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Fahmio
Fahmio
Bac Tunisie
NE-KNeurophysiologie

Drogue ou toxine sur une synapse : hypothèses sur le niveau d'action, test par traceur radioactif et dosages, conclusion

Idée directrice

Une substance (drogue ou toxine) perturbe une synapse. La trajectoire du bac : comparer le lot traité au témoin pour dire ce qui change dans la fente et après la synapse ; proposer deux ou trois hypothèses qui situent l'action à un niveau précis (canaux Ca²⁺, exocytose, récepteurs, recapture ou dégradation) ; utiliser la localisation d'un traceur radioactif et des dosages (Ca²⁺ entré, neurotransmetteur dans la fente, recapture, flux ioniques) pour n'en garder qu'une ; conclure sur l'effet de la substance sur le fonctionnement de la synapse, puis le schématiser.

Ce qui aide à reconnaître la démarche

« proposez trois hypothèses quant au mode d'action de la substance … au niveau de la synapse » ; « exploitez les résultats des expériences … afin de préciser l'hypothèse à retenir » ; « dégagez l'effet de chacune des neurotoxines » ; « proposez une explication à l'état de dépendance » ; « proposer trois hypothèses concernant le type de canal ionique sur lequel agit la substance »

Besoin d’un point de départ ? Voir la méthode
  • Comparer toujours au témoin, en chiffres : valeur maximale, date du maximum, retour ou non à la valeur initiale.
  • Une hypothèse = un niveau précis de la synapse (canaux Ca²⁺, exocytose, récepteurs, recapture, dégradation) et un sens d'action compatible avec les données.
  • Le traceur radioactif dit où la substance se fixe ; les dosages (Ca²⁺ entré, neurotransmetteur dans la fente, recapture, flux ioniques) disent quelle étape est touchée.
  • Rejeter une hypothèse avec la mesure qui reste normale ; retenir celle que la mesure modifiée explique.
  • Conclure sur le fonctionnement de la synapse (intensité, durée de la transmission), pas seulement sur la molécule.
Les pièges à vérifier dans ta démarche
  • Proposer une hypothèse incompatible avec le document : une substance qui active les récepteurs n'augmente pas la dopamine de la fente.
  • Conclure « Z agit sur la synapse » sans préciser le niveau (présynaptique, fente, postsynaptique) ni l'étape.
  • Prendre une conséquence pour le lieu d'action : quand l'entrée de Ca²⁺ est bloquée, l'exocytose et la réponse postsynaptique disparaissent aussi.
  • Expliquer la dépendance sans utiliser le document (baisse de la densité des récepteurs, baisse de la réponse pour une même quantité de dopamine).
Sujet principal

Exercice — Neurophysiologie (5 points), dans l'esprit de la session de contrôle 2018 (Mathématiques)

1 questionFigure fournieCorrigé masqué

On cherche à préciser le mode d'action d'une substance Z sur les synapses à dopamine de certaines régions de l'encéphale, dont l'activité est associée à la sensation de plaisir.

Expérience 1. On utilise deux lots de rats : le lot 1 (témoin) reçoit une injection de liquide physiologique, le lot 2 une injection de la substance Z à t = 0. On mesure la quantité de dopamine présente dans les fentes synaptiques (dopamine extracellulaire), exprimée en pourcentage de sa valeur initiale (document 1). On enregistre aussi la fréquence des potentiels d'action d'un neurone postsynaptique de ces synapses (document 2).

Temps après l'injection (min)03090150
Lot 1 : fréquence des PA (PA/s)6666
Lot 2 : fréquence des PA (PA/s)61597

Document 2 — fréquence des potentiels d'action du neurone postsynaptique.

1) À partir de l'analyse comparée des documents 1 et 2, et en faisant appel à vos connaissances, proposez trois hypothèses quant au mode d'action de la substance Z au niveau de la synapse à dopamine. (1,5 pt)

Expérience 2. On injecte à un troisième lot de rats la substance Z rendue radioactive. La radioactivité est détectée au niveau de la membrane des terminaisons axoniques des neurones à dopamine ; la membrane des neurones postsynaptiques n'est pas marquée.

Expérience 3. Sur des tranches de tissu nerveux, on enregistre l'activité électrique des neurones à dopamine et on mesure, pendant une minute, la quantité de dopamine libérée et celle recapturée par les terminaisons présynaptiques (document 3).

ConditionsFréquence des PA des neurones à dopamineDopamine libérée (UA)Dopamine recapturée (UA)
sans Z20 PA/s250250
en présence de Z20 PA/s25035

Document 3 — activité et fonctionnement des terminaisons présynaptiques à dopamine.

2) Exploitez les résultats des expériences 2 et 3 afin : a- de préciser l'hypothèse à retenir ; b- d'identifier la substance Z ; c- de déduire l'effet de Z sur le fonctionnement de la synapse à dopamine. (2 pts)

Document 4. Chez des rats qui ont reçu de la substance Z chaque jour pendant quatre semaines, la densité des récepteurs à dopamine de la membrane postsynaptique ne représente plus que 62 % de celle des rats témoins. Pour une même quantité de dopamine appliquée dans la fente, le neurone postsynaptique émet environ 4 PA/s chez ces rats, contre 6 PA/s chez les témoins. Laissés libres, ces rats consomment la solution contenant Z en quantités de plus en plus grandes.

3) Exploitez le document 4 pour proposer une explication à l'état de dépendance vis-à-vis de la substance Z. (0,75 pt)

4) Représentez, par un schéma annoté, le fonctionnement de la synapse à dopamine en présence de la substance Z, depuis l'arrivée du potentiel d'action dans la terminaison jusqu'au devenir de la dopamine libérée. (0,75 pt)

Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : comparer d'abord le lot traité au témoin, puis chercher tous les niveaux de la synapse où une substance peut faire monter la dopamine de la fente. D'après le document 1, chez le lot témoin la dopamine extracellulaire reste constante à 100 %. Chez le lot 2, elle augmente dès l'injection de Z jusqu'à un maximum de 260 % à 30 min (2,6 fois la valeur initiale), puis diminue lentement : 157 % à 90 min et encore 120 % à 150 min. D'après le document 2, la fréquence des PA du neurone postsynaptique suit la même évolution : 6 PA/s chez le témoin, 15 PA/s à 30 min chez le lot 2 (2,5 fois plus), puis 9 et 7 PA/s. Z augmente donc la quantité de dopamine dans la fente et, par suite, l'activité du neurone postsynaptique : la dopamine agit ici comme un neurotransmetteur excitateur. Trois hypothèses :

  • H1 : Z favorise l'exocytose de la dopamine par la terminaison présynaptique ;
  • H2 : Z s'oppose à la recapture de la dopamine par les transporteurs de la membrane présynaptique ;
  • H3 : Z s'oppose à la dégradation enzymatique de la dopamine dans la fente.

Une hypothèse du type « Z se fixe sur les récepteurs postsynaptiques et les active » expliquerait la hausse de la fréquence des PA, mais pas celle de la dopamine extracellulaire.

2.a Idée : le traceur radioactif localise le lieu d'action ; les mesures de l'expérience 3 disent quelle étape est touchée. D'après l'expérience 2, Z se fixe sur la membrane des terminaisons présynaptiques des neurones à dopamine, là où se trouvent les transporteurs de recapture, et non sur la membrane postsynaptique : Z agit au niveau présynaptique. D'après le document 3, en présence de Z, la fréquence des PA des neurones à dopamine reste de 20 PA/s et la dopamine libérée reste de 250 UA : Z ne modifie ni l'activité électrique du neurone présynaptique ni l'exocytose, H1 est rejetée. La dopamine recapturée passe de 250 à 35 UA :

250−35250=0,86\dfrac{250-35}{250}=0{,}86

soit une baisse de 86 %\boxed{86\,\%} de la recapture : H2 est retenue. H3 n'est pas nécessaire : la baisse de la recapture suffit à expliquer l'accumulation de dopamine, et Z est retrouvée sur la membrane présynaptique, pas dans la fente.

2.b Z est une drogue qui bloque les transporteurs de recapture de la dopamine : c'est une substance du type de la cocaïne.

2.c La dopamine n'étant presque plus recapturée (215 UA sur 250 restent chaque minute dans la fente), elle s'accumule dans la fente et reste plus longtemps fixée sur ses récepteurs : Z prolonge et amplifie le fonctionnement de la synapse à dopamine, d'où la hausse de la fréquence des PA postsynaptiques et une sensation de plaisir prolongée.

3. Idée : relier la baisse du nombre de récepteurs à la baisse de la réponse pour une même quantité de dopamine. D'après le document 4, la consommation répétée réduit de 38 % la densité des récepteurs à dopamine, et la même quantité de dopamine ne donne plus que 4 PA/s environ au lieu de 6. Avec moins de récepteurs, une partie de la dopamine reste dans la fente sans effet et la sensation de plaisir diminue. Pour retrouver le même effet, l'individu augmente les doses (accoutumance) ; privé de Z, l'activité de ses synapses à dopamine devient trop faible, d'où le besoin de consommer : c'est l'état de dépendance.

4. Le schéma place, dans l'ordre : l'arrivée du PA, l'entrée de Ca²⁺ par les canaux voltage-dépendants, l'exocytose de la dopamine, sa fixation sur les récepteurs postsynaptiques (PPSE puis PA), et la recapture bloquée par Z, qui laisse la dopamine s'accumuler dans la fente.

Changer d’énoncé, garder le raisonnement

Choisis un seul transfert après le sujet principal. Qu’est-ce qui change ? Quel résultat ou quelle méthode peux-tu réutiliser ? Les autres exercices restent disponibles pour une prochaine séance.

Variantes rencontrées : drogue sur la synapse à dopamine, trois hypothèses, traceur radioactif et mesure de la recapture, dépendance par baisse de la densité des récepteurs (contrôle 2018, Mathématiques ; rôle de la cocaïne, principale 2018, Sciences expérimentales) ; trois neurotoxines T1–T3 sur une synapse à GABA, ions Ca²⁺ radioactifs et dosage du GABA (contrôle 2021, Sciences expérimentales) ; toxine scorpionique et canaux voltage-dépendants A et B (principale 2017, Mathématiques) ; substance S bloquant une synapse excitatrice et une synapse inhibitrice, deux hypothèses (principale 2023, Mathématiques) ; cycle de l'acétylcholine suivi par radioactivité (principale 2026, Mathématiques) ; substance X à la plaque motrice, lieu d'action et trois hypothèses (principale 2020, Sciences expérimentales) ; substance S et flux à travers trois canaux C1–C3 (contrôle 2026, Sciences expérimentales).

Exercices d'entraînement — une nuance à la fois

1 Drill NE-K.1 — Trois neurotoxines sur une synapse à GABA : calcium radioactif et dosage du neurotransmetteur
Entraînement 01 / 05

Drill NE-K.1 — Trois neurotoxines sur une synapse à GABA : calcium radioactif et dosage du neurotransmetteur

5 questionsCorrigé masqué

Un neurone N forme une synapse avec un neurone M ; le neurotransmetteur libéré par N est le GABA. La préparation baigne dans un liquide physiologique contenant des ions Ca²⁺ radioactifs. On porte une stimulation efficace sur N et on enregistre en O1, sur l'axone de N près de sa terminaison, et en O2, dans le corps cellulaire de M (potentiel de repos −70 mV). On recherche la radioactivité dans la terminaison de N et on dose le GABA dans la fente. L'expérience est répétée après l'ajout de l'une de trois neurotoxines A, B ou C, chacune agissant sur un seul niveau de la synapse.

ExpérienceO1O2Radioactivité dans la terminaison de NGABA dans la fente (mmol/L)
1 : sans toxinePA−70 → −77 mV, puis retourprésente0,6
2 : toxine APA−70 mVprésente0
3 : toxine BPA−70 mVprésente0,8
4 : toxine CPA−70 mVabsente0
  1. Identifiez le phénomène enregistré en O2 dans l'expérience 1 et précisez la nature de la synapse N–M.
  2. En ne tenant compte que des enregistrements en O1 et O2, proposez trois hypothèses sur le niveau d'action des neurotoxines, sachant qu'aucune n'empêche la propagation du potentiel d'action le long de N.
  3. Exploitez la radioactivité et le dosage du GABA pour dégager l'effet de chacune des neurotoxines A, B et C.
  4. Expliquez pourquoi la concentration de GABA dans la fente est plus élevée avec la toxine B qu'en l'absence de toxine.
  5. Expliquez le mécanisme de fonctionnement de la synapse N–M dans l'expérience 1.
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1. D'après l'expérience 1, la stimulation de N donne un PA en O1 et, en O2, une hyperpolarisation de 7 mV (de −70 à −77 mV) : c'est un PPSI. La synapse N–M est inhibitrice, ce qui s'accorde avec le GABA, neurotransmetteur inhibiteur.

2. Idée : le PA arrive dans la terminaison dans les quatre expériences, mais M ne répond plus avec les toxines : le blocage se situe entre l'arrivée du PA et la réponse de M. Trois hypothèses :

  • H1 : la toxine bloque les canaux Ca²⁺ voltage-dépendants de la terminaison de N ;
  • H2 : elle bloque l'exocytose des vésicules de GABA ;
  • H3 : elle occupe les récepteurs du GABA de la membrane postsynaptique (ou empêche l'ouverture des canaux qu'ils commandent).

3. Idée : le Ca²⁺ radioactif renseigne sur l'entrée de calcium, le dosage du GABA sur l'exocytose.

  • Toxine A : le Ca²⁺ entre (radioactivité présente) mais aucun GABA n'est libéré : A bloque l'exocytose du GABA (H2).
  • Toxine B : le Ca²⁺ entre et le GABA est libéré (0,8 mmol/L), mais M ne présente aucun PPSI : B occupe les récepteurs du GABA de la membrane postsynaptique (H3).
  • Toxine C : pas de radioactivité, donc pas d'entrée de Ca²⁺, et pas de GABA : C bloque les canaux Ca²⁺ voltage-dépendants (H1) ; l'absence d'exocytose en est la conséquence.

4. Avec B, le GABA libéré ne peut plus se fixer sur les récepteurs, occupés par la toxine : il reste libre dans la fente, où l'on en dose davantage (0,8 au lieu de 0,6 mmol/L, soit 0,2 mmol/L de plus).

5. Le PA arrive dans la terminaison de N → ouverture des canaux Ca²⁺ voltage-dépendants, entrée de Ca²⁺ → exocytose du GABA dans la fente → fixation du GABA sur ses récepteurs spécifiques de la membrane de M → ouverture de canaux chimiodépendants à Cl⁻, entrée de Cl⁻ → hyperpolarisation de M : PPSI.

2 Drill NE-K.2 — Cycle de l'acétylcholine : une substance H qui épuise la synapse
Entraînement 02 / 05

Drill NE-K.2 — Cycle de l'acétylcholine : une substance H qui épuise la synapse

4 questionsCorrigé masqué

On étudie une synapse entre deux neurones N1 et N2 dont le neurotransmetteur est l'acétylcholine (ACh).

Expérience 1. On dépose de la choline radioactive dans la fente synaptique, sans stimulation : la radioactivité apparaît dans le cytoplasme de la terminaison de N1, puis dans ses vésicules synaptiques. On stimule ensuite N1 : la radioactivité passe dans la fente, se fixe sur la membrane postsynaptique de N2, puis réapparaît dans la terminaison de N1.

Expérience 2. On stimule N1 à la fréquence de 50 stimulations par seconde pendant 20 s, en absence puis en présence d'une substance H ajoutée au liquide physiologique. On mesure la quantité d'ACh libérée à chaque stimulation, en pourcentage de celle libérée à la première. On admet que N2 n'émet de potentiel d'action que si la quantité libérée atteint au moins 50 % de la valeur de départ.

Numéro de la stimulation12505007501000
ACh libérée sans H (%)100100100100100
ACh libérée avec H (%)10010062316

Expérience 3. On refait l'expérience 1 en présence de H : la choline radioactive reste dans la fente et aucune radioactivité n'apparaît dans la terminaison de N1.

  1. Exploitez l'expérience 1 pour identifier les étapes du cycle de l'acétylcholine.
  2. Analysez les résultats de l'expérience 2 ; situez l'intervalle de stimulations au cours duquel la transmission de N1 à N2 cesse en présence de H, et la durée de stimulation correspondante.
  3. Proposez deux hypothèses sur le mode d'action de H.
  4. Exploitez l'expérience 3 pour retenir l'une de ces hypothèses, puis expliquez pourquoi les premières stimulations sont transmises normalement en présence de H.
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1. Idée : suivre la radioactivité, c'est suivre la choline, puis l'ACh fabriquée à partir d'elle. D'après l'expérience 1, la choline est recaptée par la terminaison de N1, où elle sert à la synthèse d'ACh, stockée dans les vésicules. La stimulation déclenche l'exocytose de l'ACh marquée dans la fente ; l'ACh se fixe sur les récepteurs de la membrane postsynaptique de N2, puis elle est hydrolysée par l'acétylcholinestérase ; la choline libérée est de nouveau recaptée par N1. Ces étapes forment le cycle de l'acétylcholine.

2. D'après le tableau, sans H la libération reste à 100 % pendant les 1000 stimulations (50 par seconde pendant 20 s). Avec H, elle est normale jusqu'à la 250e stimulation au moins, puis diminue : 62 % à la 500e, 31 % à la 750e, 6 % à la 1000e. Le seuil de 50 % est franchi entre la 500e et la 750e stimulation, c'est-à-dire entre 10 et 15 s de stimulation :

50050=10 s,75050=15 s\dfrac{500}{50}=10\text{ s},\qquad \dfrac{750}{50}=15\text{ s}

Au-delà, N2 n'émet plus de PA : la transmission cesse entre 10 et 15 s\boxed{\text{entre 10 et 15 s}} (vers la 600e stimulation si la baisse est régulière).

3. H1 : H bloque la recapture de la choline par la terminaison de N1 ; H2 : H bloque la synthèse de l'ACh (ou son stockage dans les vésicules). Dans les deux cas, l'ACh déjà stockée est libérée normalement, puis le stock n'est plus renouvelé.

4. En présence de H, la choline radioactive reste dans la fente et n'entre plus dans N1 : H bloque la recapture de la choline (H1 retenue ; si H bloquait seulement la synthèse, la choline entrerait encore dans la terminaison). Sans choline recaptée, N1 ne resynthétise plus assez d'ACh. Les premières stimulations vident les vésicules remplies avant l'ajout de H : la libération reste normale tant que ce stock suffit, puis chaque exocytose libère de moins en moins d'ACh et la transmission échoue.

3 Drill NE-K.3 — Toxine T et potentiel d'action déformé : canal Na⁺ ou canal K⁺ voltage-dépendant ?
Entraînement 03 / 05

Drill NE-K.3 — Toxine T et potentiel d'action déformé : canal Na⁺ ou canal K⁺ voltage-dépendant ?

4 questionsFigure fournieCorrigé masqué

On cherche à comprendre l'action d'une toxine T, extraite d'un venin, sur l'activité électrique d'une fibre nerveuse isolée. On porte une stimulation efficace S sur la fibre et on enregistre son potentiel de membrane en absence (tracé a) puis en présence de T (tracé b) : document 1.

Sur un fragment de cette fibre, on dénombre au cours du temps les canaux ioniques ouverts de deux types A et B, sans puis avec la toxine T (document 2). Une toxine T radioactive se fixe uniquement sur les canaux de type B.

  1. Comparez les tracés a et b, puis proposez deux hypothèses sur l'action de la toxine T.
  2. En exploitant le document 2 et le tracé a, identifiez les canaux de type A et de type B.
  3. Exploitez le document 2 et la localisation de la toxine radioactive pour retenir l'une de vos hypothèses.
  4. Expliquez pourquoi, en présence de T, la membrane finit par revenir au potentiel de repos, mais sans hyperpolarisation.
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1. D'après le document 1, les deux tracés débutent de la même façon : dépolarisation de −70 à +30 mV en 0,35 ms. Ensuite, le tracé a se repolarise rapidement, présente une hyperpolarisation jusqu'à −76 mV et revient au repos vers 2,2 ms ; le tracé b reste longtemps dépolarisé (encore environ +10 mV à 2,3 ms), se repolarise très lentement, sans hyperpolarisation, et ne revient au repos que vers 7 ms. T ne modifie pas la dépolarisation mais perturbe la repolarisation. Hypothèses : H1 : T bloque l'ouverture des canaux K⁺ voltage-dépendants ; H2 : T empêche la fermeture des canaux Na⁺ voltage-dépendants.

2. Idée : un canal s'identifie par la phase du potentiel d'action pendant laquelle il est ouvert. Les canaux A s'ouvrent dès la stimulation, atteignent leur maximum (1200 canaux) à 0,3 ms, pendant la dépolarisation, et sont fermés à 0,7 ms : ce sont les canaux Na⁺ voltage-dépendants. Les canaux B s'ouvrent plus tard, atteignent leur maximum (900 canaux) à 0,8 ms, pendant la repolarisation, et restent ouverts jusqu'à 2,2 ms, pendant l'hyperpolarisation : ce sont les canaux K⁺ voltage-dépendants.

3. Avec T, les canaux A s'ouvrent et se ferment comme sans T : H2 est rejetée. Aucun canal B ne s'ouvre, et T radioactive se fixe sur ces canaux : T bloque l'ouverture des canaux K⁺ voltage-dépendants, H1 est retenue. Sans la sortie rapide de K⁺ par ces canaux, la repolarisation est très ralentie.

4. Les canaux Na⁺ se ferment normalement à 0,7 ms : l'entrée de Na⁺ cesse. Les ions K⁺ continuent de sortir, lentement, par les canaux de fuite toujours ouverts : la membrane revient peu à peu vers −70 mV. L'hyperpolarisation, due à la sortie supplémentaire de K⁺ par les canaux voltage-dépendants encore ouverts à la fin de la repolarisation, ne peut plus se produire.

4 Drill NE-K.4 — Substance X à la jonction neuromusculaire : lieu d'action, hypothèses, compétition avec l'acétylcholine et agoniste Y
Entraînement 04 / 05

Drill NE-K.4 — Substance X à la jonction neuromusculaire : lieu d'action, hypothèses, compétition avec l'acétylcholine et agoniste Y

5 questionsCorrigé masqué

On utilise une préparation formée d'un nerf moteur et du muscle qu'il innerve. Une cuve permet de faire baigner une partie choisie de la préparation dans un liquide physiologique contenant une substance X. On stimule le nerf (St1) ou directement le muscle (St2) et on enregistre la tension du muscle, en unités arbitraires (UA). Sans X, St1 et St2 donnent chacune une secousse de 12 UA.

ExpériencePartie baignant dans XStimulationTension du muscle
1une portion du nerf seulementSt1secousse de 12 UA
2les jonctions neuromusculaires et le muscleSt10 UA
3les jonctions neuromusculaires et le muscleSt2secousse de 12 UA

Expérience 4. On injecte X dans les terminaisons axoniques, sans en ajouter au liquide, puis on stimule le nerf : la fibre musculaire produit un potentiel d'action (de −90 à +30 mV) et le muscle se contracte.

Expérience 5. On ajoute X radioactive dans le liquide qui baigne les jonctions : la radioactivité se localise sur la membrane de la fibre musculaire, au niveau de la plaque motrice. On injecte alors dans la fente une dose d d'acétylcholine (ACh), puis une dose 4d. Sans X, la dose d suffit à déclencher un potentiel d'action musculaire.

ACh injectée (en présence de X)dose ddose 4d
Potentiel de la fibre musculairede −90 à −82 mV, puis retour à −90 mVpotentiel d'action (−90 → +30 mV)

Expérience 6. Sans X, on injecte dans la fente une substance Y radioactive : la radioactivité se localise, elle aussi, sur la membrane de la fibre musculaire au niveau de la plaque motrice, et la fibre produit un potentiel d'action (de −90 à +30 mV) suivi d'une secousse.

  1. Exploitez les expériences 1 à 3 pour déduire le lieu d'action de X.
  2. Proposez trois hypothèses sur le mode d'action de X, sachant qu'elle n'agit sur aucun canal voltage-dépendant.
  3. Exploitez l'expérience 4 pour éliminer une partie de ces hypothèses.
  4. Exploitez l'expérience 5 : précisez le mode d'action de X et expliquez les réponses obtenues avec les doses d et 4d.
  5. Exploitez l'expérience 6 pour comparer le mode d'action des substances X et Y.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : chaque expérience met hors de cause, ou accuse, une partie de la préparation. Expérience 1 : le nerf baigne dans X et le muscle se contracte normalement (12 UA) : X ne bloque pas la conduction du message dans le nerf. Expériences 2 et 3 : lorsque les jonctions et le muscle baignent dans X, la stimulation du nerf ne donne plus de contraction, alors que la stimulation directe du muscle donne une secousse normale : le muscle reste excitable et contractile. X agit donc au niveau de la jonction neuromusculaire.

2. H1 : X empêche la synthèse ou le stockage de l'ACh dans la terminaison ; H2 : X empêche l'exocytose de l'ACh ; H3 : X se fixe sur les récepteurs de l'ACh de la membrane postsynaptique et empêche leur activation (on peut aussi supposer que X détruit l'ACh dans la fente).

3. Injectée dans la terminaison, X laisse la transmission se faire (PA musculaire et contraction) : X n'agit pas dans l'élément présynaptique. H1 et H2 sont rejetées ; X agit dans la fente ou sur la membrane postsynaptique.

4. Idée : un traceur fixé sur la membrane musculaire et une réponse qui revient quand on augmente l'ACh signent une compétition pour les mêmes récepteurs. X radioactive se fixe sur la membrane postsynaptique de la plaque motrice : H3 est retenue. Avec la dose d, seuls les récepteurs laissés libres par X fixent l'ACh : peu de canaux chimiodépendants s'ouvrent, l'entrée de Na⁺ ne produit qu'une dépolarisation de 8 mV (de −90 à −82 mV), insuffisante pour atteindre le seuil : pas de PA. Avec la dose 4d, l'ACh, plus abondante, occupe davantage de récepteurs malgré X : la dépolarisation atteint le seuil et un PA musculaire naît. X est un antagoniste compétitif de l'ACh, comme le curare : elle occupe ses récepteurs sans les activer.

5. Idée : même lieu de fixation, effets opposés. Y se fixe, comme X, sur la membrane postsynaptique de la plaque motrice, donc sur les récepteurs de l'ACh. Mais Y déclenche à elle seule un PA musculaire et une secousse : comme l'ACh, elle ouvre les canaux chimiodépendants, l'entrée de Na⁺ dépolarise la fibre jusqu'au seuil. Y imite l'ACh : c'est un agoniste. X occupe les mêmes récepteurs sans les ouvrir et empêche l'ACh d'agir : c'est un antagoniste.

5 Drill NE-K.5 — Flux ioniques à travers trois canaux C1, C2 et C3 : quelle toxine bloque quel canal ?
Entraînement 05 / 05

Drill NE-K.5 — Flux ioniques à travers trois canaux C1, C2 et C3 : quelle toxine bloque quel canal ?

4 questionsFigure fournieCorrigé masqué

Le neurone N1 forme une synapse excitatrice avec le neurone M. La zone A comprend la terminaison axonique de N1, la fente synaptique et la membrane postsynaptique de M. Une stimulation efficace de N1 déclenche normalement un potentiel d'action dans M (potentiel de repos −70 mV).

Expérience 1. On ajoute dans la zone A l'une de deux toxines S ou K, puis on stimule N1 : dans les deux cas, M reste à −70 mV. Chaque toxine n'agit que sur un seul type de canal ionique, autre que les canaux de fuite.

Expérience 2. On mesure le flux ionique entrant à travers trois types de canaux C1, C2 et C3 de la zone A après une stimulation de N1, sans toxine, avec S puis avec K (document).

  1. Exploitez l'expérience 1 pour proposer trois hypothèses sur le type de canal bloqué par une toxine.
  2. Identifiez les canaux C1, C2 et C3 en exploitant l'enregistrement sans toxine.
  3. Précisez le canal bloqué par S et celui bloqué par K. Expliquez pourquoi le flux à travers C2 disparaît aussi avec K.
  4. Expliquez le mécanisme de la transmission du message nerveux de N1 à M.
Voir la correction commentéeAprès avoir posé votre démarche

1. Idée : pour que M ne réponde plus, il suffit qu'un seul maillon de la chaîne soit coupé. H1 : la toxine bloque les canaux Na⁺ voltage-dépendants de la terminaison (le PA n'y arrive plus) ; H2 : elle bloque les canaux Ca²⁺ voltage-dépendants de la terminaison (pas d'exocytose) ; H3 : elle bloque les canaux chimiodépendants de la membrane postsynaptique (pas de PPSE).

2. Idée : l'ordre des flux reproduit l'ordre des étapes de la transmission. D'après le document, sans toxine, le flux traverse d'abord C3 (1,2 UA vers 0,3 ms), puis C1 (0,4 UA vers 0,8 ms), enfin C2 (0,9 UA vers 1,6 ms). C3 : canaux Na⁺ voltage-dépendants de la terminaison (potentiel d'action présynaptique) ; C1 : canaux Ca²⁺ voltage-dépendants de la terminaison (entrée de Ca²⁺ qui déclenche l'exocytose) ; C2 : canaux chimiodépendants de la membrane postsynaptique, ouverts par le neurotransmetteur (entrée de Na⁺, PPSE).

3. Avec S, les flux C3 et C1 sont normaux et seul C2 est nul : S bloque les canaux chimiodépendants postsynaptiques (H3). Avec K, C3 est normal mais C1 et C2 sont nuls : K bloque les canaux Ca²⁺ voltage-dépendants (H2). K n'agissant que sur un seul type de canal, la disparition du flux C2 est une conséquence : sans entrée de Ca²⁺, pas d'exocytose, donc pas de neurotransmetteur pour ouvrir C2. H1 est rejetée pour les deux toxines (C3 inchangé).

4. Le PA arrive dans la terminaison de N1 (ouverture de C3) → ouverture des canaux Ca²⁺ voltage-dépendants (C1), entrée de Ca²⁺ → exocytose du neurotransmetteur → fixation sur les récepteurs de M → ouverture des canaux chimiodépendants (C2), entrée de Na⁺ → PPSE → PA dans M si le seuil est atteint.

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