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Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
Gestion/CO-G
CO-GCoûts, résultat différentiel et rentabilité

Analyse des écarts sur coûts préétablis : écart global, écart sur quantité, écart sur coût et origines

Idée directrice

Contrôler un coût, c'est comparer le réel au préétabli de la production réelle, calculer l'écart global (réel − préétabli, favorable ou défavorable), puis le décomposer en écart sur quantité (Qr−Qp)×CUp(Q_r - Q_p)\times CU_p et écart sur coût (CUr−CUp)×Qr(CU_r - CU_p)\times Q_r pour savoir qui en est responsable : la production (gaspillage, productivité) ou les achats et la paie (prix, taux horaire).

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« Complétez le tableau d'analyse des écarts » ; « Analysez les écarts globaux en écart sur coût et écart sur quantité. Précisez les origines de ces écarts. » ; « Analysez l'écart global sur matière première en faisant apparaître l'écart sur quantité et l'écart sur coût » ; « Que pensez-vous de la performance de la société ? » ; « Proposez des solutions. »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Ajuster d'abord le préétabli à la production réelle : quantité préétablie = norme unitaire × production réelle.
  • Écart global = coût réel − coût préétabli ; positif = défavorable, négatif = favorable.
  • E/Q = (Qr − Qp) × CUp ; E/C = (CUr − CUp) × Qr ; contrôle : E/Q + E/C = écart global.
  • Origines : E/Q → production (gaspillage, rebuts, productivité) ; E/C → achats ou salaires (prix du marché, négociation, heures supplémentaires).
  • Proposer une solution par origine, chiffrée quand c'est possible.
Les pièges à vérifier dans ta démarche
  • Comparer le réel au budget établi pour une autre quantité produite.
  • Valoriser l'écart sur quantité au coût réel ou l'écart sur coût avec la quantité préétablie : la somme ne redonne plus l'écart global.
  • Inverser le signe (réel − préétabli positif = défavorable).
  • Conclure « aucun problème » sur un écart global nul ou favorable sans le décomposer.
Sujet principal

Dossier — contrôle des coûts (3 points), dans l'esprit des sessions 2016, 2022 et 2025

7 questionsCorrigé masqué

L'entreprise « CHEMISERIE EL AMEL » fabrique des chemises pour homme. Pour contrôler ses coûts du mois d'avril 2026, elle vous communique les données suivantes :

Annexe 1 — Coût préétabli d'une chemise

ÉlémentsQuantitéCoût unitaire
Tissu1,6 m9,000 D le m
Main d'œuvre directe (MOD)0,75 h6,000 D l'heure

Annexe 2 — Réalisations d'avril : le budget prévoyait 4 000 chemises ; la production réelle a été de 4 200 chemises. Consommations réelles : 6 930 m de tissu acheté à 8,800 D le m ; 3 024 heures de MOD payées 6,250 D l'heure. Le tissu et la MOD sont les seuls coûts variables de la chemise, vendue 30 D HTVA.

Travail à faire :

  1. Calculez le coût préétabli d'une chemise.
  2. Complétez le tableau d'analyse des écarts (quantités, coûts unitaires et montants réels et préétablis, écart global favorable ou défavorable) pour le tissu et la MOD. Justifiez les quantités préétablies retenues.
  3. Analysez l'écart global sur tissu en écart sur coût et écart sur quantité ; vérifiez que leur somme redonne l'écart global.
  4. Analysez de même l'écart global sur MOD. Que révèle cette décomposition ?
  5. Précisez les origines possibles des écarts constatés et proposez des solutions.
  6. Le directeur compare le coût réel total au budget initial de 4 000 chemises et conclut à un dépassement de 4 284 D. Pourquoi cette comparaison est-elle trompeuse ?
  7. Calculez la marge sur coût variable unitaire préétablie et réelle d'une chemise. Quelle est l'incidence des écarts sur le résultat du mois ?
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Coût préétabli = 1,6 × 9 + 0,75 × 6 = 14,400 + 4,500 = 18,900 D\boxed{18{,}900\text{ D}} par chemise.

2. Idée : on compare le réel au préétabli de la production réelle (4 200 chemises), sinon l'écart mélange l'efficacité et le volume. Tissu préétabli : 4 200 × 1,6 = 6 720 m ; MOD préétablie : 4 200 × 0,75 = 3 150 h.

ÉlémentsRéel (Q × CU)Montant réelPréétabli (Q × CU)Montant préétabliÉcart global
Tissu6 930 × 8,80060 9846 720 × 9,00060 480504 déf.
MOD3 024 × 6,25018 9003 150 × 6,00018 9000
Total79 88479 380504 déf.

Convention : écart = réel − préétabli ; positif, il est défavorable (on a dépensé plus que prévu) ; négatif, il est favorable.

3. Tissu. Idée : l'écart sur quantité est valorisé au coût préétabli, l'écart sur coût porte sur la quantité réelle.

E/Q=(6 930−6 720)×9E/Q = (6\,930 - 6\,720) \times 9
E/C=(8,8−9)×6 930E/C = (8{,}8 - 9) \times 6\,930

E/Q = + 1 890 D (défavorable) ; E/C = − 1 386 D (favorable) ; somme : 1 890 − 1 386 = 504 D deˊfavorable\boxed{504\text{ D défavorable}} = écart global.

4. MOD.

E/Q=(3 024−3 150)×6E/Q = (3\,024 - 3\,150) \times 6
E/C=(6,25−6)×3 024E/C = (6{,}25 - 6) \times 3\,024

E/Q (écart sur temps) = − 756 D (favorable) ; E/C (écart sur taux horaire) = + 756 D (défavorable) ; somme nulle. L'écart global nul cache deux écarts opposés : les ouvriers ont travaillé plus vite que prévu (0,72 h par chemise au lieu de 0,75 h), mais l'heure a coûté 0,250 D de plus. Un écart global nul ne dispense donc jamais de l'analyse.

5. Origines et solutions.

- Tissu, écart sur quantité défavorable : 1,65 m par chemise au lieu de 1,6 m, soit un gaspillage de 210 m (chutes de coupe, défauts du tissu, erreurs de placement des patrons). Solutions : contrôle qualité du tissu à la réception, optimisation du placement, formation des coupeurs, maintenance des machines de coupe.
- Tissu, écart sur coût favorable : prix obtenu inférieur au prévu (négociation, remise sur quantité, nouveau fournisseur). Vérifier que ce tissu moins cher n'est pas à l'origine des chutes supplémentaires.
- MOD : gain de productivité (meilleure organisation, primes au rendement) mais taux horaire plus élevé (heures supplémentaires, hausse des salaires). Solutions : planifier la production pour limiter les heures supplémentaires, revoir le standard de temps s'il est durablement dépassé.

6. Idée : un budget établi pour 4 000 chemises ne peut pas servir de référence à une production de 4 200. Budget initial : 4 000 × 18,900 = 75 600 D ; 79 884 − 75 600 = 4 284 D, dont 200 × 18,900 = 3 780 D s'expliquent seulement par les 200 chemises produites en plus. Il ne reste que 504 D de véritable dérive, soit 0,120 D par chemise (19,020 D réels contre 18,900 D prévus).

7. Idée : tissu et MOD étant les seuls coûts variables, tout écart sur ces coûts se retrouve dans la marge. M/CV unitaire préétablie = 30 − 18,900 = 11,100 D ; réelle = 30 − 19,020 = 10,980 D. Sur 4 200 chemises, la marge et donc le résultat du mois sont inférieurs de 0,120 × 4 200 = 504 D\boxed{504\text{ D}} à ce que prévoyait le standard : l'écart global défavorable est une perte de résultat. Sans l'économie de 1 386 D obtenue sur le prix du tissu, le seul gaspillage aurait amputé le résultat de 1 890 D.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : une seule matière pour une production conforme au budget, écart global défavorable dû au gaspillage malgré un prix favorable, puis jugement de la performance (principale 2016) ; tableau des coûts préétablis de la production réelle pour tous les éléments d'un flacon, puis décomposition sur la seule matière dominante (principale 2022) ; matières et MOD avec colonnes écart favorable / défavorable, analyse des deux écarts globaux et solutions (contrôle 2025).

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill CO-G.1 — un écart global favorable qui masque un gaspillage
Entraînement 01 / 02

Drill CO-G.1 — un écart global favorable qui masque un gaspillage

4 questionsCorrigé masqué

L'entreprise « PLASTIBAC » fabrique des bacs de rangement. Pour le mois de mai 2026, elle avait prévu d'utiliser 5 000 kg de polypropylène à 3,000 D le kg pour produire 2 000 bacs. Elle a effectivement produit 2 000 bacs, en consommant 5 300 kg de polypropylène payé 2,700 D le kg.

Travail à faire :

  1. Calculez l'écart global sur matière première et précisez sa nature.
  2. Analysez cet écart en faisant apparaître l'écart sur quantité et l'écart sur coût.
  3. Le responsable de production se félicite de l'écart global. Que pensez-vous de la performance de l'entreprise ? Que lui conseillez-vous ?
  4. Le prix du polypropylène revient à 3,000 D le kg le mois suivant, pour la même production. Si la consommation reste de 2,65 kg par bac (prix de vente et autres coûts variables conformes aux prévisions), de combien la marge sur coût variable du mois sera-t-elle inférieure à la prévision ?
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Coût réel = 5 300 × 2,700 = 14 310 D ; coût préétabli = 5 000 × 3 = 15 000 D (même production, aucun ajustement nécessaire). Écart global = 14 310 − 15 000 = −690 D, favorable\boxed{-690\text{ D, favorable}}.

2. Idée : décomposer, parce qu'un écart global peut additionner une bonne et une mauvaise nouvelle. E/Q = (5 300 − 5 000) × 3 = + 900 D (défavorable) ; E/C = (2,700 − 3) × 5 300 = − 1 590 D (favorable). Somme : 900 − 1 590 = − 690 D.

3. Idée : juger la performance de la production sur l'écart sur quantité, celle des achats sur l'écart sur coût. L'écart favorable vient uniquement du prix d'achat (0,300 D de moins par kg, mérite du service achats ou baisse du marché). La production, elle, n'est pas performante : 2,65 kg par bac au lieu de 2,5 kg, soit 6 % de matière gaspillée. Il faut contrôler les réglages des machines de moulage, les rebuts et la qualité de la matière, sans quoi le gaspillage réapparaîtra dès que le prix d'achat remontera.

4. Idée : sans baisse de prix pour le compenser, le gaspillage passe entièrement dans la marge. Surconsommation : 2 000 × (2,65 − 2,5) = 300 kg, valorisés au prix normal de 3 D : la marge sur coût variable du mois sera inférieure de 900 D\boxed{900\text{ D}} à la prévision, soit l'écart sur quantité, qui n'est plus masqué par le prix.

2 Drill CO-G.2 — fiche de coût préétabli d'un produit, écarts par élément et analyse de l'élément dominant
Entraînement 02 / 02

Drill CO-G.2 — fiche de coût préétabli d'un produit, écarts par élément et analyse de l'élément dominant

4 questionsCorrigé masqué

La conserverie « DOUCEURS DU NORD » fabrique de la confiture de fraises en pots. Le coût préétabli d'un pot est le suivant :

ÉlémentsCoût préétabli d'un pot
Fraises0,45 kg à 3,200 D le kg
Sucre0,3 kg à 1,500 D le kg
Emballage (pot et couvercle)0,350 D
Main d'œuvre directe0,02 h à 7 D l'heure
Autres charges de fabrication0,120 D

Les fraises, le sucre, les emballages et la MOD sont des coûts variables. Les autres charges de fabrication forment un coût fixe mensuel de 2 400 D (d'où 0,120 D par pot pour l'activité normale de 20 000 pots).

En juin 2026, 20 000 pots ont été fabriqués. Coûts réels : fraises 9 900 kg à 3,100 D ; sucre 5 950 kg à 1,520 D ; emballages 7 100 D ; MOD 410 h à 7 D ; autres charges 2 380 D.

Travail à faire :

  1. Calculez le coût préétabli d'un pot.
  2. Complétez le tableau de calcul des coûts préétablis de la production réelle, des coûts réels et des écarts globaux par élément (en précisant leur nature).
  3. Analysez l'écart global sur la consommation de fraises en faisant apparaître l'écart sur coût et l'écart sur quantité.
  4. Interprétez les écarts constatés sur les fraises et proposez des solutions pour diminuer le coût de production.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. 0,45 × 3,2 + 0,3 × 1,5 + 0,350 + 0,02 × 7 + 0,120 = 1,440 + 0,450 + 0,350 + 0,140 + 0,120 = 2,500 D\boxed{2{,}500\text{ D}}.

2. Idée : les normes unitaires des coûts variables sont multipliées par la production réelle (20 000 pots) ; le coût fixe préétabli reste de 2 400 D quelle que soit la production.

ÉlémentsPréétabliRéelÉcartNature
Fraises9 000 × 3,2 = 28 8009 900 × 3,1 = 30 6901 890déf.
Sucre6 000 × 1,5 = 9 0005 950 × 1,52 = 9 04444déf.
Emballages7 0007 100100déf.
MOD400 × 7 = 2 800410 × 7 = 2 87070déf.
Autres charges2 4002 380− 20fav.
Total50 00052 0842 084déf.

L'écart sur fraises représente à lui seul 1 890 / 2 084 ≈ 90,7 % de l'écart total : c'est l'élément à analyser.

3. E/Q = (9 900 − 9 000) × 3,2 = + 2 880 D (défavorable) ; E/C = (3,1 − 3,2) × 9 900 = − 990 D (favorable) ; somme = 1 890 D deˊfavorable\boxed{1\,890\text{ D défavorable}}.

4. Idée : l'écart sur quantité l'emporte : le problème est la consommation, pas le prix. On a utilisé 0,495 kg de fraises par pot au lieu de 0,45 kg (+ 10 %) : fruits abîmés écartés au tri, pertes à l'équeutage, rendement de cuisson plus faible. Le prix, lui, a été favorable (0,100 D de moins par kg). Solutions : exiger des fruits mieux calibrés du fournisseur (contrat de qualité), réduire le délai entre la récolte et la transformation, contrôler le dosage à la cuisson ; si la baisse de prix correspond à des fraises de moindre qualité, comparer l'économie de 990 D au gaspillage de 2 880 D avant de garder ce fournisseur.

Relier ce raisonnement au bac

Choisis une filière pour voir les sujets qui étayent ce scénario.