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Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
NU-GPhysique nucléaire

Problème nucléaire enchaîné (Sciences expérimentales) : particule émise et photon γ\gamma, énergie libérée et stabilité, période lue sur une courbe, N0N_0 tiré d'une masse, activité appliquée (médecine ou datation)

Idée directrice

En Sciences expérimentales, l'exercice 2 est parfois un problème nucléaire (quatre sujets sur vingt-quatre de 2015 à 2026) qui enchaîne toutes les pièces du chapitre dans le même ordre : identifier la particule par les lois de conservation, expliquer l'origine de l'électron ou du photon γ\gamma, chiffrer l'énergie libérée et comparer les stabilités par l'énergie de liaison par nucléon, puis passer à la décroissance — période lue sur une courbe, N0N_0 tiré d'une masse, A0=λN0A_0=\lambda N_0. Tout converge vers une application résolue par t=1λln⁡A0At=\frac{1}{\lambda}\ln\frac{A_0}{A} : durée d'utilisation d'une source médicale, date d'un examen, âge d'une roche ou d'une eau.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« En précisant les lois de conservation utilisées, déterminer les valeurs de ZZ et AA » ; « Nommer la particule émise et expliquer son origine » ; « Expliquer l'origine de ce photon » ; « Comparer la stabilité des noyaux » ; « Rappeler la loi de décroissance radioactive » ; « Déterminer graphiquement la valeur de A0A_0 et la valeur de la demi-vie TT » ; « déduire pourquoi il faut faire la première scintigraphie rapidement » ; « Calculer l'âge de la Terre »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Équation : conservation du nombre de masse et du nombre de charge ; −10e{}^{0}_{-1}\mathrm{e} signe une radioactivité β−\beta^-, née de la transformation n→p+e−\mathrm{n}\to\mathrm{p}+\mathrm{e}^- dans le noyau ; un photon γ\gamma vient de la désexcitation du noyau fils formé dans un état excité.
  • Énergie libérée : W=[m(peˋre)−m(fils)−m(particule)]c2W=\big[m(\text{père})-m(\text{fils})-m(\text{particule})\big]c^2, avec 1 u↔931,5 MeV1\ \mathrm{u}\leftrightarrow931{,}5\ \mathrm{MeV} ; stabilité : le noyau qui a la plus grande énergie de liaison par nucléon est le plus stable.
  • Période sur une courbe : 50 %50\ \% à TT, 25 %25\ \% à 2T2T, 12,5 %12{,}5\ \% à 3T3T ; convertir TT en secondes avant de calculer une activité en becquerels.
  • N0=m0matomeN_0=\frac{m_0}{m_{\text{atome}}}, puis A0=λN0=N0ln⁡2TA_0=\lambda N_0=\frac{N_0\ln2}{T}.
  • Application : t=1λln⁡A0At=\frac{1}{\lambda}\ln\frac{A_0}{A} pour atteindre une activité ou une fraction donnée ; datation par les noyaux fils : t=1λln⁡(1+NfilsNpeˋre)t=\frac{1}{\lambda}\ln\left(1+\frac{N_{\text{fils}}}{N_{\text{père}}}\right).
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Oublier la masse de l'électron dans Δm\Delta m ; écrire que l'électron « était dans le noyau » ; comparer les énergies de liaison au lieu des énergies de liaison par nucléon (sans conséquence ici où A=60A=60 pour les deux noyaux, faux dès que les nombres de masse diffèrent) ; lire TT au point à 25 %25\ \%, qui correspond à 2T2T ; calculer A0=λN0A_0=\lambda N_0 avec λ\lambda en an−1\text{an}^{-1}, ce qui donne des désintégrations par an et non des becquerels ; croire que la durée d'une séance diminue quand l'activité baisse — c'est l'inverse.

Sujet principal

Exercice 2 — le cobalt 60 en radiothérapie (3,75 points), dans l'esprit des sessions 2015–2022

5 questionsFigure fournieCorrigé masqué

Le cobalt 60, isotope radioactif du cobalt, est utilisé en radiothérapie : une source scellée de cobalt 60, placée dans la tête d'irradiation d'un appareil de traitement, émet un faisceau de rayonnements γ\gamma dirigé vers la tumeur. Le noyau 2760Co{}^{60}_{27}\mathrm{Co} se désintègre spontanément en un noyau de nickel 2860Ni{}^{60}_{28}\mathrm{Ni} avec émission d'une particule ZAX{}^{A}_{Z}\mathrm{X}.

  1. Désintégration du cobalt 60.
    1. En précisant les lois de conservation utilisées, déterminer AA et ZZ, puis écrire l'équation de la réaction nucléaire.
    2. Nommer la particule émise, préciser le type de radioactivité et expliquer l'origine de cette particule.
    3. Cette désintégration est accompagnée de l'émission de deux photons γ\gamma, d'énergies 1,17 MeV1{,}17\ \mathrm{MeV} et 1,33 MeV1{,}33\ \mathrm{MeV}. Expliquer l'origine de ces photons.
  2. Bilan énergétique et stabilité.
    1. Calculer, en MeV, l'énergie WW libérée par la désintégration d'un noyau de cobalt 60.
    2. Définir l'énergie de liaison d'un noyau et calculer celle, Eℓ1E_{\ell 1}, du noyau 2760Co{}^{60}_{27}\mathrm{Co}. L'énergie de liaison du noyau 2860Ni{}^{60}_{28}\mathrm{Ni} est Eℓ2=526,8 MeVE_{\ell 2}=526{,}8\ \mathrm{MeV} : comparer la stabilité des deux noyaux. Justifier la réponse.
  3. Décroissance radioactive. Le fabricant de la source fournit la courbe de la figure 1, qui donne l'activité relative AA0\frac{A}{A_0} de la source en fonction du temps.
    1. Rappeler la loi de décroissance radioactive en faisant intervenir le nombre N0N_0 de noyaux présents à t=0t=0 et la constante radioactive λ\lambda, puis définir la période radioactive TT.
    2. En exploitant le point marqué sur la courbe, déterminer la période TT du cobalt 60. En déduire la valeur de λ\lambda en s−1\mathrm{s^{-1}}.
  4. À sa mise en service (date t=0t=0), la source contient une masse m0=4,0 gm_0=4{,}0\ \mathrm{g} de cobalt 60.
    1. Calculer le nombre N0N_0 de noyaux de cobalt 60 présents dans la source à t=0t=0.
    2. Sachant que l'activité est A=λNA=\lambda N, calculer l'activité A0A_0 de la source à sa mise en service.
  5. Utilisation médicale. La dose reçue par le patient au cours d'une séance est proportionnelle au produit de l'activité de la source par la durée de la séance : pour délivrer la même dose, la durée d'une séance est inversement proportionnelle à l'activité. À la mise en service, une séance dure Δt0=1,2 min\Delta t_0=1{,}2\ \mathrm{min}.
    1. Calculer l'activité A1A_1 de la source 33 ans après sa mise en service, puis la durée Δt1\Delta t_1 d'une séance à cette date.
    2. Le service remplace la source lorsque la durée d'une séance atteint 2,52{,}5 fois sa valeur initiale. Déterminer la durée d'utilisation de la source.
    3. Un traitement complet s'étale sur six semaines. Montrer que l'activité de la source diminue de moins de 2 %2\ \% pendant un traitement, puis expliquer l'intérêt, pour une source d'irradiation externe, d'un radioélément dont la période est de quelques années.

On donne : masses des noyaux : m(2760Co)=59,91900 um({}^{60}_{27}\mathrm{Co})=59{,}91900\ \mathrm{u} ; m(2860Ni)=59,91543 um({}^{60}_{28}\mathrm{Ni})=59{,}91543\ \mathrm{u} ; m(e)=0,00055 um(\mathrm{e})=0{,}00055\ \mathrm{u} ; mp=1,00728 um_p=1{,}00728\ \mathrm{u} ; mn=1,00866 um_n=1{,}00866\ \mathrm{u} ; 1 u=931,5 MeV⋅c−21\ \mathrm{u}=931{,}5\ \mathrm{MeV}\cdot c^{-2} ; masse d'un atome de cobalt 60 : 9,95×10−26 kg9{,}95\times10^{-26}\ \mathrm{kg} ; 1 an=3,156×107 s1\ \text{an}=3{,}156\times10^{7}\ \mathrm{s}.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1.a Idée : une désintégration conserve le nombre de masse AA et le nombre de charge ZZ (lois de Soddy). Conservation du nombre de masse : 60=60+A60=60+A, d'où A=0A=0 ; conservation du nombre de charge : 27=28+Z27=28+Z, d'où Z=−1Z=-1. L'équation s'écrit :

2760Co⟶2860Ni+−10e{}^{60}_{27}\mathrm{Co}\longrightarrow{}^{60}_{28}\mathrm{Ni}+{}^{0}_{-1}\mathrm{e}

1.b La particule −10e{}^{0}_{-1}\mathrm{e} est un électron : c'est une radioactivité β−\beta^-. Le noyau ne contient pas d'électron ; celui-ci prend naissance, au sein du noyau, lors de la transformation d'un neutron en proton :

01n⟶11p+−10e{}^{1}_{0}\mathrm{n}\longrightarrow{}^{1}_{1}\mathrm{p}+{}^{0}_{-1}\mathrm{e}

C'est pourquoi ZZ augmente d'une unité alors que AA ne change pas.

1.c Le noyau de nickel est formé dans un état excité, noté 2860Ni∗{}^{60}_{28}\mathrm{Ni}^{*}. En revenant à son état fondamental, il libère son excédent d'énergie sous forme de photons γ\gamma (ici deux photons successifs) : 2860Ni∗⟶2860Ni+γ{}^{60}_{28}\mathrm{Ni}^{*}\longrightarrow{}^{60}_{28}\mathrm{Ni}+\gamma.

2.a Idée : l'énergie libérée est l'équivalent énergétique de la masse perdue, W=Δm c2W=\Delta m\,c^2.

Δm=m(Co)−m(Ni)−m(e)\Delta m=m(\mathrm{Co})-m(\mathrm{Ni})-m(\mathrm{e})

Δm=59,91900−59,91543−0,00055=3,02×10−3 u\Delta m=59{,}91900-59{,}91543-0{,}00055=3{,}02\times10^{-3}\ \mathrm{u}, d'où W=3,02×10−3×931,5W=3{,}02\times10^{-3}\times931{,}5, soit W≈2,81 MeV\boxed{W\approx2{,}81\ \mathrm{MeV}}.

2.b Idée : plus l'énergie de liaison par nucléon est grande, plus le noyau est stable. L'énergie de liaison EℓE_\ell d'un noyau est l'énergie qu'il faut lui fournir pour le dissocier en ses nucléons isolés et au repos. Pour le cobalt 60 (2727 protons, 3333 neutrons) :

Eℓ1=[27 mp+33 mn−m(Co)] c2E_{\ell 1}=\big[27\,m_p+33\,m_n-m(\mathrm{Co})\big]\,c^2

27 mp+33 mn=60,48234 u27\,m_p+33\,m_n=60{,}48234\ \mathrm{u}, donc Eℓ1=(60,48234−59,91900)×931,5E_{\ell 1}=(60{,}48234-59{,}91900)\times931{,}5, soit Eℓ1≈524,8 MeV\boxed{E_{\ell 1}\approx524{,}8\ \mathrm{MeV}}.

Par nucléon : Eℓ1A=524,860≈8,75 MeV\frac{E_{\ell 1}}{A}=\frac{524{,}8}{60}\approx8{,}75\ \mathrm{MeV} pour le cobalt 60 et Eℓ2A=526,860=8,78 MeV\frac{E_{\ell 2}}{A}=\frac{526{,}8}{60}=8{,}78\ \mathrm{MeV} pour le nickel 60. Comme Eℓ2A>Eℓ1A\frac{E_{\ell 2}}{A}>\frac{E_{\ell 1}}{A}, le nickel 60 est plus stable que le cobalt 60 : la désintégration spontanée conduit à un noyau plus stable.

3.a N(t)=N0 e−λtN(t)=N_0\,e^{-\lambda t}, où λ\lambda est la constante radioactive du cobalt 60. La période radioactive TT est la durée au bout de laquelle le nombre de noyaux radioactifs initialement présents diminue de moitié ; elle vérifie T=ln⁡2λT=\dfrac{\ln2}{\lambda}.

3.b Idée : à chaque période, l'activité est divisée par 2 ; au bout de 2T2T, il n'en reste que le quart. Comme A=λNA=\lambda N, AA0=NN0=e−λt\frac{A}{A_0}=\frac{N}{N_0}=e^{-\lambda t} : AA0=50 %\frac{A}{A_0}=50\ \% à t=Tt=T et 25 %25\ \% à t=2Tt=2T. Le point marqué donne 25 %25\ \% à t=10,54t=10{,}54 ans, donc 2T=10,542T=10{,}54 ans et T=5,27 ans\boxed{T=5{,}27\ \text{ans}} (la courbe passe bien par 50 %50\ \% vers 5,35{,}3 ans).

En secondes, T=5,27×3,156×107≈1,663×108 sT=5{,}27\times3{,}156\times10^{7}\approx1{,}663\times10^{8}\ \mathrm{s}, et λ=ln⁡2T\lambda=\dfrac{\ln2}{T}, soit λ≈4,17×10−9 s−1\boxed{\lambda\approx4{,}17\times10^{-9}\ \mathrm{s^{-1}}}.

4.a Idée : chaque atome de cobalt 60 porte un noyau ; le nombre de noyaux est la masse de l'échantillon divisée par la masse d'un atome. N0=m0matome=4,0×10−39,95×10−26N_0=\dfrac{m_0}{m_{\text{atome}}}=\dfrac{4{,}0\times10^{-3}}{9{,}95\times10^{-26}}, soit N0≈4,02×1022 noyaux\boxed{N_0\approx4{,}02\times10^{22}\ \text{noyaux}}.

4.b Avec λ\lambda en s−1\mathrm{s^{-1}} (pour obtenir des becquerels) : A0=λN0=4,17×10−9×4,02×1022A_0=\lambda N_0=4{,}17\times10^{-9}\times4{,}02\times10^{22}, soit A0≈1,68×1014 Bq\boxed{A_0\approx1{,}68\times10^{14}\ \mathrm{Bq}}.

5.a A1=A0 e−λt1A_1=A_0\,e^{-\lambda t_1} avec t1=3t_1=3 ans. En années, λ=ln⁡25,27≈0,1315 an−1\lambda=\frac{\ln2}{5{,}27}\approx0{,}1315\ \text{an}^{-1}, donc λt1≈0,3946\lambda t_1\approx0{,}3946 et e−λt1≈0,674e^{-\lambda t_1}\approx0{,}674 : A1≈1,13×1014 Bq\boxed{A_1\approx1{,}13\times10^{14}\ \mathrm{Bq}}.

Idée : à dose égale, le produit A ΔtA\,\Delta t reste constant. A1 Δt1=A0 Δt0A_1\,\Delta t_1=A_0\,\Delta t_0, d'où Δt1=Δt0 A0A1=1,20,674\Delta t_1=\Delta t_0\,\dfrac{A_0}{A_1}=\dfrac{1{,}2}{0{,}674}, soit Δt1≈1,78 min\boxed{\Delta t_1\approx1{,}78\ \mathrm{min}} (environ 1 min 47 s).

5.b Idée : une durée de séance multipliée par 2,52{,}5 correspond à une activité divisée par 2,52{,}5. La source est remplacée quand A=A02,5=0,40 A0A=\frac{A_0}{2{,}5}=0{,}40\,A_0, c'est-à-dire quand e−λt=12,5e^{-\lambda t}=\frac{1}{2{,}5}. D'où t=ln⁡2,5λ=0,9160,1315t=\dfrac{\ln2{,}5}{\lambda}=\dfrac{0{,}916}{0{,}1315}, soit t≈6,97 ans\boxed{t\approx6{,}97\ \text{ans}} : la source sert environ sept ans.

5.c Six semaines font 4242 jours, soit t=42365,25≈0,115t=\frac{42}{365{,}25}\approx0{,}115 an. Alors λt≈0,1315×0,115≈0,0151\lambda t\approx0{,}1315\times0{,}115\approx0{,}0151 et AA0=e−0,0151≈0,985\frac{A}{A_0}=e^{-0{,}0151}\approx0{,}985 : l'activité ne baisse que d'environ 1,5 %1{,}5\ \%, moins de 2 %2\ \%.

Pendant tout un traitement, l'activité — donc la durée des séances — reste pratiquement la même, et une seule source sert plusieurs années. Avec une période de six heures, il ne resterait qu'environ 6 %6\ \% de l'activité au bout d'une journée : la source serait inutilisable pour des séances réparties sur des semaines.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : noyau formé par une réaction provoquée (antimoine 121 bombardé par une particule α\alpha), stabilité comparée par l'énergie de liaison par nucléon, A0A_0 et TT lus sur la courbe A(t)A(t), activités 2 h et 74 h après l'injection et énergie γ\gamma émise pendant 72 h (principale 2019, Sciences expérimentales, scintigraphie à l'iode 123) ; type β−\beta^- justifié par l'électron émis, photon dû à la désexcitation du noyau fils, A0=N0ln⁡2TA_0=\frac{N_0\ln2}{T} avec N0N_0 tiré d'une masse de 1 μg1\ \mu\mathrm{g} (principale 2016, Sciences expérimentales, iode 131) ; nombres de désintégrations α\alpha et β−\beta^- d'une chaîne, période lue sur N(t)N(t) et âge de la Terre par les noyaux de plomb accumulés (contrôle 2015, Sciences expérimentales) ; particule émise et son origine, puis âge d'une eau souterraine par la teneur restante en chlore 36 (contrôle 2022, Sciences expérimentales).

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill NU-G.1 — âge de la Terre par le couple thorium 232 / plomb 208 : les noyaux fils accumulés
Entraînement 01 / 02

Drill NU-G.1 — âge de la Terre par le couple thorium 232 / plomb 208 : les noyaux fils accumulés

3 questionsCorrigé masqué

Le thorium 90232Th{}^{232}_{90}\mathrm{Th}, radioactif naturel de période T=1,40×1010T=1{,}40\times10^{10} ans, se transforme en plomb 82208Pb{}^{208}_{82}\mathrm{Pb} stable par une suite de désintégrations α\alpha et β−\beta^-, dont le bilan s'écrit :

90232Th⟶82208Pb+x −10e+y 24He{}^{232}_{90}\mathrm{Th}\longrightarrow{}^{208}_{82}\mathrm{Pb}+x\,{}^{0}_{-1}\mathrm{e}+y\,{}^{4}_{2}\mathrm{He}

Les noyaux intermédiaires de cette chaîne ont des périodes négligeables devant TT : on admet que chaque noyau de thorium désintégré donne un noyau de plomb 208. Un échantillon d'une météorite, formée en même temps que la Terre, contient aujourd'hui (date t1t_1) NTh(t1)=4,0×1018N_{\mathrm{Th}}(t_1)=4{,}0\times10^{18} noyaux de thorium 232 et NPb(t1)=1,0×1018N_{\mathrm{Pb}}(t_1)=1{,}0\times10^{18} noyaux de plomb 208. On admet qu'à sa formation (date t=0t=0), l'échantillon contenait NTh(0)N_{\mathrm{Th}}(0) noyaux de thorium et aucun noyau de plomb 208.

  1. Déterminer, en le justifiant, les nombres xx et yy.
  2. Évolution des deux populations de noyaux.
    1. Écrire la loi de décroissance NTh(t)N_{\mathrm{Th}}(t), puis montrer que NPb(t)=NTh(0)(1−e−λt)N_{\mathrm{Pb}}(t)=N_{\mathrm{Th}}(0)\left(1-e^{-\lambda t}\right), où λ\lambda est la constante radioactive du thorium 232.
    2. Préciser NPb(0)N_{\mathrm{Pb}}(0) et la limite de NPb(t)N_{\mathrm{Pb}}(t) quand tt tend vers l'infini, puis montrer que les courbes NTh(t)N_{\mathrm{Th}}(t) et NPb(t)N_{\mathrm{Pb}}(t) se coupent à la date t=Tt=T. Décrire l'allure de la courbe NPb(t)N_{\mathrm{Pb}}(t).
  3. Datation.
    1. Calculer NTh(0)N_{\mathrm{Th}}(0).
    2. Montrer que t1=Tln⁡2 ln⁡(1+NPb(t1)NTh(t1))t_1=\dfrac{T}{\ln2}\,\ln\left(1+\dfrac{N_{\mathrm{Pb}}(t_1)}{N_{\mathrm{Th}}(t_1)}\right), puis calculer l'âge de la Terre.
    3. Le thorium 232 est encore abondant dans les roches terrestres. Justifier ce fait à l'aide du rapport NTh(t1)NTh(0)\frac{N_{\mathrm{Th}}(t_1)}{N_{\mathrm{Th}}(0)}.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Conservation du nombre de masse : 232=208+4y232=208+4y, d'où y=6y=6. Conservation du nombre de charge : 90=82−x+2y=94−x90=82-x+2y=94-x, d'où x=4x=4. La chaîne comporte x=4\boxed{x=4} désintégrations β−\beta^- et y=6\boxed{y=6} désintégrations α\alpha.

2.a Idée : chaque noyau de thorium désintégré devient un noyau de plomb, donc le plomb compte les désintégrations. NTh(t)=NTh(0) e−λtN_{\mathrm{Th}}(t)=N_{\mathrm{Th}}(0)\,e^{-\lambda t} et

NPb(t)=NTh(0)−NTh(t)N_{\mathrm{Pb}}(t)=N_{\mathrm{Th}}(0)-N_{\mathrm{Th}}(t)

d'où NPb(t)=NTh(0)(1−e−λt)N_{\mathrm{Pb}}(t)=N_{\mathrm{Th}}(0)\left(1-e^{-\lambda t}\right).

2.b NPb(0)=NTh(0)(1−1)=0N_{\mathrm{Pb}}(0)=N_{\mathrm{Th}}(0)(1-1)=0 ; quand t→+∞t\to+\infty, e−λt→0e^{-\lambda t}\to0 et NPb→NTh(0)N_{\mathrm{Pb}}\to N_{\mathrm{Th}}(0). Les courbes se coupent quand 1−e−λt=e−λt1-e^{-\lambda t}=e^{-\lambda t}, soit e−λt=12e^{-\lambda t}=\frac12, c'est-à-dire t=ln⁡2λ=Tt=\frac{\ln2}{\lambda}=T ; à cette date, NPb=NTh=NTh(0)2N_{\mathrm{Pb}}=N_{\mathrm{Th}}=\frac{N_{\mathrm{Th}}(0)}{2}. La courbe NPb(t)N_{\mathrm{Pb}}(t) part de l'origine, croît et tend vers l'asymptote horizontale N=NTh(0)N=N_{\mathrm{Th}}(0) : elle est la symétrique de NTh(t)N_{\mathrm{Th}}(t) par rapport à la droite N=NTh(0)2N=\frac{N_{\mathrm{Th}}(0)}{2}.

3.a Les noyaux présents aujourd'hui sont soit encore du thorium, soit du plomb : NTh(0)=NTh(t1)+NPb(t1)=5,0×1018 noyauxN_{\mathrm{Th}}(0)=N_{\mathrm{Th}}(t_1)+N_{\mathrm{Pb}}(t_1)=\boxed{5{,}0\times10^{18}\ \text{noyaux}}.

3.b Idée : le rapport plomb/thorium ne dépend que de la durée écoulée. NPbNTh=1−e−λte−λt=eλt−1\dfrac{N_{\mathrm{Pb}}}{N_{\mathrm{Th}}}=\dfrac{1-e^{-\lambda t}}{e^{-\lambda t}}=e^{\lambda t}-1, donc eλt1=1+NPb(t1)NTh(t1)e^{\lambda t_1}=1+\dfrac{N_{\mathrm{Pb}}(t_1)}{N_{\mathrm{Th}}(t_1)} et, avec λ=ln⁡2T\lambda=\frac{\ln2}{T}, on obtient l'expression demandée. Ici le rapport vaut 1,04,0=0,25\frac{1{,}0}{4{,}0}=0{,}25 :

t1=1,40×1010ln⁡2×ln⁡1,25t_1=\frac{1{,}40\times10^{10}}{\ln2}\times\ln1{,}25

avec ln⁡1,25≈0,2231\ln1{,}25\approx0{,}2231, soit t1≈4,51×109 ans\boxed{t_1\approx4{,}51\times10^{9}\ \text{ans}} : la Terre a environ 4,5 milliards d'années.

3.c NTh(t1)NTh(0)=4,05,0=0,80\frac{N_{\mathrm{Th}}(t_1)}{N_{\mathrm{Th}}(0)}=\frac{4{,}0}{5{,}0}=0{,}80 : 80 %80\ \% du thorium présent à la formation de la Terre ne s'est pas encore désintégré, car sa période (1,40×10101{,}40\times10^{10} ans) vaut environ trois fois l'âge de la Terre.

2 Drill NU-G.2 — âge d'une eau souterraine par l'argon 39 : une teneur de référence constante
Entraînement 02 / 02

Drill NU-G.2 — âge d'une eau souterraine par l'argon 39 : une teneur de référence constante

4 questionsCorrigé masqué

L'argon 1839Ar{}^{39}_{18}\mathrm{Ar} est radioactif de période T=269T=269 ans. Lors de sa désintégration, il émet un électron et donne un noyau ZAY{}^{A}_{Z}\mathrm{Y}. Extrait de la classification périodique : 17Cl{}_{17}\mathrm{Cl} ; 18Ar{}_{18}\mathrm{Ar} ; 19K{}_{19}\mathrm{K} ; 20Ca{}_{20}\mathrm{Ca}.

L'argon 39 est produit en permanence dans la haute atmosphère : sa teneur dans l'air, et dans les eaux de surface en contact avec l'air, demeure constante. Une eau qui s'infiltre dans le sous-sol n'échange plus de gaz avec l'atmosphère : son argon 39 n'est plus renouvelé. On note N0N_0 le nombre de noyaux d'argon 39 dans un volume VV d'eau de surface et N(t)N(t) ce nombre, dans le même volume VV d'une eau souterraine, à la date tt comptée depuis son infiltration.

  1. Préciser le type de cette radioactivité. En précisant les lois de conservation utilisées, déterminer AA et ZZ et identifier le noyau ZAY{}^{A}_{Z}\mathrm{Y}.
  2. Loi de décroissance.
    1. Exprimer N(t)N(t) en fonction de N0N_0, de la constante radioactive λ\lambda de l'argon 39 et de tt.
    2. Calculer λ\lambda en an−1\text{an}^{-1}.
  3. L'eau pompée dans une nappe profonde ne contient plus que 30 %30\ \% de l'argon 39 présent dans les eaux de surface. Déterminer la durée tet_e écoulée depuis l'infiltration de cette eau.
  4. Le chlore 36, de période 3×1053\times10^{5} ans, sert aussi à dater des eaux souterraines. Calculer le pourcentage de chlore 36 disparu pendant la durée tet_e, puis expliquer pourquoi le chlore 36 ne permet pas de dater cette nappe.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. La particule émise est un électron −10e{}^{0}_{-1}\mathrm{e} : c'est une radioactivité β−\beta^-. Conservation du nombre de masse : 39=A+039=A+0, d'où A=39A=39 ; conservation du nombre de charge : 18=Z−118=Z-1, d'où Z=19Z=19. L'élément de numéro atomique 1919 est le potassium :

1839Ar⟶1939K+−10e{}^{39}_{18}\mathrm{Ar}\longrightarrow{}^{39}_{19}\mathrm{K}+{}^{0}_{-1}\mathrm{e}

2.a Idée : l'eau de surface sert de référence — à l'infiltration (t=0t=0), le volume VV contient N0N_0 noyaux, puis ce nombre ne fait que décroître. N(t)=N0 e−λtN(t)=N_0\,e^{-\lambda t}.

2.b λ=ln⁡2T=0,693269\lambda=\dfrac{\ln2}{T}=\dfrac{0{,}693}{269}, soit λ≈2,58×10−3 an−1\boxed{\lambda\approx2{,}58\times10^{-3}\ \text{an}^{-1}}.

3. Idée : la teneur mesurée est le rapport N(te)N0\frac{N(t_e)}{N_0}. N(te)N0=e−λte=0,30\frac{N(t_e)}{N_0}=e^{-\lambda t_e}=0{,}30, d'où te=−ln⁡0,30λ=1,2042,58×10−3t_e=-\dfrac{\ln0{,}30}{\lambda}=\dfrac{1{,}204}{2{,}58\times10^{-3}}, soit te≈467 ans\boxed{t_e\approx467\ \text{ans}}.

4. Pour le chlore 36, λ′te=ln⁡23×105×467≈1,08×10−3\lambda' t_e=\frac{\ln2}{3\times10^{5}}\times467\approx1{,}08\times10^{-3} et NN0=e−1,08×10−3≈0,9989\frac{N}{N_0}=e^{-1{,}08\times10^{-3}}\approx0{,}9989 : seulement 0,11 %0{,}11\ \% du chlore 36 a disparu, une variation trop faible pour être mesurée. Un radioélément ne date une eau que si sa période est du même ordre que l'âge cherché : le chlore 36 convient à des eaux âgées de centaines de milliers d'années, l'argon 39 à des eaux de quelques siècles.

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