Aller au contenu

Un mot pour Fahmio

Tu écris. Tu continues.

Un problème, une idée — assez pour qu’on comprenne, puis tu retournes à ta copie.

On lit. Tu n’as rien d’autre à faire.

Où veux-tu aller ?

↑ ↓ pour parcourir · Entrée pour ouvrir · Échap pour fermer

Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
ED-CÉquations différentielles

Modélisation par une équation différentielle : refroidissement, désintégration, charge

Idée directrice

Le problème modélise un phénomène physique (refroidissement de Newton, désintégration radioactive, charge/décharge d'un condensateur) par une équation y′=ay+by'=ay+b ou y′=ayy'=ay. La démarche est toujours : (1) établir l'équation différentielle à partir du modèle ; (2) résoudre et appliquer la condition initiale ; (3) exploiter la solution — trouver un temps caractéristique, déterminer l'instant où la grandeur atteint un seuil, calculer une valeur asymptotique.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Montrer que T(t)T(t) vérifie T′=−k(T−Ta)T'=-k(T-T_a) » ; « Exprimer T(t)T(t) en fonction de kk » ; « Déterminer la constante de temps τ\tau » ; « À quelle date la température atteint-elle T∗T^* ? ».

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Changement de variable : poser θ=y−y∞\theta=y-y_{\infty} (écart à l'équilibre) ramène toujours y′=a(y−y∞)y'=a(y-y_{\infty}) à une équation homogène θ′=aθ\theta'=a\theta.
  • Extraction de kk : e−kt1=r\e^{-kt_1}=r ⇒\Rightarrow k=−ln⁡(r)/t1k=-\ln(r)/t_1 ; prendre soin des signes (k>0k>0 si r<1r<1).
  • Trouver t∗t^* : isoler l'exponentielle, puis appliquer ln⁡\ln. Donner une valeur exacte (logarithme) puis numérique.
  • Asymptote : la solution converge vers y∞y_{\infty} si a<0a<0 (coefficient de l'exponentielle négatif) ; elle n'atteint jamais y∞y_{\infty} en temps fini car eat≠0\e^{at}\neq0.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Oublier de centrer (θ=T−Ta\theta=T-T_a) et résoudre T′=−kTT'=-kT au lieu de T′=−k(T−Ta)T'=-k(T-T_a) — l'asymptote est alors 00 au lieu de TaT_a. Prendre ln⁡\ln des deux membres sans vérifier que l'argument est strictement positif. Confondre kk (en min−1^{-1}) et 1/k1/k (constante de temps τ\tau en minutes).

Sujet principal

Exercice 3 — refroidissement d'un objet (loi de Newton)

5 questionsCorrigé masqué

Un objet métallique sort d'un four à T0=400 ∘CT_0=400\,^\circ\text{C} et refroidit dans une pièce maintenue à température ambiante Ta=20 ∘CT_a=20\,^\circ\text{C}. La loi de Newton stipule que la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart de température : T′(t)=−k(T(t)−Ta)T'(t)=-k(T(t)-T_a), où k>0k>0 est une constante et tt est exprimé en minutes.

On mesure que T(10)=220 ∘CT(10)=220\,^\circ\text{C}.

  1. Poser θ(t)=T(t)−Ta\theta(t)=T(t)-T_a. Montrer que θ\theta vérifie une équation différentielle de la forme θ′=−kθ\theta'=-k\theta.
  2. Résoudre cette équation et exprimer θ(t)\theta(t) en fonction de kk et tt, en utilisant la condition initiale θ(0)=T0−Ta\theta(0)=T_0-T_a.
  3. Utiliser la mesure T(10)=220 ∘CT(10)=220\,^\circ\text{C} pour calculer kk (valeur exacte puis approchée à 10−310^{-3} près).
    1. Exprimer θ(10)\theta(10) en fonction de kk.
    2. En déduire k=110ln⁡θ(0)θ(10)k=\dfrac{1}{10}\ln\dfrac{\theta(0)}{\theta(10)}.
  4. Déterminer à quelle date t∗t^* (en minutes) la température de l'objet atteint T∗=60 ∘CT^*=60\,^\circ\text{C}.
  5. Montrer que T(t)T(t) ne peut jamais atteindre Ta=20 ∘CT_a=20\,^\circ\text{C} en temps fini. Interpréter physiquement.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : translater la température de la valeur ambiante pour obtenir une équation homogène. On pose θ(t)=T(t)−Ta\theta(t)=T(t)-T_a. Comme TaT_a est constante, θ′=T′\theta'=T', et on sait que T′=−k(T−Ta)T'=-k(T-T_a), donc θ′=−kθ\theta'=-k\theta.

2. Idée : les solutions de y′=−kyy'=-ky sont les t↦Ce−ktt\mapsto C\e^{-kt}. Il existe donc une constante CC telle que θ(t)=Ce−kt\theta(t)=C\e^{-kt}. La condition initiale donne θ(0)=T0−Ta=400−20=380\theta(0)=T_0-T_a=400-20=380, d'où C=380C=380. Conclusion : θ(t)=380e−kt\theta(t)=380\e^{-kt} et T(t)=20+380e−ktT(t)=20+380\e^{-kt}.

3. Idée : une mesure suffit à fixer kk. La mesure T(10)=220T(10)=220 donne θ(10)=220−20=200\theta(10)=220-20=200, donc 380e−10k=200380\e^{-10k}=200, soit e−10k=200380=1019\e^{-10k}=\dfrac{200}{380}=\dfrac{10}{19}. En passant au logarithme népérien on obtient −10k=ln⁡1019-10k=\ln\dfrac{10}{19}, d'où la valeur exacte k=110ln⁡1910k=\dfrac1{10}\ln\dfrac{19}{10}. Conclusion : k=110ln⁡1,9≈0,064 min−1k=\dfrac1{10}\ln 1{,}9\approx0{,}064\ \mathrm{min^{-1}} à 10−310^{-3} près.

4. Idée : écrire l'écart mesuré avec la formule de la question 2. En appliquant θ(t)=380e−kt\theta(t)=380\e^{-kt} à t=10t=10 on obtient θ(10)=380e−10k\theta(10)=380\e^{-10k}, c'est-à-dire θ(10)=θ(0) e−10k\theta(10)=\theta(0)\,\e^{-10k} : l'écart de température au bout de dix minutes est l'écart initial multiplié par le facteur e−10k\e^{-10k}.

5. Idée : isoler kk dans l'égalité de la question 4, sans remplacer par les nombres. De θ(10)=θ(0) e−10k\theta(10)=\theta(0)\,\e^{-10k} on tire e−10k=θ(10)θ(0)\e^{-10k}=\dfrac{\theta(10)}{\theta(0)}, donc −10k=ln⁡θ(10)θ(0)-10k=\ln\dfrac{\theta(10)}{\theta(0)}, et comme ln⁡θ(10)θ(0)=−ln⁡θ(0)θ(10)\ln\dfrac{\theta(10)}{\theta(0)}=-\ln\dfrac{\theta(0)}{\theta(10)}, il en résulte k=110ln⁡θ(0)θ(10)k=\dfrac1{10}\ln\dfrac{\theta(0)}{\theta(10)}. Conclusion : cette formule est la forme générale du calcul de la question 3, que l'on retrouve en remplaçant : 110ln⁡380200=110ln⁡1,9\dfrac1{10}\ln\dfrac{380}{200}=\dfrac1{10}\ln1{,}9. Une seule mesure de température suffit donc à identifier la constante de refroidissement.

6. Idée : résoudre T(t∗)=60T(t^*)=60 en repassant par θ\theta. T(t∗)=60T(t^*)=60 s'écrit θ(t∗)=60−20=40\theta(t^*)=60-20=40, soit 380e−kt∗=40380\e^{-kt^*}=40, donc e−kt∗=40380=219\e^{-kt^*}=\dfrac{40}{380}=\dfrac{2}{19}. Par suite −kt∗=ln⁡219-kt^*=\ln\dfrac{2}{19}, d'où t∗=1kln⁡192=ln⁡9,5110ln⁡1,9t^*=\dfrac1k\ln\dfrac{19}{2}=\dfrac{\ln 9{,}5}{\tfrac1{10}\ln1{,}9}. Conclusion : t∗≈35,1t^*\approx35{,}1 minutes (la valeur exacte est 10ln⁡9,5ln⁡1,9=35,07…\dfrac{10\ln 9{,}5}{\ln 1{,}9}=35{,}07\ldots, et on vérifie que T(35,1)≈60 ∘CT(35{,}1)\approx60\ \mathrm{^\circ C}).

7. Idée : une exponentielle ne s'annule jamais. Pour tout t≥0t\geq0, θ(t)=380e−kt>0\theta(t)=380\e^{-kt}>0, donc T(t)=20+θ(t)>20T(t)=20+\theta(t)>20 : la température ambiante n'est jamais atteinte en temps fini. Elle ne l'est qu'à la limite, lim⁡t→+∞T(t)=20 ∘C\lim_{t\to+\infty}T(t)=20\ \mathrm{^\circ C}.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : désintégration radioactive N′=−λNN'=-\lambda N (même structure, demande souvent la demi-vie t1/2=ln⁡2/λt_{1/2}=\ln 2/\lambda) ; charge d'un condensateur RCRC : u′+(1/RC)u=E/RCu'+(1/RC)u=E/RC (second membre non nul, valeur asymptotique EE).

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Exercice — charge d'un condensateur : de y′=ay+by'=ay+b à la prévision
Entraînement 01 / 01

Exercice — charge d'un condensateur : de y′=ay+by'=ay+b à la prévision

5 questionsCorrigé masquéEn cours de relecture

Un condensateur de capacité C=1,0×10−3 FC=1{,}0\times10^{-3}\ \mathrm{F}, initialement déchargé, est chargé à travers un conducteur ohmique de résistance R=5,0×103 ΩR=5{,}0\times10^{3}\ \Omega par un générateur de tension constante E=12 VE=12\ \mathrm{V}. On note u(t)u(t) la tension, en volts, aux bornes du condensateur à l'instant tt exprimé en secondes. La loi des mailles et la relation i(t)=C u′(t)i(t)=C\,u'(t) donnent, pour tout t≥0t\geq0 : E=RC u′(t)+u(t)E=RC\,u'(t)+u(t).

  1. Montrer que uu est solution d'une équation différentielle de la forme y′=ay+by'=ay+b, puis donner les valeurs de aa et de bb avec leurs unités.
  2. Écrire la solution générale de cette équation différentielle, puis déterminer u(t)u(t) en utilisant la condition initiale u(0)=0u(0)=0.
  3. Calculer u(5)u(5) à 10−210^{-2} près, puis exprimer ce résultat en pourcentage de EE.
  4. Déterminer l'instant t1t_1, à 10−110^{-1} près, où la tension atteint 90%90\% de EE.
  5. Calculer la valeur moyenne de uu sur [0 ;5][0\,;5], définie par 15∫05u(t) dt\dfrac{1}{5}\displaystyle\int_0^5 u(t)\,\mathrm{d}t, puis comparer cette valeur à u(5)u(5) et expliquer la comparaison obtenue.

Cet exercice et sa correction sont en cours de relecture. Tu peux les consulter ; l’exercice n’est pas encore proposé en séance.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. On sait que E=RC u′(t)+u(t)E=RC\,u'(t)+u(t), avec RC=5,0×103×1,0×10−3=5,0 sRC=5{,}0\times10^{3}\times1{,}0\times10^{-3}=5{,}0\ \mathrm{s}. En isolant u′(t)u'(t) on obtient u′(t)=−1RC u(t)+ERCu'(t)=-\dfrac{1}{RC}\,u(t)+\dfrac{E}{RC}, donc uu est solution de y′=ay+by'=ay+b avec a=−15=−0,2 s−1a=-\dfrac{1}{5}=-0{,}2\ \mathrm{s^{-1}} et b=125=2,4 V⋅s−1b=\dfrac{12}{5}=2{,}4\ \mathrm{V\cdot s^{-1}}. Conclusion : uu vérifie u′=−0,2 u+2,4u'=-0{,}2\,u+2{,}4.

2. Les solutions de y′=ay+by'=ay+b avec a≠0a\neq0 sont les fonctions t↦Keat−bat\mapsto K\e^{at}-\dfrac{b}{a}, où KK est une constante réelle. Ici −ba=2,40,2=12=E-\dfrac{b}{a}=\dfrac{2{,}4}{0{,}2}=12=E, donc u(t)=Ke−0,2t+12u(t)=K\e^{-0{,}2t}+12. Or u(0)=K+12u(0)=K+12 et la condition initiale donne u(0)=0u(0)=0, d'où K=−12K=-12. Conclusion : pour tout t≥0t\geq0, u(t)=12(1−e−0,2t)u(t)=12\left(1-\e^{-0{,}2t}\right).

3. u(5)=12(1−e−1)u(5)=12\left(1-\e^{-1}\right), donc u(5)≈7,59 Vu(5)\approx7{,}59\ \mathrm{V}. Par suite u(5)E=1−e−1≈0,632\dfrac{u(5)}{E}=1-\e^{-1}\approx0{,}632 : au bout de 55 s, c'est-à-dire au bout de la durée RCRC, le condensateur a atteint environ 63,2 %63{,}2\,\% de la tension du générateur.

4. u(t1)=0,9 Eu(t_1)=0{,}9\,E s'écrit 12(1−e−0,2t1)=10,812\left(1-\e^{-0{,}2t_1}\right)=10{,}8, soit 1−e−0,2t1=0,91-\e^{-0{,}2t_1}=0{,}9, c'est-à-dire e−0,2t1=0,1\e^{-0{,}2t_1}=0{,}1. En passant au logarithme népérien : −0,2 t1=ln⁡(0,1)=−ln⁡10-0{,}2\,t_1=\ln(0{,}1)=-\ln 10, d'où t1=5ln⁡10t_1=5\ln 10. Conclusion : t1≈11,5 st_1\approx11{,}5\ \mathrm{s}.

5. La fonction FF définie par F(t)=12t+60e−0,2tF(t)=12t+60\e^{-0{,}2t} est une primitive de uu sur [0 ;5][0\,;5], car F′(t)=12−12e−0,2t=u(t)F'(t)=12-12\e^{-0{,}2t}=u(t). On a donc ∫05u(t) dt=F(5)−F(0)=(60+60e−1)−60=60e−1\displaystyle\int_0^5 u(t)\,\mathrm{d}t=F(5)-F(0)=\left(60+60\e^{-1}\right)-60=60\e^{-1}, puis 15∫05u(t) dt=12e−1≈4,41 V\dfrac{1}{5}\displaystyle\int_0^5 u(t)\,\mathrm{d}t=12\e^{-1}\approx4{,}41\ \mathrm{V}. Conclusion : la valeur moyenne de la tension sur les cinq premières secondes vaut environ 4,414{,}41 V, valeur inférieure à u(5)≈7,59u(5)\approx7{,}59 V parce que uu est croissante : la moyenne intègre aussi les tensions faibles du début de la charge.

Relier ce raisonnement au bac

Choisis une filière pour voir les sujets qui étayent ce scénario.