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Bac Tunisie
R-FArithmétique

PGCD d'une suite d'entiers

Idée directrice

Le scénario « créatif » : une suite (un)(u_n) d'entiers est donnée, et l'on étudie pgcd⁡(un,un+1)\pgcd(u_n,u_{n+1}) ou pgcd⁡(um,un)\pgcd(u_m,u_n). La clé est presque toujours une combinaison linéaire qui fait apparaître une constante, montrant que deux termes consécutifs sont premiers entre eux — puis Bézout referme le raisonnement. C'est le pont entre arithmétique et suites.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

Une suite d'entiers unu_n définie explicitement ; « montrer que unu_n et un+1u_{n+1} sont premiers entre eux » ; « déterminer pgcd⁡(um,un)\pgcd(u_m,u_n) ».

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • pgcd⁡\pgcd de termes consécutifs : chercher αun+βun+1=\alpha u_n+\beta u_{n+1}= constante ; le pgcd divise cette constante.
  • Propriété d'Euclide : pgcd⁡(a,b)=pgcd⁡(b, a−qb)=pgcd⁡(b, a mod b)\pgcd(a,b)=\pgcd(b,\ a-qb)=\pgcd(b,\ a\bmod b) — descente qui structure toute la preuve.
  • Récurrence utile pour propager « un∧un+1=1u_n\wedge u_{n+1}=1 » ou une formule de type um+n=…u_{m+n}=\ldots
  • Vérifier sur un petit cas numérique avant de rédiger la généralisation.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Calculer pgcd⁡(un,un+1)\pgcd(u_n,u_{n+1}) terme à terme sans relation de récurrence. Oublier l'identité de Bézout / combinaison linéaire qui fait descendre l'indice (type Euclide sur la suite).

Sujet principal

Exercice 7 — termes consécutifs premiers entre eux

2 questionsCorrigé masqué

Soit (un)(u_n) définie par un=n!+1u_n=n!+1 pour n≥1n\geq1 ; et soit (vn)(v_n) définie par vn=2n−1v_n=2^n-1.

  1. Montrer que pgcd⁡(vn,vn+1)=1\pgcd(v_n,v_{n+1})=1 pour tout n≥1n\geq1.
  2. Montrer plus généralement que pgcd⁡(2a−1, 2b−1)=2pgcd⁡(a,b)−1\pgcd(2^a-1,\ 2^b-1)=2^{\pgcd(a,b)}-1. (On pourra admettre et utiliser 2a−1≡2 a mod b−12^a-1\equiv 2^{\,a\bmod b}-1 modulo 2b−12^b-1.)
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : une combinaison linéaire égale à ±1\pm1 est une relation de Bézout. 2vn−vn+1=2(2n−1)−(2n+1−1)=−12v_n-v_{n+1}=2(2^n-1)-(2^{n+1}-1)=-1. Tout diviseur commun de vnv_n et vn+1v_{n+1} divise donc −1-1 ; d'après le théorème de Bézout, pgcd⁡(vn,vn+1)=1\pgcd(v_n,v_{n+1})=1 : deux termes consécutifs sont premiers entre eux.

2. Idée : l'algorithme d'Euclide sur les exposants se transporte aux nombres 2∙−12^\bullet-1. Écrivons la division euclidienne a=bq+ra=bq+r (0≤r<b0\leq r<b). Comme 2b≡1(mod2b−1)2^b\equiv1\pmod{2^b-1}, on a 2bq≡12^{bq}\equiv1, donc 2a−1=2r⋅2bq−1≡2r−1(mod2b−1)2^a-1=2^r\cdot2^{bq}-1\equiv2^r-1\pmod{2^b-1} : c'est la relation admise. Il en résulte

pgcd⁡(2a−1, 2b−1)=pgcd⁡(2b−1, 2r−1)\pgcd\big(2^a-1,\ 2^b-1\big)=\pgcd\big(2^b-1,\ 2^r-1\big)

exactement comme pgcd⁡(a,b)=pgcd⁡(b,r)\pgcd(a,b)=\pgcd(b,r). En itérant, les exposants parcourent l'algorithme d'Euclide de (a,b)(a,b) et s'arrêtent sur (d,0)(d,0) avec d=pgcd⁡(a,b)d=\pgcd(a,b) ; côté nombres on aboutit à pgcd⁡(2d−1, 20−1)=pgcd⁡(2d−1,0)=2d−1\pgcd(2^d-1,\ 2^0-1)=\pgcd(2^d-1,0)=2^d-1. Ainsi

pgcd⁡(2a−1, 2b−1)=2pgcd⁡(a,b)−1\pgcd\big(2^a-1,\ 2^b-1\big)=2^{\pgcd(a,b)}-1

Exemple : pgcd⁡(212−1, 28−1)=24−1=15\pgcd(2^{12}-1,\ 2^8-1)=2^{4}-1=15 ; en effet 4095=255×16+154095=255\times16+15 et 255=15×17255=15\times17. La question 1 en est le cas pgcd⁡(n,n+1)=1\pgcd(n,n+1)=1.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Le PGCD change-t-il quand on saute un terme ?
Entraînement 01 / 01

Le PGCD change-t-il quand on saute un terme ?

3 questionsCorrigé masquéEn cours de relecture

Pour tout entier naturel n≥0n\ge0, on pose un=3n+2u_n=3n+2. On cherche le PGCD de termes voisins, puis celui de termes séparés par un rang.

  1. Montrer que unu_n et un+1u_{n+1} sont premiers entre eux pour tout nn.
  2. Montrer que dn=pgcd⁡(un,un+2)d_n=\pgcd(u_n,u_{n+2}) divise 66, puis déterminer exactement dnd_n selon la parité de nn. Justifier les deux sens de la détermination.
  3. Un élève affirme : « si tous les termes consécutifs sont premiers entre eux, tous les couples de termes le sont ». Donner un contre-exemple tiré de cette suite.

Cet exercice et sa correction sont en cours de relecture. Tu peux les consulter ; l’exercice n’est pas encore proposé en séance.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Montrons que tout diviseur commun de 3n+23n+2 et 3n+53n+5 vaut 11. Il divise leur différence 33, alors que 3n+2≡2(mod3)3n+2\equiv2\pmod3 n’est pas divisible par 33. Le PGCD positif, diviseur de 33, est donc 11.

2. La différence un+2−un=6u_{n+2}-u_n=6 donne dn∣6d_n\mid6. Comme 3∤un3\nmid u_n, les seuls candidats sont 11 et 22. Si nn est pair, les deux termes sont pairs : 22 est effectivement un diviseur commun et dn=2d_n=2. Si nn est impair, unu_n est impair, donc 22 ne le divise pas et dn=1d_n=1. Le fait de diviser 66 ne suffisait pas : il fallait encore vérifier quels candidats divisent les termes.

3. u0=2u_0=2 et u2=8u_2=8 ont pour PGCD 22, alors que la question 1 vaut à tous les rangs. Ce couple réfute l’affirmation : une propriété des voisins ne s’étend pas automatiquement à toute paire.

Relier ce raisonnement au bac

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