Sphère, famille de sphères par un cercle fixe et homothéties de l'espace
Idée directrice
Deux sphères de rayons R et R′ se correspondent toujours par une homothétie : son rapport vaut RR′ ou −RR′, et son centre I se lit sur la droite des centres grâce à IΩ′=kIΩ. L'exercice y arrive par une famille de sphères Sm : quand l'équation de Sm est celle de S augmentée d'un multiple de l'équation d'un plan P, tous les points du cercle S∩P vérifient les deux équations, donc toutes les Sm contiennent ce cercle et leurs centres décrivent la perpendiculaire à P en son centre. Un point imposé fixe m, puis l'homothétie transporte plans et cercles de section : l'image d'un plan est un plan parallèle, l'image de S∩P est h(S)∩h(P).
Ce qui aide à reconnaître la démarche
« Montrer que S est une sphère dont on précisera le rayon et les coordonnées du centre » ; « montrer que S coupe P suivant un cercle dont on précisera le centre et le rayon » ; « déterminer les homothéties de l'espace transformant S en S′ » ; « soit S′ l'image de la sphère S par l'homothétie h » ; « montrer que (S′) coupe le plan h(P) suivant un cercle »
Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
Équation développée : compléter les carrés, puis conclure « sphère » seulement si le second membre est strictement positif (c'est lui qui dépend du paramètre dans une famille Sm).
Section par un plan : d = distance du centre au plan ; si d<R, cercle de centre le projeté orthogonal du centre et de rayon R2−d2.
Famille « équation de S+m× équation de P » : tout point de S∩P annule les deux termes, donc toutes les Sm contiennent ce cercle ; un point imposé hors de P donne une équation du premier degré en m.
Homothéties transformant la sphère (Ω,R) en (Ω′,R′) : k=RR′ ou k=−RR′, centre I par IΩ′=kIΩ.
Image d'un plan : le plan parallèle passant par l'image d'un de ses points ; image d'un cercle de section : la section de la sphère image par le plan image (centre h(H), rayon ∣k∣r).
Les pièges à vérifier dans ta démarche
Oublier le rapport négatif (il y a en général deux homothéties) ; inverser le rapport en prenant R′R au lieu de RR′ pour aller de S vers S′ ; écrire IΩ=kIΩ′ au lieu de IΩ′=kIΩ ; quand R′=R et Ω=Ω′, retenir k=1 (une homothétie de rapport 1 est l'identité et ne peut pas envoyer Ω sur Ω′ : seule reste k=−1, de centre le milieu de [ΩΩ′]) ; croire que h(P)=P alors que le centre de h n'est pas sur P ; affirmer que Sm est une sphère sans vérifier le signe du second membre.
EX
Sujet principal
Exercice 2 — espace, sphères et homothéties (4 points), dans l'esprit des sujets de la section Mathématiques 2015–2019
3 questionsCorrigé masqué
Énoncé
L'espace est rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k). On considère le plan P d'équation 2x−y+2z−1=0, le point H(1,1,0) et l'ensemble S des points M(x,y,z) de l'espace tels que x2+y2+z2−6x−4z−32=0.
Montrer que S est une sphère dont on précisera le centre Ω et le rayon R.
Vérifier que H appartient à P et que le vecteur HΩ est normal à P.
En déduire que S coupe P suivant un cercle ζ de centre H et de rayon 6.
Pour tout réel m, on désigne par Sm l'ensemble des points M(x,y,z) de l'espace tels que x2+y2+z2−6x−4z−32+2m(2x−y+2z−1)=0.
Montrer que Sm est une sphère de centre Ωm(3−2m,m,2−2m) et de rayon Rm=3(m−1)2+4.
Montrer que, lorsque m décrit R, le point Ωm décrit la droite (ΩH).
Montrer que, pour tout réel m, la sphère Sm coupe le plan P suivant le cercle ζ.
On considère le point D(1,1,−2). Montrer qu'il existe un unique réel m0 tel que D appartienne à Sm0 et le déterminer. Préciser le centre Ω′ et le rayon R′ de la sphère S′=Sm0.
Déterminer les homothéties de l'espace qui transforment S en S′.
Soit h celle de ces homothéties dont le rapport est négatif. Déterminer une équation cartésienne du plan P′=h(P).
Montrer que P′ coupe S′ suivant un cercle ζ′ dont on précisera le centre et le rayon. Vérifier que ζ′=h(ζ).
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.aIdée : compléter les carrés pour lire le centre et le rayon. On a : x2−6x=(x−3)2−9 et z2−4z=(z−2)2−4, donc
M∈S⟺(x−3)2+y2+(z−2)2=45
Comme 45>0, S est la sphère de centre Ω(3,0,2) et de rayon R=45=35.
1.b2×1−1+2×0−1=0, donc H∈P. D'après l'équation de P, le vecteur n(2,−1,2) est normal à P ; or HΩ(3−1,0−1,2−0)=(2,−1,2)=n, ce qui prouve que HΩ est normal à P.
1.cIdée : le centre du cercle de section est le projeté orthogonal du centre de la sphère sur le plan. D'après 1.b, H est le projeté orthogonal de Ω sur P, d'où d(Ω,P)=ΩH=4+1+4=3. Comme 3<35, il en résulte que P coupe S suivant le cercle ζ de centre H et de rayon
r=R2−ΩH2=45−9=6
2.aIdée : développer, puis compléter les carrés ; l'ensemble est une sphère si et seulement si le second membre obtenu est strictement positif. En développant, M∈Sm équivaut à
x2+y2+z2+(4m−6)x−2my
+(4m−4)z−32−2m=0
On pose Ωm(3−2m,m,2−2m). Comme x2+(4m−6)x=(x−(3−2m))2−(3−2m)2, y2−2my=(y−m)2−m2 et z2+(4m−4)z=(z−(2−2m))2−(2−2m)2, on obtient M∈Sm⟺ΩmM2=km avec
km=(3−2m)2+m2+(2−2m)2+32+2m
km=9m2−18m+45=9[(m−1)2+4]
Pour tout réel m, km≥36>0 : Sm est la sphère de centre Ωm et de rayon Rm=3(m−1)2+4.
2.bIdée : comparer HΩm et HΩ.HΩm(2−2m,m−1,2−2m)=(1−m)HΩ, donc Ωm appartient à la droite (ΩH). Réciproquement, tout point M de (ΩH) s'écrit HM=tHΩ avec t∈R, et M=Ω1−t. Par suite, lorsque m décrit R, Ωm décrit toute la droite (ΩH), perpendiculaire à P en H.
2.cIdée : sur P, le terme 2m(2x−y+2z−1) est nul. Soit M(x,y,z) un point de P : on a 2x−y+2z−1=0, donc M∈Sm⟺x2+y2+z2−6x−4z−32=0⟺M∈S. Ainsi Sm∩P=S∩P=ζ pour tout réel m.
Contrôle géométrique : d(Ωm,P)=ΩmH=3∣1−m∣ et Rm2−9(1−m)2=36 ; on retrouve un cercle de centre H et de rayon 6.
2.dIdée : écrire que D vérifie l'équation de Sm ; c'est une équation du premier degré en m. On a : 1+1+4−6+8−32=−24 et 2−1−4−1=−4. Donc
D∈Sm⟺−24−8m=0⟺m=−3
Le coefficient de m n'est pas nul (car D∈/P), d'où l'unicité : m0=−3. Alors Ω′=Ω−3 a pour coordonnées (9,−3,8) et R′=316+4=65, soit Ω′(9,−3,8) et R′=65. Vérification : Ω′D2=64+16+100=180=R′2.
3.aIdée : une homothétie de rapport k transforme la sphère de centre Ω et de rayon R en la sphère de centre h(Ω) et de rayon ∣k∣R. Soit h une homothétie de centre I et de rapport k telle que h(S)=S′. Alors h(Ω)=Ω′ et ∣k∣R=R′, d'où ∣k∣=3565=2 : k=2 ou k=−2. Réciproquement, pour k∈{2,−2}, l'homothétie de rapport k qui envoie Ω sur Ω′ transforme S en S′. Son centre I vérifie IΩ′=kIΩ (il existe car k=1). On a ΩΩ′(6,−3,6).
Pour k=2 : IΩ′=2IΩ signifie que Ω est le milieu de [IΩ′], donc I=2Ω−Ω′, soit I1(−3,3,−4).
Pour k=−2 : IΩ+ΩΩ′=−2IΩ, d'où ΩI=31ΩΩ′=(2,−1,2), soit I2(5,−1,4).
Les homothéties cherchées sont h1=h(I1,2) et h2=h(I2,−2).
3.bIdée : l'image d'un plan par une homothétie est un plan parallèle ; il suffit de l'image d'un de ses points. Ici h=h2. On a I2H(−4,2,−4) et I2h(H)=−2I2H=(8,−4,8), donc h(H)(13,−5,12). Le plan P′ est parallèle à P : il a une équation 2x−y+2z+d=0, et h(H)∈P′ donne 26+5+24+d=0, soit d=−55. D'où P′:2x−y+2z−55=0.
3.c On a : d(Ω′,P′)=3∣18+3+16−55∣=6 et 6<65, donc P′ coupe S′ suivant un cercle ζ′ de rayon 180−36=12. De plus h(H)Ω′(−4,2,−4)=−2n est normal à P′ : h(H) est le projeté orthogonal de Ω′ sur P′. Le cercle ζ′ a pour centre h(H)(13,−5,12) et pour rayon 12.
Enfin h est une bijection de l'espace, donc h(ζ)=h(S∩P)=h(S)∩h(P)=S′∩P′=ζ′. On le retrouve sur les éléments : le centre de h(ζ) est h(H) et son rayon ∣−2∣×6=12.
Changer d’énoncé, garder le raisonnement
Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.
Variantes rencontrées : famille Sλ donnée directement par son centre sur la perpendiculaire au plan de section et par son rayon, point imposé, puis homothéties transformant S en Sλ0 (principale 2019) ; homothétie donnée par son centre et son rapport, centre et rayon de la sphère image, section de l'image par un plan, points diamétralement opposés (contrôle 2015) ; cube, homothétie de centre un sommet, images de points par des plans parallèles, volume d'un tétraèdre image, section de la sphère image par le plan image (principale 2017). Dans la section Mathématiques, 3 sessions sur 24 (contrôle 2015, principales 2017 et 2019) et aucune depuis 2019 ; les devoirs du 3e trimestre la reprennent avec l'expression analytique de l'homothétie et le rapport des volumes.
Exercices d'entraînement — une nuance à la fois
1Drill GS-G.1 — image d'une sphère par une homothétie donnée : sections par un même plan et tangente issue du centre
01
Entraînement 01 / 02
Drill GS-G.1 — image d'une sphère par une homothétie donnée : sections par un même plan et tangente issue du centre
3 questionsCorrigé masqué
Énoncé
L'espace est rapporté à un repère orthonormé direct (O,i,j,k). On considère la sphère S d'équation x2+y2+z2−4x−2y−4=0, le plan Q d'équation z=1 et les points E(−1,1,3) et A(2,1,3).
Déterminer le centre I et le rayon R de la sphère S.
Montrer que Q coupe S suivant un cercle Γ dont on précisera le centre et le rayon.
Soit h l'homothétie de centre E et de rapport 35, et S′ la sphère image de S par h.
Déterminer l'expression analytique de h.
Déterminer le centre I′ et le rayon R′ de S′.
Montrer que Q coupe S′ suivant un cercle Γ′ dont on précisera le centre et le rayon.
Le cercle Γ′ est-il l'image de Γ par h ? Justifier.
Vérifier que A appartient à S et montrer que la droite (EA) est tangente à S en A.
On pose A′=h(A). Montrer que la droite (EA) est tangente à S′ en A′.
Soit B le point de S diamétralement opposé à A. Montrer que h(B) est le point de S′ diamétralement opposé à A′.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.ax2−4x=(x−2)2−4 et y2−2y=(y−1)2−1, donc S a pour équation (x−2)2+(y−1)2+z2=9 : I(2,1,0) et R=3.
1.bd(I,Q)=∣0−1∣=1<3 : Q coupe S suivant un cercle Γ de centre le projeté orthogonal (2,1,1) de I sur Q et de rayon 9−1=22.
2.aIdée : traduire EM′=35EM coordonnée par coordonnée.M′(x′,y′,z′)=h(M) équivaut à x′+1=35(x+1), y′−1=35(y−1) et z′−3=35(z−3), c'est-à-dire
x′=35x+2,y′=35y−2,z′=35z−6
2.bI′=h(I) : x′=312=4, y′=33=1, z′=3−6=−2, donc I′(4,1,−2) et R′=35×3=5.
2.cd(I′,Q)=∣−2−1∣=3<5 : Q coupe S′ suivant un cercle Γ′ de centre le projeté orthogonal (4,1,1) de I′ sur Q et de rayon 25−9=4.
2.dIdée : h(Γ) est contenu dans le plan h(Q), pas forcément dans Q. Le centre E n'appartient pas à Q (sa cote vaut 3), donc h(Q) est un plan parallèle à Q et distinct de Q : l'image du point (2,1,1) de Q a pour cote 35−6=−31, d'où h(Q):z=−31. Le cercle h(Γ) est dans h(Q) alors que Γ′ est dans Q : Γ′ n'est pas l'image de Γ par h. Les rayons diffèrent d'ailleurs : 35×22=3102=4.
3.a4+1+9−8−2−4=0, donc A∈S. On a : EA(3,0,0) et IA(0,0,3), donc EA⋅IA=0 : la droite (EA) est perpendiculaire en A au rayon [IA]. Par suite d(I,(EA))=IA=R et (EA) est tangente à S en A.
3.bIdée : une droite passant par le centre d'une homothétie est globalement invariante.E∈(EA), donc h((EA))=(EA). L'homothétie conserve l'orthogonalité : l'image de la tangente (EA) à S en A est la tangente à h(S)=S′ en h(A)=A′, c'est-à-dire (EA) elle-même. Contrôle : A′(4,1,3), EA′(5,0,0) et I′A′(0,0,5) sont orthogonaux et I′A′=5=R′.
3.cI est le milieu de [AB], d'où B(2,1,−3). L'homothétie conserve les milieux : h(I)=I′ est le milieu de [A′h(B)], et h(B)∈h(S)=S′. Donc h(B) est le point de S′ diamétralement opposé à A′ ; par le calcul, h(B)(4,1,−7) et le milieu de [A′h(B)] est bien (4,1,−2)=I′.
2Drill GS-G.2 — homothétie dans un cube : centre, rapport, expression analytique et volumes
02
Entraînement 02 / 02
Drill GS-G.2 — homothétie dans un cube : centre, rapport, expression analytique et volumes
2 questionsCorrigé masqué
Énoncé
L'espace est rapporté à un repère orthonormé direct (A,i,j,k). ABCDEFGH est un cube d'arête 3 tel que B(3,0,0), D(0,3,0), E(0,0,3), F(3,0,3) et H(0,3,3). On note J le point du segment [AB] tel que AJ=1 et L le point du segment [AD] tel que AL=1.
Montrer que les droites (AE) et (JF) sont sécantes en Ω(0,0,−23).
Soit h l'homothétie de centre Ω qui transforme A en E. Montrer que h est de rapport 3 et que h(J)=F.
Montrer que l'expression analytique de h est x′=3x, y′=3y, z′=3z+3.
Montrer que h(L)=H. En déduire l'image par h du plan (AJL).
Calculer le volume V1 du tétraèdre ΩAJL, puis en déduire le volume V2 du tétraèdre ΩEFH.
En déduire le volume V du solide AJLEFH.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.a On a : J(1,0,0), L(0,1,0). La droite (AE) est l'ensemble des points (0,0,z) ; la droite (JF), de vecteur directeur JF(2,0,3), a pour représentation paramétrique x=1+2s, y=0, z=3s (s∈R). Un point commun vérifie 1+2s=0, soit s=−21 et z=−23 : les droites sont sécantes en Ω(0,0,−23).
1.bIdée : le rapport k se lit sur ΩE=kΩA.ΩA(0,0,23) et ΩE(0,0,29)=3ΩA : h est de rapport 3. De même ΩJ(1,0,23) et ΩF(3,0,29)=3ΩJ, d'où h(J)=F.
1.cM′=h(M)⟺ΩM′=3ΩM, soit x′=3x, y′=3y et z′+23=3(z+23), c'est-à-dire z′=3z+3.
2.ah(L) a pour coordonnées (0,3,0+3)=(0,3,3) : h(L)=H. Comme h(A)=E, h(J)=F et h(L)=H, l'image du plan (AJL) (d'équation z=0) est le plan (EFH), d'équation z=3.
2.bIdée : une homothétie de rapport k multiplie les volumes par ∣k∣3. Le triangle AJL est rectangle en A, d'aire 21, et ΩA=23 est la hauteur issue de Ω, donc V1=31×21×23=41. Le tétraèdre ΩEFH est l'image de ΩAJL par h (h(Ω)=Ω), d'où V2=33V1=427.
Contrôle : V2=31×29×29=427.
2.c Les points A, J et L appartiennent respectivement aux segments [ΩE], [ΩF] et [ΩH] (car h(A)=E, h(J)=F, h(L)=H et le rapport 3 est supérieur à 1) : le solide AJLEFH est le tétraèdre ΩEFH privé du tétraèdre ΩAJL, donc V=V2−V1=427−41=213.
Relier ce raisonnement au bac
Choisis une filière pour voir les sujets qui étayent ce scénario.