Aller au contenu

Un mot pour Fahmio

Tu écris. Tu continues.

Un problème, une idée — assez pour qu’on comprenne, puis tu retournes à ta copie.

On lit. Tu n’as rien d’autre à faire.

Où veux-tu aller ?

↑ ↓ pour parcourir · Entrée pour ouvrir · Échap pour fermer

Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
S-AIsométries et similitudes

Déplacement défini par les images de deux points

Idée directrice

Quand un déplacement est donné par les images de deux points distincts — « il existe un unique déplacement ff tel que f(A)=A′f(A)=A' et f(B)=B′f(B)=B' » — on décide d'abord s'il s'agit d'une translation (AA′→=BB′→\overrightarrow{AA'}=\overrightarrow{BB'}) ou d'une rotation (sinon, d'angle (AB→,A′B′→)(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{A'B'})). Le point fixe de la rotation s'obtient comme intersection des médiatrices de [AA′][AA'] et [BB′][BB']. C'est l'entrée la plus fréquente du bac sur les isométries, bien avant toute écriture en nombres complexes.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« il existe un unique déplacement ff tel que f(A)=A′f(A)=A' et f(B)=B′f(B)=B' » ; « préciser la nature de ff » ; « déterminer le centre et l'angle de la rotation »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Existence/unicité : si AB=A′B′≠0AB=A'B'\neq 0, il existe un unique déplacement ff avec f(A)=A′f(A)=A' et f(B)=B′f(B)=B'.
  • Test translation : AA′→=BB′→\overrightarrow{AA'}=\overrightarrow{BB'} ⇒\Rightarrow translation ; sinon rotation d'angle (AB→,A′B′→)(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{A'B'}).
  • Point fixe d'une rotation : intersection des médiatrices de [AA′][AA'] et [BB′][BB'] (ou résolution f(Ω)=Ωf(\Omega)=\Omega).
  • Ne forcer une rotation que si l'angle n'est pas un multiple de 2π2\pi ; si les vecteurs sont égaux, c'est une translation.
Les pièges à vérifier dans ta démarche

Conclure « rotation » sans vérifier que AA′→≠BB′→\overrightarrow{AA'}\neq\overrightarrow{BB'}. Oublier l'unicité (il existe aussi un antidéplacement qui réalise les mêmes images). Chercher le point fixe par une formule d'affixes avant d'avoir identifié la nature géométrique du déplacement.

Sujet principal

Exercice — unique déplacement envoyant deux points sur deux points

5 questionsFigure fournieCorrigé masqué

Soit OABCOABC un carré de sens direct. On note II le milieu de [OB][OB] (également milieu de [AC][AC]). On rappelle qu'une isométrie qui conserve l'orientation est un déplacement, et qu'un déplacement non trivial est soit une translation, soit une rotation.

  1. Justifier qu'il existe un unique déplacement ff tel que f(O)=Af(O)=A et f(A)=Bf(A)=B.
  2. Montrer que ce déplacement ff n'est pas une translation. En déduire que ff est une rotation, et préciser une mesure de son angle (OA→,AB→)(\overrightarrow{OA},\overrightarrow{AB}).
  3. Déterminer Le centre Ω\Omega de la rotation ff comme intersection des médiatrices de [OA][OA] et de [AB][AB]. Vérifier que Ω\Omega coïncide avec II.
  4. Calculer f(C)f(C) et f(I)f(I). En déduire la nature de l'isométrie f∘ff\circ f (rotation d'angle π\pi autour du même centre).
  5. On munit le plan du repère orthonormé direct (O;OA→,OC→)(O;\overrightarrow{OA},\overrightarrow{OC}). Déterminer l'écriture complexe de la rotation ff.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : existence et unicité d'un déplacement défini par deux images. On a OA=ABOA=AB (côtés du carré) et O≠AO\neq A, A≠BA\neq B. Or, pour tout couple de points distincts (M,N)(M,N) et (M′,N′)(M',N') tels que MN=M′N′≠0MN=M'N'\neq 0, il existe un unique déplacement envoyant MM sur M′M' et NN sur N′N'. Ici OA=AB≠0OA=AB\neq 0, d'où l'existence et l'unicité du déplacement ff tel que f(O)=Af(O)=A et f(A)=Bf(A)=B. f unique deˊplacement avec f(O)=A,  f(A)=B\boxed{f\text{ unique déplacement avec }f(O)=A,\;f(A)=B}

2. Idée : translation si et seulement si les deux vecteurs images coïncident. On compare OA→\overrightarrow{OA} et AB→\overrightarrow{AB}. Dans le carré de sens direct, AB→\overrightarrow{AB} s'obtient en tournant OA→\overrightarrow{OA} d'un angle π2\dfrac{\pi}{2}, donc OA→≠AB→\overrightarrow{OA}\neq\overrightarrow{AB}. Par suite ff n'est pas une translation. Un déplacement qui n'est pas une translation est une rotation ; son angle est (OA→,AB→)≡π2  [2π](\overrightarrow{OA},\overrightarrow{AB})\equiv\dfrac{\pi}{2}\;[2\pi]. f=rotation d’angle π/2\boxed{f=\text{rotation d'angle }\pi/2}

3. Idée : le centre d'une rotation est sur chaque médiatrice d'un segment joignant un point à son image. Le centre Ω\Omega de ff vérifie ΩO=ΩA\Omega O=\Omega A et ΩA=ΩB\Omega A=\Omega B, donc Ω\Omega appartient à la médiatrice de [OA][OA] et à celle de [AB][AB]. Ces deux médiatrices se coupent en un unique point, le centre II du carré, milieu de [OB][OB] et de [AC][AC]. Or II est équidistant de OO et AA, et de AA et BB, d'où Ω=I\Omega=I, ce qui prouve que ff est la rotation de centre II et d'angle π2\dfrac{\pi}{2}. Ω=I\boxed{\Omega=I}

4. Idée : une rotation d'angle π/2\pi/2 autour de II envoie les sommets du carré sur les sommets suivants. La rotation de centre II et d'angle π/2\pi/2 qui envoie OO sur AA envoie AA sur BB, BB sur CC et CC sur OO ; elle fixe II. Donc f(C)=Of(C)=O et f(I)=If(I)=I. Par suite f∘ff\circ f est la rotation de même point fixe II et d'angle π\pi (isométrie involutive non identité). f(C)=O,  f(I)=I,  f∘f=rotation d’angle π\boxed{f(C)=O,\;f(I)=I,\;f\circ f=\text{rotation d'angle }\pi}

5. Idée : l'écriture d'une rotation de centre ω\omega et d'angle θ\theta est z′−ω=eiθ(z−ω)z'-\omega=e^{i\theta}(z-\omega). Dans le repère orthonormé direct (O;OA→,OC→)(O;\overrightarrow{OA},\overrightarrow{OC}), l'affixe de II est 1+i2\dfrac{1+\i}{2} et l'angle est π2\dfrac{\pi}{2}, d'où eiπ/2=ie^{i\pi/2}=\i. On obtient z′−1+i2=i(z−1+i2)z'-\dfrac{1+\i}{2}=\i\Bigl(z-\dfrac{1+\i}{2}\Bigr), soit z′=iz+1z'=\i z+1. z′=iz+1\boxed{z'=\i z+1}

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill S-A.1 — cas translation : ne pas forcer une rotation
Entraînement 01 / 03

Drill S-A.1 — cas translation : ne pas forcer une rotation

3 questionsFigure fournieCorrigé masqué

Soit ABCDABCD un parallélogramme non rectangle de sens direct, de centre II (milieu de [AC][AC] et de [BD][BD]). On s'intéresse à l'isométrie qui conserve l'orientation : un déplacement est soit une translation, soit une rotation.

  1. Justifier qu'il existe un unique déplacement ff tel que f(A)=Bf(A)=B et f(D)=Cf(D)=C.
  2. Comparer AB→\overrightarrow{AB} et DC→\overrightarrow{DC}. En déduire que ff est une translation, et préciser son vecteur.
  3. Pourquoi ff n'est-elle pas une rotation ? Que devient le critère d'angle (AD→,BC→)(\overrightarrow{AD},\overrightarrow{BC}) dans ce cas ?
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : existence/unicité. Dans le parallélogramme, AD=BCAD=BC et A≠DA\neq D. Il existe donc un unique déplacement ff tel que f(A)=Bf(A)=B et f(D)=Cf(D)=C (images de deux points distincts à distances égales). f unique deˊplacement,  f(A)=B,  f(D)=C\boxed{f\text{ unique déplacement},\;f(A)=B,\;f(D)=C}

2. Idée : translation si et seulement si les deux vecteurs images coïncident. Par définition du parallélogramme, AB→=DC→\overrightarrow{AB}=\overrightarrow{DC}. Or AB→\overrightarrow{AB} joint AA à f(A)=Bf(A)=B, et DC→\overrightarrow{DC} joint DD à f(D)=Cf(D)=C : les deux vecteurs coïncident, ce qui prouve que ff est la translation de vecteur AB→\overrightarrow{AB}. f=tAB→\boxed{f=t_{\overrightarrow{AB}}}

3. Idée : une translation non nulle n'a aucun point fixe, une rotation en a exactement un. Si ff était une rotation de centre Ω\Omega, ce point serait fixe ; or AB→≠0⃗\overrightarrow{AB}\neq\vec 0, donc ff ne fixe aucun point — en particulier II, milieu de [AC][AC], vérifie f(I)≠If(I)\neq I. Par suite ff n'est pas une rotation. Le critère d'angle le confirme : AD→=BC→\overrightarrow{AD}=\overrightarrow{BC} dans le parallélogramme, donc (AD→,BC→)≡0  [2π](\overrightarrow{AD},\overrightarrow{BC})\equiv 0\;[2\pi] — un angle nul, qui interdit de conclure à une rotation. f translation, pas rotation\boxed{f\text{ translation, pas rotation}}

2 Drill S-A.2 — rotation d'angle π\pi (symétrie centrale)
Entraînement 02 / 03

Drill S-A.2 — rotation d'angle π\pi (symétrie centrale)

3 questionsFigure fournieCorrigé masqué

Soit ABCDABCD un losange qui n'est pas un carré, de sens direct, de centre II. On considère le déplacement ff défini par f(A)=Cf(A)=C et f(B)=Df(B)=D. On rappelle qu'un déplacement est une translation ou une rotation ; une rotation d'angle π\pi est une isométrie appelée aussi symétrie centrale.

  1. Justifier l'existence et l'unicité du déplacement ff tel que f(A)=Cf(A)=C et f(B)=Df(B)=D.
  2. Montrer que ff n'est pas une translation, puis prouver que ff est la rotation d'angle π\pi de centre II.
  3. En déduire f∘ff\circ f et la nature de l'isométrie f∘ff\circ f.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : deux points distincts et deux images à la même distance. Dans le losange, AB=CDAB=CD (tous les côtés sont égaux) et A≠BA\neq B. Or, pour deux points distincts et deux images séparées de la même distance, il existe un unique déplacement réalisant ces images. Par suite il existe un unique déplacement ff tel que f(A)=Cf(A)=C et f(B)=Df(B)=D. f unique deˊplacement,  f(A)=C,  f(B)=D\boxed{f\text{ unique déplacement},\;f(A)=C,\;f(B)=D}

2. Idée : angle π\pi via les côtés opposés. Dans le losange ABCDABCD, les côtés opposés vérifient CD→=−AB→\overrightarrow{CD}=-\overrightarrow{AB}, donc (AB→,CD→)≡π  [2π](\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})\equiv\pi\;[2\pi] : les deux vecteurs ne sont pas égaux, par suite ff n'est pas une translation. Un déplacement qui n'est pas une translation est une rotation, et l'angle de ff est (AB→,CD→)≡π(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{CD})\equiv\pi. Son centre est équidistant de AA et CC d'une part, de BB et DD d'autre part : c'est le point de concours des diagonales, c'est-à-dire II, milieu commun de [AC][AC] et de [BD][BD]. Conclusion : ff est la rotation de centre II et d'angle π\pi, autrement dit la symétrie centrale de centre II, qui échange les deux sommets de chaque diagonale. f=rotation de point fixe I et d’angle π\boxed{f=\text{rotation de point fixe }I\text{ et d'angle }\pi}

3. Idée : les angles s'ajoutent quand les rotations ont le même point fixe. f∘ff\circ f est la rotation de centre II et d'angle π+π=2π≡0  [2π]\pi+\pi=2\pi\equiv 0\;[2\pi], c'est-à-dire l'identité. On retrouve qu'une rotation d'angle π\pi — une symétrie centrale — est involutive. f∘f=id\boxed{f\circ f=\mathrm{id}}

3 Drill S-A.3 — les deux déplacements qui envoient [AB][AB] sur [AC][AC] dans un triangle équilatéral
Entraînement 03 / 03

Drill S-A.3 — les deux déplacements qui envoient [AB][AB] sur [AC][AC] dans un triangle équilatéral

4 questionsFigure fournieCorrigé masqué

Dans le plan orienté, ABCABC est un triangle équilatéral tel que (AB→,AC→)≡π3 [2π]\left(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\right)\equiv\frac{\pi}{3}\,[2\pi]. On note GG son centre de gravité.

  1. Justifier qu'il existe un unique déplacement f1f_1 tel que f1(A)=Af_1(A)=A et f1(B)=Cf_1(B)=C, et le caractériser.
  2. Justifier qu'il existe un unique déplacement f2f_2 tel que f2(B)=Af_2(B)=A et f2(A)=Cf_2(A)=C. Déterminer une mesure de son angle.
  3. Montrer que f2f_2 est la rotation de centre GG ; en déduire f2(C)f_2(C).
  4. Déterminer la nature et les éléments de f2∘f2∘f2f_2\circ f_2\circ f_2.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. AB=ACAB=AC : il existe un unique déplacement envoyant AA sur AA et BB sur CC. Il fixe AA et n'est pas l'identité : c'est la rotation de centre AA et d'angle (AB→,AC→)≡π3\left(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\right)\equiv\frac{\pi}{3}.

2. BA=ACBA=AC : f2f_2 existe et est unique. Son angle est (BA→,AC→)=(BA→,AB→)+(AB→,AC→)≡π+π3≡−2π3 [2π]\left(\overrightarrow{BA},\overrightarrow{AC}\right)=\left(\overrightarrow{BA},\overrightarrow{AB}\right)+\left(\overrightarrow{AB},\overrightarrow{AC}\right)\equiv\pi+\frac{\pi}{3}\equiv-\frac{2\pi}{3}\,[2\pi] ; ce n'est pas une translation.

3. Idée : le centre d'une rotation est à égale distance d'un point et de son image, sur la médiatrice. Le centre de f2f_2 est sur la médiatrice de [BA][BA] et sur celle de [AC][AC], qui se coupent au centre du cercle circonscrit, c'est-à-dire en GG (triangle équilatéral). Donc f2f_2 est la rotation de centre GG et d'angle −2π3-\frac{2\pi}{3}. Elle permute les sommets : f2(C)=Bf_2(C)=B (car GC=GBGC=GB et (GC→,GB→)≡−2π3\left(\overrightarrow{GC},\overrightarrow{GB}\right)\equiv-\frac{2\pi}{3}).

4. f2∘f2∘f2f_2\circ f_2\circ f_2 est la rotation de centre GG et d'angle 3×(−2π3)=−2π≡03\times\left(-\frac{2\pi}{3}\right)=-2\pi\equiv0 : c'est l'identité du plan (elle fixe d'ailleurs AA, BB et CC).

Relier ce raisonnement au bac

Choisis une filière pour voir les sujets qui étayent ce scénario.

Autres repères du catalogue · toutes filières

Autres sujets de référence

Bac 2020 — session principale· Exercice 1 (géométrie)lien confirméL'antidéplacement est défini par les images de deux points : le test des médiatrices tranche entre réflexion et symétrie glissante, la rotation apparaît comme composée.
Bac 2023 — session principale (couverture partielle)· Exercice 2 (isométries et similitudes)lien confirméUnique déplacement par deux images → rotation → losange ; puis similitude directe et homothétie.