqrt3}=\dfrac{\sqrt3+3\i}{2\sqrt3}=\dfrac12+\i\dfrac{\sqrt3}{2}=\e^{\i\pi/3}. Module 11 : AD=ABAD=AB ; argument π3\dfrac{\pi}{3} : (AB⃗,AD⃗^)≡π3\big(\widehat{\vec{AB},\vec{AD}}\big)\equiv\dfrac{\pi}{3}. Un triangle isocèle en AA d'angle π3\dfrac{\pi}{3} est équilatéral.

Relier ce raisonnement au bac

Choisis une filière pour voir les sujets qui étayent ce scénario.