Exercice 1 — dans l'esprit des sujets du bac
À une température maintenue constante, on mélange à l'instant un volume d'une solution aqueuse d'iodure de potassium de concentration molaire et un volume d'une solution aqueuse de peroxodisulfate de potassium de concentration molaire . Le mélange, de volume , est homogénéisé. L'oxydation des ions iodure par les ions peroxodisulfate y est lente et totale :
Une méthode d'étude cinétique appropriée permet de suivre deux grandeurs au cours du temps : l'avancement de la réaction, courbe , et la quantité de matière d'ions iodure restants, courbe . On relève sur ces courbes :
- croît puis se stabilise sur un palier ;
- décroît puis se stabilise sur un palier ;
- la tangente à à l'origine passe par le point d'abscisse et d'ordonnée .
- Dresser le tableau descriptif en avancement de la réaction étudiée. On notera et les quantités de matière initiales respectives des ions iodure et des ions peroxodisulfate.
- En exploitant les deux courbes :
- justifier que l'ion iodure n'est pas le réactif limitant ;
- en déduire les valeurs de et .
- Déduire les valeurs des concentrations molaires et .
- Rappeler l'expression de la vitesse volumique de la réaction en fonction de l'avancement , puis déterminer sa valeur à l'instant .
- Préciser pourquoi la vitesse de cette réaction diminue à partir de , et nommer le facteur cinétique responsable.
- On reprend l'expérience précédente en ne modifiant que la concentration de la solution de peroxodisulfate, qui devient , de façon que le mélange à soit réalisé dans les proportions stœchiométriques.
- Déterminer la valeur de .
- Préciser, en le justifiant, si la nouvelle vitesse initiale est supérieure, inférieure ou égale à .
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1. Idée : le tableau fixe une fois pour toutes la façon dont chaque quantité dépend de ; tout le reste s'y lit. Les coefficients stœchiométriques imposent :
2.a. Idée : un réactif limitant s'épuise ; sa quantité tombe à zéro quand la réaction est totale. La courbe se stabilise sur un palier non nul, : il reste des ions iodure lorsque le système n'évolue plus, donc l'ion iodure n'est pas le réactif limitant. Comme la réaction est totale, c'est l'ion peroxodisulfate qui s'épuise.
2.b. Idée : le palier de chaque courbe se relit dans la ligne du tableau. Pour l'ion peroxodisulfate, , donc . Pour l'ion iodure, , donc , soit et .
3. Idée : chaque quantité initiale a été apportée par sa propre solution, avant le mélange. et , d'où .
4. Idée : la vitesse volumique est la pente de la courbe d'avancement, ramenée au volume du mélange. On a avec . La tangente à l'origine passe par et , donc sa pente vaut .
5. Idée : à température fixée, la seule grandeur qui bouge est la concentration des réactifs. Les ions peroxodisulfate et iodure sont consommés, leurs concentrations décroissent, les chocs efficaces entre eux se raréfient : la vitesse diminue. Le facteur cinétique en jeu est la concentration des réactifs, la température étant maintenue constante.
6.a. Idée : « proportions stœchiométriques » signifie que les quantités initiales sont dans le rapport des coefficients, ici pour . Il faut , soit . Cette quantité est apportée par le même volume :
6.b. Idée : comparer les deux états initiaux, pas les états finaux. Le volume du mélange et la température n'ont pas changé, la quantité initiale d'ions iodure non plus ; seule la quantité initiale d'ions peroxodisulfate a augmenté ( au lieu de ). La concentration initiale de ce réactif est donc plus grande, les chocs efficaces plus fréquents dès : .