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Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
NE-JNeurophysiologie

Réflexe de retrait : circuit polysynaptique à point de départ cutané, enregistrements O1–O5, muscle innervé et circuits médullaires à représenter

Idée directrice

En section Mathématiques, le réflexe que l'épreuve fait étudier est surtout le réflexe de retrait : un message cutané (piqûre, objet brûlant) déclenche la flexion du membre. La trajectoire : caractériser la réaction (innée, involontaire, point de départ cutané, centre médullaire) ; nommer les enregistrements le long du circuit (potentiels d'action sur les fibres, PPSE ou PPSI sur les corps cellulaires) ; déduire la nature des synapses et le rôle des interneurones ; attribuer à chaque muscle contraction ou relâchement ; dessiner les deux circuits. Piège central pour qui a appris le myotatique : aucune synapse directe entre le neurone sensitif et un motoneurone, les deux voies sont polysynaptiques.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« réflexe de retrait de la main » ; « la contribution des interneurones dans les réflexes à point de départ cutané » ; « montrez lequel des deux muscles M₁ et M₂ est innervé par le circuit » ; « représentez les circuits nerveux au niveau de la moelle épinière permettant la coordination entre les muscles »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Réflexe de retrait : inné, involontaire, rapide, récepteurs cutanés, centre médullaire, circuits polysynaptiques.
  • Sur une fibre ou un axone : des potentiels d'action, tous de même amplitude ; sur un corps cellulaire : PPSE ou PPSI, puis un potentiel d'action si le seuil est atteint.
  • Le signe du potentiel du motoneurone donne la nature de la dernière synapse ; un interneurone qui conduit des potentiels d'action mais produit un PPSI est inhibiteur.
  • Motoneurone qui émet : son muscle se contracte ; motoneurone qui reçoit un PPSI : son muscle se relâche ; le sens du mouvement désigne le fléchisseur.
  • Schéma : deux voies issues du même neurone sensitif, un signe + ou − sur chaque synapse, l'inhibition portée sur le motoneurone.
Les pièges à vérifier dans ta démarche
  • Recopier le circuit du myotatique : dans le retrait, le neurone sensitif ne fait aucune synapse directe avec un motoneurone.
  • Faire partir l'inhibition d'un axone moteur vers le muscle : elle s'exerce dans la moelle, sur le motoneurone de l'antagoniste.
  • Appeler potentiel d'action la dépolarisation locale de O3 avant le seuil : c'est un PPSE.
  • Dire que l'interneurone inhibiteur ne conduit pas de potentiel d'action : il en conduit (O4), c'est son neurotransmetteur qui est inhibiteur.
  • Chercher un fuseau neuromusculaire : le point de départ est la peau.
Sujet principal

Exercice — Neurophysiologie (5 points), dans l'esprit des sessions de contrôle 2019, 2020 et 2026 et de la principale 2023 (Mathématiques)

1 questionFigure fournieCorrigé masqué

Lorsqu'une aiguille pique la peau de la main, le bras se fléchit et la main s'éloigne avant même que la douleur soit perçue. On cherche à comprendre le mécanisme de la coordination des muscles du bras au cours de cette réaction. Le document 1 représente le circuit nerveux impliqué et le dispositif d'enregistrement.

1) En vous basant sur le document 1 et sur vos connaissances : (1 pt)

a- identifiez, en justifiant, la nature de cette réaction ;

b- indiquez son rôle.

Expérience. On porte en St trois stimulations efficaces successives et rapprochées sur la fibre du neurone sensitif N. Les enregistrements obtenus sont représentés par le document 2 (potentiel de repos −70 mV ; seuil −50 mV).

2) Nommez les enregistrements obtenus en O1, O2, O3, O4 et O5. (1,25 pt)

3) Exploitez le document 2 afin de : (1 pt)

a- préciser la nature des synapses I1–mα1 et I3–mα2 ;

b- expliquer pourquoi l'axone de I1 n'est parcouru que par deux potentiels d'action alors que N en conduit trois.

4) Déduisez, en justifiant, lequel des deux muscles M1 et M2 se contracte et lequel se relâche au cours de la réaction ; précisez lequel est le fléchisseur du bras. (0,5 pt)

5) Reproduisez et complétez, sur votre copie, le tableau suivant. (0,75 pt)

ÉlémentRôle physiologique
Récepteurs de la peau
Neurone sensitif N
Interneurone I3
Motoneurone mα1
Muscle M1

6) Représentez les circuits nerveux, au niveau de la moelle épinière, qui assurent la coordination des muscles M1 et M2, puis expliquez le rôle des interneurones dans ce réflexe. (0,5 pt)

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1.a Idée : on caractérise une réaction par son déclenchement, son centre et son circuit. La réaction est involontaire, rapide et innée : elle précède la perception de la douleur. Elle est déclenchée par la stimulation de récepteurs de la peau, et son centre est la moelle épinière (neurone sensitif, interneurones, motoneurones, sans passage par l'encéphale). C'est un réflexe médullaire inné à point de départ cutané, le réflexe de retrait ; il est polysynaptique, puisque des interneurones s'intercalent.

1.b Il éloigne rapidement la main de l'agent qui pique : c'est un réflexe de protection qui limite la lésion.

2. D'après le document 2 : O1, train de trois potentiels d'action du neurone sensitif (même amplitude, de −70 à +30 mV) ; O2, deux potentiels d'action sur l'axone de I1 ; O3, un PPSE (−58 mV) puis, par sommation, un PPSE global qui atteint le seuil et déclenche un potentiel d'action dans mα1 ; O4, un potentiel d'action sur l'axone de I3 ; O5, une hyperpolarisation jusqu'à −78 mV : un PPSI de 8 mV.

3.a PPSE sur mα1 : la synapse I1–mα1 est excitatrice. PPSI sur mα2 : la synapse I3–mα2 est inhibitrice ; I3, qui conduit pourtant un potentiel d'action (O4), libère un neurotransmetteur inhibiteur : c'est un interneurone inhibiteur.

3.b Le premier potentiel d'action de N produit dans I1 un PPSE qui reste sous le seuil ; les suivants arrivent avant qu'il ait disparu et s'y ajoutent (sommation temporelle) : le seuil est atteint, d'où un potentiel d'action après le deuxième et après le troisième. La synapse ne recopie pas le message : elle le transforme.

4. Idée : un motoneurone qui émet des potentiels d'action fait contracter son muscle ; un motoneurone qui reçoit un PPSI laisse le sien se relâcher. mα1 émet un potentiel d'action, qui libère de l'acétylcholine à la plaque motrice : M1 se contracte. mα2 reçoit un PPSI et n'émet rien : M2 se relâche. Le bras se fléchit : le muscle qui se contracte, M1 (face antérieure), est le fléchisseur ; M2 (face postérieure) est l'extenseur antagoniste.

5.

ÉlémentRôle physiologique
Récepteurs de la peaudétecter la piqûre et la traduire en message nerveux sensitif
Neurone sensitif Nconduire le message de la peau jusqu'à la moelle épinière
Interneurone I3inhiber le motoneurone mα2 de l'extenseur (PPSI)
Motoneurone mα1conduire le message moteur de la moelle au muscle M1
Muscle M1effecteur : sa contraction fléchit le bras et éloigne la main

6. Deux voies partent du même neurone sensitif ; l'inhibition s'exerce dans la moelle, sur le motoneurone de l'antagoniste, jamais sur le muscle.

Les interneurones évitent toute liaison directe entre le neurone sensitif et les motoneurones. Ils distribuent le message cutané vers les deux muscles antagonistes : une voie excitatrice active le motoneurone du fléchisseur, une voie qui comporte un interneurone inhibiteur produit des PPSI sur le motoneurone de l'extenseur (innervation réciproque). Ils intègrent aussi les messages par sommation, au prix d'un délai plus long que celui du réflexe myotatique.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : retrait de la main au contact d'un objet brûlant, tableau O1–O5 après sept stimulations et coordination des muscles M1 et M2 (contrôle 2019, Mathématiques) ; réflexe de flexion de la jambe après une piqûre de la plante du pied, canaux de la fibre sensitive et contribution des interneurones (contrôle 2020) ; chaîne de trois neurones A–B–C terminée par un PPSI, muscle innervé par ce circuit et substance S déposée dans les fentes (principale 2023) ; nature de la réaction, tableau des rôles et circuits médullaires à représenter (contrôle 2026).

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill NE-J.1 — Retrait contre myotatique : où est la synapse directe ?
Entraînement 01 / 03

Drill NE-J.1 — Retrait contre myotatique : où est la synapse directe ?

6 questionsCorrigé masqué

Chez un chat dont la moelle épinière a été séparée de l'encéphale, on étudie deux réflexes de la patte postérieure. Pour chacun, on mesure le délai central : la durée qui sépare l'arrivée du message sensitif dans la moelle de la naissance du premier potentiel d'action dans le motoneurone du muscle qui se contracte.

  • Réflexe R1 : l'étirement du muscle extenseur E provoque la contraction de E ; délai central 1,0 ms.
  • Réflexe R2 : une piqûre de la peau du coussinet plantaire provoque la flexion de la patte (contraction du fléchisseur F, relâchement de E) ; délai central 2,7 ms vers le motoneurone de F.

Données : délai synaptique 0,8 ms ; la conduction dans la substance grise dure 0,1 ms dans les deux cas ; il reste en outre un temps de montée du potentiel postsynaptique inférieur à un délai synaptique.

  1. Déterminez le nombre de synapses traversées entre la fibre sensitive et le motoneurone dans chacun des réflexes R1 et R2.
  2. Classez chaque réflexe (monosynaptique ou polysynaptique) et précisez le type de récepteur mis en jeu.
  3. Un élève affirme : « Dans R2 comme dans R1, le neurone sensitif fait synapse directement sur le motoneurone du muscle qui se contracte ; seule la voie inhibitrice comporte un interneurone. » Discutez cette affirmation.
  4. Représentez, pour R2, un circuit médullaire compatible avec les données, en indiquant la nature de chaque synapse.
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1. Idée : retirer la conduction, puis chercher combien de délais synaptiques entiers contient le reste. R1 : 1,0 − 0,1 = 0,9 ms ; un délai occupe 0,8 ms, deux en demanderaient 1,6 : 1 synapse\boxed{1\ \text{synapse}}, les 0,1 ms restantes correspondant au temps de montée du potentiel postsynaptique. R2 : 2,7 − 0,1 = 2,6 ms ; trois synapses occupent 2,4 ms, quatre en demanderaient 3,2 : 3 synapses\boxed{3\ \text{synapses}}, les 0,2 ms restantes correspondant, là encore, au temps de montée. Entre le neurone sensitif et le motoneurone de F s'intercalent donc au moins deux interneurones.

2. R1 est monosynaptique ; ses récepteurs sont les fuseaux neuromusculaires du muscle étiré (réflexe myotatique). R2 est polysynaptique ; ses récepteurs sont cutanés (réflexe de retrait).

3. L'affirmation est vraie pour R1 seulement : le neurone sensitif y excite directement le motoneurone du muscle étiré, et seule la voie vers l'antagoniste passe par un interneurone inhibiteur. Pour R2, elle est fausse : même la voie excitatrice vers le fléchisseur F, qui se contracte, traverse trois synapses. Dans un réflexe à point de départ cutané, le neurone sensitif ne fait aucune synapse directe avec un motoneurone.

4. Circuit compatible : neurone sensitif —(+)→ interneurone 1 —(+)→ interneurone 2 —(+)→ motoneurone de F, d'où la contraction de F ; et, sur une autre branche, neurone sensitif —(+)→ interneurone —(+)→ interneurone inhibiteur —(−)→ motoneurone de E, d'où le relâchement de E.

2 Drill NE-J.2 — Où voir l'inhibition ? Décrément sur la voie de l'interneurone inhibiteur
Entraînement 02 / 03

Drill NE-J.2 — Où voir l'inhibition ? Décrément sur la voie de l'interneurone inhibiteur

4 questionsFigure fournieCorrigé masqué

Au cours d'un réflexe de retrait provoqué par une piqûre de la main, l'interneurone inhibiteur I3 agit sur le motoneurone mα2 du muscle extenseur M2. Quatre électrodes sont placées comme l'indique le document. Potentiel de repos −70 mV ; seuil −50 mV.

OscilloscopeOaObOcOd
Enregistrementtrain de PA (−70 → +30 mV)hyperpolarisation jusqu'à −79 mVhyperpolarisation jusqu'à −75 mV−70 mV
  1. Nommez les enregistrements obtenus en Oa, Ob, Oc et Od.
  2. Comparez les enregistrements obtenus en Ob et en Oc ; dégagez une propriété du potentiel enregistré.
  3. Un élève place une seule électrode, sur l'axone de mα2 près du muscle, « pour voir l'inhibition ». Expliquez pourquoi il n'enregistre aucune modification et indiquez où il faut placer l'électrode.
  4. Sur la voie du fléchisseur, on enregistre sur la membrane postsynaptique de mα1 une dépolarisation jusqu'à −58 mV suivie d'un potentiel d'action, et sur l'axone de mα1 près du muscle un potentiel d'action sans cette dépolarisation préalable. Expliquez cette différence.
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1. D'après le tableau : Oa, train de potentiels d'action conduit par l'axone de I3 ; Ob, PPSI de 9 mV ; Oc, PPSI de 5 mV ; Od, potentiel de repos.

2. Idée : un même potentiel mesuré à deux distances de la synapse. Le PPSI vaut 9 mV près de la synapse et 5 mV au cône axonique : il s'atténue en s'éloignant de son lieu de naissance. C'est un potentiel local à décrément spatial.

3. L'axone ne conduit que des potentiels d'action, qui naissent au cône axonique lorsque le seuil est atteint. Le PPSI éloigne mα2 du seuil : aucun potentiel d'action ne naît, et le PPSI ne se propage pas jusqu'à l'axone. L'axone reste au repos, exactement comme en l'absence de toute stimulation : l'inhibition ne s'y voit pas. Il faut enregistrer sur le corps cellulaire ou la dendrite de mα2 (position Ob ou Oc).

4. La dépolarisation jusqu'à −58 mV est un PPSE de 12 mV : local, à décrément, il reste dans le corps cellulaire. Seul le potentiel d'action né au cône axonique se propage le long de l'axone, sans atténuation car il est régénéré de proche en proche : près du muscle, on n'enregistre que lui.

3 Drill NE-J.3 — Une substance S sur le circuit du retrait : quelle synapse, quel mécanisme ?
Entraînement 03 / 03

Drill NE-J.3 — Une substance S sur le circuit du retrait : quelle synapse, quel mécanisme ?

4 questionsCorrigé masqué

Dans le circuit d'un réflexe de retrait, on isole une chaîne de trois neurones de la moelle : un interneurone A, un interneurone B et le motoneurone C d'un muscle extenseur. On stimule A en St1 ou B en St2 et on enregistre la d.d.p. de B (oscilloscope OB) et celle de C (oscilloscope OC) ; des micropipettes permettent de déposer une substance S dans la fente A–B ou dans la fente B–C. Potentiel de repos −70 mV.

Exp.ConditionsOBOC
1stimulation en St1potentiel d'actionhyperpolarisation jusqu'à −76 mV
2S dans la fente A–B, stimulation en St1potentiel d'actionhyperpolarisation jusqu'à −76 mV
3S dans la fente B–C, stimulation en St2potentiel d'action−70 mV

Expérience 4. On reprend l'expérience 3 en dosant le neurotransmetteur de B dans la fente B–C : sa quantité est la même qu'en l'absence de S. Avec une substance S radioactive, la radioactivité n'est retrouvée que sur la membrane postsynaptique de C.

  1. Exploitez l'expérience 1 pour préciser la nature des synapses A–B et B–C.
  2. Comparez les expériences 2 et 3 ; dégagez l'effet de S sur la transmission synaptique.
  3. Proposez deux hypothèses sur le mode d'action de S, puis exploitez l'expérience 4 pour retenir l'une d'elles.
  4. Prévoyez l'effet de S sur la coordination des muscles du bras lors d'une piqûre de la main.
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1. La stimulation de A fait naître un potentiel d'action dans B : A–B est excitatrice. B produit sur C une hyperpolarisation de 6 mV, un PPSI : B–C est inhibitrice, et B est un interneurone inhibiteur.

2. Avec S dans la fente A–B, rien ne change : la transmission excitatrice est intacte. Avec S dans la fente B–C, B émet toujours des potentiels d'action mais C n'est plus hyperpolarisé : S supprime la transmission inhibitrice, et seulement elle.

3. Idée : situer l'action de part et d'autre de la fente. Hypothèse 1 (présynaptique) : S empêche la libération du neurotransmetteur de B (entrée de Ca²⁺ ou exocytose bloquée). Hypothèse 2 (postsynaptique) : S bloque les récepteurs du neurotransmetteur inhibiteur sur C. Le neurotransmetteur est libéré en quantité normale : l'hypothèse 1 est rejetée. S se fixe sur la membrane postsynaptique de C : l'hypothèse 2 est retenue, S occupe les récepteurs du neurotransmetteur inhibiteur sans ouvrir leurs canaux.

4. Lors d'une piqûre, le motoneurone de l'extenseur ne recevrait plus de PPSI : il ne serait plus inhibé, et l'extenseur garderait son tonus pendant que le fléchisseur se contracte. L'extenseur s'opposerait à la flexion : le retrait serait moins rapide et le mouvement raide.

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