Exercice — pendule élastique en oscillations forcées (6,5 points), dans l'esprit des sessions 2015–2026
Un pendule élastique horizontal est constitué d'un solide de masse , attaché à l'une des extrémités d'un ressort à spires non jointives, de masse négligeable et de raideur , dont l'autre extrémité est fixe. Le solide coulisse le long d'une tige horizontale et subit des frottements visqueux équivalents à une force , où est une constante positive. À l'équilibre, le centre d'inertie de coïncide avec l'origine d'un repère porté par l'axe du ressort.
Un excitateur exerce sur une force , d'amplitude constante et de fréquence réglable. En régime permanent, l'élongation de s'écrit . Un dispositif approprié enregistre simultanément et ; pour une fréquence , on obtient les courbes et de la figure 1.
- Étude des enregistrements.
- En appliquant la deuxième loi de Newton au solide , établir l'équation différentielle .
- Justifier que la courbe correspond à .
- Déterminer graphiquement les valeurs de , de et de , puis, à partir du décalage horaire entre les deux courbes, celle de la phase initiale .
- La figure 2 (à compléter) représente la construction de Fresnel inachevée, à la fréquence , relative à l'équation différentielle précédente ; le vecteur , de longueur , est associé à .
- En respectant l'échelle , compléter la construction en représentant les vecteurs , et associés respectivement à , à et à .
- En déduire les valeurs de , de et de .
- Étude théorique.
- En exploitant la construction de Fresnel pour une fréquence inférieure à la fréquence propre de l'oscillateur, montrer que .
- Montrer que prend sa plus grande valeur pour la fréquence telle que . Nommer le phénomène qui se produit à .
- Établir la condition que doit vérifier pour que ce phénomène puisse se produire ; calculer la valeur limite et conclure pour l'oscillateur étudié.
- Montrer que l'amplitude de la vitesse s'écrit ; en déduire qu'elle est maximale pour , exprimer cette valeur maximale et préciser alors le déphasage entre et .
- En gardant constante, on fait varier la fréquence ; pour chaque valeur on mesure et on détermine . On obtient les courbes (a) et (b) de la figure 3.
- Justifier que la courbe (b) représente l'évolution de en fonction de .
- Préciser les valeurs de et de . Nommer le phénomène dont l'oscillateur est le siège pour .
- En exploitant la figure 3, retrouver les valeurs de , de et de .
- On augmente le coefficient de frottement jusqu'à . Préciser, en le justifiant, comment sont modifiés la valeur de aux très basses fréquences, puis la fréquence et la hauteur du maximum de la courbe . Que devient cette courbe si le coefficient de frottement dépasse ?
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1.a Idée : isoler le solide et projeter sur l'axe du mouvement. Système : le solide , dans le référentiel terrestre supposé galiléen. Forces : le poids et la réaction de la tige (verticales, elles se compensent), la tension du ressort , la force de frottement et la force excitatrice . D'après la deuxième loi de Newton, ; en projection sur l'axe : , d'où l'équation différentielle .
1.b Idée : la force excitatrice a une phase initiale nulle. et croît à : sa courbe passe par zéro en croissant à l'origine des dates. C'est le cas de ; vaut environ à , sa phase initiale n'est pas nulle : c'est l'élongation .
1.c D'après les courbes : (amplitude de ) et . Les deux courbes ont la même période , donc .
Idée : un décalage horaire correspond à un déphasage . est maximale à et à : l'élongation est en retard de sur la force, et . Comme et que est en retard : . Contrôle : , la valeur lue sur .
2.a Idée : dériver une fonction sinusoïdale avance sa phase de ; chaque terme de l'équation devient un vecteur de Fresnel dont la phase se déduit de .
- : donné, .
- : opposé à , donc est sur le segment .
- : perpendiculaire à , en avance de .
- : sur l'axe des phases, et .
On trace () sur l'axe des phases ; est le pied de la perpendiculaire menée de à la droite . On mesure , donc , et .
2.b représente : .
représente , avec : .
représente , avec : .
3.a Idée : pour , : le point reste entre et et le triangle est rectangle en . , et . D'après le théorème de Pythagore, :
d'où .
3.b Idée : est maximale quand le radicande est minimal ; on le dérive par rapport à . Posons :
La dérivée s'annule pour , soit , et : c'est bien un minimum de , donc un maximum de . Avec : , et . C'est la résonance d'élongation (ou d'amplitude).
3.c Le phénomène n'existe que si , soit , c'est-à-dire : . AN : . Ici : la résonance d'élongation peut se produire.
3.d Idée : , donc ; on fait entrer sous le radical.
En divisant le numérateur et le dénominateur par :
Le numérateur est constant : est maximale quand , soit , c'est-à-dire pour , quel que soit . Alors . Sur la construction de Fresnel, donne : le vecteur associé à se confond avec , donc est en phase avec (et ).
4.a Idée : comparer les deux courbes aux très basses fréquences. Quand , (allongement statique), alors que . La courbe (b) part de et la courbe (a) part de : (b) représente . De plus, le maximum de (b) est à gauche de celui de (a), comme .
4.b D'après la figure 3 : maximum de (b), ; maximum de (a), . Pour , l'amplitude de la vitesse est maximale : l'oscillateur est le siège de la résonance de vitesse, analogue mécanique de la résonance d'intensité du circuit RLC série ; et sont en phase.
4.c Au maximum de (a), et : . De on tire :
avec et : . Puis . Aux erreurs de lecture près, on retrouve les valeurs de la question 2.b.
4.d Idée : le frottement n'intervient pas dans , mais il abaisse et décale le maximum. Aux très basses fréquences, : même point de départ. Comme , la résonance d'élongation subsiste, mais diminue : le maximum se produit à plus basse fréquence (). Pour toute fréquence non nulle, le terme du radicande augmente, donc diminue : la courbe passe en dessous de (b) et son maximum est plus bas (environ d'après la relation de 3.a) ; la résonance est floue. Si le coefficient de frottement dépasse , n'existe plus : décroît constamment depuis , il n'y a plus de résonance d'élongation (la résonance de vitesse, elle, reste à ).