Dossier n° 1 — analyse du marché des biscuits (4 points), dans l'esprit des sessions 2016–2024
La « BISCUITERIE EL AMEL » fabrique et commercialise trois familles de biscuits : les biscuits secs classiques (BS), les gaufrettes (GF) et les biscuits fourrés (BF). Depuis deux ans, de nouvelles marques sont apparues et un nouveau segment se développe, celui des biscuits sans sucre ajouté (SS), que la société ne fabrique pas encore. Avant de décider de l'évolution de sa gamme, le directeur commercial vous demande de faire le point sur la position de la société par rapport au marché.
Annexe A — Chiffres d'affaires HTVA (en dinars)
| Segment | Société 2023 | Société 2024 | Société 2025 | Secteur 2023 | Secteur 2024 | Secteur 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| BS | 1 200 000 | 1 140 000 | 1 060 200 | 6 000 000 | 5 640 000 | 5 132 400 |
| GF | 1 500 000 | 1 560 000 | 1 591 200 | 7 500 000 | 7 800 000 | 7 956 000 |
| BF | 900 000 | 1 080 000 | 1 242 000 | 5 000 000 | 6 250 000 | 7 500 000 |
| SS | – | – | – | 400 000 | 560 000 | 840 000 |
| Total société | 3 600 000 | 3 780 000 | 3 893 400 |
NB : le chiffre d'affaires du secteur comprend celui de la société.
Annexe B — Biscuits fourrés : ventes de la société en volume : 1 200 000 paquets en 2024 et 1 437 500 paquets en 2025.
Annexe n° 1 (à rendre) — Tableau d'analyse des ventes
| Segment | Structure 2024 | Structure 2025 | Évolution société 2024–2025 | Évolution secteur 2024–2025 |
|---|---|---|---|---|
| BS | 30,16 % | (1) | (4) | (7) |
| GF | 41,27 % | (2) | (5) | + 2 % |
| BF | 28,57 % | (3) | (6) | (8) |
| SS | – | – | – | + 50 % |
Annexe n° 2 (à rendre) — Part de marché de la société
| Segment | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|
| BS | 20 % | (9) | (10) |
| GF | 20 % | 20 % | (11) |
| BF | 18 % | (12) | (13) |
Travail à faire :
- Complétez l'annexe n° 1 (structure des ventes de 2025 et taux d'évolution de 2024 à 2025). Détaillez un calcul de chaque type.
- Complétez l'annexe n° 2.
- Comparez et commentez, pour chaque segment, le taux d'évolution de la société avec celui du secteur. Sur quels segments la société gagne-t-elle ou perd-elle des parts de marché ?
- En vous appuyant sur l'évolution du secteur de 2023 à 2025, identifiez la phase du cycle de vie de chaque segment, y compris SS. Justifiez.
- Biscuits fourrés (annexe B) :
- calculez le taux d'évolution des ventes en volume et en valeur de 2024 à 2025 ;
- par quoi peut-on expliquer la différence entre ces deux taux ?
- calculez le prix de vente moyen d'un paquet en 2024 et en 2025. Que constatez-vous ?
- Par quoi peut-on expliquer l'inégalité d'évolution du chiffre d'affaires des différents segments ?
- Que pensez-vous de la gamme de la société ? Quelles recommandations proposez-vous pour améliorer sa position concurrentielle ?
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1. Idée : la structure mesure le poids d'un segment dans le chiffre d'affaires total de la société ; le taux d'évolution rapporte la variation à l'année de départ. CA total 2025 = 1 060 200 + 1 591 200 + 1 242 000 = 3 893 400 D.
| Segment | Structure 2025 | Évolution société | Évolution secteur |
|---|---|---|---|
| BS | (1) 27,23 % | (4) − 7 % | (7) − 9 % |
| GF | (2) 40,87 % | (5) + 2 % | + 2 % |
| BF | (3) 31,90 % | (6) + 15 % | (8) + 20 % |
Détail : (1) 1 060 200 / 3 893 400 × 100 = 27,23 % ; (4) (1 060 200 − 1 140 000) / 1 140 000 × 100 = − 7 % ; (7) (5 132 400 − 5 640 000) / 5 640 000 × 100 = − 9 %.
2. Idée : part de marché = CA de la société / CA du secteur, puisque le secteur inclut la société. (9) 1 140 000 / 5 640 000 = 20,21 % ; (10) 1 060 200 / 5 132 400 = 20,66 % ; (11) 1 591 200 / 7 956 000 = 20 % ; (12) 1 080 000 / 6 250 000 = 17,28 % ; (13) 1 242 000 / 7 500 000 = 16,56 %.
3. Idée : un taux d'évolution supérieur à celui du secteur fait gagner des parts de marché ; inférieur, il en fait perdre, même quand le chiffre d'affaires augmente.
- BS : − 7 % pour la société contre − 9 % pour le secteur : la société recule moins vite que son marché et gagne des parts (20,21 % → 20,66 %), mais sur un segment qui se contracte.
- GF : + 2 % pour la société comme pour le secteur : elle suit exactement le marché, sa part reste de 20 %.
- BF : + 15 % contre + 20 % : malgré une forte progression, la société croît moins vite que le marché et perd des parts (17,28 % → 16,56 %, soit − 0,72 point). C'est le constat le plus préoccupant, car BF porte la croissance de la société.
- SS : la société est absente du segment.
4. Idée : le cycle de vie se lit sur les ventes du marché (le secteur), pas sur celles de la société.
- BS : − 6 % puis − 9 % : la baisse s'accélère, phase de déclin.
- GF : + 4 % puis + 2 % : la croissance du segment le plus important ralentit et devient faible, phase de maturité.
- BF : + 25 % puis + 20 % : forte progression, phase de croissance (qui commence à ralentir).
- SS : ventes encore faibles (840 000 D, moins de 4 % du marché total en 2025) mais en accélération (+ 40 % puis + 50 %) : phase de lancement, à l'entrée de la croissance.
5.a Soient , et les taux d'évolution du volume, de la valeur et du prix moyen. = (1 437 500 − 1 200 000) / 1 200 000 ≈ + 19,79 % ; = (1 242 000 − 1 080 000) / 1 080 000 = + 15 %.
5.b Idée : valeur = volume × prix moyen ; si la valeur progresse moins vite que le volume, le prix moyen a baissé.
soit : le prix moyen a baissé d'environ 4 %. La société a vendu davantage de paquets, mais moins cher.
5.c Prix moyen 2024 = 1 080 000 / 1 200 000 = 0,900 D ; prix moyen 2025 = 1 242 000 / 1 437 500 = , soit une baisse de 0,036 D (− 4 %). La baisse de prix a bien stimulé les volumes (+ 19,79 %), mais le chiffre d'affaires n'a progressé que de 15 % quand le marché progressait de 20 % : baisser le prix n'a pas suffi à suivre le marché.
6. Les segments ne sont pas au même stade du cycle de vie : la demande se déplace des produits anciens vers des produits perçus comme plus gourmands (fourrés) ou plus sains (sans sucre ajouté), sous l'effet de l'évolution des habitudes de consommation, de l'innovation des nouvelles marques et d'efforts commerciaux inégaux selon les produits (prix, présence en rayon, communication).
7. Appréciation : la gamme est étroite (trois familles) et vieillissante : 27,23 % du chiffre d'affaires repose sur un segment en déclin et 40,87 % sur un segment mûr ; la croissance ne vient que des biscuits fourrés, où la société perd des parts, et elle est absente du segment le plus dynamique.
- Élargir la gamme en lançant des biscuits sans sucre ajouté pour être présente sur le segment en lancement (+ 50 %).
- Biscuits fourrés : reconquérir des parts sans nouvelle baisse de prix — nouveaux parfums et formats, communication, meilleure présence chez les distributeurs.
- Gaufrettes : défendre la part de 20 % par la différenciation, la fidélisation et la maîtrise des coûts.
- Biscuits secs : gérer le déclin — réduire les coûts et les stocks, ne garder que les références rentables, préparer un abandon progressif.