Masar
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Bac Tunisie
Entraîner la reconnaissance
OD-FOndes mécaniques

L'exercice d'ondes complet : cuve à ondes, stroboscopie, équation horaire d'un point, dispersion

Idée directrice

L'exercice d'ondes mécaniques (4 à 5 points, le plus fréquent de l'épreuve de physique de la section) est construit en expériences successives sur un même dispositif : la stroboscopie fixe la fréquence de l'onde, une coupe de la surface à un instant t1t_1 donne la longueur d'onde et le front d'onde (donc la célérité), l'équation horaire de la source se transporte en un point MM par le retard θ=x/v\theta=x/v, et un tableau NdN\mapsto d révèle la dispersion. Chaque expérience réutilise la grandeur mesurée dans la précédente.

Signature de reconnaissance — l'énoncé se trahit ainsi

« la surface de l'eau paraît immobile pour … valeurs de la fréquence des éclairs » ; « dire pourquoi l'onde … est qualifiée d'onde mécanique » ; « déterminer la valeur de t1t_1 ; en déduire celle de vv » ; « déterminer l'élongation et la vitesse de ce point aux instants … » ; « justifier que les ondes … subissent le phénomène de dispersion ».

Sujet principal

Exercice 2 — ondes mécaniques (5 points), dans l’esprit de la session 2022

7 questionsCorrigé masqué

Une réglette mince, entraînée par un vibreur de fréquence NN réglable, perturbe perpendiculairement la surface libre de l'eau d'une cuve à ondes. Il en résulte une onde rectiligne progressive sinusoïdale d'amplitude a=2mma=2\,\text{mm} et de fréquence NN, qui se propage à la surface de l'eau avec la célérité vv. La réglette débute son mouvement à t=0t=0 à partir de sa position de repos, prise comme origine des élongations ; on néglige réflexion et amortissement. On note OO un point de la surface au contact de la réglette.

Expérience 1. La fréquence du vibreur est réglée à une valeur N1N_1. Éclairée par un stroboscope de fréquence NeN_e réglable (Ne40HzN_e\leq 40\,\text{Hz}), la surface paraît immobile pour exactement trois valeurs : Ne=36HzN_e=36\,\text{Hz}, 18Hz18\,\text{Hz} et 12Hz12\,\text{Hz}.

  1. Dire pourquoi l'onde qui se propage à la surface de l'eau est qualifiée d'onde mécanique, et préciser si elle est transversale ou longitudinale.
  2. Préciser, en le justifiant, la valeur de la fréquence N1N_1 du vibreur.
  3. Décrire l'aspect de la surface de l'eau lorsque la fréquence des éclairs est réglée à Ne=35HzN_e=35\,\text{Hz}.

Expérience 2. La fréquence du vibreur est maintenant N2=25HzN_2=25\,\text{Hz}. Une coupe de la surface par un plan vertical perpendiculaire à la réglette, à l'instant t1t_1, montre que le front de l'onde est à la distance xF=72mmx_F=72\,\text{mm} de OO et que la distance entre deux crêtes consécutives vaut 12mm12\,\text{mm}. À un instant immédiatement supérieur à t1t_1, le point FF atteint par le front se déplace verticalement vers le bas.

    1. Déterminer la longueur d'onde λ\lambda, puis la valeur de t1t_1. En déduire la célérité vv de l'onde.
    2. Déterminer la phase initiale φO\varphi_O du mouvement de OO et écrire l'équation horaire yO(t)y_O(t).
  1. Soit MM un point de la surface situé à la distance x=OM=45mmx=OM=45\,\text{mm} de la réglette.
    1. Établir l'équation horaire yM(t)y_M(t) du mouvement de MM en précisant l'instant θ\theta à partir duquel MM entre en vibration.
    2. Déterminer l'élongation et la vitesse de MM aux instants t2=0,14st_2=0{,}14\,\text{s} et t3=0,21st_3=0{,}21\,\text{s}.
    3. En déduire l'élongation du point OO à l'instant t3t_3, puis les positions des points de la surface qui vibrent en phase avec OO à cet instant.

Expérience 3. On fait varier la fréquence NN du vibreur et l'on mesure à chaque fois la distance dd parcourue par l'onde à l'instant t1t_1 : pour N=12HzN=12\,\text{Hz}, d=55mmd=55\,\text{mm} ; pour N=25HzN=25\,\text{Hz}, d=72mmd=72\,\text{mm} ; pour N=48HzN=48\,\text{Hz}, d=82mmd=82\,\text{mm}.

  1. En exploitant ces données, justifier que les ondes qui se propagent à la surface de l'eau subissent le phénomène de dispersion.
  2. Citer une expérience permettant d'observer ce phénomène avec les ondes lumineuses.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Exp. 1 — 1. Idée : le critère « milieu matériel ». L'onde nécessite un milieu matériel (l'eau) pour se propager : elle est mécanique. Les points de la surface vibrent verticalement alors que l'onde progresse horizontalement : la direction de vibration est perpendiculaire à la direction de propagation, l'onde est transversale.

Exp. 1 — 2. Idée : immobilité apparente     N1=kNe\iff N_1=k\,N_e ; la plus grande fréquence d'éclairs qui immobilise est N1N_1 elle-même. 3636, 1818 et 12Hz12\,\text{Hz} sont 36/136/1, 36/236/2 et 36/336/3 ; la valeur suivante 36/4=9Hz36/4=9\,\text{Hz} n'apparaît pas dans la liste seulement parce que l'énoncé se limite à trois valeurs observées, tandis que 72Hz72\,\text{Hz} dépasse la limite du stroboscope. Donc

N1=36HzN_1=36\,\text{Hz}

Exp. 1 — 3. Idée : NeN_e légèrement inférieure à N1N_1 \Rightarrow mouvement apparent ralenti dans le sens de propagation. Entre deux éclairs, chaque point accomplit un peu plus d'une période : la surface semble se déplacer lentement dans le sens réel de propagation (rides qui s'éloignent de la réglette au ralenti).

Exp. 2 — 1.a Idée : la distance entre deux crêtes est λ\lambda ; le front a parcouru xFx_F en t1t_1, soit un nombre entier de longueurs d'onde \Rightarrow un nombre entier de périodes. λ=12mm\lambda=12\,\text{mm} ; xF=72mm=6λx_F=72\,\text{mm}=6\lambda, donc t1=6T=6N2=625=0,24st_1=6T=\dfrac{6}{N_2}=\dfrac{6}{25}=0{,}24\,\text{s}. Célérité :

v=λN2=12×103×25=0,30 ms1(controˆle : v=xFt1=0,0720,24=0,30 ms1)v=\lambda N_2=12\times10^{-3}\times25=\boxed{0{,}30\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}}\qquad\Big(\text{contrôle : } v=\frac{x_F}{t_1}=\frac{0{,}072}{0{,}24}=0{,}30\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}\Big)

Exp. 2 — 1.b Idée : le point du front reproduit, à t1t_1, l'état de la source à t=0t=0. FF a une élongation nulle et descend ; donc OO à t=0t=0 partait de 00 vers le bas : yO(0)=0y_O(0)=0 et y˙O(0)<0\dot y_O(0)<0. Avec yO(t)=asin(2πN2t+φO)y_O(t)=a\sin(2\pi N_2 t+\varphi_O) : sinφO=0\sin\varphi_O=0 et cosφO<0\cos\varphi_O<0, d'où φO=π\varphi_O=\pi et

yO(t)=2sin(50πt+π)  (mm),t0y_O(t)=2\sin(50\pi t+\pi)\ \ (\text{mm}),\quad t\geq 0

Exp. 2 — 2.a Idée : MM reproduit le mouvement de OO avec le retard θ=x/v\theta=x/v. θ=0,0450,30=0,15s\theta=\dfrac{0{,}045}{0{,}30}=0{,}15\,\text{s}. Pour t<θt<\theta, MM est au repos ; pour tθt\geq\theta :

yM(t)=2sin(50π(t0,15)+π)=2sin(50πt6,5π)  (mm)y_M(t)=2\sin\big(50\pi(t-0{,}15)+\pi\big)=2\sin(50\pi t-6{,}5\pi)\ \ (\text{mm})

Exp. 2 — 2.b À t2=0,14s<θt_2=0{,}14\,\text{s}<\theta : l'onde n'a pas atteint MM, élongation et vitesse nulles. À t3=0,21st_3=0{,}21\,\text{s} : 50π(0,210,15)+π=3π+π=4π50\pi(0{,}21-0{,}15)+\pi=3\pi+\pi=4\pi, donc yM(t3)=2sin(4π)=0y_M(t_3)=2\sin(4\pi)=0 ; vitesse y˙M(t3)=2×50πcos(4π)=100π mms10,31 ms1\dot y_M(t_3)=2\times50\pi\cos(4\pi)=100\pi\ \text{mm}\cdot\text{s}^{-1}\approx0{,}31\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}, dirigée vers le haut.

Exp. 2 — 2.c yO(t3)=2sin(50π×0,21+π)=2sin(11,5π)=2sin(3π2)=2mmy_O(t_3)=2\sin(50\pi\times0{,}21+\pi)=2\sin(11{,}5\pi)=2\sin\big(\tfrac{3\pi}{2}\big)=-2\,\text{mm} (autre voie : yO(t3)=yM(t3+θ)y_O(t_3)=y_M(t_3+\theta)). Les points en phase avec OO sont à des distances x=kλx=k\lambda ; à t3t_3 l'onde a atteint vt3=63mmvt_3=63\,\text{mm}, d'où x{0;12;24;36;48;60}mmx\in\{0;\,12;\,24;\,36;\,48;\,60\}\,\text{mm}.

Exp. 3 — 1. Idée : la célérité v=d/t1v=d/t_1 dépend-elle de NN ? v12=0,0550,240,23v_{12}=\dfrac{0{,}055}{0{,}24}\approx0{,}23, v25=0,30v_{25}=0{,}30, v480,34 ms1v_{48}\approx0{,}34\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1} : la célérité augmente avec la fréquence. Un milieu où la célérité dépend de la fréquence est dispersif ; les ondes à la surface de l'eau subissent donc la dispersion.

Exp. 3 — 2. La décomposition de la lumière blanche par un prisme (les radiations de fréquences différentes sont déviées différemment) est la manifestation de la dispersion pour les ondes lumineuses.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

Entraînement 01 / 02

Drill OD-F.1 — onde progressive le long d’une corde : célérité, longueur d’onde, front d’onde

3 questionsCorrigé masqué

Une corde élastique horizontale de longueur L=OE=1mL=OE=1\,\text{m} est attachée en OO à une lame vibrante et en EE à un support fixe à travers une pelote de coton. La lame impose à OO un mouvement sinusoïdal vertical d'amplitude a=4mma=4\,\text{mm} et de fréquence N=50HzN=50\,\text{Hz} à partir de t=0t=0 ; la corde est le siège d'une onde progressive de célérité cc, sans amortissement. Le point AA situé à xA=OA=30cmx_A=OA=30\,\text{cm} commence à vibrer à l'instant tA=0,06st_A=0{,}06\,\text{s}.

  1. Préciser, en le justifiant, si l'onde qui se propage le long de la corde est longitudinale ou transversale, et indiquer le rôle de la pelote de coton.
  2. Calculer la célérité cc de l'onde et sa longueur d'onde λ\lambda.
  3. Montrer qu'à l'instant t1=0,1st_1=0{,}1\,\text{s} l'onde n'a pas atteint l'extrémité EE, et déterminer le nombre de longueurs d'onde présentes sur la corde à cet instant.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : comparer direction de vibration et direction de propagation. Les points de la corde vibrent verticalement tandis que l'onde progresse horizontalement le long de la corde : l'onde est transversale. La pelote de coton absorbe l'énergie de l'onde en EE et empêche sa réflexion : l'onde reste progressive.

2. Idée : le retard du point AA est tA=xA/ct_A=x_A/c. c=xAtA=0,300,06=5,0 ms1c=\dfrac{x_A}{t_A}=\dfrac{0{,}30}{0{,}06}=5{,}0\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1} ; λ=cN=5,050=0,10m=10cm\lambda=\dfrac{c}{N}=\dfrac{5{,}0}{50}=0{,}10\,\text{m}=10\,\text{cm}.

3. À t1=0,1st_1=0{,}1\,\text{s} le front est en xF=ct1=0,50m<L=1mx_F=ct_1=0{,}50\,\text{m}<L=1\,\text{m} : l'onde n'a pas atteint EE. La portion perturbée mesure 0,50m=5λ0{,}50\,\text{m}=5\lambda : cinq longueurs d'onde sont présentes sur la corde.

Entraînement 02 / 02

Drill OD-F.2 — lire la fréquence d’une onde au stroboscope

3 questionsCorrigé masqué

À la surface de l'eau d'une cuve à ondes se propage une onde progressive sinusoïdale de fréquence NN inconnue. Éclairée par un stroboscope de fréquence réglable Ne45HzN_e\leq 45\,\text{Hz}, la surface paraît immobile pour Ne=40HzN_e=40\,\text{Hz}, 20Hz20\,\text{Hz} et 10Hz10\,\text{Hz} seulement.

  1. Rappeler la condition d'immobilité apparente et en déduire la fréquence NN de l'onde.
  2. Décrire l'aspect de la surface pour Ne=39HzN_e=39\,\text{Hz}, puis pour Ne=41HzN_e=41\,\text{Hz}.
  3. La longueur d'onde mesurée sur une photo vaut λ=8mm\lambda=8\,\text{mm}. Calculer la célérité de propagation.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. La surface paraît immobile lorsque, entre deux éclairs, chaque point effectue un nombre entier de périodes : N=kNeN=kN_e, kNk\in\N^*. La plus grande fréquence d'éclairs qui immobilise correspond à k=1k=1 : N=40HzN=40\,\text{Hz} (et 20=40/220=40/2, 10=40/410=40/4 ; 80Hz80\,\text{Hz} dépasse la limite du stroboscope).

2. Pour Ne=39Hz<NN_e=39\,\text{Hz}<N : chaque point accomplit un peu plus d'une période entre deux éclairs, l'onde semble avancer au ralenti dans le sens réel de propagation. Pour Ne=41Hz>NN_e=41\,\text{Hz}>N : un peu moins d'une période, mouvement apparent ralenti en sens inverse de la propagation.

3. v=λN=8×103×40=0,32 ms1v=\lambda N=8\times10^{-3}\times40=0{,}32\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}.

Méthode / Automatismes
  • Stroboscopie : immobilité apparente pour N=kNeN=kN_e ; la plus grande NeN_e qui immobilise donne NN ; NeN_e un peu plus petite \Rightarrow ralenti dans le sens de propagation, un peu plus grande \Rightarrow ralenti en sens inverse.
  • Sur une coupe à l'instant t1t_1 : λ=\lambda= distance entre deux crêtes, xF=vt1x_F=vt_1 ; si xF=nλx_F=n\lambda alors t1=nTt_1=nT. Contrôler v=λN=xF/t1v=\lambda N=x_F/t_1.
  • Phase initiale de la source : lire le sens du mouvement du front (il reproduit OO à t=0t=0) ; sinφ=0\sin\varphi=0 et le signe de cosφ\cos\varphi décident entre 00 et π\pi.
  • Point MM : yM(t)=yO(tθ)y_M(t)=y_O(t-\theta) avec θ=x/v\theta=x/v, et yM=0y_M=0 tant que t<θt<\theta — toujours comparer tt à θ\theta avant de calculer.
  • Dispersion : calculer vv pour chaque NN ; si vv varie avec NN, le milieu est dispersif (l'eau, oui ; l'air pour le son, non).
Pièges classiques

Prendre pour NN la plus petite fréquence d'éclairs qui immobilise (c'est un sous-multiple) ; calculer yM(t2)y_M(t_2) avec la formule alors que t2<θt_2<\theta (le point n'a pas encore bougé) ; oublier le signe de la vitesse ou la convertir sans unité ; confondre « points en phase avec OO » (x=kλx=k\lambda) et « points d'élongation nulle » ; enfin, conclure « dispersif » à partir d'un seul couple (N,d)(N,d) au lieu de comparer les célérités.