Propriétés du ln, équations et inéquations logarithmiques
Idée directrice
L'exercice mobilise les propriétés algébriques de ln : ln(ab)=lna+lnb, ln(a/b)=lna−lnb, ln(aα)=αlna, ainsi que la stricte croissance de ln sur ]0;+∞[. Résoudre une équation revient à isoler le logarithme (ou l'exponentielle) puis à appliquer la bijectivité ; pour une inéquation, bien penser à préserver le signe (puisque ln est croissante, lnu>lnv⇔u>v pour u,v>0).
Signature de reconnaissance — l'énoncé se trahit ainsi
« Résoudre dans R : ln(⋯)+ln(⋯)=ln(⋯) » ; « En posant t=lnx, résoudre l'inéquation » ; « Résoudre l'équation e2x−⋯ex+⋯=0 ».
EX
Sujet principal
Exercice 1 — logarithmes : calculs et résolution
5 questionsCorrigé masqué
Énoncé
Partie A — Calculs algébriques. En utilisant les propriétés du logarithme, écrire sous la forme aln2+bln3 (avec a,b∈Q) :
ln(418)
ln(72)−ln(8)
Partie B — Équations et inéquations. Résoudre dans R (ou sur le domaine de définition approprié) :
ln(2x−1)+ln(x+3)=ln(10)
2(lnx)2−3lnx+1≤0 (poser t=lnx).
e2x−3ex+2=0 (poser u=ex).
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A.1Idée : lna=21lna et lnba=lna−lnb.ln418=21ln18−ln4=21(ln2+2ln3)−2ln2=−23ln2+ln3.
A.2ln72−ln8=ln872=ln9=2ln3.
B.1Idée : conditions d'existence d'abord, puis lna+lnb=ln(ab) et injectivité de ln. Il faut 2x−1>0 et x+3>0, soit x>21. Alors ln((2x−1)(x+3))=ln10⟺2x2+5x−3=10⟺2x2+5x−13=0 ; Δ=25+104=129, racines 4−5±129. Seule 4−5+129≈1,59>21 est recevable.
S1={4−5+129}
B.2Idée : poser t=lnx.2t2−3t+1≤0 a pour racines 21 et 1, donc 21≤t≤1 (trinôme négatif entre ses racines), soit 21≤lnx≤1⟺e≤x≤e (exp croissante).
S2=[e;e]
B.3Idée : poser u=ex>0.u2−3u+2=(u−1)(u−2)=0, donc u=1 ou u=2, soit x=0 ou x=ln2 (les deux valeurs de u sont bien strictement positives).
S3={0;ln2}
Exercices d'entraînement — une nuance à la fois
01
Entraînement 01 / 04
Drill LN-B.2 — limite en 0+ et forme indéterminée
1 questionCorrigé masqué
Énoncé
Calculer x→0+limxln(1+x) puis x→1limx−1lnx.
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On a : xln(1+x)→1 quand x→0 (nombre dérivé de ln en 1, ou limite usuelle). On pose X=x−1→0 pour la seconde : Xln(1+X)→1. On obtient les deux limites égales à 1.
02
Entraînement 02 / 04
Drill LN-B.3 — inéquation
2 questionsCorrigé masqué
Énoncé
On travaille sur le domaine de définition de ln(2x−3).
Déterminer l'ensemble de définition de l'inéquation ln(2x−3)≤0.
Résoudre ln(2x−3)≤0 et écrire la solution sous forme d'intervalle.
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Résoudre dans R l'équation logarithmique suivante, en précisant le domaine.
Écrire la condition de définition de ln(x−1)+ln(x+2)=ln4.
Résoudre l'équation et conclure.
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1. Il faut x−1>0 et x+2>0, i.e. x>1.
2. Sur ]1,+∞[ : ln((x−1)(x+2))=ln4⟺(x−1)(x+2)=4⟺x2+x−6=0⟺(x+3)(x−2)=0. Les racines sont −3 (rejetée) et 2 (admise). Conclusion : S={2}.
04
Entraînement 04 / 04
Drill LN-B.x — g(x)=x+12−ln(x+1) : zéro unique et une primitive à vérifier (2024)
2 questionsCorrigé masqué
Énoncé
Soit g la fonction définie sur ]−1;+∞[ par g(x)=x+12−ln(x+1).
Étudier le sens de variation de g et calculer g(0) et g(e−1). En déduire que l'équation g(x)=0 admet une unique solution α et que 0<α<e−1.
Montrer que pour tout x>−1, ∫0x(t−1)ln(t+1)dt=21(x2−2x−3)ln(x+1)+41(6x−x2).
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1.Idée : dériver, puis théorème des valeurs intermédiaires sur une fonction strictement monotone.g′(x)=−(x+1)22−x+11<0 sur ]−1;+∞[ : g est strictement décroissante et continue. g(0)=2−ln1=2>0 ; g(e−1)=e2−lne=e2−1<0 car e>2. D'après le théorème des valeurs intermédiaires, g s'annule une et une seule fois sur ]0;e−1[ ; l'unicité sur tout l'intervalle vient de la stricte monotonie. 0<α<e−1
2.Idée : au lieu d'intégrer par parties, dériver le second membre et vérifier qu'il vaut 0 en x=0. Posons H(x)=21(x2−2x−3)ln(x+1)+41(6x−x2). Alors
car 2x−3+23−x=0. De plus H(0)=21(−3)ln1+0=0. H est donc la primitive de t↦(t−1)ln(t+1) qui s'annule en 0, c'est-à-dire ∫0x(t−1)ln(t+1)dt. (Une intégration par parties avec u=ln(t+1), v′=t−1 redonne le même résultat.)
Méthode / Automatismes
Conditions d'existence : vérifier x>0 (ou les arguments de chaque ln) avant de résoudre. Les solutions hors domaine sont rejetées.
Somme de ln : lnA+lnB=ln(AB), utilisé pour regrouper avant d'appliquer la bijectivité de ln.
Inéquations : ln est croissante, donc lnu≤lnv⇔u≤v (pour u,v>0). Ne jamais perdre la condition >0.
Substitution : t=lnx ou u=ex ramène les équations transcendantes à des polynômes de degré 2.
Pièges classiques
Omettre les conditions d'existence (rejeter les solutions rendant un argument ≤0). Écrire ln(a+b)=lna+lnb (faux — pas de propriété additive de ln). Oublier de revenir à x après substitution (u=ex⇒x=lnu, pas x=u).
Variantes rencontrées : Équations de la forme a(lnx)2+blnx+c=0 avec trois solutions (discriminant nul) ; inéquations lnf(x)>k avec étude du signe de f(x)−ek.