Exercice — étude d'un document scientifique
Document — comment on a fini par obtenir un courant à partir d'un aimant (texte reconstruit d'après l'histoire de la découverte du courant induit).
Dès 1820, l'expérience d'Œrsted montre qu'un courant électrique crée un champ magnétique dans l'espace qui l'entoure. Plusieurs physiciens cherchent alors l'effet réciproque : obtenir un courant à partir d'un aimant. Vers 1825, l'un d'eux place un aimant puissant à l'intérieur d'une bobine de cuivre reliée à un galvanomètre très sensible, puis s'éloigne dans la pièce voisine pour lire l'aiguille sans que l'aimant ne perturbe l'appareil. À son arrivée devant le galvanomètre, l'aiguille est parfaitement immobile. Le dispositif était pourtant correct.
Le 29 août 1831, Michael Faraday enroule deux bobines, soigneusement isolées l'une de l'autre, autour d'un même anneau de fer. La première est reliée à une pile par un interrupteur, la seconde à un galvanomètre. À la fermeture de l'interrupteur, l'aiguille dévie brusquement puis revient à zéro ; à l'ouverture, elle dévie de nouveau, en sens contraire. Faraday note « un effet net, mais passager ».
Le 17 octobre 1831, il obtient le même résultat sans aucune pile : il suffit d'enfoncer rapidement un aimant droit dans une bobine, ou de l'en retirer. Le galvanomètre ne dévie que pendant le déplacement de l'aimant.
En 1834, Heinrich Lenz énonce la règle qui donne le sens du courant ainsi produit.
- Nommer le phénomène physique commun aux trois expériences décrites dans le document.
- Relever dans le texte la caractéristique de ce phénomène qui explique l'échec de l'expérience de 1825.
- Préciser, pour chacune des deux expériences de Faraday, ce qui joue le rôle d'inducteur et ce qui joue le rôle d'induit :
- l'expérience du 29 août 1831 (deux bobines sur un anneau de fer) ;
- l'expérience du 17 octobre 1831 (aimant droit enfoncé dans une bobine).
- Sens du courant :
- énoncer la loi de Lenz ;
- on approche rapidement le pôle nord d'un aimant droit de la face A d'une bobine plate reliée à un microampèremètre. Préciser, en le justifiant, la nature (nord ou sud) que prend la face A pendant l'approche ;
- en déduire si, vue de l'extérieur du côté de la face A, l'intensité du courant induit circule dans le sens horaire ou dans le sens antihoraire.
- On réalise maintenant un circuit RL série : un générateur idéal de force électromotrice , un interrupteur, une résistance et une bobine d'inductance et de résistance interne négligeable. À la fermeture de l'interrupteur, l'intensité ne prend pas instantanément sa valeur finale .
- nommer le phénomène responsable de ce retard et préciser ce qui joue ici le rôle d'inducteur et d'induit ;
- écrire la loi des mailles puis en déduire l'équation différentielle vérifiée par ;
- expliquer, à l'aide de la loi de Lenz, pourquoi l'établissement du courant est progressif.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche
1. Idée : le texte décrit trois dispositifs différents pour un seul phénomène. Dans les trois cas, un courant apparaît dans un circuit fermé qui n'est relié à aucune source : c'est le phénomène d'induction électromagnétique.
2. Le texte dit que « le galvanomètre ne dévie que pendant le déplacement de l'aimant » et parle d'« un effet net, mais passager ». Le courant induit est donc transitoire : il n'existe que tant que le champ magnétique traversant la bobine varie. L'expérimentateur de 1825 laissait l'aimant immobile dans la bobine pendant qu'il gagnait la pièce voisine ; quand il regardait enfin l'aiguille, la variation était terminée depuis longtemps.
3. Idée : l'inducteur est ce qui produit le champ magnétique variable, l'induit est le circuit où naît le courant.
- 29 août 1831 : l'inducteur est la première bobine, celle qui est reliée à la pile — c'est la variation de son courant, à la fermeture et à l'ouverture, qui fait varier le champ dans l'anneau de fer ; l'induit est la seconde bobine, celle du galvanomètre.
- 17 octobre 1831 : l'inducteur est l'aimant droit en mouvement ; l'induit est la bobine.
4. a. Loi de Lenz. Le courant induit a un sens tel que, par ses effets, il s'oppose à la cause qui lui donne naissance.
b. Ici la cause est l'approche du pôle nord de l'aimant. Pour s'y opposer, la bobine doit repousser cet aimant : la face A qu'il aborde se comporte donc comme une face nord — deux pôles de même nom se repoussent.
c. Une face nord est celle par laquelle le champ magnétique créé par la bobine sort. D'après la règle du tire-bouchon, un observateur placé à l'extérieur du côté de cette face voit l'intensité du courant induit circuler dans le sens antihoraire.
5. a. Le phénomène est l'auto-induction : la bobine est ici à la fois inducteur et induit, puisque c'est la variation de son propre courant qui fait varier le champ magnétique qu'elle subit.
b. Idée : la loi des mailles écrite avec la tension aux bornes de la bobine donne directement l'équation. La tension aux bornes d'une bobine d'inductance et de résistance interne négligeable vaut , d'où :
c. À la fermeture, l'intensité tend à croître : la force électromotrice auto-induite s'oppose à cette croissance, exactement comme le courant induit s'opposait à l'approche de l'aimant. La bobine ne peut donc pas laisser l'intensité sauter d'un coup à ; elle impose la constante de temps , durée caractéristique de cet établissement progressif.