L'exercice de complexes paramétré de la principale : racine à vérifier, triangle sur le cercle unité, angle moitié, lieu d'un milieu, valeurs du paramètre
Idée directrice
L'exercice de complexes de la principale suit presque toujours le même fil : une équation du second degré à paramètre θ dont on vérifie une racine puis dont on obtient l'autre par le produit (ou la somme) ; les deux racines placent des points sur un cercle, qu'on construit en justifiant ; la factorisation par l'angle moitié (eia−eib) donne distances et angles ; on termine par un lieu quand θ varie et par la valeur de θ qui rend une figure isocèle ou rectangle.
Ce qui aide à reconnaître la démarche
« Vérifier que … est une solution de (Eθ) ; déterminer l'autre solution sous forme exponentielle » ; « construire le point … » ; « montrer que zM−zN=2sin2θei(…) » ; « déterminer l'ensemble des points I lorsque θ varie » ; « pour quelle valeur de θ le triangle est-il rectangle ? »
Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
Racine à vérifier : remplacer, factoriser la puissance commune ; l'autre racine par le produit ac ou la somme −ab.
Points sur le cercle unité : module 1 ; le quotient des affixes donne l'angle (rotation) et justifie la construction.
eia±eib : mettre ei2a+b en facteur ; vérifier le signe du coefficient réel avant de lire module et argument.
Lieu d'un point d'affixe reiφ(θ) : un arc de cercle, bornes données par l'intervalle de θ (ouvert ou fermé).
Triangle isocèle / rectangle : comparer les distances ou appliquer Pythagore en testant chaque sommet.
Les pièges à vérifier dans ta démarche
Donner 2sin2θ comme module sans vérifier que sin2θ>0 ; oublier que le lieu de I est un arc ouvert (les extrémités correspondent à θ=0 et θ=π, exclus) ; chercher l'angle droit seulement en A ; construire M2 « à vue » au lieu de le justifier par la rotation.
EX
Sujet principal
Exercice 1 — nombres complexes (4,5 points), dans l'esprit des sessions 2015–2024
6 questionsFigure fournieCorrigé masqué
Énoncé
Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). Soit θ∈]0,π[ et l'équation
(Eθ):z2−(1+i)eiθz+ie2iθ=0.
Vérifier que eiθ est une racine de (Eθ) et déterminer l'autre racine sous forme exponentielle.
On note A, M1 et M2 les points d'affixes respectives 1, eiθ et ieiθ, et C le cercle de centre O et de rayon 1 (voir la figure).
Montrer que le triangle OM1M2 est rectangle isocèle en O.
Sur la figure, construire le point M2 en justifiant la construction.
Montrer que eiθ−1=2sin2θei(2θ+2π). En déduire le module et un argument de eiθ−1, puis AM1 et une mesure de l'angle (u,AM1).
Soit I le milieu du segment [M1M2].
Montrer que l'affixe de I est 22ei(θ+4π).
Déterminer l'ensemble des points I lorsque θ décrit ]0,π[.
Montrer que la droite (M1M2) est tangente en I au cercle de centre O et de rayon 22.
Montrer que AM2=2sin(2θ+4π) et déterminer θ pour que le triangle AM1M2 soit isocèle en A.
Pour quelle valeur de θ le triangle AM1M2 est-il rectangle ? Préciser le sommet de l'angle droit.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.(eiθ)2−(1+i)eiθeiθ+ie2iθ=e2iθ(1−1−i+i)=0. Idée : le produit des racines vaut ac. L'autre racine z2 vérifie eiθz2=ie2iθ, d'où z2=ieiθ=ei(θ+2π).
2.aOM1=eiθ=1=OM2 et zM1zM2=i=ei2π, donc (OM1,OM2)≡2π[2π] : OM1M2 est rectangle isocèle en O.
2.bM2 est l'image de M1 par la rotation de centre O et d'angle 2π : c'est le point du cercle C tel que (OM2)⊥(OM1), obtenu en tournant de +2π (on trace la perpendiculaire à (OM1) en O, qui coupe C en deux points, et l'on garde celui qui correspond au sens direct).
3.Idée : mettre eiθ/2 en facteur.eiθ−1=ei2θ(ei2θ−e−i2θ)=ei2θ⋅2isin2θ=2sin2θei(2θ+2π). Comme 2θ∈]0,2π[, sin2θ>0 : c'est une écriture exponentielle, donc AM1=2sin2θ et (u,AM1)≡2θ+2π[2π].
4.bOI=22 et (u,OI)≡θ+4π décrit ]4π,45π[ : l'ensemble des points I est l'arc ouvert du cercle de centre O et de rayon 22 formé des points d'argument compris strictement entre 4π et 45π.
4.c Le triangle OM1M2 est isocèle en O et I est le milieu de [M1M2], donc (OI)⊥(M1M2). La droite (M1M2) est perpendiculaire en I au rayon [OI] du cercle de centre O et de rayon OI=22 : elle lui est tangente en I.
5. De même ieiθ−1=ei(θ+2π)−1=2sin(2θ+4π)ei(2θ+43π) avec 2θ+4π∈]4π,43π[, donc AM2=2sin(2θ+4π). Isocèle en A : sin2θ=sin(2θ+4π) ; les deux angles, dans ]0,43π[ et distincts, doivent être supplémentaires : 2θ+2θ+4π=π, soit θ=43π.
6.Idée : Pythagore avec M1M22=2, AM12=2−2cosθ, AM22=2+2sinθ. Angle droit en A : 4−2cosθ+2sinθ=2, soit sinθ−cosθ=−1, impossible sur ]0,π[ (sinθ>0 et −cosθ>−1). En M2 : 2−2cosθ=4+2sinθ, soit 2sin(θ+4π)=−1, impossible car θ+4π∈]4π,45π[ où sin>−22. En M1 : 2+2sinθ=4−2cosθ, soit sinθ+cosθ=1, c'est-à-dire 2sin(θ+4π)=1, d'où θ=2π : le triangle est alors rectangle en M1 (et [AM2] est un diamètre de C).
Changer d’énoncé, garder le raisonnement
Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.
Variantes rencontrées : racine réelle 32 à vérifier, tangente au cercle et triangle rectangle en M (principale 2024) ; équation z2−2eiθz+e2iθ−4=0 et points à distance 2 (principale 2022) ; extremum d'une distance AF2=4−23cos(θ+6π) (principale 2015) ; construction d'un point d'affixe ab par un demi-cercle (principales 2016 et 2018).
Exercices d'entraînement — une nuance à la fois
1Drill C-H.1 — aire du triangle AM1M2 en fonction de θ et valeur maximale
01
Entraînement 01 / 01
Drill C-H.1 — aire du triangle AM1M2 en fonction de θ et valeur maximale
3 questionsCorrigé masqué
Énoncé
Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé direct (O,u,v). Pour θ∈]0,π[, on considère les points A, M1, M2 d'affixes 1, eiθ et ieiθ.
Donner l'écriture algébrique du nombre complexe P=(zM1−1)(zM2−1).
On admet que l'aire du triangle AM1M2 est la moitié de la valeur absolue de la partie imaginaire de P. Montrer que cette aire vaut A(θ)=21(1+2sin(θ−4π)).
Déterminer la valeur de θ pour laquelle l'aire est maximale, et cette aire maximale.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.(e−iθ−1)(ieiθ−1)=i−e−iθ−ieiθ+1. Avec e±iθ=cosθ±isinθ : −e−iθ−ieiθ=−cosθ+isinθ−icosθ+sinθ. Donc le produit vaut (1+sinθ−cosθ)+i(1+sinθ−cosθ) : partie réelle et partie imaginaire sont toutes deux égales à 1+sinθ−cosθ.
2.sinθ−cosθ=2(22sinθ−22cosθ)=2sin(θ−4π). Pour θ∈]0,π[, θ−4π∈]−4π,43π[ et 2sin(θ−4π)>−1 : la partie imaginaire 1+sinθ−cosθ de P est strictement positive, donc A(θ)=21(1+2sin(θ−4π)).
3. L'aire est maximale quand sin(θ−4π)=1, soit θ=43π (qui est bien dans ]0,π[) : Amax=21+2. Pour cette valeur, AM12=2−2cos43π=2+2 et AM22=∣ieiθ−1∣2=2+2sin43π=2+2 : le triangle d'aire maximale est isocèle en A.
Relier ce raisonnement au bac
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