Dossier — Analyse de la situation financière, dans l'esprit des sessions 2015–2025
Dossier — Analyse de la situation financière. L'entreprise « CARREAUX EL AMEL » fabrique des carreaux de faïence. Fin 2025, son banquier s'inquiète de l'apparition de concours bancaires courants dans ses comptes. Le dirigeant vous communique les bilans fonctionnels de 2024 et 2025 (annexe A) et un tableau de ratios où figurent les valeurs de 2024 et celles du secteur (annexe n° 2).
Travail à faire :
- En exploitant l'annexe A, complétez les bilans fonctionnels condensés de 2024 et de 2025 (annexe n° 1).
- Pour chacune des deux années :
- calculez le fonds de roulement (FDR), le besoin en fonds de roulement (BFR) et la trésorerie nette (TN) ;
- vérifiez la trésorerie nette à partir de la trésorerie de l'actif et de la trésorerie du passif.
- Commentez l'évolution de l'équilibre financier de l'entreprise entre 2024 et 2025.
- Pour l'année 2025 :
- calculez les ratios de l'annexe n° 2 ;
- commentez-les dans le temps et dans l'espace.
- À partir des variations des postes de l'annexe A, expliquez les causes de la dégradation de la trésorerie nette.
- Proposez au moins deux solutions pour améliorer la situation financière de l'entreprise.
- Déterminez le montant minimal de ressources stables nouvelles qui rétablirait l'équilibre global en 2025, à BFR inchangé. Si ce montant était entièrement emprunté à moyen terme, quel serait le ratio d'autonomie financière ? Commentez.
Annexe A : Bilans fonctionnels au 31 décembre (sommes en dinars)
| Emplois | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Immobilisations incorporelles et corporelles (valeurs brutes) | 1 150 000 | 1 330 000 |
| Immobilisations financières | 50 000 | 50 000 |
| Stocks | 260 000 | 330 000 |
| Clients et comptes rattachés | 310 000 | 405 000 |
| Autres actifs courants | 30 000 | 25 000 |
| Liquidités et équivalents de liquidités | 90 000 | 15 000 |
| Total des emplois | 1 890 000 | 2 155 000 |
| Ressources | 2024 | 2025 |
|---|---|---|
| Ressources propres (capitaux propres, amortissements et provisions) | 1 000 000 | 1 060 000 |
| Emprunts (dettes financières) | 400 000 | 440 000 |
| Fournisseurs et comptes rattachés | 420 000 | 450 000 |
| Autres passifs courants | 70 000 | 65 000 |
| Concours bancaires courants | 0 | 140 000 |
| Total des ressources | 1 890 000 | 2 155 000 |
Annexe n° 1 (à compléter) : Bilans fonctionnels condensés (sommes en dinars)
| Emplois | 2024 | 2025 | Ressources | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| Emplois stables | … | … | Ressources propres | … | … |
| Actifs courants hors trésorerie | … | … | Dettes financières | … | … |
| Trésorerie de l'actif | … | … | Passifs courants hors trésorerie | … | … |
| Trésorerie du passif | … | … | |||
| Total | 1 890 000 | 2 155 000 | Total | 1 890 000 | 2 155 000 |
Annexe n° 2 (à compléter) : Ratios
| Ratios | 2024 | 2025 | Secteur |
|---|---|---|---|
| Autonomie financière = ressources propres / ressources stables | 71,43 % | … | 60 % |
| Financement des emplois stables = ressources stables / emplois stables | 1,17 | … | 1,20 |
| Liquidité générale = actifs courants / passifs courants | 1,41 | … | 1,50 |
| Liquidité immédiate = trésorerie de l'actif / passifs courants | 18,37 % | … | 15 % |
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1. Idée : chaque poste est classé selon sa fonction : les immobilisations brutes sont des emplois stables, les postes liés à l'exploitation vont dans les actifs ou passifs courants hors trésorerie, les liquidités et les concours bancaires courants forment la trésorerie.
Emplois stables : 1 150 000 + 50 000 = 1 200 000 D en 2024 ; 1 330 000 + 50 000 = 1 380 000 D en 2025. Actifs courants hors trésorerie : 260 000 + 310 000 + 30 000 = 600 000 D en 2024 ; 330 000 + 405 000 + 25 000 = 760 000 D en 2025. Passifs courants hors trésorerie : 420 000 + 70 000 = 490 000 D en 2024 ; 450 000 + 65 000 = 515 000 D en 2025.
| Emplois | 2024 | 2025 | Ressources | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|
| Emplois stables | 1 200 000 | 1 380 000 | Ressources propres | 1 000 000 | 1 060 000 |
| Actifs courants hors trésorerie | 600 000 | 760 000 | Dettes financières | 400 000 | 440 000 |
| Trésorerie de l'actif | 90 000 | 15 000 | Passifs courants hors trésorerie | 490 000 | 515 000 |
| Trésorerie du passif | 0 | 140 000 | |||
| Total | 1 890 000 | 2 155 000 | Total | 1 890 000 | 2 155 000 |
2.a Idée : les ressources stables sont les ressources propres augmentées des dettes financières. Ressources stables : 1 000 000 + 400 000 = 1 400 000 D en 2024 ; 1 060 000 + 440 000 = 1 500 000 D en 2025.
FDR = ressources stables − emplois stables : 1 400 000 − 1 200 000 = 200 000 D en 2024 ; 1 500 000 − 1 380 000 = 120 000 D en 2025.
BFR = actifs courants hors trésorerie − passifs courants hors trésorerie : 600 000 − 490 000 = 110 000 D en 2024 ; 760 000 − 515 000 = 245 000 D en 2025.
TN = FDR − BFR : 200 000 − 110 000 = 90 000 D en 2024 ; 120 000 − 245 000 = en 2025.
2.b TN = trésorerie de l'actif − trésorerie du passif : 90 000 − 0 = 90 000 D en 2024 et 15 000 − 140 000 = − 125 000 D en 2025 ; les deux calculs concordent.
| Indicateurs | 2024 | 2025 | Variation |
|---|---|---|---|
| FDR | 200 000 | 120 000 | − 80 000 |
| BFR | 110 000 | 245 000 | + 135 000 |
| TN | 90 000 | − 125 000 | − 215 000 |
3. Idée : juger d'abord l'équilibre minimum (FDR ≥ 0, les ressources stables couvrent les emplois stables), puis l'équilibre global (FDR ≥ BFR, c'est-à-dire TN ≥ 0).
En 2024, le FDR est positif et couvre le BFR (200 000 > 110 000) : l'équilibre minimum et l'équilibre global sont respectés, avec une trésorerie nette positive de 90 000 D.
En 2025, le FDR reste positif (120 000 D) : l'équilibre minimum est préservé, les ressources stables financent encore la totalité des emplois stables. En revanche, le FDR ne couvre plus le BFR (120 000 < 245 000) : l'équilibre global n'est plus respecté et la part du BFR non couverte, 125 000 D, est financée par les concours bancaires courants. Le FDR a baissé de 80 000 D pendant que le BFR augmentait de 135 000 D, d'où une chute de la trésorerie nette de 215 000 D.
4.a Pour 2025 : ressources stables = 1 500 000 D ; actifs courants = 760 000 + 15 000 = 775 000 D ; passifs courants = 515 000 + 140 000 = 655 000 D.
- Autonomie financière = 1 060 000 / 1 500 000 = 0,7067, soit 70,67 % ;
- Financement des emplois stables = 1 500 000 / 1 380 000 ≈ 1,09 ;
- Liquidité générale = 775 000 / 655 000 ≈ 1,18 ;
- Liquidité immédiate = 15 000 / 655 000 = 0,0229, soit 2,29 %.
| Ratios | 2024 | 2025 | Secteur |
|---|---|---|---|
| Autonomie financière | 71,43 % | 70,67 % | 60 % |
| Financement des emplois stables | 1,17 | 1,09 | 1,20 |
| Liquidité générale | 1,41 | 1,18 | 1,50 |
| Liquidité immédiate | 18,37 % | 2,29 % | 15 % |
4.b Idée : comparer chaque ratio à celui de 2024 (dans le temps) et à celui du secteur (dans l'espace), puis le relier au diagnostic de la question 3.
- Autonomie financière : presque stable (71,43 % → 70,67 %) et supérieure au secteur (60 %). L'entreprise reste indépendante de ses prêteurs et conserve une capacité d'endettement.
- Financement des emplois stables : il passe de 1,17 à 1,09, sous la norme du secteur (1,20). Les ressources stables ont moins augmenté que les investissements : le FDR est devenu insuffisant.
- Liquidité générale : de 1,41 à 1,18, contre 1,50 pour le secteur. Les actifs courants couvrent de moins en moins les dettes à court terme.
- Liquidité immédiate : de 18,37 % à 2,29 %, très loin des 15 % du secteur. L'entreprise ne pourrait plus régler immédiatement que 2,29 % de ses dettes courantes.
5. Idée : TN = FDR − BFR ; on cherche ce qui a fait baisser le FDR et ce qui a fait monter le BFR.
Baisse du FDR (− 80 000 D) : les emplois stables ont augmenté de 180 000 D (acquisitions d'immobilisations) alors que les ressources stables n'ont augmenté que de 100 000 D (60 000 D de ressources propres et 40 000 D d'emprunt). Une partie de l'investissement, 80 000 D, a donc été payée avec la trésorerie.
Hausse du BFR (+ 135 000 D) : les stocks augmentent de 70 000 D et les créances clients de 95 000 D, alors que les dettes fournisseurs n'augmentent que de 30 000 D ; les baisses de 5 000 D des autres actifs courants et des autres passifs courants se compensent. Le cycle d'exploitation immobilise bien plus de fonds que les fournisseurs n'en apportent.
6. Augmenter le FDR : augmentation du capital par apport en numéraire, emprunt à moyen ou long terme (l'autonomie financière, supérieure à celle du secteur, le rend possible), cession d'immobilisations non productives. Réduire le BFR : diminuer les stocks par une meilleure gestion des approvisionnements et de la production, raccourcir le crédit accordé aux clients (relances, escompte de règlement pour paiement comptant), négocier des délais plus longs auprès des fournisseurs.
7. Idée : à BFR inchangé, rétablir l'équilibre global revient à porter le FDR au niveau du BFR. Montant minimal = BFR − FDR = 245 000 − 120 000 = : la trésorerie nette passerait de − 125 000 D à 0.
Si ces 125 000 D sont empruntés, les ressources propres restent à 1 060 000 D et les ressources stables passent à 1 500 000 + 125 000 = 1 625 000 D :
soit une autonomie financière de 65,23 %, encore supérieure à la moyenne du secteur (60 %). L'entreprise peut donc emprunter ce montant sans perdre son indépendance financière, car ses ressources propres resteraient largement majoritaires dans ses ressources stables.