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Bac Tunisie
EV-AÉvolution biologique

Parenté et arbre phylogénétique à partir de séquences peptidiques

Idée directrice

Comparer des séquences d’acides aminés homologues pour établir des degrés de parenté et dresser un arbre phylogénétique. Les squelettes du membre antérieur (planche d’origine) sont remplacés par un tableau de séquences chiffrables. Source : devoir de contrôle n°2 SVT Sc.exp (Harbawi, 2016-2017) — thème évolution biologique.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Comparer les séquences » ; « Dresser l’arbre phylogénétique » ; « Déduire l’ancêtre commun »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Plus le nombre de différences est faible, plus l’ancêtre commun est récent.
  • Construire l’arbre phylogénétique en regroupant d’abord les deux espèces les plus proches.
Les pièges à vérifier dans ta démarche
  • Inverser proximité et nombre de différences.
  • Placer un ancêtre commun « contemporain » d’une espèce actuelle (les nœuds sont hypothétiques / passés).
Sujet principal

Exercice — dans l'esprit des devoirs de contrôle

10 questionsCorrigé masqué

On se propose d’étudier quelques aspects de l’évolution biologique. Voici la séquence d’une portion de myoglobine (10 acides aminés) chez trois espèces de vertébrés :

  • Cheval : Gly – Leu – Ser – Asp – Gly – Glu – Trp – Gln – Leu – Ser ;
  • Chien : Gly – Leu – Ser – Asp – Gly – Glu – Trp – Gln – Leu – Val ;
  • Poule : Gly – Leu – Ser – Asp – Gln – Glu – Trp – Gln – Gln – Val.

Document 2 — nombre de positions identiques (sur 10) entre espèces prises deux à deux :

  • cheval / chien : 9 identités (1 différence) ;
  • cheval / poule : 7 identités (3 différences) ;
  • chien / poule : 8 identités (2 différences).
  1. Comparer les séquences du document 1. Que peut-on déduire quant à la variabilité de cette protéine entre espèces ?
  2. À partir du document 2, classer les degrés de parenté entre les trois espèces.
  3. Dresser l’arbre phylogénétique correspondant et justifier la position de chaque nœud (ancêtre commun).
  4. Déduire que ces trois vertébrés partagent un ancêtre commun et préciser le couple d’espèces les plus étroitement apparentées.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Les trois séquences partagent une trame commune (plusieurs acides aminés identiques aux mêmes positions) mais diffèrent en un petit nombre de positions. Déduction : la protéine présente une variabilité limitée entre espèces ; ces différences s’interprètent dans le cadre de l’évolution biologique à partir d’une molécule héritée d’un ancêtre commun (homologie moléculaire).

2. Degré de parenté d’autant plus fort que le nombre d’identités est élevé : cheval–chien (9) > chien–poule (8) > cheval–poule (7). Les mammifères (cheval, chien) sont plus proches entre eux que chacun ne l’est de la poule.

3. Arbre phylogénétique (lecture des distances) : une racine représente l’ancêtre commun aux trois espèces ; un premier nœud sépare la lignée menant à la poule de la lignée des mammifères ; un second nœud (plus récent) est l’ancêtre commun du cheval et du chien, qui divergent ensuite. Justification : le couple cheval–chien a le moins de différences, donc le plus récent ancêtre commun.

4. Les similitudes de séquence (et la structure comparable du membre antérieur chez les vertébrés, non reproduite ici) indiquent un ancêtre commun. Parenté la plus étroite : cheval et chien. L’arbre phylogénétique résume ces relations de parenté.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill EV-A.1 — degrés de parenté
Entraînement 01 / 03

Drill EV-A.1 — degrés de parenté

1 questionCorrigé masqué

Pour une même protéine, on a : A–B = 45 % d’acides aminés communs ; A–C = 72 % ; B–C = 59 %. Ordonner les degrés de parenté et indiquer quelle paire d’espèces partage l’ancêtre commun le plus récent.

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Le degré de parenté se lit sur le pourcentage d’acides aminés communs : A–C (72 %) > B–C (59 %) > A–B (45 %). L’ancêtre commun le plus récent est donc celui de la paire A et C. Sur l’arbre phylogénétique, A et C forment un groupe frère, tandis que B se raccorde plus bas, plus près de la racine. Cette lecture est un outil standard de l’évolution biologique. A–C plus proches\boxed{\text{A–C plus proches}}.

2 Drill EV-A.2 — lire un arbre
Entraînement 02 / 03

Drill EV-A.2 — lire un arbre

1 questionCorrigé masqué

Sur un arbre phylogénétique, trois espèces X, Y, Z partagent un ancêtre commun A0 ; Y et Z partagent en plus un ancêtre commun plus récent A1. Quelle paire est la plus apparentée ? Que signifie A0 pour l’évolution biologique ?

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

Y et Z sont les plus apparentées car elles partagent le nœud A1, plus récent que A0. A0 est l’ancêtre commun des trois espèces X, Y et Z : point de divergence dans l’évolution biologique. L’arbre phylogénétique résume ainsi les relations de parenté sans indiquer qu’un nœud est une espèce encore vivante. Y–Z proches ; A0 = anceˆtre des trois\boxed{\text{Y–Z proches ; A0 = ancêtre des trois}}.

3 Transfert — choisir la molécule qui informe : une protéine invariante ne classe pas les parentés
Entraînement 03 / 03

Transfert — choisir la molécule qui informe : une protéine invariante ne classe pas les parentés

4 questionsCorrigé masquéEn cours de relecture

Pour préciser les liens de parenté entre quatre espèces de vertébrés P, Q, R et S, on compare chez elles deux protéines homologues. Les données ci-dessous sont des données pédagogiques construites pour l'exercice, et non des résultats de mesure publiés.

Document 1 — Un fragment de 12 acides aminés d'une histone (protéine associée à l'ADN) est rigoureusement identique chez P, Q, R et S : 12 positions identiques sur 12 pour chacun des six couples d'espèces.

Document 2 — Nombre de positions identiques (sur 12) pour un fragment homologue d'une globine, espèces prises deux à deux :

CoupleP–QP–RP–SQ–RQ–SR–S
Identités / 121185855
  1. Exploiter le document 1 : que permet-il d'affirmer sur l'origine des quatre espèces, et que ne permet-il pas de faire ? Justifier.
  2. Exploiter le document 2 : relever les nombres de différences pour chaque couple, puis ordonner les degrés de parenté entre les quatre espèces.
  3. Dresser l'arbre phylogénétique correspondant en plaçant les ancêtres communs A1, A2 et A3 du plus récent au plus ancien ; justifier la position de chaque nœud à partir du tableau.
  4. Un élève conclut du document 1 que « le gène de l'histone n'a subi aucune mutation depuis l'ancêtre commun ». Discuter cette conclusion en distinguant mutation du gène et variabilité de la protéine dans les populations.

Cet exercice et sa correction sont en cours de relecture. Tu peux les consulter ; l’exercice n’est pas encore proposé en séance.

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1. Idée : une identité totale prouve l'homologie mais ne hiérarchise rien.

D'après le document 1, le fragment d'histone est identique (12/12) chez les quatre espèces. Une telle ressemblance sur une séquence longue ne peut pas être due au hasard : les quatre gènes dérivent d'un même gène ancestral, donc les quatre espèces partagent un ancêtre commun. En revanche, toutes les comparaisons deux à deux donnent la même valeur (0 différence) : aucun couple n'est plus proche qu'un autre → ce document ne permet ni de classer les degrés de parenté ni de dresser un arbre phylogénétique. Une molécule sous forte contrainte fonctionnelle, dont presque toute modification est éliminée, est un mauvais chronomètre de l'évolution biologique.

2. Idée : convertir les identités en différences, puis ordonner.

D'après le document 2, les différences valent : P–Q : 1 ; P–R : 4 ; Q–R : 4 ; P–S : 7 ; Q–S : 7 ; R–S : 7. Les différences s'échelonnent de 1 à 7 : la variation entre couples est d'amplitude 6 positions, ce qui est suffisant pour hiérarchiser. Le couple le plus proche est P–Q (1 différence). R est à égale distance de P et de Q (4 différences chacun) : il s'est séparé du groupe (P, Q) avant que P et Q ne divergent. S est à égale distance de P, Q et R (7 différences) : c'est l'espèce la plus éloignée des trois autres. Degrés de parenté décroissants : (P, Q) > (P ou Q, R) > (P, Q ou R, S).

3. Idée : plus il y a de différences, plus l'ancêtre commun est ancien.

- A1, ancêtre commun le plus récent : celui de P et Q (1 différence accumulée entre elles).
- A2 : ancêtre commun de (P, Q) et de R (4 différences entre R et chacune des deux).
- A3, le plus ancien : ancêtre commun des quatre espèces, à partir duquel S a divergé (7 différences avec les trois autres).

L'arbre phylogénétique se lit donc : A3 → [S] et [A2 → [R] et [A1 → P, Q]]. Les valeurs égales du tableau (P–R = Q–R ; P–S = Q–S = R–S) sont la signature de cette structure emboîtée : après un nœud, les lignées qui en descendent accumulent en moyenne le même nombre de différences par rapport aux lignées extérieures.

4. Idée : invariance de la protéine ≠ absence de mutation du gène.

La conclusion de l'élève confond deux niveaux. Les mutations du gène surviennent au hasard dans toutes les lignées, y compris pour l'histone : elles créent de la variabilité dans les populations. Mais l'histone est indispensable à l'empaquetage de l'ADN ; une modification de sa séquence est presque toujours défavorable et les individus porteurs sont éliminés par la sélection naturelle. Par conséquent, le gène de l'histone a bien muté au cours du temps ; ce qui est resté invariant, c'est la protéine fixée dans les populations, pas l'histoire du gène : des mutations ont eu lieu, mais elles n'ont pas été conservées (ou n'ont pas changé l'acide aminé). À l'inverse, la globine tolère davantage de substitutions : elle enregistre le temps écoulé depuis chaque ancêtre commun, ce qui en fait la molécule utile pour l'arbre phylogénétique.

Relier ce raisonnement au bac

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